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PatCash

Le dernier grand attaquant australien
Pat Cash

Pat Cash n’a jamais eu besoin d’un long palmarès pour devenir inoubliable. Son tennis d’attaque, son allure de rockeur et une carrière aussi brillante que contrariée ont suffi à en faire l’une des figures les plus marquantes de son époque.

1Grand Chelem
6Titres ATP
1988n°4 mondial
2Coupes Davis
Naissance 27 mai 1965
L'essentiel

La couronne

1965-1982

Une enfance tournée vers Wimbledon

Pat Cash junior en 1980
Pat Cash en 1980, au début de son parcours junior.

Patrick Hart Cash naît le 27 mai 1965 à Melbourne, dans un pays où le tennis possède une tradition prestigieuse. Son père, Patrick Cash senior, est avocat et ancien joueur de football australien. Le jeune Pat découvre très tôt la compétition et rejoint le Heatherdale Tennis Club, où il rencontre Ian Barclay, l’entraîneur qui va accompagner toute sa formation.

Sous sa direction, Cash développe un tennis résolument offensif. Son service, son explosivité et son goût naturel pour le filet correspondent parfaitement à l’école australienne du service-volée. Dès l’adolescence, Wimbledon devient son grand objectif, nourri par les succès passés de Rod Laver, John Newcombe et des autres champions de son pays.

Classé n°1 mondial junior en 1981, Cash confirme l’année suivante en remportant les simples juniors de Wimbledon et de l’US Open. À Londres, il réalise même le doublé en gagnant également l’épreuve de double avec John Frawley. En 1982, il passe professionnel et remporte à Melbourne son premier titre sur le circuit principal, à seulement 17 ans et 6 mois.

Identité tennistique

Son style de jeu

Pat Cash au filet

Pat Cash incarne l'un des derniers grands représentants de l'école australienne du service-volée. Grand, puissant et particulièrement explosif sur ses premiers appuis, il cherche en permanence à écourter les échanges. Son service lui ouvre régulièrement le court, tandis que ses montées au filet, exécutées avec un sens remarquable du placement, mettent immédiatement son adversaire sous pression. Son coup droit, frappé à plat, lui permet également de prendre rapidement l'initiative.

Le gazon constitue naturellement son terrain d'expression favori. Les rebonds bas et la rapidité de la surface mettent en valeur son agressivité permanente, mais Cash ne se limite pas à cette seule surface. Il obtient également d'excellents résultats sur dur, comme en témoignent sa finales à Flinders Park et ses demi-finales à l'US Open. Plus en difficulté sur terre battue, où les échanges plus longs favorisent davantage les joueurs de fond de court, il n'en demeure pas moins un compétiteur capable d'inquiéter les meilleurs.

Au-delà de ses qualités techniques, Cash séduit par son engagement de tous les instants. Toujours porté vers l'avant, il joue avec intensité, multiplie les plongeons au filet et refuse de subir le jeu. Son style spectaculaire, allié à son célèbre bandeau à damier et à son tempérament combatif, en fait l'un des joueurs les plus populaires de sa génération.

de 1982 à 1997

Sa carrière

Pat Cash vainqueur de l'US Open juniors en 1982
US Open juniors 1982 : Pat Cash soulève le trophée du simple garçons.
1982-1983

Des débuts précoces chez les professionnels

À peine passé professionnel, Cash confirme immédiatement les attentes placées en lui. À seulement 17 ans, il remporte le tournoi de Melbourne, devenant l'un des plus jeunes vainqueurs de l'histoire du tennis australien moderne. Sa puissance physique impressionne déjà, tout comme son tempérament offensif qui lui permet de rivaliser avec des joueurs beaucoup plus expérimentés.

Pat Cash avec l'Australie face à la France en 1983
Coupe Davis 1983 : Pat Cash sous les couleurs de l’Australie face à la France.

Ses progrès lui ouvrent rapidement les portes de l'équipe australienne de Coupe Davis. En décembre 1983, l'Australie dispute la finale contre la Suède. Malgré son jeune âge, Cash est lancé dans le grand bain. Opposé à Joakim Nystrom lors du cinquième match décisif, il supporte une pression énorme et offre la victoire à son pays. À 18 ans, il devient l'un des plus jeunes héros de l'histoire australienne de la compétition.

Ce succès dépasse largement le simple cadre sportif. Dans un pays nostalgique de la domination australienne des décennies précédentes, Cash incarne le renouveau d'une nation qui cherche à retrouver sa place au sommet du tennis mondial.

Pat Cash face à John McEnroe à Wimbledon en 1984
Wimbledon 1984 : Cash atteint sa première demi-finale en Grand Chelem, arrêté par John McEnroe.
1984

L’éclosion au plus haut niveau

Pat Cash change de dimension en 1984. La saison commence pourtant difficilement dans les tournois majeurs : à Roland-Garros, sur une terre battue encore peu adaptée à son jeu d’attaque, il est éliminé dès le premier tour par Thierry Tulasne en trois manches.

Il se révèle véritablement quelques semaines plus tard à Wimbledon. Non tête de série, l’Australien écarte Robert Seguso avant de créer la surprise dès le deuxième tour face à Mats Wilander, tête de série n°4. Il domine ensuite Cassio Motta, puis deux autres têtes de série, Kevin Curren et Andres Gomez, pour atteindre à 19 ans sa première demi-finale en Grand Chelem. Seul John McEnroe, n°1 mondial et futur vainqueur du tournoi, parvient à arrêter son élan en trois manches. Cash atteint également la finale du double avec Paul McNamee, battu en cinq sets par McEnroe et Peter Fleming.

Pat Cash à l'US Open en 1984
US Open 1984 : Pat Cash dispute une demi-finale en cinq sets face à Ivan Lendl.

À l’US Open, où il est cette fois tête de série n°15, Cash confirme. Après avoir successivement éliminé Ilie Nastase, Brad Gilbert, Todd Nelson et Greg Holmes sans abandonner une seule manche, il retrouve Wilander en quart de finale et bat de nouveau le Suédois, en quatre sets. En demi-finale, il passe tout près de faire tomber Ivan Lendl : l’Australien mène une manche à rien, arrache le quatrième set au jeu décisif et se procure une balle de match dans la dernière manche, mais Lendl survit avant de s’imposer au tie-break final, après près de quatre heures de combat.

La saison des Grands Chelems s’achève en décembre sur le gazon de Kooyong. Tête de série n°5 de l’Open d’Australie, Cash élimine notamment Jakob Hlasek au terme de cinq manches puis John Sadri, avant de s’incliner en quart de finale contre Johan Kriek. Avec deux demi-finales et un quart de finale dans les trois majeurs disputés sur herbe ou sur dur, Cash termine pour la première fois l’année parmi les dix meilleurs mondiaux. À 19 ans, il n’est déjà plus seulement le grand espoir du tennis australien : il est devenu un candidat crédible aux titres du Grand Chelem.

Pat Cash et Mats Wilander à Wimbledon en 1986
Wimbledon 1986 : Cash renverse Mats Wilander en huitièmes de finale.
1985-1986

Héros de la Coupe Davis

Après son éclosion de 1984, Pat Cash traverse une saison 1985 beaucoup plus difficile. Des douleurs au dos l’empêchent de retrouver la même régularité et il recule de la 8e à la 67e place mondiale en fin d’année. À Wimbledon, tête de série n°6, il tombe dès le deuxième tour contre le qualifié chilien Ricardo Acuna, au terme de cinq manches. Il atteint néanmoins la finale du double avec John Fitzgerald, battu par la paire Heinz Gunthardt-Balazs Taroczy.

Son retour au premier plan en 1986 tient presque de l’exploit. Déjà forfait à Roland, il est opéré en urgence de l’appendicite le 2 juin, pendant la quinzaine parisienne. Il reçoit une invitation pour Wimbledon qui commencera trois semaines plus tard. Cash élimine Guillermo Vilas au premier tour, puis renverse Mats Wilander, tête de série n°2, en huitièmes de finale. Son parcours s’arrête en quarts contre Henri Leconte, après quatre manches très disputées. A l’US Open, il est éliminé dès le premier tour par Leonardo Lavalle.

Pat Cash avec l'Australie en 1986
Coupe Davis 1986 : Cash porte l’Australie vers un nouveau Saladier d’argent.

Cash termine toutefois l’année en triomphateur. Invaincu en six rencontres de Coupe Davis en 1986, il porte l’Australie lors de la finale contre la Suède, sur le gazon de Kooyong. Il bat d’abord Stefan Edberg en trois sets, remporte ensuite le double avec John Fitzgerald, puis offre le Saladier d’argent à son pays en remontant deux manches de retard contre Mikael Pernfors : 2-6, 4-6, 6-3, 6-4, 6-3. L’Australie s’impose 3-2 et Cash, revenu de très loin en quelques mois, redevient l’un des joueurs les plus redoutés du circuit.

Pat Cash à l'Open d'Australie en 1987
Open d’Australie 1987 : Cash s’incline en finale face à Stefan Edberg après cinq sets.
1987

La consécration à Wimbledon

Pat Cash commence 1987 en passant tout près d’un premier titre du Grand Chelem sur ses terres. À Kooyong, où l’Open d’Australie se joue pour la dernière fois sur gazon, il domine Ivan Lendl en demi-finale au terme d’un long combat. Opposé à Stefan Edberg en finale, il remonte un handicap de deux manches, mais cède finalement dans le cinquième set. Cette défaite douloureuse confirme pourtant qu’il possède désormais le niveau pour gagner un tournoi majeur.

Wimbledon 1987 : Pat Cash domine Ivan Lendl en finale et remporte son unique titre du Grand Chelem.

Titré quelques semaines plus tard à Nancy, Pat Cash atteint le sommet de sa carrière à Wimbledon. Tête de série n°11, l’Australien traverse la première semaine avec autorité, ne cédant qu’une seule manche, au troisième tour contre Michiel Schapers. Il élimine ensuite Guy Forget en huitièmes de finale et aborde la deuxième semaine avec une confiance grandissante.

À partir de là, son parcours devient exceptionnel. Cash ne concède plus la moindre manche et domine successivement trois des meilleurs joueurs du monde : Mats Wilander en quarts de finale, Jimmy Connors en demi-finale, puis Ivan Lendl en finale. Face au n°1 mondial, double finaliste sortant, il impose constamment son service-volée, prend le filet à la moindre occasion et s’impose en trois sets, 7-6, 6-2, 7-5.

Après la balle de match, Cash escalade les tribunes pour rejoindre son entraîneur Ian Barclay, sa famille et ses proches. Cette célébration spontanée devient l’une des images les plus célèbres de Wimbledon. À 22 ans, il offre à l’Australie son premier titre dans le simple messieurs depuis John Newcombe en 1971 et confirme de la plus éclatante des manières son statut d’héritier de la grande tradition australienne du service-volée.

Cash ne disparaît pas après Wimbledon. Il atteint encore la finale du tournoi indoor de Sydney, où Lendl prend sa revanche, puis remporte l’Open d’Afrique du Sud face à Brad Gilbert. Avec trois titres et deux finales de Grand Chelem, 1987 constitue de très loin la saison la plus accomplie de sa carrière.

Pat Cash et Mats Wilander à l'Open d'Australie en 1988
Open d’Australie 1988 : Cash s’incline face à Mats Wilander après une finale de quatre heures et vingt-huit minutes.
1988

Si près d’un triomphe à domicile

Pat Cash entame 1988 en confirmant qu’il appartient pleinement à l’élite mondiale. Pour la première édition de l’Open d’Australie organisée à Flinders Park, désormais sur dur après les années de gazon à Kooyong, il atteint une deuxième finale consécutive. En demi-finale, l’Australien fait une nouvelle fois tomber le n°1 mondial Ivan Lendl, cette fois au terme de cinq manches et de près de quatre heures de jeu.

Pat Cash et Boris Becker à Wimbledon en 1988
Wimbledon 1988 : Boris Becker met fin au parcours du tenant du titre en quarts de finale.

En finale, Cash affronte Mats Wilander dans un combat de quatre heures et vingt-huit minutes, interrompu à deux reprises par la pluie. Mené 6-3, 4-1, il renverse le match en remportant le deuxième set au jeu décisif puis le troisième. Wilander domine nettement la quatrième manche, avant un cinquième set longtemps indécis. Le Suédois doit servir deux fois pour rester dans la rencontre et se retrouve à deux points de la défaite, mais Cash n’obtient aucune balle de match. À 6-6, Wilander prend finalement le service de l’Australien, puis conclut à blanc : 6-3, 6-7, 3-6, 6-1, 8-6. Pour la deuxième année de suite, Cash échoue donc en cinq manches dans la finale de son tournoi national.

Cette nouvelle finale lui permet d’atteindre, le 9 mai, la 4e place mondiale, le meilleur classement de sa carrière. À Roland-Garros, il signe également son meilleur parcours parisien en atteignant les huitièmes de finale, où Andrei Chesnokov le bat en quatre sets. Tenant du titre à Wimbledon et tête de série n°4, il rejoint les quarts sans perdre une manche en dehors de son difficile deuxième tour contre Javier Frana, puis s’incline nettement face à Boris Becker. Il ne dépassera plus jamais les quarts de finale d’un Grand Chelem.

La fin de saison est en revanche perturbée par des douleurs au tendon d’Achille et au dos, qui le contraignent notamment à renoncer à l’US Open. Après avoir occupé le Top 10 pendant la majeure partie de l’année, il termine 1988 au 20e rang mondial. Cette saison constitue ainsi une véritable charnière : Cash atteint son meilleur classement et passe tout près d’un deuxième titre majeur, mais les blessures commencent déjà à l’éloigner durablement du sommet.

Pat Cash à l'Open d'Australie en 1989
Australie 1989 : Cash ne participe qu’à un seul tournoi majeur en 1989, avant sa blessure au tendon d’Achille.
1989-1991

Le corps lâche

La véritable rupture se produit en avril 1989. Au deuxième tour du tournoi du Japon, contre Bill Scanlon, Cash se rompt le tendon d’Achille. Opéré peu après en Australie, il doit interrompre sa carrière pendant près d’un an. Cette blessure est particulièrement grave pour un joueur dont le tennis repose sur l’explosivité, les démarrages vers l’avant et les changements de direction au filet.

Pat Cash face à Thierry Champion à Wimbledon en 1991
Wimbledon 1991 : Cash tente un retour, mais il sombre dès le deuxième tour face au Français Thierry Champion.

Il revient à la compétition en 1990 et retrouve rapidement quelques sensations. Finaliste à Séoul, il remporte la semaine suivante le tournoi de Hong Kong en battant Alex Antonitsch, qui venait de le dominer en Corée. Ce sixième titre sera le dernier de sa carrière en simple. Il atteint également les huitièmes de finale à Wimbledon et participe à une troisième finale de Coupe Davis, perdue par l’Australie contre les États-Unis.

Ce retour encourageant ne débouche pourtant pas sur une véritable renaissance. Les problèmes physiques s’accumulent : au tendon d’Achille s’ajoutent progressivement des blessures aux genoux et au dos. Cash peut encore retrouver ponctuellement son tennis d’attaque, mais il ne parvient plus à enchaîner les tournois ni à supporter durablement les exigences du circuit. Son classement s’effondre et chaque tentative de retour est suivie d’une nouvelle interruption.

Pat Cash face à John McEnroe à Wimbledon en 1992
Wimbledon 1992 : Son match face à McEnroe qu'il perd au cinquième set constitue l'ultime grand match de sa carrière.
1992-1997

Une carrière devenue intermittente

À partir de 1992, Cash n’est plus un joueur permanent du circuit. Il dispute certaines compétitions grâce à des invitations et privilégie naturellement les surfaces rapides, sur lesquelles son service et sa volée peuvent encore compenser son manque de rythme. Ses apparitions deviennent cependant de plus en plus espacées.

Son meilleur niveau n’a pas entièrement disparu, mais son corps ne lui permet plus de le maintenir. Chaque reprise demande une longue préparation, sans garantie de pouvoir disputer plusieurs semaines consécutives. Les résultats marquants deviennent rares et il ne retrouve jamais la place qu’il occupait parmi les meilleurs à la fin des années 1980.

Cash continue néanmoins à jouer ponctuellement jusqu’en 1997. Il remporte encore un dernier titre en double en 1996, associé à Pat Rafter, puis abandonne progressivement le circuit. Sa carrière professionnelle s’achève sans véritable cérémonie, après plusieurs années pendant lesquelles il aura davantage lutté contre les blessures que contre ses adversaires.

Face aux meilleurs

Ses principaux adversaires

Pat Cash face à Ivan Lendl à Wimbledon

Ivan Lendl

Ivan Lendl est l’adversaire qui accompagne le plus nettement les grandes étapes de la carrière de Cash. Leur opposition met face à face deux conceptions du tennis : la puissance et la régularité du Tchécoslovaque depuis le fond du court contre l’offensive permanente de l’Australien.

À l’US Open 1984, Cash passe à deux points de sa première finale du Grand Chelem avant de perdre le tie-break de la cinquième manche. Il prend ensuite une revanche éclatante en finale de Wimbledon 1987, où son service-volée prive le n°1 mondial du titre qui lui échappe toujours. Quelques mois plus tard, il le bat encore en demi-finale de l’Open d’Australie 1988. Plus qu’un simple face-à-face régulier, Lendl représente l’obstacle que Cash doit franchir dans plusieurs des tournois les plus importants de sa vie.

Pat Cash et Stefan Edberg à l'Open d'Australie

Les Suédois

Stefan Edberg et Mats Wilander occupent également une place majeure dans son parcours, mais il est préférable de parler d’adversaires marquants plutôt que de véritables rivalités. Edberg lui enlève l’Open d’Australie 1987 au terme de cinq manches, tandis que Wilander le prive du titre l’année suivante dans une finale encore plus serrée.

Pat Cash et Mats Wilander à l'Open d'Australie

Ces rencontres soulignent aussi la diversité du tennis suédois de l’époque. Edberg partage avec Cash le goût du service-volée, dans un registre plus fluide et classique. Wilander, au contraire, cherche à user l’Australien par sa régularité, ses retours et sa patience depuis le fond du court.

pour l’Australie

La Coupe Davis, une carrière dans la carrière

Pat Cash en Coupe Davis

Pat Cash représente l’Australie en Coupe Davis pendant huit saisons et dispute 19 rencontres. Il présente un bilan total de 31 victoires pour 10 défaites. Plus encore que ses statistiques, ce sont ses succès dans les matchs décisifs qui ont construit sa légende nationale.

En 1983, à 18 ans, il est choisi pour jouer le cinquième match de la finale contre la Suède. Face à Joakim Nystrom, il supporte la pression et apporte à l’Australie le point du titre. Il devient alors le plus jeune joueur à participer à une finale de Coupe Davis et incarne le retour d’une nation longtemps dominante dans l’épreuve.

Trois ans plus tard, il réalise une campagne parfaite en simple : six matchs, six victoires. En finale, encore contre la Suède, il remonte deux manches de retard face à Mikael Pernfors et offre une nouvelle fois le point décisif à l’Australie. En 1990, il participe à une troisième finale, mais les Australiens s’inclinent 3-2 contre les États-Unis.

La Coupe Davis révèle peut-être mieux que toute autre compétition son tempérament. Cash y trouve une pression et une responsabilité qui semblent le transcender. Ses deux Saladiers d’argent ne sont donc pas de simples titres collectifs dans son palmarès : il en est, à chaque fois, l’un des acteurs principaux.

L’homme de confiance

Ian Barclay, l’entraîneur d’une vie

Pat Cash et Ian Barclay
Pat Cash pose avec le trophée de Wimbledon aux côtés de Ian Barclay (à gauche).

La formation de Pat Cash est indissociable d’Ian Barclay. Rencontré au Heatherdale Tennis Club, celui-ci repère rapidement les qualités athlétiques du jeune joueur et construit avec lui un tennis adapté à son tempérament : prise d’initiative, service-volée, agressivité et recherche permanente du filet.

Barclay ne se contente pas de lui enseigner une technique. Il accompagne sa progression depuis les compétitions juniors jusqu’au sommet du tennis mondial. Sa présence dans la loge de Cash à Wimbledon en 1987 donne d’ailleurs tout son sens à la célèbre escalade des tribunes : l’Australien veut partager immédiatement son titre avec sa famille, ses proches et l’homme qui l’a formé.

Palmarès

Ses 6 titres

Grand Chelem

Melbourne 1982
Brisbane 1983
Nancy 1987
Wimbledon 1987
Johannesburg 1987
Hong Kong 1990
Famille

Vie privée

Pat Cash devient père très jeune. Avec la mannequin norvégienne Anne-Britt Kristiansen, il a deux enfants : Daniel, né en 1986, puis Mia, née en 1988.

Il épouse ensuite Emily Bendit en 1990. Le couple a des jumeaux, Shannon et Jett, nés en 1994. Cash est donc père de quatre enfants.

Après-carrière

Coaching et transmission

Pat Cash avec Coco Vandeweghe
2017 : Pat Cash accompagne Coco Vandeweghe jusqu’en demi-finale de l’US Open.

Après avoir quitté le circuit, Pat Cash reste très présent dans le tennis de haut niveau. Il travaille notamment avec les Australiens Mark Philippoussis et Alexei Popyrin, ainsi qu’avec Greg Rusedski, Coco Vandeweghe et la Chinoise Wang Qiang. Ces collaborations sont parfois courtes, comme celle avec Rusedski, mais elles montrent que Cash ne se limite pas au rôle d’ancien champion invité dans les tribunes.

Sa collaboration avec Coco Vandeweghe est l’une des plus marquantes. Engagé en 2017, Cash l’accompagne jusqu’en demi-finale de l’US Open, le meilleur résultat de l’Américaine dans un tournoi du Grand Chelem. Il développe parallèlement des académies portant son nom et produit des contenus pédagogiques destinés à transmettre son expérience du service, de la volée et du jeu offensif.

Il poursuit également une activité régulière de consultant pour la télévision, qui constitue une autre partie de sa reconversion, mais distincte de son travail d’entraîneur.

Une image pour l’histoire

Le geste qui reste

Pat Cash escalade les tribunes de Wimbledon en 1987
Wimbledon 1987 : Pat Cash escalade les tribunes après sa victoire. Au second plan, à gauche, on aperçoit son mentor Ian Barclay, qu’il rejoint pour célébrer son titre.

Le palmarès de Pat Cash pourrait sembler modeste au regard de son immense talent. Une seule victoire en Grand Chelem, six titres ATP et une carrière sans cesse interrompue par les blessures ne reflètent qu'imparfaitement ce qu'il aurait pu accomplir. Beaucoup d'observateurs estiment que, sans ses problèmes physiques récurrents, l'Australien aurait été un candidat crédible à plusieurs autres titres majeurs.

Son héritage dépasse pourtant largement les chiffres. Dernier Australien vainqueur de Wimbledon pendant quinze ans, il demeure l'un des symboles du tennis offensif des années 1980. Son service-volée spectaculaire, son engagement total sur chaque point et son tempérament généreux ont marqué toute une génération de passionnés.

Enfin, une image résume à elle seule la carrière de Pat Cash. Le 5 juillet 1987, quelques secondes après sa victoire sur Ivan Lendl, il grimpe spontanément dans les tribunes du Centre Court pour enlacer sa famille et son entraîneur Ian Barclay. Ce geste de joie, devenu l'une des scènes les plus célèbres de l'histoire de Wimbledon, sera ensuite imité par de nombreux champions. Plus qu'un vainqueur de Grand Chelem, Pat Cash a laissé le souvenir d'un joueur authentique, spectaculaire et profondément attachant.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026