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Corrado Barazzutti - Chron'Open
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Italie
droitier - revers à une main

CorradoBarazzutti

Le petit soldat
Corrado Barazzutti

Dans l'Italie flamboyante d'Adriano Panatta, Corrado Barazzutti occupait un registre presque opposé : moins de panache, davantage de jambes, de discipline et d'obstination. Surnommé « Soldatino », le petit soldat, il faisait de chaque échange une épreuve de patience et de chaque match un combat qu'il fallait lui arracher.

5Titres ATP
1978n°7 mondial
1Coupe Davis
Naissance 19 février 1953
Jeunesse

Des courts d'Alessandria au titre junior de Roland-Garros

Le jeune Corrado Barazzutti avec son entraîneur Giuseppe Cornara
À Alessandria, Giuseppe Cornara transmet à Corrado Barazzutti la discipline et la culture du travail qui façonneront le futur « Soldatino ».

Né à Udine, Corrado Barazzutti grandit tennistiquement à Alessandria, où il est formé par Giuseppe Cornara. Celui-ci lui transmet une culture du travail et de la discipline qui collera parfaitement au joueur qu'il deviendra. Barazzutti se fait très tôt remarquer en Italie : vainqueur de la Coppa Lambertenghi à 12 ans, champion national des moins de 16 ans en 1968 puis des moins de 18 ans en 1970 et 1971.

L'année 1971 le fait entrer dans une autre dimension. Il remporte Roland-Garros juniors puis l'Orange Bowl des moins de 18 ans, où il bat Vitas Gerulaitis en finale. Dans le même temps, il commence à se frotter aux seniors et dispute son premier tableau du Grand Chelem à Roland-Garros. En 1972, il obtient ses premières victoires significatives sur le circuit et débute en Coupe Davis contre l'Autriche.

De 1975 à 1985

Sa carrière

L'équipe d'Italie victorieuse de la Coupe Davis en 1976
Santiago, 1976 : l'équipe d'Italie soulève le Saladier d'argent autour de son capitaine Nicola Pietrangeli.
1975-1976

Premier titre et première Coupe Davis

Après plusieurs saisons de progression régulière, Barazzutti atteint sa première finale importante à Manille à la fin de 1975. Quelques mois plus tard, il ouvre enfin son palmarès à Nice. La finale contre Jan Kodes résume déjà assez bien le personnage : cinq sets, des renversements incessants et une victoire 8/6 dans la manche décisive après avoir été mené deux sets à un.

La même année, il devient un rouage essentiel de l'équipe italienne de Coupe Davis. En finale à Santiago, face au Chili, il joue le premier simple et bat Jaime Fillol 7/5 4/6 7/5 6/1. Panatta gagne ensuite son simple puis, associé à Paolo Bertolucci, le double qui assure le Saladier d'argent. Avec Tonino Zugarelli dans le groupe et Nicola Pietrangeli comme capitaine, l'Italie remporte la Coupe Davis pour la première fois de son histoire.

Jimmy Connors et Corrado Barazzutti à l'US Open 1977
Forest Hills, 1977 : Jimmy Connors et Corrado Barazzutti au filet lors de la demi-finale de l'US Open.
1977

Forest Hills et la meilleure saison en titres

Barazzutti confirme dès le printemps. Finaliste à Monte-Carlo, battu par Bjorn Borg, il enchaîne ensuite trois titres : Charlotte sur la terre verte américaine, Bastad sur terre battue et, en fin d'année, Paris indoor. Cette dernière victoire, obtenue contre Brian Gottfried en cinq sets et au terme de quatre heures de jeu, montre qu'il peut aussi imposer sa régularité loin de sa surface favorite.

Entre-temps, il signe à Forest Hills le parcours le plus marquant de sa carrière en Grand Chelem. Sur la terre verte de l'US Open, il élimine Ilie Nastase puis écrase Brian Gottfried en quart de finale, 6/2 6/1 6/2. En demi-finale, Jimmy Connors l'arrête 7/5 6/3 7/5. Le match reste célèbre pour une scène au premier set : Barazzutti montre la marque d'une balle de Connors qu'il juge dehors ; l'Américain traverse alors le court et efface lui-même la trace avec le pied. Le public se retourne contre Connors, mais l'Italien ne parvient pas à renverser la rencontre.

Corrado Barazzutti face à John Alexander en finale de Coupe Davis 1977
Sydney, 1977 : tenante du titre, l'Italie voit sa défense du Saladier compromise par la défaite de Corrado Barazzutti contre John Alexander, avant que l'Australie ne reprenne le trophée.

En décembre, l'Italie défend son titre à Sydney contre l'Australie. Barazzutti s'incline face à John Alexander 6/2 8/6 4/6 6/2. Les Australiens prennent une avance décisive 3-1 ; le dernier simple entre Tony Roche et Barazzutti est interrompu à 12-12 dans le premier set et ne reprend pas.

Corrado Barazzutti à Roland-Garros en 1978
Roland-Garros 1978 : Corrado Barazzutti en action lors de son parcours jusqu'en demi-finale, où Bjorn Borg l'arrête.
1978

n°7 mondial

Sans remporter de tournoi en simple, Barazzutti réalise en 1978 sa saison la plus régulière. Il atteint les demi-finales des prestigieuses finales WCT de Dallas après avoir éliminé Brian Gottfried, puis se hisse dans le dernier carré de Roland-Garros. En quart, il domine Eddie Dibbs 6/2 7/6 6/1. La marche suivante est en revanche gigantesque : Bjorn Borg, intouchable cette année-là à Paris, le balaie 6/0 6/1 6/0 avant d'écraser également Guillermo Vilas en finale. Entre Dallas et Roland-Garros, Barazzutti remporte aussi à Florence son unique titre de double sur le grand circuit, associé à Adriano Panatta.

Sa constance lui permet d'atteindre le 21 août la 7e place mondiale, meilleur classement de sa carrière. En fin de saison, il se qualifie pour le Masters, disputé en janvier 1979 au Madison Square Garden. Placé dans un groupe avec Brian Gottfried, Eddie Dibbs et Raul Ramirez, il perd ses trois rencontres, mais sa présence parmi l'élite récompense la saison la plus régulière de sa carrière.

Corrado Barazzutti lors d'Italie-Danemark en Coupe Davis en 1979
Coupe Davis 1979 : Corrado Barazzutti en action lors de la rencontre Italie-Danemark, au début d'une campagne menée jusqu'en finale.
1979-1980

Encore deux finales de Coupe Davis

À partir de 1979, Barazzutti gagne moins sur le circuit, mais reste capital en Coupe Davis. En demi-finale contre la Tchécoslovaquie à Rome, il s'incline d'abord 7/5 au cinquième set contre Tomas Smid. Deux jours plus tard, il se rattrape de façon spectaculaire : face au jeune Ivan Lendl, il gagne à son tour 7/5 dans la manche décisive et offre à l'Italie le point qui l'envoie en finale. À San Francisco, les États-Unis de John McEnroe et Vitas Gerulaitis sont trop forts et s'imposent 5-0.

En 1980, Barazzutti remporte au Caire son cinquième et dernier titre du grand circuit, face à son compatriote Paolo Bertolucci. À Roland-Garros, il retrouve les quarts de finale avant de tomber une nouvelle fois sur Borg. L'Italie atteint encore la finale de la Coupe Davis, cette fois à Prague. Barazzutti perd son premier simple contre Lendl ; la Tchécoslovaquie mène déjà 3-0 après le double lorsqu'il sauve l'honneur italien en battant Smid.

Guillermo Vilas et Corrado Barazzutti à Monte-Carlo en 1983
Monte-Carlo, 1983 : Guillermo Vilas et Corrado Barazzutti se retrouvent au filet dans les dernières saisons de l'Italien.
1981-1985

Les dernières années

Le niveau de Barazzutti baisse progressivement, sans que sa place dans le tennis italien ne disparaisse. Entre 1976 et 1982, il remporte sept fois consécutivement le championnat d'Italie de simple, une série qui témoigne de sa remarquable longévité nationale. Il continue également à représenter son pays en Coupe Davis jusqu'en 1984.

Une épicondylite finit par rendre la suite de sa carrière de plus en plus difficile. Il dispute encore quelques rencontres en 1985 avant de quitter définitivement le circuit. Il n'a jamais été le joueur le plus spectaculaire de la grande génération italienne des années 1970, mais il en fut probablement le compétiteur le plus obstiné.

Sur le court

Style de jeu

Corrado Barazzutti à Roland-Garros en 1974
Roland-Garros 1974 : Corrado Barazzutti s'appuie déjà sur ses déplacements et sa régularité du fond du court.

Barazzutti était avant tout un joueur de fond de court, extrêmement mobile, régulier et difficile à déborder. Son jeu reposait moins sur un coup dévastateur que sur la qualité de ses déplacements, ses passings, sa capacité à tenir l'échange et sa volonté de ne jamais donner de point. La terre battue lui convenait naturellement, même s'il a aussi obtenu des résultats importants sur terre verte et en indoor.

Cette absence d'esbroufe explique peut-être qu'il soit resté dans l'ombre plus charismatique de Panatta. Mais elle donne aussi tout son sens à son surnom : « Soldatino » n'était pas un artiste chargé d'illuminer le court ; c'était le joueur qu'on envoyait au combat en sachant qu'il ne lâcherait rien.

Après-carrière

Reconversion : vingt ans sur le banc italien

Corrado Barazzutti capitaine de l'Italie

Après sa carrière, Barazzutti s'oriente vers l'enseignement et l'entraînement. Il ouvre à Rome le Corrado Barazzutti Tennis College en 1990, rejoint en 1998 les structures techniques fédérales comme responsable des joueurs de plus de 18 ans et devient en janvier 2001 capitaine de l'équipe italienne de Coupe Davis. Il conserve le poste pendant vingt saisons, jusqu'à la fin de 2020. Sous sa direction, l'Italie retrouve notamment les demi-finales de la compétition en 2014.

Corrado Barazzutti et l'équipe d'Italie victorieuse de la Fed Cup en 2009
2009 : capitaine d'une équipe d'Italie féminine qui remporte cette année-là sa deuxième Fed Cup, avant d'en ajouter encore deux autres sous sa direction.

De 2002 à 2016, il dirige parallèlement l'équipe féminine de Fed Cup. C'est là que son palmarès de capitaine devient exceptionnel : avec Francesca Schiavone, Flavia Pennetta, Sara Errani, Roberta Vinci et leurs coéquipières, l'Italie remporte quatre titres, en 2006, 2009, 2010 et 2013. Il mène aussi plusieurs collaborations individuelles : il accompagne Francesca Schiavone lors de son sacre à Roland-Garros en 2010, rejoint l'entourage de Fabio Fognini en 2019 puis devient son entraîneur principal en 2020. En 2024 et 2025, il intervient aux côtés de Simone Tartarini dans le staff de Lorenzo Musetti. Pour la saison 2026, Musetti s'adjoint José Perlas et la collaboration avec Barazzutti prend fin.

Aujourd'hui, Barazzutti continue à transmettre son expérience dans sa propre académie au sud de Rome, où il travaille notamment avec de jeunes joueurs. Le « petit soldat » est ainsi resté, bien après sa carrière, l'une des figures les plus présentes du tennis italien.

Palmarès

Ses 5 titres

Nice 1976
Charlotte 1977
Bastad 1977
Paris Indoor 1977
Le Caire 1980
Famille

Vie privée

Corrado Barazzutti est marié à Barbara. Le couple a deux filles, Giovanna et Alessandra.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026