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Agassi : interview 2026

6 juin 2026

Réalisé à Roland Garros, le 6 juin 2026 sur le plateau de France Télévision, quelques instants après la finale du simple dames, cet entretien de plus de vingt minutes a permis à Andre Agassi de revenir sur son triomphe parisien de 1999, son regard sur le tennis actuel et les leçons tirées d'une carrière hors norme.

Interview agassi 2026

La venue d’Andre Agassi à Roland-Garros a offert bien davantage qu’un simple entretien d’ancien champion. L’Américain a mêlé souvenirs, anecdotes et réflexions sur le tennis d’hier et d’aujourd’hui, avec cette sincérité qui caractérise ses prises de parole depuis la parution de son autobiographie Open.

Invité à revenir sur son triomphe parisien de 1999, Agassi a refusé toute réécriture héroïque de l’histoire. Bien au contraire, il a tenu à rappeler combien son parcours fut semé d’embûches. Avant même la finale, l’Américain estime avoir frôlé l’élimination à plusieurs reprises. Il se souvient notamment de son duel face à Arnaud Clément, au cours duquel le Français passa tout près de créer l’exploit. Agassi évoque également les difficultés rencontrées contre Franco Squillari, insistant sur le fait que cette victoire finale doit autant à sa persévérance qu’à une série de circonstances favorables.

La finale contre Andreï Medvedev reste évidemment au cœur de ses souvenirs. Mené deux manches à rien, Agassi a raconté combien l’interruption provoquée par la pluie avait changé la dynamique de la rencontre. Revenu au vestiaire, il reçut alors une mise au point musclée de son entraîneur. Le message était simple : s’il devait perdre, qu’il perde au moins en reprenant le contrôle de ses émotions et de son jeu. Ce moment de lucidité lui permit de repartir avec un état d’esprit différent et d’amorcer l’un des retournements les plus célèbres de l’histoire du tournoi.

Cette victoire parisienne conserve une place à part dans sa carrière. Elle lui permit de compléter le Grand Chelem en carrière et même le Grand Chelem doré, puisqu’il possédait déjà la médaille d’or olympique conquise à Atlanta en 1996. Le symbole est d’autant plus fort que Roland-Garros était précisément le tournoi que beaucoup lui prédisaient dès ses débuts. Finaliste Porte d’Auteuil en 1990 puis en 1991, Agassi semblait destiné à triompher rapidement sur terre battue. Le destin en décida autrement : son premier titre majeur fut remporté à Wimbledon en 1992, avant l’US Open puis l’Open d’Australie. Ce n’est qu’en 1999 qu’il conquit enfin le tournoi que l’on imaginait être son plus naturel.

Interrogé sur l’exploit de Rafael Nadal et ses quatorze titres à Roland-Garros, l’Américain n’a pas hésité à placer ce record tout en haut de la hiérarchie sportive. Selon lui, il est difficile d’imaginer une performance plus compliquée à reproduire dans n’importe quelle discipline. Une déclaration qui rejoint celle de Nadal lui-même, lequel estime que ses quatorze sacres parisiens seront plus difficiles à égaler que les vingt-quatre titres du Grand Chelem de Novak Djokovic.

L’entretien a également permis de découvrir un Agassi apaisé face au tennis contemporain. À la question de savoir quel joueur le fait aujourd’hui le plus vibrer, l’ancien numéro un mondial a répondu par une formule dont il a le secret. Il a expliqué qu’il vivait désormais le tennis depuis « les gradins » et non plus depuis « le siège le moins bon du stade », celui du joueur placé au milieu du court sous la pression permanente du résultat. Une image savoureuse qui résume parfaitement sa relation complexe avec son sport : lui qui a longtemps vécu le tennis comme une contrainte semble aujourd’hui en apprécier davantage la beauté en tant que spectateur.

Questionné sur le tennis américain, Agassi a insisté sur sa disponibilité envers les jeunes générations. Sans distinction de nationalité, il se dit prêt à aider toute joueuse ou tout joueur désireux d’apprendre. Sa philosophie est simple : transmettre en quelques minutes ce que l’expérience lui a parfois demandé des années à comprendre. Une manière pour lui de rendre au sport une partie de ce qu’il lui a apporté.

Agassi openLa discussion est enfin revenue sur Open, ouvrage devenu au fil du temps une référence parmi les autobiographies sportives. Remercié pour l’honnêteté avec laquelle il y racontait ses doutes, ses blessures et son rapport parfois conflictuel au tennis, Agassi a expliqué que son objectif n’avait jamais été de mieux se faire connaître. Il souhaitait avant tout aider chacun à mieux comprendre ses propres combats à travers les siens. Une démarche profondément humaine, fidèle à l’homme qu’il est devenu après sa carrière.

Dans un registre plus léger, les échanges avec Guy Forget ont donné lieu à quelques souvenirs savoureux de Coupe Davis. Les deux anciens rivaux ont replongé dans la finale de 1991, mêlant autodérision, anecdotes et piques amicales. Un moment de complicité qui a rappelé que derrière les titres et les records subsiste avant tout une génération de champions liés par des souvenirs communs.

Entre réflexions profondes, confidences personnelles et anecdotes de vestiaire, Agassi a livré un témoignage riche et nuancé. À l’image de sa carrière, l’entretien a dessiné le portrait d’un champion complexe, longtemps en lutte avec son sport mais capable aujourd’hui d’en parler avec une lucidité et une générosité rares.

Date de dernière mise à jour : 10/06/2026