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États-Unis
droitier - revers à deux mains

JimCourier

Le cogneur à la casquette
Jim Courier

Casquette vissée sur la tête, carrure de joueur de base-ball et coup droit envoyé comme un coup de batte, Jim Courier incarnait un tennis sans fioritures. Une puissance énorme, une condition physique intimidante et une obsession du travail lui permirent de prendre de vitesse toute sa génération. Pendant deux ans, avant que Sampras ne s’installe au sommet, le patron du tennis mondial, c’était lui.

Avec les États-Unis, il remporta la Coupe Davis en 1992 et 1995.

4Grands Chelems
23Titres ATP
1992n°1 mondial
2Coupes Davis
Naissance 17 août 1970
1,85 m.
Floride

Jeunesse

Martin Blackman, Andre Agassi, Nick Bollettieri, Jim Courier et David Wheaton à l'académie de Bradenton
À l’académie de Nick Bollettieri : Jim Courier grandit au milieu de la génération américaine qui va marquer les années 1990.

Né à Sanford et élevé à Dade City, en Floride, James Spencer Courier pratique beaucoup le base-ball dans son enfance avant que le tennis ne prenne le dessus. Adolescent, il intègre l’académie de Nick Bollettieri à Bradenton. Il y côtoie notamment Andre Agassi, dont il sera même le compagnon de chambre. Courier remporte l’Orange Bowl en 1986 et 1987 et le double juniors de Roland-Garros en 1987 avec Jonathan Stark.

De 1988 à 2000

Sa carrière

Jim Courier à Roland-Garros en 1989
Roland-Garros 1989 : le jeune Jim Courier se révèle en éliminant Andre Agassi, alors n°5 mondial.
1988-1990

De Bollettieri au premier titre

Il passe professionnel en 1988. L’année suivante, il commence à faire parler de lui à Roland-Garros en éliminant Agassi, alors n°5 mondial, en huitièmes de finale. Quelques mois plus tard à Bâle, Courier remporte à 19 ans son premier titre sur le circuit. Face au n°3 mondial Stefan Edberg, il revient de deux manches à une et s’impose au terme d’une finale en cinq sets.

Jim Courier à Wimbledon en 1990
Wimbledon 1990 : Courier est encore en retrait derrière les percées précoces de Chang, Sampras et Agassi.

La progression reste néanmoins moins spectaculaire que celle de certains de ses compatriotes. Michael Chang a déjà gagné Roland-Garros à 17 ans, Sampras remporte l’US Open 1990 à 19 ans et Agassi est depuis longtemps une vedette. Courier n’est encore que l’un des nombreux jeunes Américains prometteurs. Cela ne va pas durer.

Jim Courier avec le trophée de Miami en 1991
Miami 1991 : deux semaines après Indian Wells, Jim Courier complète le premier « Sunshine Double » masculin de l’histoire.
1991

Tout bascule

Courier change brutalement de dimension en 1991. À Indian Wells, classé seulement 26e mondial au début du tournoi, il élimine notamment Agassi puis bat Guy Forget en finale après cinq sets. Deux semaines plus tard, il gagne également Miami en dominant David Wheaton. Il devient ainsi le premier homme à réussir dans la même saison ce qui sera plus tard baptisé le Sunshine Double.

Andre Agassi face à Jim Courier lors de la finale de Roland-Garros 1991
Roland-Garros 1991 : Jim Courier renverse son ancien compagnon de chambre Andre Agassi au terme d’une finale en cinq sets.

À Roland-Garros, Courier survit d’abord à un match compliqué contre Magnus Larsson avant d’éliminer successivement Stefan Edberg, n°1 mondial, puis Michael Stich. En finale l’attend Agassi. Les deux anciens colocataires de chez Bollettieri se connaissent par cœur. Mené deux manches à une, Courier profite notamment d’une interruption due à la pluie pour discuter avec José Higueras, qui lui conseille de reculer au retour et de donner davantage de hauteur à ses frappes. L’Américain renverse le match et s’impose 3-6, 6-4, 2-6, 6-1, 6-4.

Stefan Edberg et Jim Courier après la finale de l'US Open 1991
US Open 1991 : Stefan Edberg arrête la course de Jim Courier vers le titre, mais l’Américain termine la saison n°2 mondial.

Cette saison 1991 révèle aussi que Courier ne se résume pas à la terre battue. Il atteint les quarts de finale à Wimbledon, où Stich prend sa revanche, puis la finale de l’US Open après avoir battu le tenant du titre Pete Sampras et le vétéran Jimmy Connors. Edberg le domine sèchement en finale. Courier termine encore l'année par une finale au Masters, perdue contre Sampras, et boucle sa saison au 2e rang mondial.

Jim Courier avec le trophée de l'Open d'Australie 1992
Open d’Australie 1992 : ce premier sacre à Melbourne ouvre la route de la place de n°1 mondial.
1992

Le meilleur joueur du monde

Courier confirme immédiatement à Melbourne. En finale de l’Open d’Australie, il retrouve Edberg et prend sa revanche sur la finale de l’US Open. Le 10 février, après avoir également atteint la finale à San Francisco, il dépasse le Suédois et devient pour la première fois n°1 mondial.

Jim Courier et Petr Korda après la finale de Roland-Garros 1992
Roland-Garros 1992 : Jim Courier conserve sa couronne face à Petr Korda et détient simultanément les titres de Melbourne et Paris.

Le printemps est impressionnant. Courier remporte Tokyo, Hong Kong et Rome avant de défendre son titre à Roland-Garros. Agassi est balayé en demi-finale, puis Petr Korda en finale, 7-5, 6-2, 6-1. À 21 ans, l’Américain possède déjà trois titres du Grand Chelem et règne simultanément sur Melbourne et Paris.

L'équipe américaine victorieuse de la Coupe Davis 1992
Coupe Davis 1992 : Andre Agassi, Jim Courier, John McEnroe, Pete Sampras et le capitaine Tom Gorman entourent le Saladier d’argent.

La deuxième moitié de saison est moins irrésistible : élimination au troisième tour de Wimbledon, défaite contre le futur champion Marc Rosset aux Jeux olympiques de Barcelone et demi-finale à l’US Open. Courier atteint toutefois pour la deuxième année consécutive la finale du Masters, où Boris Becker le bat. En décembre, il apporte aux États-Unis le point décisif de la finale de Coupe Davis contre la Suisse en dominant Jakob Hlasek. Il termine l’année à la place de n°1 mondial.

Stefan Edberg et Jim Courier après la finale de l'Open d'Australie 1993
Open d’Australie 1993 : face à Stefan Edberg, Jim Courier porte à quatre son total de titres du Grand Chelem.
1993

Toujours au sommet, mais Sampras arrive

Courier commence 1993 par un nouveau triomphe à l’Open d’Australie. Comme l’année précédente, Edberg est son adversaire en finale et, comme l’année précédente, l’Américain l’emporte en quatre sets. À 22 ans, Courier compte déjà quatre Grands Chelems. Il poursuit sa moisson avec des titres à Memphis et Indian Wells, puis remporte Rome pour la deuxième année consécutive.

Sergi Bruguera et Jim Courier après la finale de Roland-Garros 1993
Roland-Garros 1993 : Sergi Bruguera détrône le double tenant du titre après cinq manches.

À Roland-Garros, il atteint une troisième finale consécutive, performance qu’aucun autre Américain n’a réalisée dans le tournoi à l’ère Open. Cette fois, Sergi Bruguera l’emporte en cinq manches. Un mois plus tard, Courier réussit pourtant quelque chose d’encore plus inattendu : il se hisse en finale de Wimbledon après avoir éliminé Edberg. Pete Sampras le bat en quatre sets et décroche le premier de ses sept titres londoniens.

Pete Sampras et Jim Courier lors de la remise des trophées à Wimbledon 1993
Wimbledon 1993 : cette finale complète pour Jim Courier la série des quatre finales majeures, avant que Pete Sampras ne prenne durablement le pouvoir.

En atteignant cette finale, Courier devient à 22 ans le plus jeune joueur de l’ère Open à avoir disputé la finale des quatre tournois du Grand Chelem. Ce record tiendra plus de trente ans avant d’être battu par Carlos Alcaraz à l’Open d’Australie 2026. Courier ajoute encore Indianapolis à son palmarès et termine l’année n°3 mondial.

Mais quelques signes de lassitude apparaissent déjà. Au Masters de Francfort, en novembre, il pousse l’étrangeté jusqu’à sortir Maybe the Moon, un roman d’Armistead Maupin, et à le lire pendant les changements de côté de son match contre Andrei Medvedev. Courier expliquera simplement qu’il avait envie de lire. Il perd ses trois rencontres du tournoi. L’anecdote amuse, mais avec le recul elle annonce surtout l’épuisement qui va suivre.

Jim Courier épuisé sur le gazon de Wimbledon en 1994
Wimbledon 1994 : l’image d’un Courier à terre résume une saison où le moteur physique et mental finit par céder.
1994

Le moteur casse

La chute est brutale. Courier atteint encore les demi-finales de l’Open d’Australie et de Roland-Garros, où il est respectivement battu par Sampras et Bruguera, mais il ne remporte aucun titre pour la première fois depuis 1988.

Jim Courier à l'US Open en 1994
US Open 1994 : revenu après sa courte coupure estivale, Jim Courier ne masque plus la fatigue accumulée.

Le problème n’est plus vraiment technique. Courier a poussé pendant plusieurs années son entraînement et sa préparation physique jusqu’à l’extrême. En août, après une défaite contre Alex Corretja à Indianapolis, il annonce qu’il range ses raquettes pour une durée indéterminée et qu’il ne les reprendra que lorsqu’il en ressentira de nouveau l’envie.

Cette coupure sera finalement courte, mais le message est clair : celui qui avait construit sa supériorité en travaillant plus que les autres est arrivé à saturation. Il termine l’année n°13 mondial.

Pete Sampras en larmes face à Jim Courier à l'Open d'Australie 1995
Open d’Australie 1995 : bouleversé par la maladie de Tim Gullikson, Pete Sampras craque en larmes dans le cinquième set face à Jim Courier.
1995

Le grand sursaut

Courier retrouve pourtant une grande partie de son tennis en 1995. À l’Open d’Australie, son quart de finale contre Pete Sampras entre dans l’histoire. Courier mène deux manches à zéro avant que Sampras ne revienne. Au début du cinquième set, ce dernier, bouleversé par la maladie de son entraîneur Tim Gullikson, se met à pleurer sur le court. Courier lui demande s’il va bien et lui propose même de reprendre le lendemain. Sampras continue et gagne en cinq sets.

Jim Courier avec le trophée du tournoi de Tokyo en 1995
Tokyo 1995 : Jim Courier bat Andre Agassi en finale et signe l’un des quatre titres de son grand retour.

L’Américain remporte quatre tournois cette saison-là : Adélaïde, Scottsdale, Tokyo — où il bat Agassi en finale — et Bâle, six ans après son premier titre sur ce même court. À l’US Open, il élimine notamment Thomas Muster puis Michael Chang avant de retrouver Sampras en demi-finale. Là encore, Pete lui barre la route. Courier finit néanmoins l’année au 8e rang mondial, son dernier classement dans le top 10.

Jim Courier et Pete Sampras à l'US Open 1995
US Open 1995 : Pete Sampras ferme encore la porte à Jim Courier en demi-finale avant d’être le héros de la Coupe Davis à Moscou.

Il appartient également à l’équipe des États-Unis qui remporte la Coupe Davis à Moscou. Il faut toutefois rendre à Sampras ce qui lui appartient : Courier perd son premier simple contre Evgueni Kafelnikov, tandis que Pete remporte ses deux simples et le double avec Todd Martin, inscrivant à lui seul les trois points américains.

Scène d'épuisement pendant le quart de finale entre Jim Courier et Pete Sampras à Roland-Garros 1996
Roland-Garros 1996 : après avoir mené deux sets à zéro, Jim Courier voit Pete Sampras renverser leur quart de finale.
1996-2000

Encore dangereux

Courier reste capable de coups d’éclat. Il remporte Philadelphie en 1996 et atteint les quarts de finale à l’Open d’Australie puis à Roland-Garros. À Paris, il mène Sampras deux manches à zéro avant que son compatriote ne renverse le match. En 1997, Courier retrouve même trois fois le chemin de la victoire, à Doha, Los Angeles et Pékin. Il bat au passage le n°1 mondial Sampras à Rome.

Jim Courier avec le trophée du tournoi de Doha en 1997
Doha 1997 : ce titre inaugure la dernière saison à trois trophées de Jim Courier.

En avril 1998, il remporte sur terre battue à Orlando le 23e et dernier titre de sa carrière, face à Michael Chang. Un an plus tard, alors qu’il est retombé au 54e rang mondial, Courier signe en Coupe Davis l’un de ses derniers grands exploits. À Birmingham contre la Grande-Bretagne, il gagne deux énormes combats en cinq sets : d’abord contre Tim Henman, n°7 mondial, puis contre Greg Rusedski dans le match décisif, 8-6 au cinquième.

Patrick Rafter célèbre la victoire australienne face aux États-Unis en Coupe Davis 1999
Coupe Davis 1999 : quelques mois après les exploits de Jim Courier à Birmingham, Patrick Rafter met fin à la dernière campagne de Coupe Davis de l’Américain.

Au début de l’année 2000, le ressort est définitivement cassé. Son dernier tournoi est Miami, où Thomas Enqvist le bat au deuxième tour le 25 mars. Le 9 mai, Courier annonce sa retraite à seulement 29 ans. Il expliquera que son enthousiasme pour le tennis s’était progressivement émoussé : pendant longtemps, le tennis avait été sa vie ; puis la vie avait fini par devenir plus importante que le tennis.

Rivalités

Courier et le US Big Four

Andre Agassi et Jim Courier à l'Open d'Australie 1996
Open d’Australie 1996 : anciens compagnons de chambre, Andre Agassi et Jim Courier ont bâti une rivalité indissociable de leur formation commune.

Courier appartient à une génération américaine assez exceptionnelle pour que quatre joueurs presque contemporains aient longtemps occupé ensemble le sommet : Andre Agassi, Pete Sampras, Michael Chang et Jim Courier. Chang ouvre le bal en gagnant Roland-Garros en 1989, Sampras remporte l’US Open 1990, Courier domine 1991 et 1992, puis Agassi décroche Wimbledon en 1992. À eux quatre, ils enlèvent 21 des 40 tournois du Grand Chelem disputés dans les années 1990.

Courier entretient avec chacun une histoire très différente. Agassi, son ancien compagnon de chambre chez Bollettieri, est sans doute le rival le plus intimement lié à son ascension. Courier mène leur face-à-face 7-5 et remporte leurs deux rencontres les plus marquantes sur la terre parisienne : la finale de Roland-Garros 1991 et la demi-finale 1992. Leur opposition est presque parfaite : Agassi possède le meilleur revers, Courier le coup droit le plus destructeur.

Jim Courier et Michael Chang à Miami en 1992
Miami 1992 : avec Michael Chang, la rivalité de Jim Courier s’équilibrera exactement à douze victoires partout.

Avec Michael Chang, c’est l’équilibre absolu : 12 victoires partout en 24 rencontres. Leur rivalité traverse presque toute la décennie. Courier bat notamment Chang en quarts de finale de l’US Open 1995 et, joli symbole, c’est encore Chang qu’il domine à Orlando en 1998 pour conquérir son dernier titre. Chang lui-même résumait à l’époque les rapports entre les quatre Américains comme une sorte de jeu de pierre-feuille-ciseaux : chacun avait dans le groupe un adversaire qui lui convenait particulièrement bien et un autre beaucoup moins.

Pete Sampras et Jim Courier à l'US Open 1992
US Open 1992 : Jim Courier est encore le patron de sa génération, mais Pete Sampras va bientôt inverser durablement le rapport de force.

Et celui qui convenait le moins à Courier était incontestablement Pete Sampras. Le bilan est sévère : 16-4 pour Sampras. Courier l’avait pourtant devancé dans la course au sommet et son succès servit même d’aiguillon à Pete, qui racontera plus tard avoir vu dans l’ascension de Jim la preuve qu’il pouvait lui aussi devenir n°1. Une fois lancé, Sampras reprit cependant la main : finale de Wimbledon 1993, demi-finales de l’Open d’Australie 1994 et de l’US Open 1995, fameux quart de finale de Melbourne 1995, remontée de deux sets à Roland-Garros 1996… À partir de 1993, Courier passe progressivement du statut de patron de la génération à celui de premier grand rival dépassé par Sampras.

Le « US Big Four » raconte ainsi parfaitement la place de Courier dans les années 1990. Chang avait percé avant lui, Agassi était plus célèbre et Sampras allait devenir beaucoup plus titré. Mais Courier fut le premier des quatre à devenir n°1 mondial, et surtout le premier à installer une véritable domination durable au début de la décennie. De 1992 à 1999, la place de n°1 mondial en fin de saison restera d’ailleurs constamment entre les mains de trois membres du groupe : Courier en 1992, Sampras de 1993 à 1998 et Agassi en 1999.

Style de jeu

Le « Backside Boogie »

Jim Courier frappe un coup droit à Wimbledon en 1993
Wimbledon 1993 : Jim Courier engage tout le haut du corps dans son coup droit, l’arme autour de laquelle il a construit son jeu.

Le jeu de Courier reposait d’abord sur un coup : son coup droit, l’un des plus lourds de sa génération. L’Américain cherchait constamment à contourner son revers pour frapper en coup droit décroisé depuis le côté gauche. Ce déplacement caractéristique reçut même un surnom : le « Backside Boogie ». Aujourd’hui banal chez les joueurs de fond de court, ce schéma était beaucoup moins systématique lorsque Courier en fit une arme de destruction massive.

Jim Courier frappe un revers à deux mains à l'US Open 1992
US Open 1992 : un revers à deux mains compact, moins spectaculaire que son coup droit mais suffisamment solide pour soutenir son jeu de puissance.

Son revers à deux mains était plus compact, moins fluide et moins dangereux. Il avait d’ailleurs quelque chose d’inhabituel dans sa gestuelle, mais Courier n’avait pas besoin de produire des coups élégants : il cherchait surtout à prendre rapidement possession de l’échange, à imposer une balle lourde et à forcer son adversaire à défendre.

Son autre immense qualité était physique. Courier revendiquait lui-même une forme d’intimidation : à son meilleur niveau, il lui arrivait de repartir courir après un match pendant que son adversaire récupérait au vestiaire, manière de lui faire comprendre que la rencontre ne l’avait même pas épuisé. Cette résistance lui permettait de reproduire la même intensité pendant des heures.

Cette puissance de fond de court en faisait naturellement un excellent joueur sur dur et sur terre battue, mais sa finale à Wimbledon en 1993 rappelle qu’il savait adapter son jeu aux surfaces rapides. Son service était suffisamment puissant pour lui procurer des points gratuits, même si la volée et le jeu d’attaque pure ne furent jamais ses territoires naturels.

Personnalité

Un champion moins monolithique qu’il n’en avait l’air

Jim Courier ajuste sa casquette à Wimbledon en 1994

L’image du travailleur obstiné et du cogneur de fond de court ne racontait qu’une partie du personnage. Courier était curieux, cultivé, amateur de lecture et de musique. Il jouait notamment de la batterie et de la guitare. Son improbable séance de lecture au Masters 1993 n’était finalement pas si éloignée de sa personnalité.

À Roland-Garros, il gagna aussi beaucoup de sympathie en faisant l’effort de prononcer en français son discours après son premier titre. L’Américain pouvait se montrer pince-sans-rire et possédait un sens de la répartie qui deviendra particulièrement visible lors de sa reconversion à la télévision.

Son parcours reste néanmoins indissociable de son rapport presque excessif au travail. Courier résuma un jour sa philosophie en expliquant qu’il fallait aller dans l’extrême pour devenir exceptionnel. Cette méthode l’amena au sommet, mais elle explique aussi en partie pourquoi son règne fut si bref. Avant même ses 23 ans, il avait déjà disputé sa dernière finale de Grand Chelem.

Encadrement

Ses entraîneurs

José Higueras et Jim Courier à l'entraînement
José Higueras et Jim Courier : l’ancien n°6 mondial aide l’Américain à mieux construire son tennis de terre battue.

Courier a été formé à la Nick Bollettieri Tennis Academy, où il passa plusieurs années de son adolescence.

José Higueras, ancien n°6 mondial et excellent joueur de terre battue, eut une influence importante sur sa progression tactique. C’est notamment lui que Courier consulte pendant l’interruption pluvieuse de la finale de Roland-Garros 1991 contre Agassi.

Son entraîneur de référence pendant ses années au sommet reste cependant Brad Stine, qui travailla avec lui de 1991 à 1994. Après une séparation, les deux hommes se retrouvèrent en 1997 et Stine l’accompagna de nouveau jusqu’à la retraite de Courier en 2000.

Au début de la saison 1997, Courier travailla également avec l’ancien joueur américain Harold Solomon, avant de retrouver Stine quelques mois plus tard.

Reconversion

Après-carrière

Jim Courier interviewe Roger Federer à l'Open d'Australie
Open d’Australie 2010 : face à Roger Federer, Jim Courier transforme l’interview sur le court en un exercice à la fois précis et décalé.

Courier ne disparaît pas longtemps du tennis. Il devient rapidement consultant et commentateur pour la télévision. À l’Open d’Australie, il se construit même une deuxième carrière grâce à ses interviews sur le court. Sa première, en 2005, est réalisée avec Roger Federer. Son humour, sa connaissance des joueurs et son goût pour les questions moins convenues en font progressivement l’une des voix familières du tournoi.

Jim Courier lors de son entrée à l'International Tennis Hall of Fame en 2005
Newport 2005 : Butch Buchholz, Yannick Noah, Jana Novotna et Jim Courier forment la promotion annuelle du Hall of Fame.

En 2004, il cofonde avec Jon Venison InsideOut Sports & Entertainment, société d’organisation d’événements sportifs. L’entreprise lancera notamment le Champions Series, circuit réunissant d’anciennes vedettes du tennis. En 2005, Courier entre à l’International Tennis Hall of Fame.

Jim Courier capitaine des États-Unis en Coupe Davis en 2012
Coupe Davis 2012 : capitaine américain, Jim Courier conduit son équipe jusqu’en demi-finale.

En octobre 2010, il succède à Patrick McEnroe comme capitaine de l’équipe américaine de Coupe Davis. Il occupe le poste pendant huit ans et conduit les États-Unis en demi-finale en 2012 puis en 2018. Après l’élimination contre la Croatie en septembre 2018, il quitte ses fonctions avec un bilan de 10 victoires et 8 défaites dans les rencontres du Groupe mondial.

Famille

Vie privée

Jim Courier a épousé Susanna Lingman en août 2010. Excellente joueuse universitaire à Harvard, elle fut notamment élue meilleure joueuse de l’Ivy League en 2005 et a depuis été intronisée au Hall of Fame sportif de l’université.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026