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Guillermo Coria - Chron'Open
Chron'Open
Argentine
droitier - revers à deux mains

GuillermoCoria

Le roi sans couronne de la terre battue
Guillermo Coria

Guillermo Coria fut, au début des années 2000, l'un des joueurs de terre battue les plus rapides, les plus précis et les plus redoutés du circuit. Vainqueur à Hambourg et Monte-Carlo, n°3 mondial en 2004, il semblait destiné à conquérir Roland-Garros. Sa finale perdue contre Gaston Gaudio, après deux balles de match, a pourtant fixé son histoire dans l'un des renversements les plus cruels du tennis moderne.

9Titres ATP
2004n°3 mondial
Naissance13 janvier 1982
Formation

Jeunesse

Guillermo Coria enfant
Guillermo Coria enfant, avant que le tennis enseigné par son père Oscar ne structure toute sa jeunesse.

Guillermo Sebastian Coria grandit dans une famille entièrement tournée vers le tennis. Son père Oscar, professeur de tennis, l'initie presque aussitôt qu'il apprend à marcher. Son prénom rend hommage à Guillermo Vilas, immense figure du sport argentin. Il admire également Andre Agassi et Marcelo Rios, deux joueurs dont la créativité et la prise de balle précoce marqueront son imaginaire.

Guillermo Coria vainqueur du tournoi junior de Roland-Garros en 1999
Roland-Garros juniors 1999 : Guillermo Coria remporte le simple après avoir battu David Nalbandian en finale.

Très vite, Coria appartient à une génération argentine exceptionnelle. En 1999, il gagne le simple juniors de Roland-Garros en dominant David Nalbandian 6-4, 6-3 en finale. Associé au même Nalbandian, il remporte aussi le double juniors de Wimbledon. Il termine cette saison n°2 mondial juniors en simple et n°5 en double, avec déjà le profil d'un futur grand spécialiste de la terre battue.

De 2000 à 2009

Sa carrière

Guillermo Coria lors du tournoi de Vina del Mar en 2001
Vina del Mar 2001 : Guillermo Coria décroche son premier titre ATP après avoir renversé Gaston Gaudio en finale.
2000-2002

Un premier titre, puis l'arrêt brutal

Passé professionnel en 2000, Coria s'installe très rapidement parmi les meilleurs joueurs de terre battue de sa génération. En février 2001, à Vina del Mar, il bat Gaston Gaudio 4-6, 6-2, 7-5 et remporte son premier tournoi ATP.

Guillermo Coria à Monte-Carlo en 2001
Monte-Carlo 2001 : quelques semaines après son premier titre, Guillermo Coria atteint déjà les demi-finales d'un Masters 1000.

Il atteint ensuite la finale à Majorque et les demi-finales de Monte-Carlo, des résultats qui le conduisent aux portes du Top 20.

Cette ascension est brutalement interrompue après un contrôle positif à la nandrolone réalisé à Barcelone. L'enquête établit que la substance provenait d'un complément vitaminé contaminé lors de sa fabrication et qu'elle ne figurait pas sur l'étiquette. Coria est néanmoins suspendu sept mois, avec effet rétroactif, et perd des points ainsi que ses gains. Il revient en mars 2002, hors du Top 100, et doit reconstruire sa carrière presque depuis le départ.

Guillermo Coria frappant un revers à Hambourg en 2003
Hambourg 2003 : Guillermo Coria conquiert son premier Masters 1000 en dominant Agustin Calleri lors d'une finale entièrement argentine.
2003

Le meilleur joueur de terre de la saison

En 2003, Coria change de dimension. Finaliste à Monte-Carlo derrière Juan Carlos Ferrero, il remporte quelques semaines plus tard le Masters 1000 de Hambourg face à Agustin Calleri.

Martin Verkerk et Guillermo Coria après leur demi-finale de Roland-Garros 2003
Roland-Garros 2003 : Martin Verkerk vient de priver Guillermo Coria de sa première finale de Grand Chelem.

À Roland-Garros, il atteint sa première demi-finale de Grand Chelem, mais Martin Verkerk l'empêche de rejoindre Ferrero en finale.

Guillermo Coria avec son trophée et le véhicule remporté à Stuttgart en 2003
Stuttgart 2003 : le titre ouvre un été parfait au cours duquel Guillermo Coria gagne également à Kitzbuhel et Sopot.

L'été est presque parfait. Coria gagne successivement Stuttgart, Kitzbuhel et Sopot, puis ajoute Bale à son palmarès à l'automne. Il termine l'année avec cinq titres, se qualifie pour le Masters et s'établit durablement parmi les meilleurs mondiaux. Sa vitesse, sa défense et sa précision en font alors la référence du circuit sur terre battue.

Guillermo Coria avec le trophée de Monte-Carlo en 2004
Monte-Carlo 2004 : Guillermo Coria conquiert son deuxième Masters 1000 sans abandonner un seul set.
2004

Le sommet et la finale impossible

La saison 2004 commence par un titre à Buenos Aires. Au printemps, Coria remporte Monte-Carlo sans perdre un set, atteint la finale de Miami sur dur et se hisse jusqu'à la 3e place mondiale le 3 mai. À Hambourg, Roger Federer met fin à une série de 31 victoires consécutives de l'Argentin sur terre battue, mais Coria arrive à Roland-Garros comme le grand favori.

Tim Henman et Guillermo Coria après leur demi-finale de Roland-Garros 2004
Roland-Garros 2004 : Tim Henman félicite Guillermo Coria, qualifié pour la finale après avoir renversé un match mal engagé.

Il traverse le tournoi avec autorité. En demi-finale, il neutralise Tim Henman après avoir perdu le premier set.

Guillermo Coria avec Gaston Gaudio et Guillermo Vilas après la finale de Roland-Garros 2004
Roland-Garros 2004 : Guillermo Coria, Guillermo Vilas et Gaston Gaudio lors de la remise des trophées après une finale devenue historique.

En finale, face à Gaston Gaudio, Coria domine totalement le début de la rencontre : 6-0, 6-3. Puis son corps se dérègle, les crampes apparaissent et Gaudio revient. Dans le cinquième set, Coria retrouve pourtant assez de contrôle pour servir à 6-5 et se procurer deux balles de match. Il ne les convertit pas. Gaudio l'emporte finalement 0-6, 3-6, 6-4, 6-1, 8-6 après 3 h 31.

Cette défaite ne doit pas effacer l'ensemble de son année. Coria atteint encore la finale de Hambourg, les quarts de finale de l'US Open et le Masters de fin de saison. Mais le trophée parisien, qu'il semblait tenir à quelques points du but, ne reviendra jamais à sa portée avec une telle netteté.

Rafael Nadal et Guillermo Coria après la finale de Monte-Carlo 2005
Monte-Carlo 2005 : Rafael Nadal, 18 ans, détrône le tenant du titre Guillermo Coria et ouvre une nouvelle époque sur terre battue.
2005

Face à l'avènement de Nadal

Coria demeure l'un des meilleurs terriens du monde, mais une nouvelle force apparaît. En finale de Monte-Carlo, Rafael Nadal, 18 ans, le bat en quatre sets.

Rafael Nadal lors de la finale de Rome contre Guillermo Coria en 2005
Rome 2005 : Rafael Nadal enlève face à Guillermo Coria une finale de 5 h 14 qui symbolise le passage de témoin.

Un mois plus tard à Rome, les deux hommes disputent un match gigantesque de 5 h 14. Coria mène 3-0 dans le cinquième set puis 5-1 dans le jeu décisif, avant de s'incliner 6-4, 3-6, 6-3, 4-6, 7-6.

À Roland-Garros, Nikolay Davydenko l'arrête en huitièmes de finale.

Guillermo Coria avec le trophée d'Umag en 2005
Umag 2005 : Guillermo Coria soulève le neuvième et dernier trophée de sa carrière.

Coria gagne encore à Umag, son neuvième et dernier titre, puis atteint deux finales sur dur à Pékin et Bale. Il se qualifie pour le Masters pour la troisième année consécutive. Cette saison reste excellente, mais elle révèle que la terre battue possède désormais un nouveau maître.

Guillermo Coria assis lors de l'US Open 2006
US Open 2006 : Guillermo Coria, en plein désarroi, ne parvient plus à maîtriser un service devenu le centre de ses difficultés.
2006-2009

Le service perdu et la disparition

À partir de 2006, les résultats s'effondrent. Coria est gagné par les doubles fautes et les blocages au service. Le geste qui devait simplement lancer le point devient une épreuve, puis un problème qui contamine tout son jeu. Il recule rapidement au classement et quitte le circuit pendant de longs mois.

Il tente plusieurs retours en 2008, notamment à Roland-Garros, où Tommy Robredo le bat au premier tour, puis joue encore un dernier tournoi Challenger à Bangkok en 2009. À seulement 27 ans, l'ancien n°3 mondial cesse la compétition. Sa disparition est d'autant plus saisissante que cinq ans auparavant il se trouvait à deux points du titre de Roland-Garros.

Identité tennistique

La géométrie d'El Mago

Guillermo Coria frappant un revers à deux mains au Masters 2005

Coria ne dominait ni par la puissance du service ni par la violence brute de ses frappes. Son jeu reposait sur la vitesse des appuis, l'équilibre, la lecture de trajectoire et une capacité exceptionnelle à transformer la défense en attaque. Il prenait la balle tôt, ouvrait des angles courts et obligeait l'adversaire à frapper une fois de plus.

Guillermo Coria en extension à Roland-Garros 2003

Sur terre battue, sa couverture de terrain semblait presque sans limite. Son revers à deux mains était compact et sûr, son amortie particulièrement bien masquée, et son sens de l'anticipation lui permettait de jouer près des lignes sans se précipiter. Son surnom, El Mago, venait de cette impression de contrôle et d'invention permanente.

Cette virtuosité avait une fragilité : le service. Déjà moins efficace que le reste de son arsenal à son sommet, il devint après 2005 un point de tension psychologique et technique. Lorsque la confiance disparut, le problème fut assez profond pour désorganiser l'ensemble de son tennis.

La Legión

Toujours un Argentin sur sa route

Agustin Calleri et Guillermo Coria avec leurs trophées après la finale de Hambourg 2003
Hambourg 2003 : Guillermo Coria domine Agustin Calleri dans une finale entièrement argentine et décroche son premier Masters Series.

Il suffit de suivre la carrière de Coria pour voir revenir sans cesse les mêmes couleurs. En 1999, il bat David Nalbandian en finale de Roland-Garros juniors avant de remporter avec lui le double à Wimbledon. Deux ans plus tard, pour décrocher son premier titre ATP à Viña del Mar, il élimine Calleri au premier tour, Zabaleta en demi-finale puis Gaudio en finale. En 2003, à Buenos Aires, son parcours devient presque une affaire nationale : Acasuso, Zabaleta, Nalbandian puis Gaudio tombent successivement devant lui.

Quelques mois plus tard, Hambourg offre l'image parfaite de cette génération surnommée la Legión : les quatre demi-finalistes sont argentins. Coria bat Gaudio, avec lequel les relations sont déjà électriques, puis Calleri en finale pour remporter son premier Masters Series. Même son unique titre hors terre battue, à Bâle quelques mois plus tard, porte encore un nom argentin en face du sien : Nalbandian devait l'affronter en finale avant de déclarer forfait.

Roland-Garros 2004 constitue l'aboutissement presque irréel de cette histoire. Quatre Argentins atteignent les quarts de finale, trois les demi-finales et Gaudio élimine Nalbandian avant de retrouver Coria. Celui-ci aborde la finale avec une série de 19 victoires consécutives contre ses compatriotes. C'est pourtant Gaudio qui y met fin, dans la première finale 100 % argentine de l'histoire du Grand Chelem et dans le match qui marquera à jamais la carrière du Magicien.

H2H

Gaudio et Coria : bien plus qu'une finale

Guillermo Coria et Gaston Gaudio après la finale de Roland-Garros 2004

La rivalité entre Coria et Gaudio commence avant Roland-Garros. En 2001, Coria bat son compatriote en finale à Vina del Mar, puis Gaudio prend sa revanche à Buenos Aires. Les célébrations, les provocations et les tensions entre leurs entourages installent une inimitié réelle. En 2003, leur demi-finale de Hambourg ajoute un nouvel épisode à une relation déjà électrique.

La finale de 2004 donne à cette opposition une dimension définitive. Coria était le favori, Gaudio l'outsider ; Coria mena deux sets à zéro et obtint deux balles de match, Gaudio repartit avec la Coupe des Mousquetaires. L'histoire les rapprochera pourtant d'une autre manière : après leur retraite, ils deviendront successivement capitaines de l'équipe d'Argentine de Coupe Davis, Gaudio quittant le poste en 2021 avant que Coria ne lui succède.

Palmarès

Ses 9 titres en simple

Masters 1000 ATP 500

Vina del Mar 2001
Hambourg 2003
Stuttgart 2003
Kitzbuhel 2003
Sopot 2003
Bale 2003
Buenos Aires 2004
Monte-Carlo 2004
Umag 2005
Famille

Vie privée

Guillermo Coria épouse Carla Francovigh le 27 décembre 2003. Il a toujours conservé un lien très fort avec Venado Tuerto, la ville argentine où il a grandi et où sa famille est installée. Son frère cadet Federico deviendra lui aussi joueur professionnel et intégrera le Top 50 mondial.

Après-carrière

Transmettre et diriger

Guillermo Coria capitaine de l'équipe d'Argentine de Coupe Davis

Après sa retraite, Coria revient progressivement au tennis par la transmission. Il développe une académie et travaille avec de jeunes joueurs argentins. Son expérience, faite d'une ascension fulgurante, d'une finale traumatique et d'une fin de carrière précoce, lui donne une connaissance singulière des dimensions techniques et mentales du haut niveau.

En 2021, il succède à Gaston Gaudio comme capitaine de l'équipe d'Argentine de Coupe Davis. Ce passage de témoin referme symboliquement l'une des rivalités les plus fortes du tennis argentin des années 2000 : les deux anciens adversaires occupent tour à tour la même fonction au service de leur pays.

Héritage

Le champion que l'on résume à deux points

Guillermo Coria soutenu par Guillermo Vilas après la finale de Roland-Garros 2004

Guillermo Coria restera inévitablement associé aux deux balles de match de Roland-Garros 2004. Elles constituent un raccourci puissant, mais incomplet. Coria a gagné neuf tournois, atteint la 3e place mondiale, remporté deux Masters 1000 et disputé trois Masters de fin d'année. Pendant près de deux saisons, il fut l'un des joueurs les plus difficiles à battre sur terre battue.

Son histoire est aussi celle d'une fenêtre très courte. Entre le retour de suspension, l'avènement de Nadal et la perte de son service, Coria n'a disposé que de quelques années pour convertir un talent exceptionnel en palmarès. Il n'a jamais gagné Roland-Garros, mais son niveau sur terre, sa vitesse et sa science du point lui ont donné une place que le simple compte des titres ne suffit pas à mesurer.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026