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droitier - revers à deux mains

NovakDjokovic

L'homme de tous les records
Novak Djokovic

Novak Djokovic a construit son tennis dans l’idée qu’aucun point, aucun match, aucune saison ne se rendait d’avance. De Belgrade aux plus grandes scènes du circuit, il a fait de sa souplesse, de son retour et de son endurance mentale les armes d’une domination exceptionnelle. Avec 24 titres du Grand Chelem, 101 titres ATP en simple et le titre olympique qui lui manquait, il a porté la régularité au plus haut niveau de l’histoire du jeu.

24Grands Chelems
101Titres ATP en simple
2011n°1 mondial
1Coupe Davis
Naissance 22 mai 1987
De Kopaonik à Munich

Jeunesse

Novak Djokovic enfant
Novak Djokovic à 7 ans.

Novak Djokovic prend sa première raquette à 4 ans. Ses parents, Srdjan et Dijana, tiennent notamment un restaurant à Kopaonik, station de montagne où le garçon observe quotidiennement les courts voisins. Jelena Gencic, ancienne joueuse et entraîneuse réputée, le remarque et entreprend sa formation. Son modèle est alors Pete Sampras. Son enfance se déroule dans une Serbie frappée par une grave crise économique puis par les bombardements de 1999. Gencic estime bientôt qu’il doit quitter le pays pour poursuivre sa progression. Adolescent, Djokovic rejoint donc en Allemagne l’académie de Nikola Pilic et effectue pendant plusieurs années des allers-retours entre Munich et Belgrade. Champion d’Europe des moins de 14 ans puis des moins de 16 ans, il obtient ses premiers points professionnels avant de passer officiellement professionnel en 2003, à 16 ans.

style de jeu

Le meilleur relanceur de tous les temps

Novak Djokovic en retour de coup droit à Roland-Garros
La qualité d’appuis et la lecture précoce de Djokovic soutiennent son jeu de retour.

Le retour de service constitue la signature la plus évidente de Djokovic. Sa lecture de la trajectoire, sa brièveté de préparation et la qualité de son équilibre lui permettent non seulement de remettre les meilleurs services, mais de neutraliser immédiatement l’avantage du serveur. Encore en 2026, il possède le meilleur pourcentage de jeux de retour gagnés en carrière parmi les joueurs en activité.

Son revers à deux mains est tout aussi caractéristique. Compact, solide sur les balles hautes comme sur les trajectoires tendues, il peut absorber une accélération croisée puis changer de direction le long de la ligne sans modifier sensiblement sa préparation. Sa souplesse exceptionnelle lui permet par ailleurs de glisser très loin sur ses appuis et de conserver une qualité de frappe inhabituelle dans des positions normalement défensives.

Le Djokovic des premières années possédait un service moins sûr. Avec le temps, cette faiblesse s’est transformée en arme. Boris Becker puis Goran Ivanisevic participent à cette évolution, tandis que le Serbe raccourcit progressivement ses échanges et recherche davantage le premier coup offensif. En 2025, ses statistiques au service figurent même parmi les meilleures de sa carrière.

De 2003 à aujourd’hui

Sa carrière

Novak Djokovic
Amersfoort 2006 : le premier titre ATP de Novak Djokovic.
2003-2006

Les premiers pas

Novak Djokovic passe professionnel en 2003, à 16 ans. Il gravit rapidement les échelons des circuits Futures puis Challengers avant de découvrir régulièrement les grands tournois en 2005. Cette année-là, il atteint notamment le troisième tour à Wimbledon et à l’US Open et termine pour la première fois dans le Top 100.

La véritable percée intervient en 2006. À Roland-Garros, il atteint les quarts de finale après avoir notamment éliminé Fernando González, Tommy Haas et Gaël Monfils, avant d’abandonner contre Rafael Nadal. Quelques semaines plus tard, à Amersfoort, il remporte son premier titre ATP, puis en ajoute un deuxième à Metz. Parti de la 78e place mondiale, il termine la saison n°16.

Novak Djokovic
Montréal 2007 : Djokovic s’impose au cœur de l’été nord-américain.
2007

Le troisième homme

Djokovic change de dimension en 2007. Après une finale à Indian Wells, il remporte à Miami son premier Masters 1000. Il confirme sur terre battue puis atteint les demi-finales de Roland-Garros et de Wimbledon, chaque fois arrêté par Nadal.

Roger Federer et Novak Djokovic à l'US Open 2007
US Open 2007 : pour sa première finale majeure, Novak Djokovic se heurte encore à Roger Federer.

L’été américain lui apporte l’un de ses premiers grands exploits. À Montréal, il élimine successivement Andy Roddick, Rafael Nadal puis Roger Federer, soit les trois premiers joueurs mondiaux. Il devient le premier joueur depuis Boris Becker en 1994 à battre le Top 3 au cours d’un même tournoi. À l’US Open, il dispute ensuite sa première finale de Grand Chelem, mais Federer s’impose en trois sets.

Avec cinq titres dans la saison, dont deux Masters 1000, Djokovic termine n°3 mondial. Federer et Nadal dominent encore très largement le tennis, mais le Serbe s’est durablement installé juste derrière eux.

Novak Djokovic célèbre son titre à l'Open d'Australie 2008
Open d’Australie 2008 : Novak Djokovic remporte le premier Grand Chelem de sa carrière.
2008-2010

Le Djoker

Djokovic franchit une nouvelle étape dès l’Open d’Australie 2008. Il élimine Federer en demi-finale puis Jo-Wilfried Tsonga en finale et décroche son premier Grand Chelem. Au printemps, il ajoute le Masters 1000 de Rome. Demi-finaliste à Roland-Garros, il obtient ensuite la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Pékin, avant de terminer l’année en remportant le Masters à Shanghai, son premier titre dans le tournoi des huit meilleurs joueurs de la saison.

Les deux années suivantes sont plus contrastées. Djokovic reste n°3 mondial, accumule les finales et les titres — notamment Dubaï, Pékin, Bâle et Bercy en 2009 — sans parvenir à déloger durablement Federer et Nadal. Sa collaboration avec Todd Martin, qui tente notamment de modifier son geste de service, finit même par perturber ses automatismes. Marian Vajda reprend progressivement une place centrale dans son encadrement.

Novak Djokovic sous les couleurs de la Serbie en Coupe Davis
Coupe Davis 2010 : Djokovic mène la Serbie vers son premier titre dans la compétition.

En 2010, Djokovic atteint une nouvelle finale à l’US Open après avoir sauvé deux balles de match contre Federer, mais Nadal l’empêche de conquérir le titre. La saison se termine pourtant sur une victoire déterminante : en décembre, la Serbie remporte sa première Coupe Davis en battant la France à Belgrade. Djokovic gagne ses deux simples de la finale. Cette réussite collective précède immédiatement l’explosion de 2011.

Novak Djokovic et Rafael Nadal à Indian Wells en 2011
Indian Wells 2011 : Novak Djokovic lance sa série de finales gagnées contre Rafael Nadal.
2011

La prise du pouvoir

Djokovic commence 2011 par un titre à l’Open d’Australie, mais sa domination ne se limite nullement aux Grands Chelems. Il remporte ensuite Dubaï, Indian Wells et Miami, puis traverse l’Atlantique sans ralentir. À Madrid puis à Rome, il bat Nadal en finale sur terre battue, exploit particulièrement marquant tant l’Espagnol règne alors sur cette surface.

Federer met fin à son invincibilité en demi-finale de Roland-Garros. Djokovic avait remporté ses 41 premiers matchs de l’année ; en comptant ses deux victoires de Coupe Davis de décembre 2010, sa série atteint 43 succès consécutifs. En Masters 1000, il enchaîne 31 victoires avant de s’incliner en finale de Cincinnati, autre record de l’époque.

Novak Djokovic et Rafael Nadal à l'US Open 2011
US Open 2011 : une année de référence, conclue par un quatrième succès en Grand Chelem, le troisième en 2011.

À Wimbledon, il bat Nadal en finale et devient pour la première fois n°1 mondial. Il enchaîne à Montréal, son cinquième Masters 1000 de la saison, puis remporte l’US Open après avoir sauvé deux balles de match contre Federer en demi-finale. Il aura battu Nadal dans six finales en 2011, sur dur, terre battue et gazon.

Son bilan est considérable : 70 victoires pour seulement 6 défaites, dix titres, trois Grands Chelems et cinq Masters 1000, ce qui constitue alors un record sur une saison. Djokovic n’est plus le troisième homme : il termine pour la première fois n°1 mondial.

Zoom carrière

Djokovic redescend sur terre

Lorsque Novak Djokovic arrive à Roland-Garros en 2011, il n’a pas encore perdu un match de l’année. Depuis la finale de Coupe Davis remportée par la Serbie en décembre précédent, il enchaîne les victoires : 43 au total. Nadal a déjà été battu quatre fois, Federer trois fois. Une finale Djokovic-Nadal paraît presque écrite à l’avance.

Roger Federer refuse pourtant le rôle de figurant. En demi-finale, le Suisse produit l’un de ses plus grands matchs sur terre battue. Il sauve deux balles de premier set, remporte le tie-break puis prend une avance de deux manches. Djokovic réagit dans le troisième et sert même pour emmener la rencontre dans un cinquième set à 5-4 dans le quatrième. Federer débreake, conduit le set jusqu’au jeu décisif et conclut sur son 18e ace, à la tombée de la nuit : 7-6, 6-3, 3-6, 7-6.

Djokovic vient de perdre pour la première fois depuis près de six mois. Sa série de 43 victoires s’arrête donc précisément sur la terre parisienne où il espérait prendre définitivement le pouvoir. La défaite ne brise pourtant pas son élan : quelques semaines plus tard, il gagne Wimbledon et devient n°1 mondial.

Roger Federer célèbre sa victoire contre Djokovic à Roland-Garros
Roland-Garros 2011 : Federer interrompt l’invincibilité de Djokovic.
Zoom carrière

Nadal ne trouve plus la clé

Au début de 2011, Rafael Nadal est n°1 mondial et vient de remporter trois des quatre derniers Grands Chelems. Djokovic, lui, n’a encore battu l’Espagnol dans aucune de leurs cinq finales. En quelques mois, le rapport de forces va pourtant s’inverser d’une manière spectaculaire.

À Indian Wells, Djokovic s’impose en trois sets. Deux semaines plus tard à Miami, Nadal prend encore la première manche, mais le Serbe revient et gagne au tie-break du troisième. Le véritable séisme survient sur terre battue. À Madrid puis à Rome, Djokovic bat deux fois de suite Nadal en finale, sans lui abandonner un set. Le maître de la surface vient de trouver un adversaire capable de le repousser derrière sa ligne et de résister à son lift avec son revers.

La série se prolonge sur les deux autres surfaces. Djokovic domine Nadal en finale de Wimbledon, puis encore à l’US Open au terme d’un combat de plus de quatre heures. Six finales disputées entre les deux hommes en 2011, six victoires du Serbe. Et la série va même se prolonger quelques mois plus tard en Australie : entre Indian Wells 2011 et Melbourne 2012, Djokovic bat Nadal dans sept finales consécutives.

Nadal ne trouve plus la clé
Rome 2011 : Nadal est à son tour dominé par Djokovic.
Novak Djokovic
Melbourne 2012 : la rivalité avec Nadal atteint une intensité inédite.
2012-2014

Installer la domination

En 2012, Djokovic conserve l’Open d’Australie après une finale de cinq heures et cinquante-trois minutes contre Nadal. Il ne reproduit pas son extraordinaire moisson de 2011, mais reste présent partout : il remporte Miami, Toronto, Pékin et Shanghai, atteint les finales de Roland-Garros et de l’US Open et termine l’année en battant Federer au Masters. Aux Jeux olympiques de Londres, il manque toutefois une seconde médaille, battu par Juan Martín del Potro dans le match pour le bronze. Il termine malgré tout la saison n°1 mondial.

Novak Djokovic et Rafael Nadal à Monte-Carlo en 2013
Monte-Carlo 2013 : Novak Djokovic met fin à la série de huit titres de Rafael Nadal sur le Rocher.

En 2013, son quatrième sacre australien est suivi d'une victoire très symbolique à Monte-Carlo : Djokovic bat Nadal en finale et met fin aux huit titres consécutifs de l’Espagnol sur le Rocher. Nadal reprend l’avantage à Roland-Garros puis réalise une saison suffisamment forte pour récupérer la première place mondiale. Djokovic réagit en fin d’année : il gagne Pékin, Shanghai, Bercy et le Masters, où il domine Nadal en finale. La Serbie atteint également la finale de Coupe Davis, perdue contre la Tchéquie malgré les deux victoires de Djokovic en simple.

Novak Djokovic et Roger Federer à Wimbledon en 2014
Wimbledon 2014 : Novak Djokovic reconquiert le titre londonien face à Roger Federer.

Boris Becker rejoint son équipe à la fin de 2013. En 2014, Djokovic réalise le doublé Indian Wells-Miami, gagne Rome puis Wimbledon contre Federer. Ce deuxième titre londonien lui permet de redevenir n°1. Il remporte encore Pékin et Bercy, puis le Masters pour la troisième année consécutive, Federer déclarant forfait avant la finale. Avec quatre Masters 1000 et sept titres au total, Djokovic termine pour la troisième fois une saison au sommet du classement.

Zoom carrière

Melbourne 2012 : jusqu’à l’épuisement

Djokovic et Nadal se retrouvent en finale de l’Open d’Australie après s’être déjà affrontés pour les titres à Wimbledon et à l’US Open quelques mois auparavant. Le Serbe a gagné leurs six finales de 2011 et reste sur sept victoires consécutives contre son rival. Mais il arrive également avec une demi-finale de près de cinq heures contre Andy Murray dans les jambes.

La finale devient rapidement un combat d’endurance. Nadal enlève le premier set, Djokovic les deux suivants. Dans le quatrième, le Serbe se retrouve à deux points du titre mais Nadal arrache le tie-break et revient à deux manches partout. L’Espagnol semble même avoir renversé définitivement la situation lorsqu’il mène 4-2 dans le cinquième. À 4-2, 30-15, une volée de Djokovic laisse à Nadal un passing de revers dans un court presque ouvert : la balle sort de quelques centimètres.

Djokovic repart. Il récupère son break, puis prend une dernière fois le service de Nadal avant de conclure 5-7, 6-4, 6-2, 6-7, 7-5. Le match a duré cinq heures et cinquante-trois minutes, record pour une finale de Grand Chelem. Lors de la cérémonie, les deux joueurs sont tellement épuisés qu’on finit par leur apporter des chaises. Cette nuit de Melbourne reste peut-être l’image la plus spectaculaire de ce que leur rivalité a exigé physiquement des deux hommes.

Novak Djokovic à l'Open d'Australie 2012
Open d’Australie 2012 : Djokovic et Nadal disputent la plus longue finale de l’histoire du tournoi.
Novak Djokovic
Roland-Garros 2015 : Wawrinka barre la route de Djokovic en finale.
2015

Des stats fédéresques !

Djokovic atteint en 2015 le sommet de sa domination. Après l’Open d’Australie, il gagne encore Indian Wells, Miami et Monte-Carlo. Il fait l’impasse sur Madrid puis remporte Rome. À Roland-Garros, il élimine Nadal puis atteint la finale, où Stan Wawrinka le prive du seul Grand Chelem qui lui manque encore.

La défaite parisienne ne ralentit quasiment pas sa saison. Djokovic conserve Wimbledon, gagne l’US Open, puis termine l’année par une succession Pékin-Shanghai-Bercy-Masters. Federer le bat en poule à Londres, mais Djokovic prend sa revanche en finale et remporte le Masters pour la quatrième année consécutive.

Novak Djokovic et Andy Murray à Bercy en 2015
Bercy 2015 : Djokovic conclut une saison record avant de retrouver Andy Murray au Masters.

Surtout, sa domination déborde complètement le cadre des Grands Chelems. Dans les huit Masters 1000 qu’il dispute, il atteint huit finales et en gagne six — Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, Rome, Shanghai et Bercy — record sur une saison. Il enchaîne quinze finales consécutives, autre record sur une même année dans l’ère Open. Son bilan final est de 82 victoires pour 6 défaites et onze titres. Une statistique qui rappelle les grandes années de Roger Federer (81 victoires pour 4 défaites en 2005; 92 victoires pour 5 défaites en 2006).

Novak Djokovic célèbre son titre à Doha en 2016
Doha 2016 : Novak Djokovic ouvre la saison en dominant Rafael Nadal en finale.
2016

Le « Nole Slam »

Djokovic repart sur les mêmes bases en écrasant Nadal en finale de Doha, puis conserve l’Open d’Australie. Il réalise une nouvelle fois le doublé Indian Wells-Miami, gagne Madrid et arrive à Roland-Garros avec une avance considérable au classement.

Novak Djokovic et Andy Murray après la finale de Roland-Garros 2016
Roland-Garros 2016 : Djokovic tient enfin la Coupe des Mousquetaires.

À Paris, il bat Andy Murray en finale et conquiert enfin le titre. Il possède alors simultanément Wimbledon 2015, l’US Open 2015, l’Open d’Australie 2016 et Roland-Garros 2016 : quatre Grands Chelems consécutifs, le « Nole Slam ». Il est le premier homme depuis Rod Laver en 1969 à détenir les quatre titres majeurs en même temps. Sa victoire parisienne porte son total à 16 950 points ATP, niveau qui demeure le record depuis l’instauration du système actuel.

La seconde partie de saison est beaucoup moins souveraine. Querrey le sort à Wimbledon, Del Potro au premier tour des Jeux de Rio et Wawrinka en finale de l’US Open. Djokovic remporte néanmoins Toronto, son quatrième Masters 1000 de la saison. Andy Murray profite de son ralentissement, lui prend la place de n°1 puis le bat en finale du Masters lors d’un match qui décide également de la première place de fin d’année. Djokovic clôt ainsi une série de 122 semaines consécutives au sommet du classement, de juillet 2014 à novembre 2016.

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Roland-Garros : l’autre quête

Pendant longtemps, Roland-Garros constitue la pièce manquante du palmarès de Djokovic. Il s’y heurte d’abord à Nadal, qui l’élimine en 2006, 2007 et 2008. À mesure que le Serbe devient le meilleur joueur du monde, l’absence du titre parisien prend de plus en plus d’importance.

Les occasions deviennent douloureusement proches. En 2012, Nadal le bat en finale. En 2013, leur demi-finale bascule dans un cinquième set irrespirable : Djokovic mène 4-2 mais Nadal revient et s’impose finalement 9-7 après quatre heures et trente-sept minutes. En 2014, l’Espagnol le bat encore en finale. Puis arrive 2015 : Djokovic élimine enfin Nadal à Roland-Garros, en quarts de finale et en trois sets, mais Stan Wawrinka lui enlève le trophée en finale.

Il faut attendre 2016. Nadal ayant déclaré forfait avant leur éventuel rendez-vous, Djokovic rejoint Andy Murray en finale et, après avoir perdu le premier set, s’impose 3-6, 6-1, 6-2, 6-4. Il complète enfin son Grand Chelem en carrière et, surtout, détient simultanément les quatre titres majeurs, exploit qu’aucun homme n’avait réussi depuis Rod Laver en 1969.

Paris lui donnera encore deux titres. En 2021, il bat Nadal en demi-finale puis remonte deux sets contre Stefanos Tsitsipas en finale. En 2023, son troisième sacre, obtenu contre Casper Ruud, lui permet de devenir le premier homme à avoir remporté chacun des quatre Grands Chelems au moins trois fois. Le tournoi qui lui avait longtemps résisté devient finalement l’un des lieux où il écrit une partie de ses records.

Roland-Garros : l'autre quête
Roland-Garros reste longtemps le territoire de Nadal.
Andy Murray et Novak Djokovic à Doha en 2017
Doha 2017 : Novak Djokovic bat Andy Murray dans ce qui ressemble encore à une continuité au sommet.
2017-2018

La chute et la résurrection

Le début de 2017 donne encore une illusion de continuité lorsque Djokovic bat Murray en finale de Doha. Mais les résultats deviennent irréguliers et surtout son coude droit le fait souffrir depuis plusieurs mois. Après Wimbledon, il met fin à sa saison. Pour la première fois depuis 2005, il manque un Grand Chelem à l’US Open.

Son retour début 2018 reste laborieux et il subit une intervention au coude après l’Open d’Australie. Andre Agassi et Radek Stepanek quittent son équipe ; Marian Vajda revient. Au printemps, Djokovic paraît très loin de son meilleur niveau et descend jusqu’à la 22e place mondiale.

Tout bascule à Wimbledon. Après avoir battu Nadal dans une demi-finale de deux jours, il domine Kevin Anderson et remporte son premier Grand Chelem depuis deux ans. Un mois plus tard à Cincinnati, il bat Federer en finale et remporte enfin le seul Masters 1000 qui lui résistait. Il devient le premier joueur à gagner chacun des neuf tournois de la catégorie, réalisant le Career Golden Masters.

Novak Djokovic et Juan Martín del Potro à l'US Open 2018
US Open 2018 : le retour de Djokovic au sommet.

Il ajoute l’US Open puis Shanghai et atteint la finale du Masters. Parti du 22e rang quelques mois plus tôt, Djokovic termine 2018 n°1 mondial. La carrière que certains pensaient entrée dans sa phase descendante vient de repartir pour plusieurs années.

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Cincinnati 2018 : neuf sur neuf

Au milieu de tous les records de Djokovic, celui-ci a une particularité : pendant près de trente ans d’existence de la catégorie, personne n’avait réussi à gagner les neuf Masters 1000. Le Serbe en possède huit dès 2013. Un seul lui résiste obstinément : Cincinnati.

Il y perd cinq finales avant 2018, dont trois contre Federer. Cette année-là, alors qu’il vient tout juste de retrouver le sommet à Wimbledon après ses problèmes au coude, Djokovic se présente une sixième fois en finale dans l’Ohio. Et l’adversaire est encore Federer. Cette fois, le Serbe ne laisse pas passer l’occasion : 6-4, 6-4.

Avec ce titre, Djokovic devient le premier joueur à avoir remporté chacun des neuf Masters 1000. Deux ans plus tard, il gagnera Cincinnati une deuxième fois et accomplira même un deuxième tour complet de la catégorie. Cette réussite illustre une dimension particulière de son palmarès : Djokovic n’a pas seulement accumulé les grands titres, il a réussi à les gagner partout.

Cincinnati 2018 : neuf sur neuf
Cincinnati 2018 : le Career Golden Masters est enfin complet.
Rafael Nadal après la finale de l'Open d'Australie 2019 contre Novak Djokovic
Open d’Australie 2019 : Novak Djokovic domine Rafael Nadal en finale pour son septième titre à Melbourne.
2019

Le maître des moments décisifs

Djokovic commence 2019 en remportant pour la septième fois l’Open d’Australie. En finale, il domine nettement Rafael Nadal, 6-3, 6-2, 6-3. Après un début de printemps plus irrégulier à Indian Wells, Miami et Monte-Carlo, il retrouve son meilleur niveau sur terre battue : il remporte Madrid sans perdre un set puis atteint la finale à Rome, où Nadal prend sa revanche. À Roland-Garros, Dominic Thiem l’arrête en demi-finale au terme d’un match disputé sur deux jours.

Novak Djokovic et Roger Federer à Wimbledon en 2019
Wimbledon 2019 : Federer et Djokovic au terme d’une finale hors normes.

À Wimbledon, Djokovic retrouve Roger Federer pour une finale devenue historique. Le Suisse obtient deux balles de titre sur son service à 8-7, 40-15 dans le cinquième set, mais Djokovic les efface et finit par s’imposer au jeu décisif à 12-12. Ce cinquième titre londonien constitue son seizième Grand Chelem.

L’automne reste fructueux. Djokovic gagne pour la première fois le tournoi de Tokyo, puis remporte Bercy pour la cinquième fois en dominant Denis Shapovalov en finale. Il termine ainsi la saison avec cinq titres : Open d’Australie, Madrid, Wimbledon, Tokyo et Paris.

La lutte pour la place de n°1 se prolonge jusqu’en fin d’année. Djokovic cède finalement le trône à Nadal et termine n°2 mondial avec un bilan de 57 victoires pour 11 défaites.

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Wimbledon 2019 : 40-15

Djokovic et Federer ont déjà vécu beaucoup de scénarios impossibles ensemble lorsque commence la finale de Wimbledon 2019. Celui-ci va pourtant dépasser les précédents. Federer joue un tennis souvent plus offensif, remporte davantage de jeux et, au total, quatorze points de plus que son adversaire. Djokovic s’accroche et gagne les deux premiers tie-breaks du match.

À 7-7 dans le cinquième set, Federer prend le service du Serbe et se présente pour servir pour un neuvième Wimbledon. Deux bonnes premières balles le conduisent à 40-15. Deux balles de titre. Sur la première, il commet une faute en coup droit. Sur la seconde, Djokovic attaque son retour et termine l’échange d’un coup droit croisé gagnant. Quelques instants plus tard, Federer a perdu son break d’avance.

Les deux hommes atteignent 12-12. Pour la première fois dans l’histoire du simple messieurs à Wimbledon, une finale se décide alors au tie-break du cinquième set. Djokovic le maîtrise et s’impose 7-6, 1-6, 7-6, 4-6, 13-12 après quatre heures et cinquante-cinq minutes. Comme lors des demi-finales de l’US Open 2010 et 2011, il vient de battre Federer en Grand Chelem après avoir sauvé deux balles de match.

Wimbledon 2019 : 40-15
Wimbledon 2019 : Federer disposa de deux balles de match sur son service.
Novak Djokovic avec le trophée de Cincinnati 2020
Cincinnati 2020 : Novak Djokovic complète le double Career Golden Masters en battant Milos Raonic.
2020

Invaincu jusqu’à New York

Djokovic commence la saison en conduisant la Serbie à la victoire lors de la première ATP Cup. Il remporte ses six matchs de simple, dont la finale contre Nadal, puis enchaîne avec un huitième Open d’Australie. À Dubaï, il sauve trois balles de match contre Gaël Monfils en demi-finale avant de battre Stefanos Tsitsipas pour le titre.

La pandémie de Covid-19 interrompt ensuite le circuit pendant plusieurs mois. Lors de la reprise, le Masters 1000 de Cincinnati est exceptionnellement organisé à New York. Djokovic y remporte le titre en battant Milos Raonic en finale. Il complète ainsi un exploit unique : avoir gagné chacun des neuf Masters 1000 au moins deux fois, le « double Career Golden Masters ».

Novak Djokovic à l'US Open 2020
US Open 2020 : la disqualification de Novak Djokovic face à Pablo Carreno Busta l'empêche d'aller chercher un Grand Chelem qui lui tendait les bras.

Il arrive à l’US Open sans avoir encore perdu un match de la saison. Nadal et Federer sont forfaits. En l'absence de ses principaux rivaux, un boulevard vers le sacre s'ouvre devant lui. Mais en huitième de finale contre Pablo Carreno Busta, une balle que le Serbe a frappée sous le coup de la frustration atteint involontairement une juge de ligne. Le règlement est formel : Djokovic est disqualifié sur-le-champ.

Rafael Nadal et Novak Djokovic à Roland-Garros en 2020
Roland-Garros 2020 : Rafael Nadal impose sa loi à Novak Djokovic en finale.

Le n°1 mondial reprend rapidement sa marche en avant en remportant Rome pour la cinquième fois, face à Diego Schwartzman. Le tournoi se dispute exceptionnellement en septembre, comme Roland-Garros, en raison de la pandémie de Covid-19. À Paris, Djokovic atteint la finale, mais Nadal lui inflige une sévère défaite en trois sets. La fin de saison est moins brillante et il s’arrête en demi-finale du Masters contre Dominic Thiem.

Il termine néanmoins 2020 avec quatre titres — Open d’Australie, Dubaï, Cincinnati et Rome — et reprend la place de n°1 mondial en fin d’année. Il achève ainsi une saison au sommet pour la sixième fois, égalant alors le record de Pete Sampras.

Rafael Nadal et Novak Djokovic à Roland-Garros en 2021
Roland-Garros 2021 : Novak Djokovic fait basculer le tournoi en battant Rafael Nadal en demi-finale.
2021

Le petit Chelem qui faillit devenir grand

Après l’Open d’Australie, Djokovic conquiert Roland-Garros en battant notamment Nadal en demi-finale puis Stefanos Tsitsipas après avoir été mené deux sets à zéro en finale. Il faut noter que c'est la première et unique fois que Djokovic remporte le French Open après avoir dominé Nadal.

Son titre à Wimbledon face à Berrettini lui permet d’égaler Federer et Nadal avec 20 Grands Chelems.

Daniil Medvedev et Novak Djokovic à l'US Open 2021
US Open 2021 : Medvedev prive Djokovic du Grand Chelem calendaire.

Mais un autre objectif se dessine : le Grand Chelem calendaire, auquel s’ajoute momentanément la possibilité d’un « Golden Slam ». Aux Jeux de Tokyo, Alexander Zverev le renverse en demi-finale alors que Djokovic a gagné le premier set. Il perd ensuite le match pour le bronze contre Pablo Carreño Busta. À l’US Open, il atteint la finale avec les trois premiers Grands Chelems de l’année en poche, mais Daniil Medvedev l’empêche de compléter le Grand Chelem.

Djokovic prend sa revanche sur Medvedev quelques semaines plus tard en finale de Bercy. Il remporte alors son 37e Masters 1000, nouveau record à ce moment-là. Il termine également l’année n°1 pour la septième fois, dépassant les six saisons de Pete Sampras.

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New York 2021 : à un match de Laver

Djokovic arrive à l’US Open 2021 dans une situation qu’aucun homme n’a connue depuis plus d’un demi-siècle. Il a remporté l’Open d’Australie, Roland-Garros et Wimbledon. Sept matchs à New York le séparent du Grand Chelem calendaire, accompli pour la dernière fois chez les hommes par Rod Laver en 1969.

Le poids de l’enjeu accompagne tout son tournoi. Djokovic perd le premier set dans quatre de ses six premiers matchs mais atteint malgré tout la finale. Il n’est alors plus qu’à une victoire du Grand Chelem et d’un 21e titre majeur qui lui permettrait de dépasser simultanément Federer et Nadal. Daniil Medvedev ne lui laisse pourtant presque aucun espace. Le Russe prend immédiatement le contrôle et gagne les deux premières manches 6-4, 6-4.

Dans le troisième set, un événement inhabituel se produit. Le public new-yorkais, qui ne lui a pas toujours été favorable au cours de sa carrière, se range massivement derrière lui. Assis lors d’un changement de côté, Djokovic cache son visage dans sa serviette et éclate en sanglots. Medvedev conclut finalement 6-4, 6-4, 6-4. Le Grand Chelem s’est arrêté à un match de la ligne d’arrivée ; Djokovic expliquera pourtant avoir ressenti ce soir-là un soutien du public dont il se souviendrait longtemps.

New York 2021 : à un match de Laver
US Open 2021 : Medvedev gagne la finale qui sépare Djokovic du Grand Chelem.
Novak Djokovic
Wimbledon 2022 : Djokovic remporte son vingt-et-unième Grand Chelem.
2022

Une année contrariée

La saison commence sans lui à Melbourne. Non vacciné contre le Covid-19, Djokovic voit son visa australien annulé au terme d’une procédure administrative et judiciaire très médiatisée. Les restrictions sanitaires l’empêchent ensuite de participer à plusieurs tournois importants, notamment aux États-Unis.

Novak Djokovic avec le trophée de Rome en 2022
Rome 2022 : Novak Djokovic retrouve un niveau de champion avant son sacre à Wimbledon.

Lorsqu’il peut jouer régulièrement, il retrouve progressivement son niveau. Il remporte Rome sans perdre un set puis Wimbledon pour la septième fois. Mais le tournoi londonien, sanctionné après sa décision d’exclure les joueurs russes et biélorusses, ne distribue aucun point ATP. Djokovic ne peut pas davantage participer à l’US Open.

L’automne permet de mieux mesurer son niveau réel. Il gagne Tel-Aviv puis Astana avant de terminer l’année par le Masters de Turin. Invaincu pendant le tournoi, il bat Casper Ruud en finale et rejoint Federer avec six titres au Masters. Malgré une saison très incomplète et l’absence de points à Wimbledon, il achève l’année dans le Top 5.

Novak Djokovic avec le trophée de l'Open d'Australie 2023
Open d’Australie 2023 : Novak Djokovic décroche un dixième titre à Melbourne.
2023

La chasse aux records

Djokovic commence l’année par un titre à Adélaïde puis remporte son dixième Open d’Australie. À Roland-Garros, il conquiert son 23e Grand Chelem et devient le premier homme à gagner chacun des quatre majeurs au moins trois fois.

Novak Djokovic avec le trophée de Cincinnati en 2023
Cincinnati 2023 : Novak Djokovic remporte l’une des finales les plus exigeantes de sa carrière contre Carlos Alcaraz.

La finale de Wimbledon marque en revanche l’émergence d’un nouvel adversaire direct pour le pouvoir. Carlos Alcaraz le bat en cinq sets. Leur revanche, quelques semaines plus tard à Cincinnati, devient l’un des grands matchs de la saison. Djokovic, mené d’un set et d’un break et contraint de sauver une balle de match, s’impose après trois heures et quarante-neuf minutes. Il décroche son 39e Masters 1000 au terme de la plus longue finale au meilleur des trois sets répertoriée sur le circuit ATP depuis 1990.

Novak Djokovic avec le trophée de l'US Open 2023
US Open 2023 : Djokovic égale Margaret Court avec un vingt-quatrième Grand Chelem.

Après son titre à l’US Open, Djokovic remporte encore Bercy. Il porte ainsi son record à 40 Masters 1000, dont sept à Paris. À Turin, il domine Alcaraz en demi-finale puis Sinner en finale et gagne le Masters pour la septième fois, dépassant Federer. Il termine n°1 mondial pour la huitième fois.

L'année de ses 36 ans, Djokovic aura donc gagné sept tournois dans l’année : trois Grands Chelems, deux Masters 1000, le Masters et Adélaïde. Cette saison est l’une des meilleures illustrations de la longévité de sa domination : douze ans après sa première année au sommet, il est encore celui qui finit devant tous les autres.

Novak Djokovic blessé à Roland-Garros en 2024
Roland-Garros 2024 : la blessure au ménisque de Novak Djokovic interrompt son parcours parisien.
2024

Focus sur Paris

Le début de saison rompt avec les habitudes : Djokovic ne gagne ni l’Open d’Australie ni les premiers grands rendez-vous du circuit. Après sa séparation avec Goran Ivanisevic, il poursuit une saison où les résultats restent inhabituels pour lui. À Roland-Garros, une lésion du ménisque droit l’oblige à déclarer forfait avant son quart de finale et à se faire opérer.

Novak Djokovic et Carlos Alcaraz en finale des Jeux olympiques de Paris 2024
Paris 2024 : Djokovic s’apprête à renverser Alcaraz dans la finale olympique.

Moins de cinq semaines plus tard, il est pourtant présent à Wimbledon et atteint la finale, battu par Alcaraz. Son véritable objectif de l’été est cependant ailleurs. Sur le court Philippe-Chatrier, où il s’était blessé quelques semaines auparavant, Djokovic retrouve Alcaraz en finale des Jeux olympiques de Paris et s’impose 7-6, 7-6.

À 37 ans, il remporte enfin l’or olympique, seize ans après son bronze de Pékin. Ce titre, le seul qu’il gagne durant toute la saison 2024, lui permet de compléter le Grand Chelem doré en carrière. Il devient par la même occasion son 99e titre individuel au plus haut niveau.

Son dernier passage au n°1 s’achève en juin 2024, lorsque Jannik Sinner lui succède. Djokovic aura occupé la première place pendant 428 semaines au total, très loin devant Federer et ses 310 semaines.

Zoom carrière

Paris 2024 : la dernière case cochée

Djokovic a presque tout gagné lorsqu’il arrive aux Jeux olympiques de Paris : 24 Grands Chelems, tous les Masters 1000, sept Masters de fin d’année, la Coupe Davis et tous les grands records du classement mondial. Un titre continue pourtant de lui échapper. Depuis sa médaille de bronze de Pékin en 2008, les Jeux lui ont régulièrement laissé un goût d’inachevé.

La situation rend le défi encore plus improbable. Quelques semaines auparavant, Djokovic s’est blessé au ménisque à Roland-Garros et a subi une opération. Il est revenu à temps pour atteindre la finale de Wimbledon, largement perdue contre Carlos Alcaraz. Sur ce même Alcaraz, vainqueur des deux derniers Grands Chelems, il doit maintenant jouer l’or olympique sur le court Philippe-Chatrier.

Aucun des deux hommes ne cède son service. Djokovic écarte les balles de break, hausse son niveau dans les deux jeux décisifs et s’impose 7-6, 7-6. Il se laisse tomber sur le court, tremble, pleure puis monte rejoindre sa famille dans les tribunes. À 37 ans, pour sa cinquième participation aux Jeux, il devient enfin champion olympique et complète le Grand Chelem doré en carrière.

De tous ses trophées, celui-ci avait quelque chose que les autres ne pouvaient plus lui apporter : il comblait le dernier espace encore vide.

Paris 2024 : le dernier grand manque
Jeux olympiques 2024 : Djokovic complète son palmarès en finale contre Alcaraz.
Novak Djokovic
Genève 2025 : le centième titre ATP de Djokovic.
2025

Le centième titre

À 37 ans, Djokovic surprend en choisissant Andy Murray, son ancien rival tout juste retraité, pour l’accompagner. Leur association ne dure que quelques mois. En Australie, Djokovic bat Alcaraz en quart de finale puis abandonne après le premier set de sa demi-finale contre Zverev en raison d’une blessure.

Novak Djokovic et Jakub Mensik à Miami en 2025
Miami 2025 : Jakub Mensik empêche Novak Djokovic d’atteindre son centième titre dans cette finale. Il faudra encore patienter.

Le printemps lui offre pourtant une nouvelle occasion d’écrire l’histoire. À Miami, il atteint sa 60e finale de Masters 1000 et peut décrocher son 100e titre, mais le jeune Jakub Mensik le bat dans deux tie-breaks. Quelques semaines plus tard à Genève, Djokovic atteint enfin la barre des 100 en dominant Hubert Hurkacz après plus de trois heures. Il rejoint Jimmy Connors et Roger Federer dans le club très fermé des champions à cent titres, et devient le premier à gagner au moins un tournoi au cours de vingt saisons distinctes.

Sa saison en Grand Chelem se distingue davantage par sa régularité que par un nouveau trophée : il atteint les quatre demi-finales. Entre ces rendez-vous, il se hisse également jusqu’en demi-finale du Masters 1000 de Shanghai.

En novembre, à Athènes, Djokovic renverse Lorenzo Musetti en finale et remporte son 101e titre. Il porte aussi son total à 72 titres sur dur, nouveau record de l’ère Open. À 38 ans, il termine encore une saison avec deux trophées et trois finales.

Novak Djokovic
Open d’Australie 2026 : Djokovic renverse le double tenant du titre Jannik Sinner.
2026

Un dernier rugissement

Djokovic démontre dès l’Open d’Australie que l’écart d’âge ne l’empêche pas encore de rivaliser avec la nouvelle génération. Après un parcours parfois favorable — forfait de Mensik puis abandon de Musetti alors que l’Italien mène deux sets à zéro — il retrouve en demi-finale Jannik Sinner, qui l’a battu lors de leurs cinq rencontres précédentes. Cette fois, Djokovic résiste pendant quatre heures et neuf minutes et s’impose en cinq sets. Il atteint ainsi une onzième finale à Melbourne. Alcaraz le bat en quatre manches et devient le premier joueur à vaincre Djokovic dans une finale de l’Open d’Australie.

Joao Fonseca et Novak Djokovic à Roland-Garros en 2026
Roland-Garros 2026 : Joao Fonseca renverse Novak Djokovic au terme d’un match de près de cinq heures.

Son programme devient ensuite plus irrégulier. Il atteint les huitièmes à Indian Wells mais déclare forfait pour Miami en raison d’une blessure à l’épaule. Sur terre battue, il retrouve Roland-Garros mais Joao Fonseca, 19 ans, remonte deux sets de retard et le bat au troisième tour après près de cinq heures. Djokovic n’avait plus quitté Roland-Garros aussi tôt depuis 2009.

À Wimbledon, il prouve de nouveau que sa capacité de résistance reste intacte. En quart de finale, il vient à bout de Félix Auger-Aliassime au terme de cinq heures et quinze minutes, le plus long quart de finale de l’histoire du tournoi. L’effort laisse des traces et Sinner le domine en trois sets en demi-finale.

Djokovic fait ensuite l’impasse sur le Masters 1000 du Canada. De retour à Cincinnati, où il n’avait plus joué depuis son mémorable titre de 2023, il est battu dès son premier match par Thiago Agustín Tirante après avoir été fortement gêné physiquement par la chaleur et l’humidité. À l’US Open, Mariano Navone le renverse au premier tour en cinq sets : Djokovic n’avait plus perdu son premier match d’un Grand Chelem depuis l’Open d’Australie 2006.

À 39 ans, il reste néanmoins en activité. Fin septembre, son programme prévoit un retour à Pékin, tournoi qu’il a remporté six fois et où son bilan est encore parfait : 29 victoires en 29 matchs. Il n’y a plus joué depuis son titre de 2015.

L’entourage

Entraîneurs

Marian Vajda
Marian Vajda, figure centrale de l’équipe de Djokovic pendant l’essentiel de son ascension.

Jelena Gencic et Nikola Pilic jouent les rôles essentiels dans sa formation. Marian Vajda accompagne ensuite la plus grande partie de son ascension et demeure pendant de longues années la figure centrale de son équipe. Todd Martin intervient brièvement en 2009-2010. Boris Becker travaille avec lui de 2014 à 2016 et l'accompagne pendant une période au cours de laquelle Djokovic remporte six Grands Chelems.

Novak Djokovic avec Goran Ivanisevic
Goran Ivanisevic a accompagné Djokovic pendant la période où il a battu la plupart de ses grands records.

Andre Agassi et Radek Stepanek interviennent ensuite pendant sa période difficile de 2017-2018. Goran Ivanisevic joue à son tour un rôle majeur dans la seconde partie de sa carrière, notamment dans l’amélioration de son service, jusqu’à leur séparation en mars 2024. Andy Murray devient son entraîneur de novembre 2024 à mai 2025. En mai 2026, son compatriote et ami de longue date Viktor Troicki rejoint son équipe.

personnalité

Image publique

Djokovic reprend son geste de téléphone avec une ironie assumée
Djokovic a souvent transformé l’énergie hostile des tribunes en ressort compétitif.

Dans ses jeunes années, Djokovic se fait notamment connaître par son humour et ses imitations de joueurs comme Nadal, Federer, Roddick ou Maria Sharapova. Le surnom « Nole », diminutif de Novak, l’accompagne depuis longtemps, tandis que « Djoker » joue sur son nom et son goût initial pour les facéties. Son rapport au public est parfois plus mouvementé. Dans de nombreux grands matchs, notamment contre Federer ou Nadal, il évolue devant des tribunes largement favorables à son adversaire. Djokovic a progressivement fait de cette adversité une partie de son fonctionnement compétitif, quitte à entrer parfois directement en conflit avec certains spectateurs. Il crée en 2007 la fondation qui porte son nom, désormais principalement consacrée à l’éducation et au développement de la petite enfance en Serbie.

Hors du court

Vie privée

Jelena Djokovic
Jelena Ristic.

Novak Djokovic partage depuis sa jeunesse la vie de Jelena Ristic. Le couple se marie en 2014. Ils ont deux enfants, Stefan et Tara. Ses deux frères cadets, Marko et Djordje, ont eux aussi pratiqué le tennis à haut niveau et ont même disputé quelques rencontres de double avec lui sur le circuit.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026