Jimmy Connors a bousculé le tennis par son jeu, son tempérament et une rage de vaincre qui semblait ne jamais devoir s’éteindre. Premier grand patron durable de l’ère Open, il résista ensuite à une concurrence particulièrement relevée. Longtemps détesté, puis adopté par le public, Jimbo finit par devenir le survivant magnifique d’une époque qu’il avait lui-même contribué à transformer.
Jimmy entouré de Pancho Segura et de sa mère Gloria.
Connors apprend d’abord le tennis auprès de sa mère, Gloria, ancienne joueuse de bon niveau, et de sa grand-mère Bertha Thompson. Très présente dans son éducation, celle-ci devient pour lui une seconde mère, au point qu’il la surnomme « Two-Mom », autrement dit « maman numéro deux ». Toutes deux lui transmettent très tôt le goût du combat, la prise de balle précoce et ce refus presque maladif de céder le moindre point.
En 1968, Gloria l’emmène en Californie afin de confier son perfectionnement à Pancho Segura. L’ancien champion équatorien affine son revers à deux mains, son retour de service et sa capacité à utiliser la puissance adverse. Il ne cherche pas à normaliser ce jeu déjà atypique : il lui donne au contraire les moyens de devenir un système entièrement construit autour de l’agression depuis le fond du court.
Son passage à l’université sera bref. En 1971, à 18 ans, Connors rejoint UCLA et devient dès sa première saison le premier étudiant de première année à remporter le championnat NCAA de simple, en battant Roscoe Tanner en finale. Il contribue également au titre par équipes d’une formation qui termine la saison invaincue. Le cadre universitaire est déjà trop étroit pour lui : après cette seule année, il se lance définitivement sur le circuit.
de 1972 à 1996
Sa carrière
1972 : Connors remporte le Queen’s.
1972-1973
L’entrée sur le circuit
Passé professionnel en 1972, Connors remporte six tournois au cours de la saison, dont le Queen’s, puis atteint les quarts de finale dès sa première participation à Wimbledon après avoir éliminé Bob Hewitt et Adriano Panatta. En 1973, il franchit un nouveau palier en dominant Arthur Ashe en finale de l’US Pro et remporte également le double de Wimbledon avec Ilie Nastase. À la veille de la saison 1974, Jimbo n’est déjà plus un jeune joueur prometteur : il est devenu l’homme que l’ancien ordre du tennis va devoir affronter.
1974 : le grand absent de Roland-Garros aura raflé tout le reste.
1974
Le Grand Chelem interdit
Connors commence l’année en remportant l’Open d’Australie devant Phil Dent. Il n’a encore que 21 ans, mais son ascension ne surprend déjà plus personne. Depuis deux saisons, il accumule les titres sur le circuit américain ; sa victoire à Melbourne confirme simplement la dimension qu’il a prise.
Le deuxième Grand Chelem de la saison lui est pourtant interdit. Engagé avec les Baltimore Banners dans la nouvelle ligue World Team Tennis, dont le calendrier empiète sur la tournée européenne, Connors est exclu de Roland-Garros par la Fédération française. Il tente de faire lever la sanction devant la justice française, avec Robert Badinter pour avocat, mais sa demande est rejetée quelques jours avant le début du tournoi. Le conflit dépasse son seul cas : les dirigeants du tennis traditionnel voient dans cette compétition privée, lucrative et spectaculaire une menace contre leur autorité.
On ne saura jamais s’il aurait pu réaliser le Grand Chelem. Rien ne permet de lui attribuer d’avance un Roland-Garros qu’il n’a pas disputé, mais sa candidature au titre n’avait rien de fantaisiste. Quelques semaines plus tard, sur la terre battue d’Indianapolis, il domine successivement Manuel Orantes et Björn Borg, les deux finalistes de Roland-Garros. La terre américaine, plus rapide que celle de Paris, ne constitue pas une preuve définitive ; elle suffit cependant à montrer que Connors avait les armes pour peser sur le tournoi.
Forest Hills 1974 : Connors ne laisse que deux jeux à Ken Rosewall en finale.
À Wimbledon, il écrase Ken Rosewall en finale, 6/1 6/1 6/4. Deux mois plus tard, à Forest Hills, il inflige au même adversaire une correction plus sévère encore : 6/1 6/0 6/1. Les trois tournois se disputent alors sur herbe. Connors achève ainsi son petit Chelem et s’installe à la première place mondiale le 29 juillet. Son bilan annuel, avec 99 victoires et quinze titres pour seulement quatre défaites, donne la mesure de sa domination. À 22 ans, Jimbo a mis la main sur le tennis mondial.
Open d’Australie 1975 : John Newcombe reprend la couronne à Jimmy Connors.
1975
La place du dauphin
Après son petit Chelem, Connors se présente en 1975 avec trois titres majeurs à défendre. Il atteint de nouveau chacune des finales, mais le scénario s’inverse complètement. À Melbourne, John Newcombe lui résiste dans les échanges rapides et s’impose 7/5 3/6 6/4 7/6. Connors perd la couronne conquise un an plus tôt. Il ne reviendra jamais disputer l’Open d’Australie.
Wimbledon 1975 : Arthur Ashe déjoue les pronostics face à Jimmy Connors.
À Wimbledon, le tenant du titre paraît intouchable. Il rejoint la finale sans abandonner un set et écrase Roscoe Tanner en demi-finale. Il va maintenant affronter Arthur Ashe en finale, un adversaire uu'il domine largement dans leurs confrontations. Le contexte ajoute encore à la tension, puisque Connors et son manager ont engagé des poursuites contre l’ATP, alors présidée par Ashe. L'outsider refuse cependant de rivaliser avec lui en puissance : il ralentit le jeu, varie les effets, utilise les angles et attire Connors vers l’avant pour l’empêcher de frapper constamment à hauteur idéale. L’aîné déjoue tous les pronostics et l’emporte 6/1 6/1 5/7 6/4, remportant ainsi le plus grand titre de sa carrière.
US Open 1975 : Manuel Orantes prive Connors de sa dernière chance de remporter un Grand Chelem dans la saison. L"Américain cède ainsi tous ses titres conquis en 1974.
L’US Open abandonne cette année-là le gazon pour le har-tru de Forest Hills. Connors paraît parfaitement maîtriser ce changement de surface lorsqu’il élimine Borg en demi-finale en trois manches toutes conclues sur le score de 7/5. Mais Manuel Orantes, autre adversaire que l’Américain bat presque toujours, lui oppose une tactique étrangement semblable à celle d’Ashe : variations, changements de rythme et refus de lui offrir la cadence qu’il affectionne. L’Espagnol domine nettement le favori, 6/4 6/3 6/3, et conquiert à son tour le plus grand titre de sa carrière. En l’espace de deux mois, le champion abandonne donc Wimbledon et l’US Open à deux de ses victimes préférées, qui choisissent précisément ces finales pour réussir contre lui le match de leur vie.
Jimbo continue néanmoins de gagner abondamment sur le reste du circuit. Il conserve sa place de numéro 1 mondial d’un bout à l’autre de la saison. Cette continuité sera pourtant remise en cause bien plus tard par le journaliste argentin Eduardo Puppo et le statisticien Marian Ciulpan. En reconstituant les classements qui n’avaient pas été publiés par l’ATP, ils concluent que Guillermo Vilas aurait dû passer devant Connors pendant cinq semaines à partir du 22 septembre 1975. L’ATP n’a pas accordé cette reconnaissance rétroactive, au motif notamment qu’aucun classement officiel n’avait été publié durant ces semaines. Cela ne fait pas nécessairement de Vilas le n°1 de fin d’année, mais cela aurait dû interrompre la série officielle de Connors : son règne demeure inscrit dans les registres, sa continuité est beaucoup plus discutable.
Wimbledon 1976 : Roscoe Tanner arrête Jimmy Connors en quarts de finale.
1976
Connors garde Borg à distance
La saison de Grand Chelem commence tardivement pour Connors, absent d’Australie et toujours éloigné de Roland-Garros. À Wimbledon, Roscoe Tanner le surprend dès les quarts de finale, 6/4 6/2 8/6. Pour Jimbo, cette élimination précoce constitue un nouvel échec londonien après la finale perdue contre Ashe l’année précédente. Surtout, elle laisse le champ libre à Björn Borg, qui commence à se rapprocher dangereusement de la place qu’il occupe au sommet du tennis mondial.
US Open 1976 : Jimmy Connors défend son autorité face à Björn Borg.
Connors retrouve justement le Suédois en finale de l’US Open, toujours disputé sur la terre battue verte de Forest Hills. Il remporte la première manche, cède la deuxième, puis résiste dans un troisième set épique au cours duquel il sauve quatre balles de set avant d’arracher le jeu décisif 11 points à 9. Lorsque Borg menace directement son autorité, Connors refuse de céder. Il impose finalement son rythme et s’impose 6/4 3/6 7/6(9) 6/4.
Deux ans après son sacre sur le gazon de Forest Hills, Connors gagne donc le même tournoi sur terre battue. Ce succès dépasse la simple défense de son territoire américain : dans leur premier duel en finale de Grand Chelem, il rappelle à Borg que le pouvoir ne se transmettra pas sans combat. Le Suédois a conquis Paris et Wimbledon, mais Jimbo conserve sa place de n°1 mondial et reste, pour l’instant, le patron du circuit.
Wimbledon 1977 : Jimmy Connors pousse Björn Borg jusqu’à la cinquième manche.
1977
Numéro un malgré Vilas
Connors retrouve d’abord le goût des grandes victoires à Dallas, où il dispute pour la première fois la finale du championnat WCT. Après avoir éliminé Vitas Gerulaitis, il domine Dick Stockton en quatre manches, 6/7 6/1 6/4 6/3. Ce titre, l’un des plus importants du calendrier en dehors du Grand Chelem, confirme qu’il demeure le joueur de référence sur les surfaces rapides.
À Wimbledon, pourtant, Björn Borg lui porte un premier coup sérieux. Connors remporte la première manche, subit ensuite la maîtrise du Suédois, puis arrache un cinquième set. Mené 4-0 dans l’ultime manche, il revient à 4-4, avant que Borg ne conclue 3/6 6/2 6/1 5/7 6/4. Cette victoire permet au Suédois de prendre, le 23 août, la première place mondiale pendant une semaine et d’interrompre les 160 semaines consécutives de Connors au sommet.
Forest Hills 1977 : Guillermo Vilas est porté en triomphe après sa victoire sur Connors.
À l’US Open, Connors atteint la finale sans perdre un set et semble lancé lorsqu’il remporte la première manche contre Guillermo Vilas. Mais l’Argentin impose progressivement ses lourdes frappes liftées sur la terre battue de Forest Hills et termine la rencontre en infligeant un 6/0 au tenant du titre : 2/6 6/3 7/6 6/0. Après Roland-Garros, Vilas conquiert ainsi son deuxième Grand Chelem de la saison. Connors, lui, vient de perdre les deux plus grandes finales de l’été.
1977 : malgré une saison en demi-teinte, Jimmy Connors conserve officiellement la tête du classement ATP.
Il termine néanmoins officiellement l’année à la première place mondiale. Ce verdict demeure l’un des plus contestés de l’histoire du classement ATP : Vilas a remporté seize tournois, dont Roland-Garros et l’US Open, tandis que Connors n’a gagné aucun Grand Chelem. Jimbo possède toutefois des arguments que l’on oublie parfois : son titre à Dallas, ses finales à Wimbledon et à Forest Hills, puis sa victoire contre Borg en finale du Masters 1977, disputé en janvier 1978 au Madison Square Garden, 6/4 1/6 6/4. Le classement officiel couronne Connors ; la majorité des observateurs voit plutôt en Vilas le meilleur joueur de la saison.
1978 : plus que jamais, Borg et Connors se partagent les grands trophées.
1978
Borg à Londres, Connors à New York
En 1978, la rivalité entre Björn Borg et Jimmy Connors trouve son expression la plus parfaite. Les deux hommes se partagent les deux grandes finales de l’été, chacun infligeant à l’autre une défaite sans appel. Borg règne sur l’Europe ; Connors lui interdit toujours de conquérir l’Amérique.
Wimbledon 1978 : Borg signe le doublé Roland-Garros–Wimbledon.
À Wimbledon, le Suédois ne laisse aucune place au combat. La finale de l’année précédente s’était décidée au cinquième set ; celle-ci tourne à la démonstration. Borg s’impose 6/2 6/2 6/3, remporte son troisième titre consécutif à Londres et achève le doublé Roland-Garros–Wimbledon. Pour la première fois, Connors paraît nettement inférieur à son rival dans un rendez-vous majeur.
US Open 1978 : Connors inaugure Flushing Meadows en dominant Borg.
Deux mois plus tard, le premier US Open disputé sur les courts en dur de Flushing Meadows offre une image exactement inversée. Connors prend la balle tôt, frappe à plat et prive Borg du temps nécessaire pour installer ses longs échanges. Il l’emporte 6/4 6/2 6/2, presque aussi sévèrement qu’il avait été battu à Wimbledon. En l’espace d’un été, chacun vient ainsi de rendre à l’autre sa correction.
Connors devient le seul joueur à avoir remporté le championnat des États-Unis sur ses trois surfaces successives : le gazon de Forest Hills en 1974, le har-tru en 1976 et le dur de Flushing Meadows en 1978. Il termine officiellement n°1 mondial pour la cinquième année consécutive ; Borg, vainqueur à Paris et à Londres, apparaît pourtant désormais comme son égal, sinon comme le nouveau maître du tennis. Leur rivalité ne pouvait être mieux résumée : Borg à Londres, Connors à New York.
Wimbledon 1979 : Björn Borg a désormais pris l’ascendant sur Jimmy Connors.
1979-1981
Le troisième homme
Après cinq années de règne officiel, Connors perd la première place mondiale au profit de Borg. Il ne s’effondre pas pour autant, mais les grands tournois ne lui appartiennent plus. À Wimbledon 1979, le Suédois le surclasse en demi-finale, 6/2 6/3 6/2. Deux mois plus tard, John McEnroe l’élimine au même stade de l’US Open, 6/3 6/3 7/5, mettant fin à sa série de cinq finales consécutives à New York. Borg et McEnroe s’imposent désormais comme les deux principaux acteurs du circuit, reléguant Connors au rôle de troisième homme.
Wimbledon 1980 : l’irruption de John McEnroe redistribue les rôles au sommet du tennis américain.
Connors refuse pourtant de devenir un simple spectateur. En 1980, il bat McEnroe en finale du championnat WCT de Dallas, mais celui-ci prend sa revanche en demi-finale de Wimbledon. Ils se retrouvent encore dans le dernier carré de l’US Open pour l’un des combats les plus spectaculaires de leur rivalité. Mené une manche à zéro, Connors renverse le match jusqu’à infliger un 6/0 à son adversaire, mais McEnroe reprend le contrôle et s’impose au jeu décisif du cinquième set : 6/4 5/7 0/6 6/3 7/6. Jimbo demeure capable de se mêler aux plus grands combats, mais il n’en sort plus vainqueur dans les rendez-vous majeurs.
Wimbledon 1981 : Connors prend deux manches d’avance sur Borg avant de s’incliner.
À Wimbledon 1981, il paraît pourtant sur le point de faire tomber une dernière fois Borg. Connors remporte les deux premières manches, dont la première 6/0, face au quintuple tenant du titre. Le Suédois se ressaisit et renverse complètement la demi-finale : 0/6 4/6 6/3 6/0 6/4. Ce sera leur dernière rencontre officielle. Borg mène alors leur rivalité par quinze victoires à huit, après avoir perdu six de leurs sept premiers affrontements. La domination a changé de camp, mais ce jour-là Connors fait vaciller le Borg des années de règne, celui qui semblait désormais installé au-dessus de tous.
À l’US Open, McEnroe écarte encore Connors en demi-finale. Borg quitte bientôt le circuit, mais sa disparition ne rend pas immédiatement son ancien royaume à Jimbo : McEnroe a pris sa place et Ivan Lendl commence déjà à s’imposer parmi les meilleurs. Connors vient de traverser trois saisons sans titre du Grand Chelem, tout en atteignant systématiquement les demi-finales de l’US Open. Il n’est plus le patron, mais il n’a jamais quitté les lieux.
1982 : Connors remporte de nouveau Wimbledon.
1982-1983
Le retour du roi
La retraite de Borg laisse le premier rôle à McEnroe, mais elle libère aussi Connors de l’adversaire qui l’avait progressivement repoussé dans l’ombre. À Wimbledon 1982, Jimbo retrouve son compatriote en finale. McEnroe mène deux manches à une et se rapproche encore de la victoire dans le jeu décisif du quatrième set. Connors s’accroche, l’arrache 7 points à 5, puis fait la différence dans la dernière manche : 3/6 6/3 6/7 7/6 6/4. Après quatre heures et quatorze minutes de combat, il reconquiert Wimbledon huit ans après son premier sacre.
US Open 1982 : après Wimbledon, Connors reprend aussi le pouvoir à New York.
Deux mois plus tard, l’US Open confirme que ce retour n’est pas un simple sursaut. Connors élimine Guillermo Vilas en demi-finale, puis retrouve Ivan Lendl, qu’il avait battu lors de leurs huit premières rencontres, mais qui restait néanmoins sur une victoire lors de leur récent affrontement à Cincinnati. Face à ce nouveau prétendant au pouvoir, Jimbo impose sa prise de balle précoce et la violence de ses retours pour s’imposer 6/3 6/2 4/6 6/4. Le public de Flushing Meadows célèbre désormais celui qu’il avait longtemps aimé détester.
Avec le doublé Wimbledon–US Open, Connors retrouve la première place mondiale, plus de trois ans après avoir quitté le sommet.
À 30 ans, après quatre saisons sans titre du Grand Chelem, il ne se contente pas de profiter du départ de Borg : il bat McEnroe à Wimbledon, puis Lendl à New York, les deux hommes appelés à dominer les années suivantes. McEnroe reprendra toutefois la tête du classement et terminera la saison n°1 mondial.
US Open 1983 : Connors retrouve Lendl et conserve son titre.
En 1983, Jimbo ne conserve pas Wimbledon, où Kevin Curren l’élimine en huitièmes de finale, mais remporte de nouveau l’US Open. En finale, Lendl gagne la deuxième manche et Connors sauve une balle de set dans la troisième avant de conclure 6/3 6/7 7/5 6/0. À 31 ans, il décroche son cinquième US Open et son dernier titre majeur.
Wimbledon 1984 : John McEnroe domine nettement Jimmy Connors en finale.
1984-1986
Les portes se referment
Connors demeure encore capable d’atteindre les plus grandes finales. À Wimbledon 1984, il renverse Ivan Lendl en demi-finale, 6/7 6/3 7/5 6/1, et retrouve McEnroe pour une revanche de leur duel de 1982. Mais cette fois, il n’y a pas de combat. Au sommet de son art, McEnroe ne lui abandonne que quatre jeux et s’impose 6/1 6/1 6/2. La finale ne dure que quatre-vingts minutes : jamais Connors n’avait été aussi nettement dominé sur une scène aussi importante.
US Open 1984 : Jimmy Connors oppose à John McEnroe une résistance autrement féroce.
À l’US Open, Jimbo défend son double titre et offre à McEnroe une résistance autrement féroce. Leur demi-finale, disputée au terme du fameux « Super Saturday », se prolonge en cinq manches. Connors revient deux fois au score, mais McEnroe finit par l’écarter 6/4 4/6 7/5 4/6 6/3, avant de remporter le tournoi. C’est leur dernier affrontement en simple dans un Grand Chelem : Connors n’est plus en mesure de régner, mais il reste encore assez fort pour pousser le meilleur joueur du monde dans ses derniers retranchements.
En 1985, une autre génération commence à lui barrer la route. Kevin Curren l’écrase en demi-finale de Wimbledon, 6/2 6/2 6/1, avant de s’incliner devant le jeune Boris Becker. À New York, Connors atteint pour la douzième année consécutive le dernier carré, mais Ivan Lendl prend définitivement sa revanche sur les finales de 1982 et 1983. Le Tchécoslovaque s’impose 6/2 6/3 7/5, puis conquiert enfin l’US Open.
Wimbledon 1986 : Robert Seguso élimine Connors dès le premier tour.
L’année 1986 marque une rupture plus brutale. Connors est éliminé dès le premier tour de Wimbledon par Robert Seguso, sa première défaite d’entrée dans un Grand Chelem depuis 1972. À l’US Open, Todd Witsken l’arrête au troisième tour, 6/2 6/4 7/5, mettant fin à son extraordinaire série de douze demi-finales consécutives à New York. À 34 ans, Jimbo paraît enfin rattrapé par l’âge. Il va pourtant encore trouver le moyen de rugir.
Wimbledon 1987 : Connors retourne complètement le scénario face à Pernfors.
1987-1989
Le vieux lion rugit encore
À Wimbledon 1987, Connors semble arrivé au bout de la route. En huitièmes de finale, Mikael Pernfors le mène 6/1 6/1 4/1. À 34 ans, diminué par une douleur à la jambe, l’Américain paraît condamné. Il transforme pourtant un match à sens unique en l’une des remontées les plus célèbres de l’histoire du tournoi et s’impose 1/6 1/6 7/5 6/4 6/2. Le score raconte déjà tout Connors : deux manches subies, puis un combat qu’il refuse de perdre.
Il élimine ensuite Slobodan Zivojinovic pour atteindre sa onzième demi-finale à Wimbledon en seize participations. Pat Cash met fin à son parcours en trois manches, mais le tournoi a ravivé l’image du vieux lion impossible à achever. Quelques semaines plus tard, Connors retrouve encore le dernier carré de l’US Open, où Ivan Lendl lui ferme de nouveau la route. Il ne menace plus réellement les maîtres de la nouvelle génération, mais ils doivent encore compter avec lui.
US Open 1988 : Connors atteint encore les quarts de finale, où l’attend Andre Agassi.
En 1988, il remporte Washington puis Toulouse, ses premiers titres depuis quatre ans. À l’US Open, il atteint les quarts de finale avant d’être dominé par Andre Agassi, âgé de 18 ans. La rencontre met face à face deux époques du tennis américain : Connors, qui disputait déjà le tournoi avant la naissance de son adversaire, cède la place au nouveau phénomène.
Toulouse 1989 : Connors remporte l’avant-dernier titre de sa carrière.
Connors ajoute encore deux trophées en 1989, à Toulouse puis à Tel-Aviv. Ce dernier succès porte son total officiel à 109 titres, record masculin de l’ère Open. À l’US Open, il inflige ensuite une lourde défaite à Stefan Edberg en huitièmes de finale, avant de retrouver Agassi en quarts. Le jeune Américain l’écarte une nouvelle fois. À 37 ans, Jimbo vient de disputer son dernier quart de finale en Grand Chelem, mais il n'a pas encore offert son dernier grand spectacle.
US Open 1991 : le retour de Jimmy Connors va bientôt transformer la quinzaine new-yorkaise.
1991
Le dernier show
En 1990, Connors disparaît presque entièrement du circuit. Son poignet gauche, usé par près de vingt années de tennis professionnel, doit être opéré et son classement chute jusqu’à la 936e place mondiale. Il reprend la compétition en 1991, sans résultat véritablement marquant, et reçoit une invitation pour l’US Open alors qu’il n’est plus que 174e mondial. À quelques jours de ses 39 ans, personne n’imagine encore qu’il va redevenir une des grandes attractions de Flushing Meadows.
Dès le premier tour, Patrick McEnroe le mène deux manches à rien, puis 3-0 et 0-40 dans le troisième set. Connors est tout près de la sortie, mais il refuse une nouvelle fois de quitter la scène. Porté par un public qui transforme chaque échange en événement, il renverse le match et s’impose après plus de quatre heures : 4/6 6/7 6/4 6/2 6/4. Deux victoires plus tranquilles contre Michiel Schapers et Karel Novácek l’envoient en huitièmes de finale.
Le jour de ses 39 ans, Jimmy Connors offre à New York son dernier scénario complètement fou face à Pernfors : 3/6 7/6 1/6 6/3 7/6.
Le jour de ses 39 ans, il affronte Aaron Krickstein dans une rencontre devenue indissociable de sa légende. Mené deux manches à une puis 5-2 dans le cinquième set, Connors revient encore, harangue les tribunes et interpelle même les caméras : « C’est pour cela qu’ils ont payé ! » Après quatre heures et quarante et une minutes, il arrache la victoire. Le match ne ressemble plus à une compétition sportive ordinaire : pendant quelques heures, Connors et le public de New York semblent faire corps.
US Open 1991 : Jim Courier met fin à l’épopée de Connors en demi-finale.
En quarts de finale, Paul Haarhuis sert pour mener deux manches à rien. Connors le rattrape à son tour et l’emporte 4/6 7/6 6/4 6/2. Jim Courier met finalement fin à l’épopée en demi-finale, 6/3 6/3 6/2. À 39 ans, Jimbo devient le plus vieux demi-finaliste de l’US Open depuis Ken Rosewall en 1974 — celui-là même qu’il avait alors battu en finale. Il ne gagne pas le tournoi, mais cette quinzaine new-yorkaise constitue peut-être l’accomplissement le plus parfait de son personnage : un champion vieillissant, incapable d’accepter la défaite et transformant le court central en théâtre.
1992 : Connors célèbre ses 40 ans sur le court central de Flushing Meadows.
1992-1996
La retraite attendra
L’épopée de 1991 ne connaît pas de prolongement, mais Connors refuse encore d’annoncer sa retraite. À l’US Open 1992, il bat Jaime Oncins puis s’incline face à Ivan Lendl. Cette trente-cinquième et dernière confrontation entre les deux hommes constitue également l’ultime match de Connors en Grand Chelem. Il aura disputé vingt-deux éditions du championnat américain depuis 1970.
Halle 1995 : à 42 ans, Connors atteint encore les quarts de finale d’un tournoi ATP.
Il continue d’apparaître épisodiquement sur le circuit. En 1993, il atteint les demi-finales à San Francisco. Deux ans plus tard, à 42 ans, il se hisse jusqu’en quarts de finale à Halle après deux victoires, devenant le plus vieux joueur à remporter un match sur le circuit ATP depuis sa réorganisation en 1990.
Son dernier match officiel a lieu le 29 avril 1996 à Atlanta, contre Richey Reneberg. Il quitte finalement le circuit à 43 ans, près d’un quart de siècle après ses premiers titres professionnels. L’US Open 1991 restera son véritable adieu au premier plan ; les cinq années suivantes auront surtout montré combien Connors avait du mal à renoncer définitivement au combat.
Style de jeu
Prendre du temps à l’adversaire
Connors était un joueur de fond de court, mais certainement pas un défenseur. Il prenait la balle très tôt, souvent juste après le rebond, afin de retirer du temps à son adversaire. Ses frappes très tendues, presque dépourvues de lift, passaient près du filet et conservaient toute leur vitesse après le rebond. Plutôt que de chercher le coup gagnant immédiat, il étouffait progressivement l’adversaire en lui renvoyant sa propre puissance toujours plus vite.
Son revers à deux mains constituait l’arme centrale de ce système. Compact, stable et frappé à plat, il lui permettait de changer rapidement de direction et de répondre aux services les plus puissants. À une époque encore largement dominée par les serveurs-volleyeurs, Connors obligeait ceux-ci à jouer immédiatement une première volée difficile. Son retour de service fut l’un des meilleurs de sa génération et joua un rôle décisif dans ses victoires contre Lendl lors des finales de l’US Open 1982 et 1983.
Son service ne possédait pas la puissance de ceux des grands attaquants de son époque. Il cherchait donc davantage la précision et le placement que le point gratuit. Son coup droit était également moins sûr que son revers. Connors compensait ces limites par ses réflexes, son anticipation et une présence constante à l’intérieur du court. Contrairement à l’image d’un pur joueur de fond, il savait aussi conclure au filet ; McEnroe estimait même que ses qualités de volleyeur avaient été largement sous-évaluées.
Son jeu demeure enfin indissociable de la Wilson T2000, une raquette en acier inoxydable conçue par René Lacoste. Plus puissante que les cadres en bois traditionnels, mais lourde et dotée d’un tamis minuscule, elle convenait à ses frappes sèches et précises. Connors lui resta fidèle bien après son abandon par la plupart des professionnels, allant jusqu’à constituer une réserve lorsque sa fabrication fut arrêtée. La T2000 n’était pas seulement sa raquette : elle semblait avoir été fabriquée pour son tennis.
héritage
A-t-il inventé le revers à deux mains ?
Dès les années 1930, les Australiens Vivian McGrath et John Bromwich utilisaient le revers à deux mains au plus haut niveau et remportaient des titres majeurs avec ce geste alors jugé presque inconcevable chez un grand joueur. Ils demeurèrent cependant des exceptions : leurs techniques très personnelles intriguèrent davantage qu’elles ne furent enseignées ou imitées. Dans les années 1960, Cliff Drysdale assura le trait d’union. Ambidextre, le Sud-Africain fit de son revers à deux mains son principal coup offensif, tout en reconnaissant qu’il se considérait lui-même comme une énigme au milieu d’une génération presque exclusivement fidèle au revers à une main.
Connors changea la dimension du geste. Lors de la publication du premier classement ATP, en 1973, neuf des dix premiers mondiaux jouaient leur revers à une main : il était l’exception. L’année suivante, il devint le premier joueur doté d’un revers à deux mains à atteindre la première place mondiale. Son coup n’avait rien d’un simple moyen de sécuriser la frappe : plat, compact et pris très tôt après le rebond, il lui permettait d’absorber la vitesse adverse, de retirer du temps aux serveurs-volleyeurs et de transformer le retour de service en véritable arme offensive. Associé à sa singulière Wilson T2000 métallique, ce revers devint l’une des signatures les plus reconnaissables de l’histoire du tennis.
Connors ne fut pourtant pas le seul artisan de cette révolution. Chris Evert imposa dans le tennis féminin un revers à deux mains fondé sur la précision, la régularité et la maîtrise des trajectoires, inspirant d’innombrables jeunes joueuses. Borg développa de son côté une version très différente de celle de Connors : plus liftée, accompagnée d’un mouvement ascendant et intégrée à un jeu de fond fondé sur la puissance, l’endurance et la couverture du terrain. Son revers et son coup droit chargés de lift devinrent un phénomène mondial, copié aussi bien par les amateurs que par les professionnels.
Connors n’a donc pas créé le revers à deux mains, mais il lui a donné une seconde naissance. McGrath et Bromwich avaient prouvé qu’il était possible de gagner ainsi ; Drysdale avait empêché le geste de disparaître ; Connors en fit l’arme agressive d’un n°1 mondial. Evert contribua simultanément à sa normalisation dans le tennis féminin, tandis que Borg l’inscrivit dans le modèle du joueur de fond moderne.
Connors a ouvert la voie moderne, Borg a créé l’école.
USA
La Coupe Davis à contretemps
La Coupe Davis occupe une place étonnamment réduite dans la carrière de Connors. Sélectionné en 1972, il supporte mal de ne pas être titularisé et ne participe à aucun match de la campagne victorieuse des États-Unis. Il refuse ensuite plusieurs convocations, dans un contexte de conflit avec les instances et de priorité donnée aux compétitions rémunératrices. Il ne fait ses débuts qu’en octobre 1975, contre le Venezuela. Deux mois plus tard, face au Mexique, il gagne son premier simple mais perd le match décisif contre Raul Ramírez.
Connors attend ensuite 1981 pour retrouver l’équipe nationale. En quarts de finale, à Flushing Meadows, il bat Ivan Lendl puis Tomas Smid et contribue à la victoire des États-Unis sur la Tchécoslovaquie. Il ne dispute toutefois ni la demi-finale ni la finale d’une édition finalement remportée par les Américains : il appartient donc à l’équipe victorieuse sans avoir participé à toute la conquête.
Ce n’est qu’en 1984 qu’il s’engage dans une campagne complète aux côtés de John McEnroe. L’association des deux meilleurs Américains paraît irrésistible, mais la finale tourne au désastre à Göteborg : Mats Wilander écrase Connors 6/1 6/3 6/3, puis la Suède s’impose 4-1. Au total, Jimbo n’aura joué que sept rencontres de Coupe Davis, pour dix victoires et trois défaites en simple. Un bilan individuel solide, mais une implication bien faible pour un champion qui régna si longtemps sur le tennis américain.
Public
Du paria au héros
Connors s’est construit contre le monde du tennis. Il refuse d’adhérer à l’ATP lors de sa création, suit son manager Bill Riordan sur un circuit parallèle, engage des poursuites contre l’association des joueurs et son président Arthur Ashe, puis délaisse régulièrement la Coupe Davis. Son comportement sur le court, volontiers grossier et provocateur, irrite également une partie du public. En 1977, il est même hué à Wimbledon — fait rarissime — après avoir refusé de participer au défilé des anciens champions organisé pour le centenaire du tournoi. Jimbo ne cherche alors ni à plaire ni à s’intégrer : il puise au contraire son énergie dans le sentiment de jouer seul contre tous.
Cette hostilité nourrit son personnage. Connors conteste les décisions, apostrophe les arbitres, provoque l’adversaire et célèbre les points importants en levant le poing et en rugissant vers les tribunes. Il ne se contente pas de disputer un match : il cherche à en modifier l’atmosphère, quitte à retourner le public contre lui avant de tenter de le reconquérir. Cette agitation n’est pas un simple numéro. Elle lui permet de faire monter la tension, de maintenir son intensité et d’entraîner toute l’arène dans le combat.
Avec le temps, pourtant, le regard porté sur lui se transforme. L’arrivée de McEnroe lui retire le monopole du mauvais garçon, tandis que l’émergence de joueurs plus jeunes le repousse progressivement dans le rôle du champion menacé. Connors n’est pas devenu beaucoup plus sage : c’est sa place dans le récit qui a changé. L’arrogant dominateur des années 1970 devient le vétéran qui refuse de céder son territoire. Ses victoires de 1982 et 1983 consacrent cette réconciliation, particulièrement à l’US Open, où les spectateurs finissent par adopter celui qu’ils avaient longtemps aimé détester.
L’épopée de 1991 achève la métamorphose. À bientôt 39 ans, Connors transforme chacune de ses rencontres en spectacle collectif, harangue les tribunes et semble tirer directement sa force de leur vacarme. Même sans remporter le tournoi, il en devient le personnage central. Le solitaire qui avait passé sa carrière à défier les institutions termine ainsi porté par une foule entière : Connors n’était plus l’ennemi du public, il était devenu son champion.
Records
Car le tennis avait besoin de sang neuf
Au début des années 1970, le tennis masculin vit encore sous l’autorité des champions de l’ancienne génération. Rod Laver, Ken Rosewall ou Andrés Gimeno ont tous largement dépassé les 30 ans. L’ère Open vient de commencer, mais elle cherche encore ses nouveaux visages. Connors arrive alors avec sa raquette métallique, son revers à deux mains, ses frappes à plat et une rage de vaincre qui bouscule les usages.
De Jacksonville en 1972 à Tel-Aviv en 1989, Jimbo gagne partout, sur toutes les surfaces et dans toutes les catégories de tournois. Aucun trophée ne lui paraît trop modeste pour mériter d’être conquis.
Son palmarès est aussi le produit d’une présence presque ininterrompue sur le circuit. Connors dispute plus de quatre cents tournois et remporte 1 274 matchs en simple, autre record masculin toujours intact.
Son record est autant le produit de sa longévité que de sa voracité : Connors ne se contente pas de viser les grands rendez-vous, il veut gagner chaque semaine.
Roger Federer s’approchera de son total avant de s’arrêter à 103 titres. Novak Djokovic franchira à son tour la barre symbolique des 100 titres sans encore le rejoindre. Plusieurs décennieus après le dernier match de Connors, son record demeure. Celui qui avait apporté du sang neuf au tennis laisse derrière lui 109 titres reconnus par l’ATP, record absolu de l’ère Open. Du sang neuf au cent neuf : le chiffre semblait le poursuivre depuis le début.
Palmarès
Ses 109 titres
Connors remporte notamment 8 Grands Chelems et 1 Masters.
Jacksonville 1972Roanoke 1972Queen's 1972Columbus 1972Cincinnati 1972Albany 1972Baltimore 1973Roanoke 1973Salt Lake City 1973Salisbury 1973Hampton 1973Paramus 1973Boston 1973Columbus 1973Los Angeles 1973Québec 1973Johannesbourg 1973Australie 1974Roanoke 1974Little Rock 1974Birmingham 1974Salisbury 1974Hampton 1974Salt Lake City 1974Tempe 1974Manchester 1974Wimbledon 1974Indianapolis 1974US Open 1974Los Angeles 1974Londres 1974Johannesbourg 1974Bahamas 1975Birmingham 1975Salisbury 1975Boca Raton 1975Hampton 1975Denver 1975N.Conway 1975Bermudes 1975Maui 1975Birmingham 1976Philadelphie 1976Hampton 1976Palm Springs 1976Denver 1976Las Vegas 1976Washington 1976North Conway 1976Indianapolis 1976US Open 1976Cologne 1976Wembley 1976Birmingham 1977St. Louis 1977Las Vegas 1977Dallas 1977Maui 1977Sydney 1977WCT Challenge Cup 1977Masters 1977Philadelphie 1978Denver 1978Memphis 1978Rotterdam 1978Birmingham 1978Washington 1978Indianapolis 1978Stowe 1978US Open 1978Sydney 1978Birmingham 1979Philadelphie 1979Memphis 1979Dorado Beach 1979Tulsa 1979Indianapolis 1979Stowe 1979Hong Kong 1979Birmingham 1980Philadelphie 1980Dallas 1980North Conway 1980Canton 1980Tokyo 1980La Quinta 1981Bruxelles 1981Rotterdam 1981Wembley 1981Monterrey 1982Los Angeles 1982Las Vegas 1982Queen's 1982Wimbledon 1982Columbus 1982US Open 1982Memphis 1983Las Vegas 1983Queen's 1983US Open 1983Memphis 1984La Quinta 1984Boca West 1984Los Angeles 1984Tokyo 1984Washington 1988Toulouse 1988Toulouse 1989Tel Aviv 1989
Et après ?
The Outsider
Connors est admis au Temple international de la renommée du tennis en 1998, deux ans après son dernier match sur le circuit. Il demeure l’une des grandes figures de l’ère Open, notamment grâce à ses 109 titres en simple et à ses 1 274 victoires, deux records masculins qui résistent toujours.
En 2013, il publie son autobiographie, The Outsider, dans laquelle il revient sans beaucoup de précautions sur sa carrière, ses rivalités et sa vie personnelle. L’ouvrage prolonge l’image qu’il avait donnée sur le court : celle d’un homme qui préfère provoquer ou déranger plutôt que lisser son propre récit.
Connors reste ensuite présent dans le monde du tennis à travers des interventions dans les médias. Depuis 2020, il anime avec son fils Brett le podcast Advantage Connors, consacré au circuit, mais aussi plus largement au sport et aux paris.
Transmission
Un coach de passage
Connors ne mène jamais une véritable carrière d’entraîneur. Sa seule collaboration durable commence durant l’été 2006 avec l'ancien n°1 mondial Andy Roddick. L’effet est immédiat : l’Américain remporte Cincinnati, atteint la finale de l’US Open et remonte jusqu’à la troisième place mondiale. Connors cherche notamment à améliorer son revers et à l’inciter à avancer davantage dans le court, mais leur association s’achève au début de 2008 sans lui avoir permis de retrouver un titre du Grand Chelem.
Ses expériences suivantes sont beaucoup plus brèves. Maria Sharapova l’engage en 2013, mais leur collaboration ne survit pas à son premier match, perdu contre Sloane Stephens à Cincinnati. Connors effectue encore un court passage auprès d’Eugenie Bouchard en 2015, sans s’installer durablement dans son équipe.
Il possédait l’expérience des grands rendez-vous et une remarquable intelligence du jeu, mais son tempérament et sa manière très personnelle d’aborder la compétition se prêtaient peut-être moins à une transmission quotidienne. Ses tentatives comme entraîneur resteront finalement sans lendemain.
En couple
Vie sentimentale
Chris EvertPatti McGuire
Au début des années 1970, Connors forme avec Chris Evert le couple le plus célèbre du tennis. Fiancés en 1973, ils remportent tous les deux Wimbledon l’année suivante et doivent se marier en novembre 1974. Leur union est cependant annulée quelques semaines avant la cérémonie. Connors reconnaîtra plus tard que leur relation supportait difficilement la coexistence de deux jeunes champions habitués à placer leur carrière au premier plan.
En 1979, il épouse Patti McGuire, ancienne mannequin, avec laquelle il a deux enfants : Brett et Aubree.