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droitier - revers à une main

JohnAlexander

L'héritier australien du service-volée
John Alexander

Le parcours de John Alexander occupe une place particulière dans l'histoire du tennis australien, entre les géants de l'âge d'or et la nouvelle génération des années 1970.

7Titres ATP
1975n°8 mondial
1Coupe Davis
NAISSANCE 4 juillet 1951
Identité tennistique

Style de jeu

John Alexander appartient à la grande tradition australienne du service-volée. Son jeu repose avant tout sur un engagement puissant destiné à ouvrir le court avant une montée immédiate au filet.

Rapide dans ses déplacements, efficace à la volée et toujours porté vers l'attaque, il cherche constamment à écourter les échanges. Ce style trouve naturellement son meilleur terrain d'expression sur gazon, notamment à Kooyong.

Il explique également ses excellents résultats en double, discipline dans laquelle ses réflexes et sa lecture du jeu font merveille.

1968-1985

Dix-sept saisons

 
1968

L'appel en Coupe Davis

En 1968, alors qu'il n'a que dix-sept ans, John Alexander est appelé en équipe d'Australie de Coupe Davis pour la finale face aux États-Unis. Il devient alors le plus jeune Australien sélectionné dans cette compétition.

Même si les Américains remportent le trophée, cette convocation marque le véritable début de sa carrière internationale.

 
Les débuts

Les premiers pas sur le circuit

Être appelé en équipe d'Australie de Coupe Davis à dix-sept ans constitue une formidable marque de confiance. Pourtant, cette sélection précoce ne transforme pas immédiatement John Alexander en champion confirmé. Comme beaucoup de jeunes espoirs de l'ère Open, il doit apprendre son métier face à une concurrence exceptionnelle, où se côtoient désormais les anciennes légendes et une nouvelle génération prête à prendre le pouvoir.

Les progrès sont réels, mais les premiers titres se font attendre. Tournoi après tournoi, Alexander confirme son potentiel. Il joue des finales. Mais dimanche après dimanche, la récompense lui échappe. Cette succession d'occasions manquées nourrit progressivement l'image d'un joueur talentueux, capable de rivaliser avec les meilleurs, mais encore incapable de franchir la dernière marche.

Le gazon est son terrain de prédilection, et c'est sur les grands courts de son pays qu'il affirmera le plus clairement son statut. Nul endroit ne lui convenait mieux que Kooyong, alors théâtre de l'Open d'Australie.

 En 1974, il y atteint les demi-finales avant de tomber face à Jimmy Connors. L'Américain est alors en train de bouleverser la hiérarchie mondiale et remportera le tournoi. Malgré la défaite, Alexander démontre qu'il possède toutes les qualités pour briller sur le gazon australien.

À ce stade de sa carrière, une seule question demeure : quand ce joueur si régulier transformera-t-il enfin son talent en titres ? La réponse ne tardera plus.

 
1975

La délivrance

Depuis plusieurs saisons, John Alexander s'est imposé comme l'un des joueurs les plus réguliers du circuit. Pourtant, une statistique résume à elle seule la frustration qui accompagne le début de sa carrière : sept finales disputées, sept défaites.

Les trophées se refusant obstinément à lui, chaque nouvelle occasion de rompre la malédiction ressemble à un nouveau procès. À Fort Worth, John Alexander finit enfin par faire tomber ce verrou psychologique. Plus qu'un premier titre ATP, cette victoire au Texas marque un véritable tournant. L'Australien aborde désormais les grands rendez-vous avec une confiance nouvelle.

Cette métamorphose se confirme quelques semaines plus tard à Tucson. Pour remporter un deuxième titre consécutif, il élimine successivement Arthur Ashe, John Newcombe puis Ilie Năstase. Battre trois des plus grands joueurs du monde au cours d'un même tournoi constitue sans doute la plus belle performance de sa carrière et change durablement le regard porté sur lui.

Quelques mois plus tard, il atteint la huitième place mondiale, le meilleur classement de sa carrière. À vingt-quatre ans, John Alexander n'est plus seulement un espoir du tennis australien : il est désormais l'un des meilleurs joueurs de la planète. Reste à confirmer ce nouveau statut sur la plus grande scène de son pays.

 
1977, actes 1 et 2

Demi-finales à Kooyong

L'année 1977 représente l'apogée de la carrière de John Alexander.

Trois ans après, Kooyong devient une nouvelle fois le théâtre de ses plus belles performances. En janvier 1977, il atteint une deuxième demi-finale, cette fois stoppé par Guillermo Vilas, qui jouait là sans doute lui aussi la meilleure saison de sa carrière.

Puis, lors de la seconde édition de l'Open d'Australie organisée en décembre, il s'offre le prestigieux scalp du vétéran de 43 ans Ken Rosewall, avant de céder face à Vitas Gerulaitis, futur vainqueur du tournoi.

Sans jamais atteindre la finale, John Alexander entretient ainsi avec Kooyong une relation singulière. C'est là qu'il joue son meilleur tennis, là qu'il se mesure aux plus grands, et là aussi que le public australien adopte définitivement l'un des siens. Peu de joueurs auront autant marqué ce tournoi sans jamais inscrire leur nom au palmarès.

 
1977, acte 3

La conquête du Saladier d'argent

Mais le moment le plus marquant de son année se déroule quelques jours plus tard sous le maillot australien. En finale de la Coupe Davis face à l'Italie il livre un combat d'anthologie contre Adriano Panatta. Mené deux manches à une, Alexander renverse la rencontre après près de cinq heures d'efforts, dans ce qui demeure un match référence dans l'histoire du tennis australien. Cette victoire lance l'Australie vers un succès 3-1 et offre à John Alexander le trophée dont il rêvait depuis l'enfance. Pour celui qui avait découvert cette compétition à dix-sept ans, soulever enfin le Saladier d'argent représente bien davantage qu'un simple titre : c'est l'aboutissement d'un parcours.

 
1978-1985

Les dernières saisons

John Alexander ne retrouvera plus les sommets, mais continue d'enrichir son palmarès grâce à la régularité qui caractérise toute sa carrière.

Il remporte encore quelques tournois, d'abord Louisville en 1979, puis Bristol, Sydney et Auckland entre 1982 et 1983. Si ces succès ne bénéficient plus du même retentissement que ses exploits passés, ils témoignent de sa capacité à rester compétitif face à une génération en pleine mutation.

Le tennis évolue rapidement. Les échanges s'allongent, le jeu de fond de court s'impose progressivement et de nouveaux champions prennent le relais. Fidèle à son style offensif, Alexander reste l'un des derniers représentants de la grande école australienne du service-volée qui avait dominé les décennies précédentes.

Parallèlement, il reste un homme de Coupe Davis. Sélectionné sans interruption de 1968 à 1980, puis de nouveau en 1983, John Alexander affiche un bilan de 17 victoires pour 9 défaites en simple (et 10 victoires pour 5 défaites en double). Cette longévité illustre parfaitement la confiance que lui accorde son pays tout au long de sa carrière.

En 1985, après dix-sept saisons sur le circuit international, John Alexander met un terme à sa carrière professionnelle. Il quitte les courts avec sept titres ATP en simple, vingt-huit en double et le sentiment d'avoir pleinement représenté une certaine idée du tennis australien.

Face a face

La bête noire de Panatta

Lorsque John Alexander et Adriano Panatta se rencontrent pour la première fois à Roland-Garros en 1970, rien ne laisse présager la suite de leur histoire. Les deux hommes appartiennent à la même génération et débutent alors leur ascension sur le circuit international. Ce jour-là, l'Italien s'impose sur la terre battue parisienne, une surface qui deviendra sa marque de fabrique. Cette victoire restera pourtant sans lendemain. Panatta a de quoi faire peur à beaucoup de monde, à commencer par Borg, le roi de la terre battue à cette époque, que l'Italien a battu deux fois à Roland. En 1973, sur terre battue il peut terrasser le maître en la matière, mais il ne peut pas battre John Alexander, pourtant réputé bien plus à l'aise sur gazon. En 1976, Panatta est assez fort pour écarter une nouvelle fois Borg et même remporter Roland Garros, mais il ne peut pas battre chez lui en Italie John Alexander. Rien à faire ! Bien entendu l'Australien s'impose également sur les surfaces rapides qui lui sont plus favorables. Plus tard dans la même saison les deux hommes se retrouvent sur herbe en finale de la Coupe Davis, et cette fois il va y arriver, c'est sûr, Panatta mène deux sets à un et il semble enfin avoir trouvé la clé pour casser cette fâcheuse spirale de la défaite. Eh ben non, rien à faire ! le natif de Sydney retourne la situation et s'impose en cinq sets. Le bilan final est saisissant : après sa défaite inaugurale à Roland-Garros, John Alexander enchaîne six victoires consécutives contre l'un des plus grands joueurs européens de son époque. Panatta ne trouvera plus jamais la solution. Peu de champions des années 1970 peuvent se vanter d'avoir exercé une telle emprise sur le vainqueur de Roland-Garros 1976.

CARRIERE PARALLELE

Un spécialiste du double

Si le simple demeure le cœur de sa carrière, John Alexander laisse également une empreinte durable en double, discipline dans laquelle son jeu trouve un terrain d'expression idéal. Son service précis, ses réflexes au filet et son sens de l'anticipation en font un partenaire particulièrement recherché.

Ses deux plus grands succès interviennent à domicile. En 1975, il remporte le double de l'Open d'Australie aux côtés de Phil Dent. Sept ans plus tard, il récidive avec John Fitzgerald, confirmant une remarquable longévité au plus haut niveau.

Au total, Alexander décroche vingt-huit titres ATP en double. Sans jamais éclipser sa carrière en simple, cette réussite parallèle complète le portrait d'un joueur parfaitement adapté à la tradition australienne du service-volée, où le jeu d'équipe occupe une place presque aussi importante que les performances individuelles.

1975
Open d'Australie
avec Phil Dent
1982
Open d'Australie
avec John Fitzgerald
28
titres ATP en double
1977
Coupe Davis
Service-volée
un jeu naturel pour le double
Reconversion

Du tennis à la politique

Lorsque John Alexander quitte le circuit professionnel en 1985, il ne tourne pas le dos au tennis. Au contraire, il reste au plus près des courts en devenant commentateur pour les télévisions australienne (Channel 7) et britannique (BBC). Fort de son expérience, il accompagne pendant plus de 20 ans les retransmissions des grands rendez-vous du calendrier international.

Son attachement au maillot australien le ramène également vers la Coupe Davis et les équipes nationales. Après avoir défendu son pays comme joueur, il met son expérience au service des générations suivantes en s'investissant dans l'encadrement du tennis australien, et notamment comme capitaine de l'équipe australienne de Fed Cup en 2005.

Mais sa seconde vie prend finalement une direction inattendue. En 2010, John Alexander est élu député fédéral de la circonscription de Bennelong sous les couleurs du Parti libéral. Pendant plus d'une décennie, il s'attache à transposer dans la vie publique les qualités qui avaient marqué sa carrière sportive : discipline, sens du collectif et engagement au service de son pays.

Du gazon de Kooyong aux bancs du Parlement australien, son parcours illustre une constante : John Alexander n'a jamais réellement cessé de représenter l'Australie.

Vie privée

Une vie familiale discrète

John Alexander partage sa vie avec Rosemary Brown, ancienne championne australienne de natation. Le couple a trois enfants : Emily, George et Charles.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026