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droitier - revers à deux mains

EddieDibbs

Fast Eddie
Eddie Dibbs

Alors que la plupart des meilleurs Américains s'épanouissent sur gazon ou sur dur, Eddie Dibbs choisit de faire de la terre battue son terrain d'expression. Par sa patience, son endurance et son remarquable sens du jeu, il devient l'un des joueurs les plus redoutés du circuit. Seule une finale de Grand Chelem manquera à la reconnaissance d'une carrière d'une exceptionnelle régularité.

22Titres ATP
1978n°5 mondial
Naissance 23 février 1951
Premiers pas

Jeunesse et formation

Né le 23 février 1951 à Brooklyn, Eddie Dibbs grandit à Miami après le déménagement de sa famille en Floride. C'est sur les courts municipaux de la ville qu'il découvre le tennis et se forge un tempérament de combattant. Loin des académies prestigieuses, il progresse grâce à un travail acharné et à une endurance hors du commun.

Après un passage remarqué à l'université de Miami, il choisit de devenir professionnel en 1972. À une époque où le tennis américain privilégie les surfaces rapides et le jeu d'attaque, Dibbs emprunte une voie à contre-courant. Son jeu patient et sa régularité exceptionnelle le destinent naturellement à la terre battue.

de 1972 à 1985

Sa carrière

Eddie Dibbs pendant la saison 1973
1973 : Eddie Dibbs remporte ses trois premiers titres sur le circuit.
1972-1975

L'un des meilleurs terriens de sa génération

Les progrès de Dibbs sont rapides. En 1973, Dibbs remporte ses trois premiers titres, à Jackson, Hambourg et Fort Worth. Ce dernier titre au Texas, obtenu après avoir notamment éliminé John Newcombe puis dominé Brian Gottfried en finale, révèle son potentiel au plus haut niveau.

La saison 1975 marque son véritable changement de dimension. Il enlève trois nouveaux tournois, et atteint les demi-finales de Roland-Garros, où seul Guillermo Vilas parvient à stopper sa progression.

Cette même année, Dibbs se hisse également jusqu'aux huitièmes de finale sur la terre battue verte de l'US Open, où il pousse Arthur Ashe dans ses retranchements avant de s'incliner.

Eddie Dibbs à Roland-Garros en 1976
Roland-Garros 1976 : Eddie Dibbs atteint sa deuxième demi-finale consécutive.
1976

Le mur Panatta

L'année 1976 confirme que Dibbs appartient désormais à l'élite mondiale. Il décroche quatre nouveaux titres, dont un troisième à Hambourg, et revient à Roland-Garros avec de grandes ambitions.

Son parcours parisien le conduit une nouvelle fois jusqu'en demi-finale. Opposé cette fois à Adriano Panatta, futur vainqueur du tournoi, il s'incline au terme d'un match disputé. Pour la deuxième année consécutive, Dibbs échoue à une marche de la finale.

Ce sera son plus grand rendez-vous manqué.

Eddie Dibbs avec son trophée à North Conway en 1978
North Conway 1978 : Eddie Dibbs pose avec son trophée après sa victoire.
1977-1978

Parmi les meilleurs du monde

En 1977, Eddie Dibbs confirme qu’il appartient désormais à l’élite. Il remporte trois nouveaux titres, à Miami, Londres et Oviedo. À Miami, il écrase Raúl Ramírez en finale, 6-0, 6-3 ; à Londres, il domine Vitas Gerulaitis au terme d’un match serré. Il atteint également les finales de Charlotte, Louisville, Boston et Téhéran. Ses défaites face à Guillermo Vilas et Manuel Orantes montrent toutefois la densité exceptionnelle de la concurrence sur terre battue. À la fin de la saison, Dibbs est solidement installé parmi les meilleurs joueurs du monde.

L’année 1978 constitue le véritable sommet de sa carrière. Après deux finales perdues à Saint-Louis et Dayton, il remporte le tournoi de Tulsa, puis atteint la finale des WCT Finals de Dallas, l’un des rendez-vous les plus prestigieux de la saison. Battu par Vitas Gerulaitis, il signe néanmoins l’une des performances majeures de sa carrière. Durant l’été, il enchaîne trois titres à Cincinnati, North Conway et Toronto, où il bat respectivement Raúl Ramírez, John Alexander et le jeune José Luis Clerc. Cette série lui permet d’atteindre la 5e place mondiale le 24 juillet 1978, meilleur classement de sa carrière.

Sa saison ne s’arrête pas là. Qualifié pour le Masters de fin d’année, Dibbs se hisse jusqu’en demi-finales. En atteignant à la fois la finale des WCT Finals et le dernier carré du Masters, il réussit en 1978 ce qu’il n’est jamais parvenu à accomplir en Grand Chelem : se rapprocher tout près d’un titre majeur face aux meilleurs joueurs de son époque. Cette saison reste celle où sa régularité, son endurance et son jeu de fond de court trouvent leur expression la plus complète.

Eddie Dibbs avec le trophée du WCT Invitational en 1979
WCT Invitational 1979 : Eddie Dibbs domine Harold Solomon en finale.
1979

Les derniers grands éclats

Après deux saisons exceptionnelles, Eddie Dibbs reste l'un des hommes forts du circuit. En janvier, il remporte le prestigieux WCT Invitational en dominant Harold Solomon en finale, confirmant une nouvelle fois sa suprématie sur terre battue. Quelques mois plus tard, il atteint les quarts de finale de l'US Open, égalant son meilleur résultat à Flushing Meadows. Cette performance démontre qu'il demeure compétitif sur les grandes scènes, y compris sur dur. S'il n'atteint plus les sommets de la saison précédente, Dibbs termine néanmoins cette décennie comme l'un des joueurs les plus réguliers du circuit, avant que son classement ne commence progressivement à reculer.

Eddie Dibbs pendant la saison 1982
1982 : Eddie Dibbs dispute les dernières saisons de sa carrière professionnelle.
1980-1985

Les derniers titres et le lent retrait

Après avoir figuré plusieurs saisons parmi les meilleurs joueurs du monde, Eddie Dibbs voit progressivement son niveau décliner au début des années 1980. Il demeure néanmoins compétitif et enrichit encore son palmarès. En 1980, il remporte le US Pro de Boston, avant d'atteindre la finale du tournoi de Houston, où il s'incline face au jeune Ivan Lendl, futur maître du circuit. L'année suivante, il ajoute deux derniers titres à son palmarès, à Forest Hills puis à Quito, portant son total à vingt-deux trophées sur le circuit principal.

Les saisons suivantes le voient s'éloigner progressivement des premiers rôles. Il ne retrouve plus la régularité qui lui avait permis d'intégrer le Top 10. Il dispute ses derniers tournois au milieu des années 1980 avant de mettre un terme à sa carrière professionnelle.

Identité tennistique

Style de jeu

Le jeu de fond de court d'Eddie Dibbs

Eddie Dibbs est l'antithèse du joueur américain classique des années 1970. Alors que la plupart de ses compatriotes misent sur un service puissant et des montées incessantes au filet, il construit son jeu depuis la ligne de fond. Sa patience, sa régularité et sa condition physique lui permettent d'épuiser progressivement ses adversaires.

Son coup droit lifté, son revers très sûr et son exceptionnelle couverture du terrain font de lui un redoutable spécialiste de la terre battue. Peu spectaculaire, mais d'une efficacité redoutable, Dibbs accepte les échanges interminables jusqu'à provoquer la faute adverse. Cette endurance lui vaut le surnom paradoxal de « Fast Eddie », moins en raison de sa vitesse de déplacement que de sa capacité à enchaîner les victoires.

Fast Eddie

Personnalité et popularité

Harold Solomon et Eddie Dibbs, les Bagel Twins
Harold Solomon et Eddie Dibbs, les « Bagel Twins ».

Eddie Dibbs est souvent associé à l'expression « bagel », qui désigne un set remporté 6-0 en référence au célèbre pain rond américain. Grand pourvoyeur de « bagels » sur le circuit, il contribue à populariser ce terme dans les années 1970. Avec son compatriote Harold Solomon, il est même surnommé l'un des « Bagel Twins », clin d'œil à leur capacité à dominer outrageusement leurs adversaires

Sous son apparence discrète, Eddie Dibbs possède un sens de l'humour apprécié de ses contemporains. L'anecdote du « bagel » illustre bien cette facétie, tout comme son surnom ironique de « Fast Eddie », attribué à un joueur dont les matches étaient souvent de longues batailles d'endurance.

À coups de gags, Eddie divertissait les autres joueurs dans les vestiaires. L'expression boute-en-train est particulièrement de circonstance, car passionné par les chevaux, il se retire du circuit en 1986 pour se consacrer à l'élevage de pur-sang !

Trace laissée

Héritage

Eddie Dibbs sur un court de tennis

Son nom revient régulièrement lorsqu'il est question des meilleurs joueurs à ne jamais avoir atteint une finale majeure, aux côtés de Brian Gottfried, José Higueras, ou encore Nikolay Davydenko.

Pour beaucoup d'observateurs, il incarne surtout le plus grand spécialiste américain de terre battue de toute l'ère Open.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026