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Cliff Drysdale - Chron'Open
Chron'Open
Afrique du Sud
droitier - revers à deux mains

CliffDrysdale

Le joueur qui donna une voix aux joueurs
Cliff Drysdale

Cliff Drysdale n'a jamais remporté de Grand Chelem en simple, mais réduire sa place dans l'histoire à cette absence serait particulièrement trompeur.

ChampionAvant l'ère Open
35Titres sur toute sa carrière
1965n°4 mondial
1Coupe Davis
Naissance26 mai 1941
De 1962 à 1980

Sa carrière

Cliff Drysdale avec un trophée à Eastbourne en 1962
Eastbourne 1962 : Cliff Drysdale pose avec un trophée au début de sa carrière internationale.
1962-1964

L'ascension

Drysdale apparaît au plus haut niveau international au début des années 1960. Il intègre l'équipe sud-africaine de Coupe Davis en 1962 et s'installe progressivement parmi les meilleurs joueurs d'un tennis encore dominé par le système amateur. Son premier grand succès international arrive en 1963 à Hilversum : il remporte le Dutch Open en battant Roy Emerson en finale 6-3, 6-4, 6-2.

Il conserve son titre néerlandais en 1964, cette fois aux dépens du Brésilien Thomaz Koch, 7-5, 4-6, 6-2, 7-5. À 23 ans, le Sud-Africain n'est plus seulement un bon joueur de Coupe Davis : il appartient désormais au groupe capable de menacer régulièrement les meilleurs Australiens, Américains et Européens.

Cliff Drysdale face à Fred Stolle à Wimbledon en 1965
Wimbledon 1965 : Fred Stolle arrête Drysdale en demi-finale.
1965

L'année de référence

L'année 1965 constitue le sommet de la carrière de Drysdale en simple. Il remporte d'abord les Championnats d'Allemagne à Hambourg en dominant Boro Jovanovic 6-2, 6-4, 3-6, 6-3. L'ATP lui attribue également cette saison-là le championnat d'Afrique du Sud. Surtout, il atteint en quelques mois le dernier carré de deux tournois du Grand Chelem et la finale d'un troisième.

À Roland-Garros, Fred Stolle l'arrête en demi-finale avant de remporter le tournoi. Quelques semaines plus tard à Wimbledon, Drysdale retrouve encore Stolle dans le dernier carré et s'incline 6-3, 6-4, 7-5. Il démontre ainsi qu'il peut atteindre le même niveau sur la terre battue parisienne et sur l'herbe londonienne.

Le meilleur arrive à Forest Hills. Tête de série n°8 des Championnats des États-Unis, Drysdale bat Vic Seixas en trois sets, puis réalise l'une de ses plus belles remontées contre Dennis Ralston en quart de finale. Mené deux manches à rien, il s'impose finalement 2-6, 3-6, 7-5, 6-3, 8-6. Il écarte ensuite Rafael Osuna 6-3, 4-6, 6-4, 6-1 et accède à la seule finale de Grand Chelem en simple de sa carrière.

Manuel Santana l'y bat 6-2, 7-9, 7-5, 6-1. Cette défaite n'empêche pas Drysdale d'achever sa saison au sommet de la hiérarchie mondiale : il atteint la 4e place mondiale, son meilleur classement historique.

Cliff Drysdale à Wimbledon en 1966
Wimbledon 1966 : Drysdale atteint pour la deuxième année consécutive les demi-finales.
1966-1967

Confirmation et changement de monde

Drysdale confirme immédiatement. En 1966, il atteint pour la deuxième année consécutive les demi-finales de Roland-Garros et de Wimbledon. À Paris, Istvan Gulyas met fin à son parcours. À Londres, Dennis Ralston doit batailler cinq manches pour l'écarter, 6-8, 8-6, 3-6, 7-5, 6-3. Quatre demi-finales à Roland-Garros et Wimbledon en deux saisons attestent alors de la remarquable polyvalence du Sud-Africain.

Portrait de Cliff Drysdale à Wimbledon en 1967
Wimbledon 1967 : Cliff Drysdale, quelques mois avant son passage au professionnalisme avec le WCT.

Mais son époque est sur le point de basculer. En septembre 1967 naît le World Championship Tennis. Huit joueurs sont recrutés pour constituer le noyau d'un nouveau circuit professionnel appelé à débuter en Australie en janvier 1968 : John Newcombe, Tony Roche, Cliff Drysdale, Pierre Barthes, Roger Taylor, Nikola Pilic, Butch Buchholz et Dennis Ralston. Leur physique avantageux leur vaut rapidement le surnom de « Handsome Eight ».

En rejoignant cette aventure, Drysdale choisit le professionnalisme quelques mois avant que les grandes institutions du tennis n'acceptent enfin d'ouvrir leurs tournois aux professionnels. Il se trouve ainsi directement placé au cœur de la révolution qui va mettre fin à la séparation entre amateurs et professionnels.

Cliff Drysdale à Wimbledon en 1970
Wimbledon 1970 : Drysdale demeure un joueur de premier plan au début de l'ère Open.
1968-1970

Du WCT à l'ère Open

Les premiers mois de 1968 appartiennent encore à l'ancien monde. Drysdale dispute le nouveau circuit WCT et l'archive ATP le donne vainqueur à New Orleans WCT, du 16 au 19 février, puis à Tulsa WCT quelques jours plus tard. Ces deux succès professionnels sont antérieurs à la naissance officielle de l'ère Open et doivent donc être distingués de ses titres Open.

Le 22 avril 1968, Bournemouth accueille le premier tournoi ouvert simultanément aux amateurs et aux professionnels. Trois mois plus tard, Drysdale remporte à Gstaad son premier titre de la nouvelle ère, écrasant Tom Okker en finale 6-3, 6-3, 6-0.

Il réalise surtout l'un des grands exploits du premier US Open de l'histoire. En huitième de finale, le Sud-Africain élimine en cinq manches Rod Laver, tête de série n°1. Laver, qui vient de remporter le premier Wimbledon Open, est ainsi stoppé avant les quarts de finale. Drysdale est ensuite battu par Arthur Ashe, futur champion du tournoi.

En 1969, Drysdale revient en quart de finale de Wimbledon. Son huitième contre Roy Emerson est particulièrement spectaculaire : après cinq manches, il s'impose 6-4, 6-8, 0-6, 6-3, 9-7. Rod Laver l'arrête ensuite nettement en quart, 6-4, 6-2, 6-3, avant d'achever quelques semaines plus tard son deuxième Grand Chelem calendaire.

Drysdale ne retrouvera plus les demi-finales d'un Grand Chelem en simple, mais il demeure encore plusieurs années dans l'élite : l'International Tennis Hall of Fame le situe dans le Top 10 mondial de 1965 à 1971.

Cliff Drysdale face à Ken Rosewall à Denver en 1971
Denver 1971 : Drysdale affronte Ken Rosewall pendant l'une des meilleures saisons de sa carrière professionnelle.
1971

Un second sommet

À 30 ans, Drysdale connaît en 1971 sa meilleure saison depuis ses grandes années du milieu des années 1960. Sur le circuit WCT, il retrouve régulièrement les derniers tours et termine l'année parmi les joueurs les plus performants du circuit. Surtout, il remporte trois tournois recensés dans les archives de l'ATP : Miami WCT, Bruxelles et Dublin.

Portrait de Cliff Drysdale en 1971
1971 : Cliff Drysdale au cours de l'une des meilleures saisons de sa carrière professionnelle.

À Miami, il signe l'une des plus belles victoires de sa carrière en battant Rod Laver en finale, 6-2, 6-4, 3-6, 6-4. Quelques semaines plus tard à Bruxelles, il domine Ilie Nastase avec une étonnante netteté, 6-0, 6-1, 7-5. Puis, en juillet, il s'impose également à Dublin. Ces succès sur des adversaires et dans des conditions différentes montrent qu'il reste capable, plusieurs années après son sommet de 1965-1966, de rivaliser avec les meilleurs joueurs du monde.

Sa saison est également marquée par un quart de finale à l'Open d'Australie. Drysdale n'est donc pas simplement un vétéran profitant de quelques bonnes semaines : il demeure alors solidement installé dans l'élite du nouveau tennis professionnel. Les classements du WCT le situent d'ailleurs au 4e rang de leur hiérarchie en fin de saison.

Cliff Drysdale et Roger Taylor au Queen's en 1973
Queen's 1973 : Cliff Drysdale et Roger Taylor, qui s'affrontent en quart de finale.
1972-1973

Encore présent parmi les meilleurs

En 1972, Drysdale ne retrouve pas les trois titres de sa saison précédente, mais il reste très régulièrement présent dans les derniers tours. À 31 ans, il continue à évoluer au plus haut niveau du circuit professionnel et se qualifie encore pour les WCT Finals. En simple, son meilleur résultat en Grand Chelem intervient à l'US Open, où il atteint les huitièmes de finale.

C'est toutefois en double qu'il obtient cette année-là le plus grand titre de sa carrière. Associé au Britannique Roger Taylor, il remporte l'US Open en dominant en finale John Newcombe et Owen Davidson, 6-4, 7-6, 6-3. Après avoir disputé la finale du simple à Forest Hills en 1965 sans parvenir à s'imposer, Drysdale inscrit ainsi enfin son nom au palmarès d'un tournoi du Grand Chelem.

L'année suivante, malgré des responsabilités désormais importantes à la tête de l'ATP, il reste très actif sur le circuit. En 1973, il atteint notamment les demi-finales à Atlanta et à Saint-Louis sur le circuit WCT. À l'approche de Wimbledon, il montre également qu'il reste compétitif sur gazon en se hissant jusqu'aux quarts de finale du Queen's.

Dans les tournois du Grand Chelem qu'il dispute cette saison-là, Drysdale est éliminé au deuxième tour de Roland-Garros puis atteint le troisième tour de l'US Open. Son absence à Wimbledon ne traduit donc pas une mise en retrait sportive : elle résulte du boycott décidé par les joueurs de l'ATP.

À 32 ans, Drysdale n'est plus le joueur qui avait atteint le n°4 mondial en 1965, mais il demeure encore suffisamment performant pour fréquenter régulièrement les quarts et les demi-finales. Sa carrière sportive entre progressivement dans sa dernière phase, tandis que son influence sur le tennis commence désormais à se mesurer autant en dehors du court que dans ses résultats.

Cliff Drysdale lors d'une réunion de l'ATP en 1973
1973 : Cliff Drysdale participe, en qualité de premier président de l'ATP, à l'organisation de la jeune association.
1973

Le président de l'ATP

Premier président de l'ATP depuis sa création à l'US Open 1972, Drysdale se retrouve en 1973 au centre de la première grande crise de la jeune association. Lorsque la Fédération yougoslave sanctionne Nikola Pilic après un différend concernant sa participation à la Coupe Davis, la Fédération internationale maintient une suspension qui l'empêche notamment de disputer Wimbledon. Pour les joueurs, l'affaire pose une question essentielle : peuvent-ils réellement contrôler leur propre carrière ou restent-ils entièrement soumis aux décisions des fédérations nationales ?

Sous la présidence de Drysdale, les membres de l'ATP choisissent l'épreuve de force. 81 joueurs votent le retrait du tournoi et, au total, 91 joueurs ne participent pas à Wimbledon, dont 13 des 16 principales têtes de série. Drysdale lui-même ne joue donc pas le tournoi. Ce boycott, spectaculaire et sans précédent à cette échelle, donne à l'ATP une véritable autorité politique quelques mois seulement après sa création.

L'épisode marque un tournant dans l'histoire du tennis professionnel. L'ATP cesse d'être une simple association de défense pour devenir une force collective capable de s'opposer aux institutions traditionnelles. Drysdale, qui en est alors le premier président, se retrouve ainsi au cœur de l'un des actes fondateurs du pouvoir moderne des joueurs.

Cliff Drysdale à Wimbledon en 1974
Wimbledon 1974 : Drysdale poursuit sa carrière au plus haut niveau lors de sa dernière saison en Coupe Davis.
1974

Le paradoxe sud-africain

Drysdale reste parallèlement un joueur de haut niveau. En 1974, il gagne une nouvelle fois le tournoi WCT de Miami et atteint, le 1er mai, la 13e place du classement ATP. La comparaison avec son n°4 mondial de 1965 doit cependant être maniée avec prudence : lorsque le premier classement ATP fut publié en août 1973, Drysdale avait déjà 32 ans et l'essentiel de sa grande carrière derrière lui.

Cette même année pose une question beaucoup plus politique. Drysdale représente encore l'Afrique du Sud en Coupe Davis. Sa carrière dans la compétition, commencée en 1962, s'achève avec un bilan officiel remarquable de 35 victoires pour 14 défaites : 32-12 en simple et 3-2 en double, soit 49 rencontres individuelles disputées.

Mais Drysdale est alors en rupture avec le régime d'apartheid. Installé aux États-Unis depuis 1970, il expliquera plus tard avoir fini par ne plus supporter de représenter ce système. En 1974, l'Afrique du Sud atteint la finale de la Coupe Davis contre l'Inde ; le gouvernement indien refuse que son équipe dispute la rencontre en Afrique du Sud et le trophée est attribué aux Sud-Africains sans que la finale soit jouée. Drysdale dira avoir demandé à son pays de cesser de s'inscrire dans la compétition ; après cette campagne, il ne représentera effectivement plus l'Afrique du Sud.

Le titre sud-africain de 1974 doit donc être présenté avec cette double nuance. Drysdale a bien participé à la campagne de l'équipe victorieuse, mais il n'a jamais disputé une « finale victorieuse » : celle-ci n'a pas eu lieu. Et loin d'incarner une défense sportive du régime, il était lui-même devenu un opposant à l'apartheid et mettait précisément fin à sa carrière en Coupe Davis.

1975-1980

La longévité

Passé 34 ans, Drysdale ne joue plus les premiers rôles en Grand Chelem mais continue à évoluer sur le circuit. Sa longévité est remarquable pour un joueur dont les premières grandes victoires remontaient au début des années 1960. Il se qualifie encore pour les WCT Finals en 1977, six ans après sa première participation à cette épreuve.

En 1978, à 36 ans, il remporte à Baltimore son sixième et dernier titre de l'ère Open. Dix années séparent donc son succès de Gstaad en 1968 de cette dernière victoire.

Drysdale est encore présent à Wimbledon en 1980. Il bat son compatriote Byron Bertram au premier tour en cinq manches avant de s'incliner face à la tête de série n°9 Pat DuPré. À presque 39 ans, il avait ainsi remporté un match dans le tournoi quinze ans après sa première demi-finale londonienne.

Technique

Style de jeu : un revers en avance sur son temps

Le revers à deux mains de Cliff Drysdale

L'une des traces les plus visibles laissées par Drysdale dans l'évolution technique du tennis est son revers à deux mains. Dans les années 1960, à une époque où le revers à une main domine presque entièrement le tennis masculin de haut niveau, le geste du Sud-Africain constitue une véritable singularité.

Drysdale était ambidextre, ce qui l'avait naturellement conduit à utiliser sa seconde main pour renforcer son revers. Il n'avait pas été formé selon une théorie technique particulière et soulignera plus tard combien les entraîneurs personnels étaient rares à son époque. Ce coup, qu'il considérait alors comme une particularité presque personnelle, allait devenir quelques années plus tard l'une des armes caractéristiques de Jimmy Connors et Bjorn Borg, puis progressivement le revers dominant du tennis moderne.

Drysdale ne peut donc pas être présenté comme l'inventeur du revers à deux mains, déjà utilisé auparavant, mais il fut l'un de ses premiers représentants de très haut niveau chez les hommes. Sa présence durable dans le Top 10 et ses résultats sur terre battue, herbe et dur contribuaient à démontrer que ce geste n'était nullement incompatible avec le plus haut niveau.

Repères

Repères et question du palmarès

Jack Kramer et Cliff Drysdale
Jack Kramer et Cliff Drysdale, deux figures majeures de la structuration du tennis professionnel.

N°4 mondial en 1965, finaliste cette année-là des Championnats des États-Unis, deux fois demi-finaliste à Roland-Garros et deux fois à Wimbledon, il fut pendant plusieurs saisons l'un des meilleurs joueurs du monde. Il remporta également l'US Open 1972 en double avec Roger Taylor et fut l'un des grands précurseurs du revers à deux mains dans le tennis masculin.

Mais Drysdale appartient surtout à cette génération qui ne se contenta pas de jouer le tennis moderne : elle participa à sa création. Membre des « Handsome Eight » du WCT, premier président de l'ATP, figure centrale du boycott de Wimbledon en 1973, il contribua directement à l'émancipation des joueurs face aux anciennes structures fédérales. Puis il accompagna encore l'évolution de son sport derrière un micro, devenant pendant près de quarante-six ans l'une des voix emblématiques du tennis sur ESPN.

La biographie officielle de l'ATP attribue à Drysdale 35 titres en simple et 24 en double sur l'ensemble de sa carrière. Son meilleur classement mondial fut une 4e place en 1965, dans les classements de référence de l'époque. Le classement informatique de l'ATP n'existant que depuis août 1973, son meilleur rang officiel ATP fut ensuite la 13e place, atteinte le 1er mai 1974 alors qu'il avait déjà 32 ans.

La comptabilité de ses titres exige cependant une distinction. L'archive ATP moderne enregistre deux victoires professionnelles WCT dès février 1968, à New Orleans et Tulsa, quelques semaines avant le premier tournoi officiellement ouvert aux amateurs et aux professionnels, disputé à Bournemouth à partir du 22 avril. Pour l'ère Open proprement dite, le guide historique de l'ATP lui attribue six titres.

C'est cette comptabilité que nous retiendrons ici. Elle corrige notamment l'omission de Dublin 1971 qui a longtemps conduit certaines biographies, y compris celle de l'International Tennis Hall of Fame, à parler de seulement cinq titres Open.

Palmarès

35 titres sur toute sa carrière

  • 27 titres amateurs.
  • 2 titres chez les professionnels avant l'ère Open : New Orleans WCT 1968 et Tulsa WCT 1968.
  • 6 titres sous l'ère Open.

Ses 6 titres Open

Gstaad 1968
Miami WCT 1971
Bruxelles 1971
Dublin 1971
Miami WCT 1974
Baltimore 1978

Son meilleur classement

n°4 mondial en 1965.

Le classement informatique de l'ATP n'existant que depuis août 1973, son meilleur rang officiel ATP fut la 13e place, atteinte le 1er mai 1974 alors qu'il avait déjà 32 ans.

Médias

Après-carrière : la voix d'ESPN

Cliff Drysdale au micro

La deuxième carrière de Drysdale commence presque avant que la première ne soit terminée. Le 14 septembre 1979, une semaine après le lancement d'ESPN, il participe à la première retransmission de tennis de l'histoire de la chaîne, une rencontre de Coupe Davis entre les États-Unis et l'Argentine à Memphis. D'abord analyste, il devient ensuite présentateur et commentateur régulier.

Sa carrière télévisuelle va finalement durer près de quarante-six ans. Il couvre pour ESPN plusieurs décennies d'Open d'Australie, de Roland-Garros, de Wimbledon et d'US Open, accompagnant à l'antenne des générations de champions qui vont de Connors, Borg et McEnroe jusqu'aux joueurs du XXIe siècle. Lorsqu'il quitte finalement ESPN pendant l'US Open 2025, à 84 ans, il est le commentateur ayant la plus grande ancienneté au sein de la chaîne.

Développement du tennis

Une troisième carrière dans le développement du tennis

Drysdale ne s'est pas limité à la télévision. En 2001, il fonde avec Don Henderson Cliff Drysdale Tennis, une société spécialisée dans la gestion de programmes et d'installations consacrés aux sports de raquette dans des clubs, hôtels et complexes touristiques. L'entreprise est acquise par Troon en 2018 tout en conservant la marque Cliff Drysdale.

Cette activité constitue un autre prolongement logique de son parcours. Après avoir contribué à donner aux joueurs une organisation professionnelle puis participé à la médiatisation du tennis, Drysdale s'est également impliqué dans son enseignement et sa diffusion auprès du public.

Vie privée

Vie privée

Cliff Drysdale et Jean Forbes

Drysdale fut marié à Jean Forbes, joueuse sud-africaine et sœur de Gordon Forbes. Elle atteignit notamment les huitièmes de finale de Wimbledon en 1962. Elle mourut en 1984, à seulement 44 ans.

Drysdale s'était installé avec sa famille aux États-Unis en 1970 et devint par la suite citoyen américain. Il conserva néanmoins un lien profond avec l'Afrique du Sud et continua à s'exprimer sur l'évolution politique de son pays natal, notamment sur l'héritage de Nelson Mandela et la sortie de l'apartheid.

Postérité

Héritage : au carrefour de deux tennis

Ion Tiriac, Martina Hingis, Charlie Pasarell et Cliff Drysdale à Newport en 2013
Newport 2013 : Ion Tiriac, Martina Hingis, Charlie Pasarell et Cliff Drysdale lors de leur entrée à l'International Tennis Hall of Fame.

L'ensemble de cette trajectoire avait déjà été consacré en 2013 par son entrée à l'International Tennis Hall of Fame, non pas dans la catégorie des joueurs mais dans celle des contributeurs. Le choix est révélateur : l'institution récompensait moins son seul palmarès que l'ensemble de son influence sur le sport, comme joueur, dirigeant et homme de médias.

Cliff Drysdale est l'un des hommes de transition les plus intéressants de l'histoire du tennis. Sa carrière commence dans un monde où les Grands Chelems sont encore réservés aux amateurs. Il devient ensuite professionnel avec le WCT, participe à la première saison de l'ère Open, puis contribue quelques années plus tard à créer l'organisation appelée à représenter collectivement les joueurs professionnels.

Même son jeu annonce l'avenir. Son revers à deux mains paraît inhabituel au milieu des années 1960 ; une génération plus tard, il est devenu courant et finira par s'imposer comme le choix technique de la majorité des champions. Sur le plan institutionnel, le même phénomène se reproduit : l'idée que les joueurs puissent disposer de leur propre organisation semblait révolutionnaire en 1972 ; elle est devenue l'une des bases du fonctionnement du tennis professionnel.

Son influence ne doit cependant pas conduire à embellir artificiellement son palmarès. Drysdale ne fut ni Laver, ni Rosewall, ni Newcombe : il ne remporta jamais de Grand Chelem en simple et ne domina jamais durablement son époque. Mais il fut suffisamment fort pour atteindre le 4ème rang mondial, disputer une finale majeure, battre des champions comme Laver, Emerson ou Nastase et rester près d'une décennie parmi les meilleurs. Et surtout, lorsqu'il cessa progressivement d'être l'un des acteurs principaux sur le court, son importance dans le tennis ne diminua pas.

Joueur du dernier âge amateur, professionnel des premières tournées privées, pionnier de l'ère Open, premier président de l'ATP puis voix du tennis pendant près d'un demi-siècle, Cliff Drysdale n'a pas seulement traversé la naissance du tennis moderne : il a contribué à la façonner.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026