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Espagne
droitier - revers à une main

CarlosCosta

La régularité catalane sur terre battue
Carlos Costa

Carlos Costa n'a jamais atteint les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem, mais il fut pourtant l'un des meilleurs joueurs de terre battue du début des années 1990. Le Catalan s'est hissé jusqu'au 10e rang mondial grâce à une remarquable régularité.

6Titres ATP
1992n°10 mondial
Naissance22 avril 1968
Formation

Jeunesse

Carlos Costa jeune à l'entraînement
 

Né le 22 avril 1968 à Barcelone, Carlos Costa découvre le tennis en famille. Son père et ses deux frères aînés sont membres du Real Club de Tenis Barcelona, l’un des principaux berceaux du tennis catalan. C’est dans ce club prestigieux, organisateur du tournoi Conde de Godó, qu’il se forme et construit un jeu naturellement adapté à la terre battue. Champion d’Espagne juniors en 1986, il devient professionnel en 1988, à 19 ans.

À une époque où le tennis espagnol prépare sa grande révolution, Costa appartient à une génération de transition. Emilio Sánchez, Javier Sánchez et Jordi Arrese sont déjà installés, tandis que Sergi Bruguera s’apprête à conquérir Roland-Garros. Costa ne possède pas encore leur notoriété, mais son endurance, sa régularité et son efficacité sur terre battue vont rapidement le conduire parmi les meilleurs joueurs du monde.

de 1988 à 1999

Sa carrière

1992

Six mois au sommet

Carlos Costa avec le trophée d'Estoril en 1992
Estoril 1992 : Carlos Costa remporte son premier titre ATP face à Sergi Bruguera.

La saison 1992 transforme brutalement Carlos Costa. En mars, à Estoril, il dispute sa première finale sur le circuit principal. Opposé à Sergi Bruguera, déjà considéré comme l’un des meilleurs joueurs de terre battue du monde, le Barcelonais renverse la rencontre après avoir perdu la première manche et remporte son premier titre ATP, 4-6, 6-2, 6-2.

Quelques semaines plus tard, Costa connaît le moment le plus marquant de sa carrière. Sur les courts du Real Club de Tenis Barcelona où il a grandi, il remporte le Conde de Godó en battant le Suédois Magnus Gustafsson en finale, 6-4, 7-6, 6-4. Gagner devant son public, chez lui, dans son propre club, possède pour lui une valeur particulière. Bien des années plus tard, il considérera encore cette victoire comme le plus beau souvenir de sa carrière.

Carlos Costa soulève le trophée du tournoi de Barcelone en 1992
Barcelone 1992 : Carlos Costa triomphe chez lui après sa victoire en finale contre Magnus Gustafsson.

Costa enchaîne avec une demi-finale à Hambourg, excellente illustration de sa grande saison sur terre battue, puis une finale à Madrid, perdue contre Bruguera. Il atteint ensuite celle de Rome, l’un des rendez-vous les plus importants de la saison sur terre battue. Face au n°1 mondial Jim Courier, tenant du titre à Roland-Garros, l’Espagnol résiste pendant une première manche serrée avant de s’incliner 7-6, 6-0, 6-4. Cette série de résultats le conduit au 10e rang mondial le 18 mai 1992, le meilleur classement de sa carrière.

À Roland-Garros, tête de série n°9, il atteint les huitièmes de finale. Il reproduit cette performance quelques mois plus tard à l’US Open, où il s’incline face à Andre Agassi. Sans parvenir à créer l’exploit en Grand Chelem, Costa termine l’année au 14e rang mondial. En quelques mois, le joueur encore classé au-delà de la 50e place au début de la saison est devenu l’un des principaux représentants du tennis espagnol.

1993-1994

La confirmation sur terre battue

Carlos Costa célèbre sa victoire à Hilversum en 1993
Hilversum 1993 : Carlos Costa remporte son troisième titre ATP en dominant Magnus Gustafsson en finale.

Après une telle ascension, le plus difficile consiste à confirmer. Costa reconnaîtra plus tard avoir été lui-même surpris par le niveau atteint en 1992 et ne pas avoir immédiatement su comment entretenir cette dynamique. Il ne retrouve plus le Top 10, mais demeure pendant deux saisons l’un des joueurs les plus fiables du circuit sur terre battue.

En 1993, il dispute d’abord la finale de Mexico, où il est battu par Thomas Muster. À Roland-Garros, il domine Goran Ivaniševic avant de s’incliner contre Richard Krajicek, 10-8 au cinquième set, en huitièmes de finale. Il remporte ensuite le tournoi d’Hilversum avec une grande autorité, ne laissant que six jeux à Magnus Gustafsson en finale. En novembre, à Buenos Aires, il domine Alberto Berasategui et décroche son quatrième titre ATP. A Stockholm à l'automne il crée la sensation en éliminant le numéro 1 mondial Pete Sampras.

La saison 1994 lui apporte deux nouvelles victoires. À Estoril, il récupère le titre abandonné un an plus tôt en battant Andrei Medvedev au terme d’une finale renversée. Il s’impose ensuite à Saint-Marin contre l’Allemand Oliver Gross. Entre-temps, il retrouve la finale du tournoi de Barcelone, mais Richard Krajicek le prive d’un deuxième sacre dans son club.

Carlos Costa après la finale du tournoi de Barcelone en 1994
Barcelone 1994 : finaliste face à Richard Krajicek, Carlos Costa reçoit le trophée du finaliste.

Costa contribue également au parcours de l’Espagne jusqu’en finale de la World Team Cup de Düsseldorf. Invaincu en quatre rencontres, il joue un rôle important dans la qualification de son équipe. Avec six titres ATP conquis en trois saisons, il s’est durablement installé dans le premier cercle des spécialistes de terre battue.

1995-1996

Les finales sans couronne

Carlos Costa sur terre battue en 1996
1996 : Carlos Costa dispute à Bologne la treizième et dernière finale ATP de sa carrière.

À partir de 1995, Carlos Costa ne soulève plus de trophée sur le circuit principal, mais continue d’en approcher. Il atteint deux finales cette saison-là. À Porto, il remporte la première manche contre Alberto Berasategui avant de s’incliner en trois sets. À Umag, il passe encore plus près de la victoire face à Thomas Muster, alors au sommet de sa domination sur terre battue. Costa gagne le premier set et pousse l’Autrichien au jeu décisif dans le deuxième, avant de céder dans la dernière manche.

Ces défaites illustrent la position particulière qu’il occupe alors. Costa est suffisamment solide pour atteindre régulièrement les derniers tours, mais il doit composer avec une génération exceptionnelle de terriens comprenant Bruguera, Muster, Berasategui ou Medvedev. Il demeure néanmoins classé 31e mondial à la fin de la saison 1995.

En 1996, il dispute à Bologne la treizième et dernière finale ATP de sa carrière. De nouveau opposé à Berasategui, il s’incline en deux manches. Sa saison est ensuite perturbée par des problèmes au coude droit, qui nécessitent une opération arthroscopique le 16 octobre. Quelques mois auparavant, il avait représenté l’Espagne aux Jeux olympiques d’Atlanta, où Andrea Gaudenzi l’avait éliminé dès le premier tour.

1997-1999

Une résistance avant le retrait

Après son opération, Costa ne retrouve plus son meilleur niveau. Il continue pourtant à parcourir le circuit avec une certaine efficacité sur sa surface favorite. En 1997, ses vingt victoires sont toutes obtenues sur terre battue. Il atteint les demi-finales à Båstad et Saint-Marin ainsi que trois autres quarts de finale. mais son déclin le contraint à redescendre sur le circuit Challenger.

La saison 1998 constitue un dernier sursaut. Dès son premier tournoi, à Doha, il bat Sergi Bruguera, alors n°8 mondial. Sur la terre battue de Barcelone, il élimine successivement Gustavo Kuerten, n°10 mondial et champion de Roland-Garros, puis le jeune Marat Safin, avant de s’incliner en quarts de finale contre Todd Martin. À Stuttgart, il ajoute une victoire sur Alex Corretja, puis atteint les demi-finales de Saint-Marin. Pour la huitième année consécutive, il termine la saison parmi les 75 premiers mondiaux.

Son activité devient très réduite en 1999. Après onze saisons professionnelles, Carlos Costa se retire avec un bilan de 248 victoires pour 208 défaites.

Identité

Le joueur de terre battue par excellence

Carlos Costa en position de relance
 

Droitier doté d’un revers à une main, Carlos Costa appartient pleinement à l’école espagnole traditionnelle. Son jeu repose sur la régularité du fond du court, une grande résistance physique et une excellente maîtrise des déplacements sur terre battue. Patient dans la construction, il accepte les échanges prolongés et cherche moins à frapper un coup gagnant immédiat qu’à déplacer progressivement son adversaire.

Son coup droit lifté lui permet de repousser les adversaires loin derrière leur ligne, tandis que son revers à une main apporte davantage de variété. Costa sait modifier les trajectoires, employer le slice et ouvrir le court avant d’accélérer. Sans disposer de l’arme spectaculaire d’un Muster ou du lift extrêmement lourd d’un Bruguera, il compense par sa lecture du jeu et la solidité de son organisation tactique.

Ses statistiques résument clairement sa spécialisation : ses six titres et ses sept finales perdues sur le circuit ATP ont tous été obtenus sur terre battue. Même lors de sa dernière saison complète, en 1998, quatorze de ses vingt et une victoires sont encore remportées sur cette surface.

Cette étiquette de terrien ne l’empêche toutefois pas d’obtenir quelques résultats importants ailleurs. Il atteint notamment les huitièmes de finale de l’US Open en 1992 et bat Pete Sampras sur surface rapide. Il considère néanmoins lui-même cette victoire sur le futur n°1 mondial comme moins importante que son sacre à Barcelone : elle survient dans les premiers tours d’un tournoi, quand la victoire dans son club représente l’aboutissement affectif de toute sa formation.

Palmarès

Ses 6 titres

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ATP 500

Estoril 1992
Barcelone 1992
Hilversum 1993
Buenos Aires 1993
Estoril 1994
Saint-Marin 1994
Vie privée

Itziar et leur famille

Carlos Costa et son épouse Itziar
Carlos Costa épouse Itziar le 2 décembre 1994. Le couple a trois enfants, Blanca, Carlos et Inés. 
Reconversion

L'agent de Rafael Nadal

Carlos Costa avec Rafael Nadal jeune
Carlos Costa accompagne Rafael Nadal depuis son adolescence et devient l’un de ses hommes de confiance.

La reconversion de Carlos Costa commence avant même son dernier match. Durant les deux dernières années de sa carrière, il choisit de gérer lui-même ses contrats et ses relations commerciales. Il découvre alors un domaine qui l’attire et dans lequel son expérience de joueur constitue un avantage précieux : le management sportif. À la fin de l’année 2001, il rejoint la direction d'IMG, l’agence qui l’avait lui-même représenté pendant sa carrière. Il devient ainsi l'agent de joueurs professionnels, chargé de négocier leurs contrats de sponsoring, de défendre leurs intérêts commerciaux et de gérer leur image.

Costa s’occupe progressivement de nombreux joueurs, parmi lesquels David Ferrer, Feliciano López, Fernando Verdasco, Nicolás Almagro, David Nalbandian et Svetlana Kuznetsova. Surtout, il commence à représenter Rafael Nadal alors que le Majorquin n’a encore qu’environ 14 ans. Leur relation dépasse rapidement le simple cadre professionnel. Costa devient l’un des hommes de confiance de Nadal, prenant en charge son calendrier, ses contrats publicitaires et une grande partie de ses intérêts commerciaux.

En 2013, il quitte IMG et poursuit son activité de manière indépendante aux côtés de Nadal et de son père, Sebastián. Il participe ensuite au développement de la Fondation Rafa Nadal et de la Rafa Nadal Academy, inaugurée à Manacor en 2016, dont il devient responsable du développement commercial.

Rafael Nadal et Carlos Costa avec le trophée de numéro un mondial en 2019
2019 : Carlos pose aux côtés de son protégé avec le trophée de numéro 1 mondial.
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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026