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Afrique du Sud
droitier - revers à deux mains

KevinAnderson

Le géant patient
Kevin Anderson

Avec ses 2,03 m, Kevin Anderson a longtemps incarné l’archétype du grand serveur. Pourtant, le Sud-Africain ne se résume pas à la puissance de son engagement. Doté d’un coup droit redoutable et d’une mobilité remarquable pour son gabarit, il bâtit patiemment une carrière marquée par le travail et la persévérance. Finaliste en Grand Chelem, il se hisse jusqu’au 5e rang mondial avant que les blessures ne freinent durablement son élan.

7 Titres ATP
2018 n°5 mondial
Naissance 18 mai 1986
Les débuts

Jeunesse

Kevin Anderson à l'université de l'Illinois
Université de l'Illinois : Kevin Anderson fait ses classes au sein du tennis universitaire américain.

Kevin Anderson naît le 18 mai 1986 à Johannesburg. Il commence à jouer au tennis à l’âge de 6 ans, encouragé par ses parents, Michael et Barbara, tous deux ingénieurs. Son frère cadet Gregory pratique également ce sport et travaillera par la suite dans le milieu du tennis.

Après sa formation en Afrique du Sud, Anderson choisit de poursuivre son développement aux États-Unis. En 2005, il rejoint l’université de l’Illinois, où il conjugue études et compétition de haut niveau. Pendant trois saisons, il reçoit chaque année les honneurs All-American et devient l’un des meilleurs joueurs du championnat universitaire américain.

Associé à Ryan Rowe, il remporte en 2006 le championnat NCAA en double. L’année suivante, il atteint les demi-finales du tournoi universitaire en simple, la finale en double et la finale par équipes avec l’Illinois. Cette expérience lui permet de renforcer son jeu, sa condition physique et sa maturité avant son passage définitif chez les professionnels. (ATP Tour)

Identité tennistique

Style de jeu

Kevin Anderson au service
Un service puissant, point de départ de la plupart de ses séquences offensives.

Du haut de ses 2,03 m, Kevin Anderson possède toutes les caractéristiques du grand serveur moderne. Sa taille lui permet de frapper la balle de très haut et de trouver des angles difficiles à couvrir. Puissant et régulier, son engagement lui procure de nombreux points gratuits et lui permet de prendre immédiatement le contrôle de l’échange.

Anderson ne recherche toutefois pas systématiquement l’ace. Il utilise souvent son service pour obtenir une réponse courte, puis accélérer avec son coup droit. Frappé à plat et avec beaucoup de puissance, celui-ci constitue son principal coup de finition. Son revers à deux mains, moins spectaculaire, demeure suffisamment solide pour supporter les échanges soutenus.

L’une de ses principales qualités réside dans sa mobilité. Sans être aussi rapide que les meilleurs défenseurs du circuit, le Sud-Africain se déplace remarquablement bien pour un joueur de sa taille. Il parvient ainsi à tenir l’échange, à défendre lorsque cela est nécessaire et à ne pas dépendre exclusivement de son service.

Plus complet que l’image du simple serveur-bombardier parfois associée à son gabarit, Anderson construit sa réussite sur un mélange de puissance, de discipline tactique et de régularité. Ces qualités lui permettent de s’adapter aussi bien aux courts en dur qu’au gazon et d’atteindre deux finales du Grand Chelem.

De 2008 à 2023

Sa carrière

Kevin Anderson avec le trophée de Johannesburg en 2011
Johannesbourg 2011 : Kevin Anderson célèbre devant son public le premier titre ATP de sa carrière.
2008-2011

Les débuts sur le circuit et le premier titre

Kevin Anderson se fait connaître en 2008. Issu des qualifications au Masters 1000 de Miami, il élimine notamment Novak Djokovic, alors numéro 3 mondial, avant d’atteindre les huitièmes de finale. Quelques semaines auparavant, il avait déjà disputé à Las Vegas la première finale ATP de sa carrière.

Les deux saisons suivantes sont plus irrégulières. Anderson poursuit son apprentissage entre circuit principal et tournois Challenger, sans encore parvenir à s’installer durablement parmi les meilleurs. Son classement recule même au-delà de la 150e place en 2009 avant une nette remontée en 2010.

La récompense arrive en février 2011 à Johannesburg. Devant son public, il bat Somdev Devvarman en finale et remporte le premier titre ATP de sa carrière. Il achève cette saison au 32e rang mondial, confirmant son installation parmi les joueurs solides du circuit. Il avait atteint cette saison-là les quarts de finale du Masters 1000 de Miami. Mais sa plus belle victoire de l'année se fera aux dépens de l'Ecossais Andy Murray au deuxième tour du tournoi de Montréal.

Kevin Anderson à Delray Beach en 2012
Delray Beach 2012 : Anderson signe son deuxième titre ATP et confirme sa progression.
2012-2014

Vers le Top 20

En 2012, Kevin Anderson remporte un deuxième trophée, chez lui à Delray Beach. Il avait terrassé l'autre grand serveur John Isner en demi-finale avant de dominer Marinko Matosevic. Plus régulier, il dispute également la finale de San José et termine la saison au 37e rang mondial. Son service et son coup droit lui permettent désormais d’être dangereux sur toutes les surfaces rapides.

L’année 2013 marque une nouvelle progression. Anderson atteint les huitièmes de finale à l’Open d’Australie, et à Roland-Garros. Il dispute trois finales ATP, à Sydney, Casablanca et Atlanta, sans parvenir à remporter un nouveau trophée. Il atteint également les quarts à Indian Wells en dominant notamment David Ferrer. Il entre pour la première fois dans le Top 20.

En 2014, il confirme sa place parmi l’élite. Finaliste à Delray Beach et à Acapulco, il atteint également plusieurs quarts de finale en Masters 1000. A Indian Wells, il se hisse en demi-finales après avoir infligé à Stanislas Wawrinka, n°1 à la Race, sa première défaite de la saison. Mais il est ensuite surclassé en quarts par Federer : 7/5 6/1. Dans les tournois du Grand Chelem il atteint trois fois les huitièmes de finale mais s'incline à ce stade systématiquement. Curieusement Tomas Berdych lui aura barré la route à cinq reprises entre les Open d'Australie 2012 et 2014, soit cinq fois sur neuf. En terminant une deuxième saison consécutive dans le Top 20, il devient le premier Sud-Africain à réussir cette performance depuis Wayne Ferreira dans les années 1990.

Roger Federer et Kevin Anderson à Indian Wells en 2014
Indian Wells 2014 : son beau parcours se termine sur Roger Federer.
US Open 2015 : Kevin Anderson bat Andy Murray et atteint son premier quart de finale en Grand Chelem.
2015

Premier quart de finale en Grand Chelem

Kevin Anderson connaît en 2015 l’une de ses meilleures saisons. Il remporte à Winston-Salem son troisième titre ATP et atteint la finale à Memphis et au Queen’s. Ses performances régulières lui permettent d’entrer pour la première fois dans le Top 10.

À l’US Open, il franchit enfin le cap des huitièmes de finale en Grand Chelem, lors de sa huitième tentative. Opposé à Andy Murray, il s’impose en quatre manches au terme d’un match de plus de quatre heures et atteint son premier quart de finale majeur. Il s’incline ensuite contre Stan Wawrinka.

Cette saison confirme qu’Anderson ne se limite plus au rôle de grand serveur dangereux dans les tournois secondaires. À 29 ans, il paraît désormais capable de rivaliser avec les meilleurs dans les rendez-vous les plus importants.

Kevin Anderson à l'US Open en 2016
US Open 2016 : une saison où les blessures empêchent Anderson d'enchaîner les tournois.
2016

Une saison freinée par les blessures

L’année 2016 interrompt brutalement cette progression. Kevin Anderson accumule les problèmes physiques, notamment à l’épaule et au genou. Une opération de la cheville au mois de mars perturbe encore davantage sa saison.

Privé de rythme et incapable d’enchaîner les tournois, il ne remporte que 17 matchs et recule jusqu’au 67e rang mondial en fin d’année. Pour la première fois depuis plusieurs saisons, il quitte largement le Top 20.

Malgré ces difficultés, Anderson ne renonce pas. Il modifie sa préparation, prend le temps de se reconstruire physiquement et aborde la saison suivante sans certitude, mais avec la conviction de pouvoir encore retrouver son meilleur niveau.

Kevin Anderson et Rafael Nadal à l'US Open 2017
US Open 2017 : Kevin Anderson, finaliste pour la première fois en Grand Chelem, aux côtés de Rafael Nadal.
2017

La renaissance

Kevin Anderson retrouve progressivement ses sensations en 2017. Durant l’été nord-américain, il atteint notamment la finale du tournoi de Washington, où il s’incline contre Alexander Zverev. Ces résultats lui permettent d’aborder l’US Open avec une confiance retrouvée.

À Flushing Meadows, le Sud-Africain bat notamment Ernests Gulbis, Borna Coric, Paolo Lorenzi, Sam Querrey et Pablo Carreno Busta. À 31 ans, il devient le premier joueur africain de l’ère Open à atteindre la finale de l’US Open. Classé 32e mondial, il est également alors le finaliste le moins bien classé de l’histoire du tournoi.

Face à Rafael Nadal, la marche est trop haute. L’Espagnol s’impose 6-3, 6-3, 6-4 sans concéder la moindre balle de break. Reste qu’Anderson vient de franchir à New York un cap longtemps inaccessible.

Wimbledon 2018 : Kevin Anderson renverse Roger Federer en quarts de finale avant de rejoindre la finale.
2018

Au sommet de sa carrière

L’année 2018 constitue le point culminant de la carrière de Kevin Anderson. En février, il remporte Long Island en battant Sam Querrey en finale. Il atteint encore les demi-finales du Masters 1000 de Madrid sur terre battue.

Sur les Grands Chelems, il réalise à Wimbledon le plus grand exploit de sa carrière en quart de finale contre Roger Federer. Mené deux manches à zéro, Anderson sauve une balle de match à 5-4 dans le troisième set avant de renverser le Suisse 13-11 dans la manche décisive. L’octuple vainqueur du tournoi et tenant du titre ne subit alors que la troisième défaite de sa carrière en Grand Chelem après avoir remporté les deux premiers sets.

Deux jours plus tard, Anderson affronte John Isner dans une demi-finale historique. Au terme de 6 h 36 de jeu, il s’impose 26-24 au cinquième set. Ce duel constitue alors le deuxième match le plus long de l’histoire des tournois du Grand Chelem. Épuisé par cette bataille, le Sud-Africain s’incline ensuite en trois manches contre Novak Djokovic en finale.

Pendant l'été il se hisse en demi-finale du Masters 1000 de Toronto. Et en octobre, Anderson remporte à Vienne le plus important titre de sa carrière. Il se qualifie également pour le Masters de fin d’année, où il atteint les demi-finales. Monté jusqu’au 5e rang mondial en juillet, il achève la saison à la 6e place.

Kevin Anderson à Wimbledon en 2019
Wimbledon 2019 : le Sud-Africain continue de lutter pour retrouver son rythme malgré les blessures.
2019-2020

Le long combat contre les blessures

Après deux saisons exceptionnelles, Kevin Anderson est de nouveau rattrapé par les blessures. En janvier 2019, il remporte à Pune le sixième titre ATP de sa carrière, mais des douleurs au coude droit et au genou réduisent ensuite considérablement son calendrier.

Il subit une opération du genou droit en septembre 2019, puis une nouvelle intervention sur la même articulation en février 2020. Ces longues absences provoquent une chute brutale au classement : après avoir commencé 2019 parmi les six meilleurs joueurs du monde, il termine l’année au 91e rang.

Kevin Anderson à Newport en 2021
Un dernier titre conquis à Newport, célébré avec toute la famille, chien compris !
2021-2023

Newport et clap de fin

À l’été 2021, Kevin Anderson retrouve le chemin de la victoire à Newport. Sur le gazon américain, il bat Jenson Brooksby en finale et remporte le septième titre ATP de sa carrière, son premier depuis plus de deux ans. Ce sera le dernier.

Les difficultés physiques persistent en effet. Le 3 mai 2022, Anderson annonce sa retraite, expliquant avoir donné le meilleur de lui-même mais ne plus être en mesure de poursuivre sa carrière dans les conditions souhaitées.

Un peu plus d’un an plus tard, il revient pourtant sur le circuit. Invité à Newport en juillet 2023, il remporte deux matchs et atteint les quarts de finale. Il participe ensuite au tournoi de Washington, où il est éliminé au premier tour par Jordan Thompson. Ce bref retour constitue sa dernière apparition sur le circuit principal.

Pour la patrie

Coupe Davis

Kevin Anderson sous les couleurs de l'Afrique du Sud en Coupe Davis
Kevin Anderson sous les couleurs de l'Afrique du Sud en Coupe Davis.

La carrière de Kevin Anderson en Coupe Davis est courte, mais très réussie. Entre 2008 et 2011, il dispute cinq rencontres avec l’équipe d’Afrique du Sud et présente un bilan de neuf victoires - huit en simple - pour une seule défaite.

En 2011, il contribue notamment à la victoire sud-africaine contre les Pays-Bas avant de participer au barrage du Groupe mondial face à la Croatie. Cette rencontre constitue sa dernière apparition dans la compétition.

Souhaitant privilégier sa carrière individuelle et protéger son corps, Anderson cesse ensuite de se rendre disponible. En 2015, il annonce son retrait de la Coupe Davis jusqu'à nouvel ordre, une décision qui le rend notamment inéligible pour les Jeux olympiques de Rio l’année suivante.

Encadrement

Coachs

Neville Godwin, entraîneur de Kevin Anderson
Neville Godwin accompagne Kevin Anderson pendant une grande partie de sa progression vers le Top 20.

Une progression méthodique

Michael Anderson joue un rôle important dans la formation de son fils avant son départ pour l’université de l’Illinois. Une fois professionnel, Kevin Anderson s’entoure de plusieurs entraîneurs sud-africains et américains au fil de sa carrière.

Il travaille notamment avec Louis Vosloo durant ses premières années sur le circuit, puis avec Neville Godwin, qui l’accompagne pendant une grande partie de sa progression vers le Top 20.

Par la suite, Anderson collabore également avec Brad Stine, Diego Moyano et Jay Bosworth. Plutôt que de bouleverser fréquemment son jeu, il privilégie généralement des collaborations suivies et un travail méthodique, notamment sur ses déplacements, son retour de service et sa résistance physique.

H2H

Bête noire

Tomas Berdych et Kevin Anderson après une de leurs confrontations ATP
 

Malgré une carrière qui l'a conduit jusqu'à la 5e place mondiale et à deux finales du Grand Chelem, Kevin Anderson a toujours éprouvé les plus grandes difficultés face à Tomas Berdych. Les deux hommes se sont affrontés à douze reprises sur le circuit ATP, et le Tchèque s'est imposé à chaque fois. La puissance de Berdych, sa qualité en retour de service et sa capacité à prendre la balle tôt ont régulièrement neutralisé les principales armes du Sud-Africain.

Cette domination est d'autant plus marquante que leurs chemins se croisent sans cesse dans les grands rendez-vous. Entre l'Open d'Australie 2012 et l'Open d'Australie 2014, Anderson affronte Berdych à cinq reprises en seulement neuf tournois du Grand Chelem. À une époque où aucun des deux hommes n'appartient durablement au Top 5, cette fréquence est remarquable et contribue largement à empêcher le Sud-Africain de franchir un nouveau cap.

Ce 12-0 constitue l'un des face-à-face les plus déséquilibrés entre deux joueurs ayant tous deux atteint le Top 10 mondial.

Famille

Vie privée

Kevin Anderson et Kelsey O'Neal
 

Kevin Anderson se marie le 26 novembre 2011 avec Kelsey O’Neal. Leur fille Keira naît en septembre 2019.

Bilan

Héritage

Kevin Anderson à Wimbledon
 

Avec deux finales du Grand Chelem, sept titres ATP et une 5e place mondiale, Kevin Anderson appartient aux meilleurs joueurs sud-africains de l’ère Open. Son parcours se distingue par une ascension progressive, construite loin des filières traditionnelles grâce au tennis universitaire américain.

Son exploit contre Roger Federer à Wimbledon en 2018 et sa demi-finale marathon contre John Isner demeurent les deux images les plus fortes de sa carrière. Elles témoignent de sa résistance mentale autant que de la puissance de son jeu.

Souvent freiné par les blessures, Anderson a néanmoins réussi à prolonger sa présence au plus haut niveau jusqu’à la trentaine avancée. Sans remporter de tournoi majeur, il laisse l’image d’un joueur professionnel, persévérant et plus complet que ne le suggérait son étiquette de grand serveur.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026