Dans l’histoire du tennis moderne, peu de rivalités ont autant marqué leur époque que celle entre Roger Federer et Rafael Nadal. Les deux hommes se sont affrontés partout : à Wimbledon, à Roland-Garros, en Australie, au Masters, sur terre battue, sur gazon, en finale, en demi-finale, dans des matchs devenus mythiques.
Partout… sauf à l’US Open.
Jamais Federer et Nadal ne se sont affrontés à New York.
Cette absence paraît presque irréelle lorsqu’on regarde leurs carrières parallèles. Federer construit pourtant à Flushing Meadows une immense baromaîtrise entre 2004 et 2009, tandis que Nadal devient progressivement un acteur majeur du tournoi jusqu’à y remporter plusieurs titres. Pendant des années, le tennis mondial attend une finale entre les deux hommes sous les lumières new-yorkaises. Mais le rendez-vous n’arrive jamais.
Parfois Federer tombe avant. Parfois Nadal. Parfois les tableaux les séparent jusqu’à ce qu’un autre joueur surgisse. L’US Open devient ainsi le seul Grand Chelem à refuser systématiquement le plus grand duel de son époque.
Et cette anomalie finit par donner au tournoi une place particulière dans la rivalité. Wimbledon a offert leur chef-d’œuvre de 2008. Roland-Garros a cristallisé leur opposition de styles. L’Australie leur a donné plusieurs finales majeures. Mais New York reste un vide historique, une scène immense qui n’a jamais accueilli l’affiche que tout le monde attendait.
Comme si l’US Open, tournoi du chaos et des surprises, avait constamment échappé à la logique écrite ailleurs par Federer et Nadal.











Il existe dans l’histoire du tennis des affiches qui semblent avoir eu lieu tant elles paraissent naturelles. La finale John McEnroe–Jimmy Connors à l’US Open fait partie de ces illusions collectives.