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Espagne
droitier - revers à une main

NicolasAlmagro

Le canon de Murcie
Nicolas Almagro

Nicolas Almagro n'a jamais remporté Roland-Garros ou des Masters 1000 comme Rome ou Monte-Carlo. Pourtant, durant près d'une décennie, l'Espagnol s'est imposé comme l'un des joueurs les plus redoutés sur terre battue. Doté d'un service surpuissant, d'un coup droit dévastateur et surtout de l'un des plus beaux revers à une main de sa génération, il a bâti l'intégralité de son palmarès sur l'ocre.

13Titres ATP
2011N°9 mondial
NAISSANCE 21 août 1985
Style de jeu

Puissance, lift et revers de feu

Le revers à une main de Nicolas Almagro

Nicolas Almagro pratique un tennis résolument offensif, fondé sur la puissance et la prise d'initiative. Excellent frappeur de fond de court, il cherche rapidement à dicter l'échange grâce à un coup droit lourd et pénétrant, capable de repousser l'adversaire très loin derrière sa ligne.

Sa véritable signature technique reste toutefois son revers à une main. À la fois élégant, violent et très lifté, ce coup lui permet de varier les trajectoires, de trouver des angles courts croisés et d'accélérer long de ligne. Dans une époque où le revers à deux mains domine de plus en plus le circuit, Almagro demeure l'un des plus beaux représentants du revers à une main offensif.

Son service constitue également une arme majeure. Malgré un gabarit moins impressionnant que celui des grands serveurs du circuit, l'Espagnol dépasse régulièrement les 220 km/h et obtient de nombreux points gratuits. À Roland-Garros 2008, il termine meilleur serveur du tournoi avec 78 aces, performance remarquable pour un spécialiste de la terre battue.

L'ocre met idéalement en valeur son jeu. Le rebond haut favorise son lift, lui laisse le temps d'armer ses frappes et lui permet d'imposer un tennis de percussion depuis la ligne de fond. Ses treize titres ATP, tous remportés sur terre battue, traduisent cette adéquation parfaite entre son style et sa surface de prédilection.

Mais ce jeu spectaculaire possède aussi son revers. Almagro peut connaître des passages à vide dans les moments importants. Plusieurs matchs majeurs lui échappent alors qu'il semble en avoir le contrôle. Cette fragilité mentale, ajoutée à une concurrence exceptionnelle, explique sans doute pourquoi un joueur aussi talentueux n'a jamais franchi le dernier palier vers les plus grands titres.

Service puissantRevers à une mainLift lourdTerre battuePrise d'initiative
Famille

Murcie comme point d'ancrage

Nicolas Almagro jeune à Murcie

Nicolas Almagro grandit à Murcie dans un environnement très lié au tennis. Son père, Sergio Almagro, est entraîneur et l'initie très tôt à ce sport. C'est dans ce cadre familial qu'il développe ses premières bases techniques et son goût pour la terre battue.

Fidèle à ses racines murciennes, Almagro restera longtemps associé à cette école espagnole de l'ocre, faite de patience, de lift, d'endurance et de puissance. Mais à la différence de nombreux compatriotes, il y ajoute une arme plus rare : un revers à une main explosif, qui deviendra l'une de ses marques de fabrique.

de 2005 à 2019

Sa carrière

Nicolas Almagro à Rome en 2005
Rome 2005 : Almagro se révèle en battant Marat Safin, récent vainqueur de l'Open d'Australie.
2005

Le coup de Rome

Nicolas Almagro a 19 ans quand il se révèle au grand public en 2005 lors du Masters de Rome. Il y signe une victoire de prestige contre Marat Safin, récent vainqueur de l'Open d'Australie.

Ce succès ne lui offre pas encore une place durable parmi les meilleurs, mais il agit comme un signal. Almagro possède déjà la puissance, l'audace et la qualité de frappe nécessaires pour inquiéter les grands noms du circuit. Tout le monde apprend à cette occasion que sur terre battue, son tennis peut faire très mal.

Nicolas Almagro vainqueur à Valence
Valence 2006 et 2007 : le doublé qui installe l'Espagnol parmi les spécialistes de l'ocre.
2006-2007

Le doublé de Valence

L'année 2006 marque son véritable départ. Issu des qualifications, Almagro réalise un parcours remarquable à Valence. Il élimine notamment Juan Carlos Ferrero et Marat Safin, encore lui, avant de battre Gilles Simon en finale. À 21 ans, il remporte son premier titre ATP.

L'année suivante, il confirme en conservant son titre à Valence. Ce doublé installe Almagro parmi les joueurs à suivre sur terre battue. Il n'est plus seulement un espoir espagnol de plus : il devient un spécialiste dangereux, capable de transformer son jeu puissant en trophées.

Nicolas Almagro à Acapulco
Almagro remporte l'Open du Mexique en 2008.
2008-2009

Les titres d'Amérique latine

En 2008 et 2009, Almagro exporte sa domination outre-Atlantique. Il s'impose d'abord au Brésil à Costa do Sauípe en 2008, puis remporte coup sur coup l'Open mexicain d'Acapulco en 2008 et 2009.

Cette période confirme aussi sa valeur en Grand Chelem : à Roland-Garros 2008, il ne s'incline que face à Rafael Nadal pour sa première participation aux quarts de finale d'un Grand Chelem.

Nicolas Almagro à Acapulco
Acapulco, Costa do Sauípe, Nice : Almagro revient souvent là où son jeu a déjà gagné. À Acapulco en 2009, il domine Gaël Monfils en finale.
2009-2012

L'homme qui revenait sur les lieux du crime

La suite de sa carrière donne l'impression d'un joueur qui revient sans cesse sur les mêmes scènes, comme pour y rejouer les partitions qui avaient déjà fait leurs preuves.

Après les doublés de Valence et d'Acapulco, il remet ça avec l'Open du Brésil, qu'il remporte une seconde fois en 2011 et même une troisième fois en 2012, établissant un record dans ce tournoi. À Nice, il triomphe en 2011 puis conserve son titre en 2012. Il y revient, il insiste, il creuse son sillon.

Cette période est aussi celle de son meilleur classement. Le 2 mai 2011, il atteint la 9e place mondiale, sommet statistique de sa carrière.

À Roland-Garros, il atteint les quarts de finale en 2008, 2010 et 2012. À chaque fois, le même mur se dresse : Rafael Nadal, infranchissable.

Nicolas Almagro face à Tomas Berdych
La rivalité avec Berdych en 2012 n'a pas la dimension historique des grands duels du tennis, elle ne fut qu'une parenthèse, mais elle donne à la carrière d'Almagro une dramaturgie particulière : de la tension, une revanche, puis un combat décisif en Coupe Davis.
2012

Berdych, Berdych, et encore Berdych

Alors qu'Almagro est arrivé à maturité, attendu partout pour jouer les premiers rôles, le fil rouge de sa saison 2012 porte un nom : Tomas Berdych. La relation sportive entre les deux hommes a marqué les esprits.

Le premier épisode fort se déroule à l'Open d'Australie. Au cours de leur rencontre, Almagro touche Berdych avec une balle. Le Tchèque estime que le geste était volontaire ou, du moins, insuffisamment excusé. À la fin du match, il refuse de lui serrer la main. Le public australien le conspue, et l'incident fait beaucoup parler.

Quelques semaines plus tard, Almagro répond sur le court. À Indian Wells, il domine Berdych 6-4, 6-0. La revanche est nette, presque brutale.

Leurs routes se croiseront encore quatre fois dans cette seule saison 2012. Leur duel le plus important intervient en finale de Coupe Davis. Sur dur indoor, à Prague, Berdych bat Almagro en cinq sets au terme d'un combat intense. La tension est palpable, jusqu'à un face-à-face musclé entre les deux joueurs lors d'un changement de côté. Cette victoire du Tchèque pèse lourd dans le sacre de son pays.

2014 : Nicolas Almagro à Barcelone
Barcelone 2014 : Nicolas vient à bout de l'ogre Rafa..
2013-2014

Les occasions manquées, puis Barcelone

L'année commence par l'une des plus grandes occasions de sa carrière. À l'Open d'Australie 2013, il mène deux sets à zéro contre son ami David Ferrer en quart de finale et sert à plusieurs reprises pour atteindre sa première demi-finale en Grand Chelem. Face à lui se dresse pourtant un adversaire contre lequel il n'a encore jamais trouvé la solution : David Ferrer, qui mène alors leurs confrontations 12 victoires à zéro. Mais Ferrer revient et s'impose en cinq manches.

Quelques mois plus tard, à Roland-Garros, Almagro laisse encore échapper un match qu'il semblait maîtriser contre Tommy Robredo après avoir mené deux sets à zéro et 4-1 dans le troisième set.

En 2014, Almagro signe malgré tout l'une de ses plus belles victoires à Barcelone : il bat Rafael Nadal et met fin à une série de quarante-et-une victoires consécutives du Majorquin dans le tournoi catalan.

Roland 2017 : Almagro perd sur del Potro
Roland Garros 2017 : Nicolas craque. Del Potro peut trouver les mots pour le consoler, car lui non plus n'a pas été épargné par les pépins physiques au cours de sa carrière..
2015-2019

Le dernier combat

Almagro arrive sur ses trente ans. Cela fait quelques saisons déjà que le plus difficile des adversaires ne se trouve plus de l'autre côté du filet. Depuis 2013 déjà, Nicolas Almagro doit livrer un combat quotidien contre son propre corps. Les blessures s'accumulent, les périodes d'absence se multiplient, mais l'Espagnol refuse de renoncer et continue de revenir sur le circuit avec la même détermination.

En 2016, il retrouve une dernière fois le chemin du titre à Estoril. Ce treizième trophée ATP, remporté dix ans après son premier sacre à Valence, donne à sa carrière une forme de boucle.

La suite est plus douloureuse. À Roland-Garros 2017, face à Juan Martín del Potro, Almagro abandonne en larmes, réconforté par son adversaire. Après plusieurs retours contrariés, il met un terme à sa carrière en 2019.

Et ailleurs ?

Plus qu'un simple terrien

Le palmarès d'Almagro peut donner l'impression d'un joueur exclusivement terrien. Ses treize titres ont tous été remportés sur terre battue. Pour autant, sa carrière ne se limite pas à cette surface.

Son service puissant, sa capacité à frapper fort des deux côtés et son agressivité du fond du court lui permirent aussi d'obtenir de bons résultats sur dur, notamment à l'Open d'Australie, où à son prime il atteignait régulièrement la deuxième semaine, et même les quarts de finale en 2013.

Nicolas Almagro sur dur indoor à Bercy
Le Masters 1000 de Paris-Bercy 2009 en offre la meilleure illustration. Sur dur indoor, Almagro passe tout près d'un exploit majeur contre Rafael Nadal. Il se procure cinq balles de match, mais laisse finalement échapper la victoire. Ce match résume bien son paradoxe : un joueur capable de produire un tennis de très haut niveau sur toutes les surfaces, mais parfois incapable de conclure les plus grandes occasions.
Personnalité

La force tranquille

Almagro

Almagro n'a jamais cultivé l'image d'une vedette extravertie. Réservé, souvent sérieux, parfois fermé dans son attitude, il laisse surtout parler son jeu. Cette discrétion contraste avec la violence de ses frappes et l'intensité de son tennis.

Palmarès

Ses 13 titres

ATP 500ATP 250

Valence 2006
Valence 2007
Costa do Sauípe 2008
Acapulco 2008
Acapulco 2009
Båstad 2010
Gstaad 2010
Costa do Sauípe 2011
Buenos Aires 2011
Nice 2011
São Paulo 2012
Nice 2012
Estoril 2016
l'essentiel

Fort et fragile à la fois

Almagro

Treize titres, un Top 10 mondial et plusieurs quarts de finale en Grand Chelem dessinent une carrière de très haut niveau. Mais ses plus grandes occasions lui ont souvent échappé, face à Nadal, Ferrer ou Robredo, dans ces matchs où il fallait conclure autant que frapper fort. Almagro n'a jamais remporté le grand titre que son talent semblait parfois promettre.

Dans une génération dominée par des monstres de régularité et par un Rafael Nadal presque imprenable sur ocre, Almagro a existé avec ses armes : un service de feu, une frappe lourde, un revers magnifique, mais aussi une part de fragilité qui l'a empêché d'aller plus haut.

C'est peut-être cette contradiction qui rend son parcours si attachant : celui d'un joueur spectaculaire, parfois frustrant, mais impossible à confondre avec un autre.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026