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Thomas Enqvist | Chron'Open
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Suède
droitier - revers à deux mains

ThomasEnqvist

La puissance suédoise aux portes du sommet
Thomas Enqvist

Longtemps présenté comme l’héritier d’une prestigieuse école suédoise, Thomas Enqvist possédait la puissance et la qualité de frappe nécessaires pour inquiéter les meilleurs joueurs de son époque. Capable, dans ses grandes semaines, d’enchaîner les victoires contre l’élite mondiale, il n’a pourtant jamais bénéficié de la continuité physique qui aurait pu donner une autre dimension à sa carrière. Les blessures ont régulièrement interrompu l’élan d’un joueur qui est malgré tout parvenu à se hisser tout près du sommet.

19Titres ATP
1999n°4 mondial
2Coupes Davis
Naissance 13 mars 1974
Jeunesse

Enfance et formation

Thomas Enqvist adolescent durant sa formation

Thomas Karl Johan Enqvist naît le 13 mars 1974 à Stockholm. Son père, Folke, est ingénieur et sa mère, Birgitta, économiste. Il grandit au moment où la Suède occupe une place exceptionnelle dans le tennis mondial, d’abord grâce à Bjorn Borg, puis avec Mats Wilander et Stefan Edberg.

Borg constitue son premier grand modèle et joue un rôle important dans sa vocation. Enqvist commence très jeune le tennis et, à 15 ans, a même l’occasion d’échanger des balles avec l’ancien numéro un mondial. Derrière la génération des Wilander et Edberg, il apparaît bientôt comme l’un des joueurs susceptibles d’assurer la relève du tennis suédois.

1990-1991

Numéro un mondial chez les juniors

Thomas Enqvist, vainqueur junior à Wimbledon en 1991
1991 : Thomas Enqvist remporte le tournoi juniors de Wimbledon.

Enqvist se distingue rapidement dans les grandes compétitions juniors. À 16 ans, en 1990, il atteint la finale de Roland-Garros, où il s’incline contre l’Italien Andrea Gaudenzi. L’année suivante, il retrouve la finale parisienne mais est cette fois battu par Andrei Medvedev.

Sa saison 1991 n’en est pas moins remarquable. Il remporte l’Open d’Australie juniors en dominant Stephen Gleeson en finale, puis s’impose quelques mois plus tard à Wimbledon face à Michael Joyce. Ces résultats lui permettent de terminer l’année au premier rang mondial chez les juniors.

À 17 ans, Enqvist possède déjà les principales caractéristiques du joueur qu’il deviendra : des frappes puissantes et précoces, un revers à deux mains particulièrement solide et une volonté constante de prendre le contrôle de l’échange. Il passe professionnel en 1991.

De 1992 à 2006

Sa carrière

Thomas Enqvist à l'US Open en 1993
US Open 1993 : Thomas Enqvist signe une première grande victoire contre Andre Agassi.
1992-1994

Premiers titres et exploit contre Agassi

Enqvist ne tarde pas à confirmer son potentiel sur le circuit principal. En octobre 1992, à 18 ans, il remporte à Bolzano le premier titre ATP de sa carrière en battant Arnaud Boetsch en finale. L’année suivante, il ajoute un deuxième trophée à Schenectady.

Toujours en 1993 il se révèle davantage au grand public à l’US Open. Classé seulement aux alentours de la 60e place mondiale, il élimine Andre Agassi dès le premier tour. L’Américain, vainqueur de Wimbledon l’année précédente, reste alors l’une des grandes vedettes du circuit. Enqvist poursuit son parcours jusqu’en huitième de finale, sa première apparition en deuxième semaine d’un Grand Chelem.

La saison 1994 est moins spectaculaire et ne lui apporte aucun nouveau titre. Sa progression n’est pourtant pas interrompue. Lorsqu’il débute l’année 1995 au 60e rang mondial, le Suédois s’apprête à changer brutalement de dimension.

Thomas Enqvist avec le trophée de Stockholm en 1995
Stockholm 1995 : Enqvist conclut une saison de révélation avec son cinquième titre de l’année.
1995

L’explosion au plus haut niveau

L’année 1995 constitue la véritable révélation d’Enqvist. En quelques mois, il passe de la 60e à la 7e place mondiale et remporte cinq tournois : Auckland, Philadelphie, Pinehurst, Indianapolis et Stockholm.

Son succès à Philadelphie marque une étape particulièrement importante. Enqvist y obtient les deux premières victoires de sa carrière contre des membres du Top 10, en battant successivement Andre Agassi puis Michael Chang. Ce tournoi confirme qu’il n’est plus seulement un jeune joueur prometteur, mais qu’il est désormais capable de battre les références du circuit.

Sa fin de saison confirme ce changement de statut. Qualifié pour le Masters de Francfort, réservé aux huit meilleurs joueurs de l’année, il atteint les demi-finales avant de s’incliner contre Boris Becker au terme d’un match très disputé. À 21 ans, Enqvist termine ainsi sa première saison complète parmi l’élite au 7e rang mondial.

Thomas Enqvist avec le trophée de Paris-Bercy en 1996
Paris-Bercy 1996 : Enqvist domine Yevgeny Kafelnikov en finale.
1996

Bercy et une finale de Coupe Davis épique

Enqvist confirme en 1996. À l’Open d’Australie, il atteint pour la première fois les quarts de finale d’un Grand Chelem, où Mark Woodforde met fin à son parcours. Il gagne également trois tournois au cours de la saison : New Delhi, Paris-Bercy et Stockholm.

Son succès à Bercy constitue alors le plus grand titre de sa carrière. Dans des conditions rapides parfaitement adaptées à son jeu, il élimine notamment Carlos Moya, Stefan Edberg puis Magnus Gustafsson avant de dominer Yevgeny Kafelnikov en finale, 6-2, 6-4, 7-5. Il décroche ainsi son premier trophée dans la catégorie Super 9, ancêtre des Masters 1000. Il enchaîne avec une nouvelle victoire à Stockholm et termine l’année au 9e rang mondial.

La finale de Coupe Davis disputée à Malmo contre la France lui offre une autre occasion de marquer l’Histoire. Enqvist remporte d’abord son simple contre Arnaud Boetsch, puis accomplit une formidable remontée contre Cedric Pioline. Mené deux manches à zéro, il gagne les trois suivantes, dont la dernière 9-7, et ramène la Suède à 2-2. Le trophée se décide donc lors du cinquième match, finalement remporté par Boetsch contre Nicklas Kulti, 10-8 au dernier set après trois balles de match sauvées par le Français. Enqvist peut difficilement se reprocher quoi que ce soit : il a remporté ses deux simples.

Thomas Enqvist avec le trophée de Munich en 1998
Munich 1998 : Thomas domine Andre Agassi en finale.
1997-1998

Entre titres, blessures et Coupes Davis

Enqvist poursuit sur sa lancée en remportant Marseille en 1997. Mais les blessures commencent à perturber sérieusement sa carrière. Un problème au pied l’écarte notamment d’une partie importante de la saison et l’empêche de participer à Roland-Garros puis à Wimbledon.

La Suède remporte cette année-là la Coupe Davis en écrasant les États-Unis en finale à Goteborg. Enqvist a participé à la campagne, mais ses problèmes physiques l’empêchent de disputer la rencontre décisive. Il doit regarder Jonas Bjorkman, Magnus Larsson et Nicklas Kulti décrocher le trophée sans lui.

En 1998, il conserve son titre à Marseille puis gagne Munich, prouvant qu’il reste redoutable lorsqu’il peut jouer normalement. Mais de nouveaux problèmes physiques, notamment à la cheville droite, nécessitent une intervention chirurgicale. La Suède conserve la Coupe Davis contre l’Italie, une nouvelle fois sans Enqvist lors de la finale. Il appartient donc à deux campagnes victorieuses consécutives sans avoir la satisfaction de participer aux rencontres qui offrent effectivement le Saladier d’argent à son pays.

Yevgeny Kafelnikov et Thomas Enqvist après la finale de l'Open d'Australie en 1999
Open d’Australie 1999 : Enqvist atteint l’unique finale en Grand Chelem de sa carrière face à Yevgeny Kafelnikov.
1999

Finaliste à Melbourne

À peine revenu de ses problèmes physiques, Enqvist commence remarquablement la saison 1999 en remportant le tournoi d’Adelaide. À l’Open d’Australie, il se présente sans statut de tête de série mais devient rapidement l’un des hommes forts du tableau.

Il élimine notamment Patrick Rafter, double tenant du titre de l’US Open, puis Mark Philippoussis après cinq manches. Il bat ensuite Marc Rosset en quart de finale et Nicolas Lapentti en demi-finale. À 24 ans, Enqvist atteint ainsi pour la première et unique fois de sa carrière la finale d’un tournoi du Grand Chelem.

Face à Yevgeny Kafelnikov, le Suédois démarre parfaitement et remporte le premier set 6-4. Mais le Russe parvient progressivement à ralentir le jeu et à provoquer davantage de fautes. Après avoir infligé un 6-0 à Enqvist dans la deuxième manche, Kafelnikov prend définitivement l’ascendant et s’impose 4-6, 6-0, 6-3, 7-6.

Enqvist ne s’arrête pourtant pas à cette finale. À l’automne, il réalise à Stuttgart ce qui est sans doute l’un des plus beaux enchaînements de toute sa carrière. Il élimine successivement Gustavo Kuerten, n°5 mondial, Marcelo Rios, n°9, Andre Agassi, n°1, puis Richard Krajicek, n°8, pour remporter son deuxième Masters Series. Quatre membres du Top 10 tombent ainsi consécutivement face au Suédois.

Il gagne ensuite Stockholm pour la troisième fois. Cette remarquable saison lui permet d’atteindre le 4e rang mondial le 15 novembre 1999, le meilleur classement de sa carrière.

Thomas Enqvist et Tim Henman à Cincinnati en 2000
Cincinnati 2000 : Enqvist domine Tim Henman en finale pour son troisième Masters Series.
2000

Indian Wells, Cincinnati et Bale

Enqvist reste au contact des meilleurs mondiaux en 2000. À Indian Wells, il réussit un parcours révélateur de son niveau lorsqu’il est en confiance : en quart de finale, il élimine Pete Sampras, puis bat en demi-finale Mark Philippoussis, tenant du titre. Alex Corretja l’empêche toutefois de conclure cette semaine par un nouveau titre en s’imposant en finale.

Quelques mois plus tard, à Cincinnati, Enqvist ne laisse pas passer l’occasion. Il domine Tim Henman 7-6, 6-4 en finale et remporte son troisième Masters Series après Paris-Bercy en 1996 et Stuttgart en 1999.

À l’automne, il décroche encore le tournoi de Bale. Son adversaire en finale est un jeune Suisse de 19 ans qui cherche toujours son premier titre ATP : Roger Federer. Enqvist s’impose en cinq manches et retarde de quelques mois le premier sacre du futur numéro un mondial.

Avec Cincinnati et Bale, Enqvist porte son total à 18 titres. Il vient également d’enchaîner six saisons consécutives avec au moins un trophée, de 1995 à 2000.

Patrick Rafter sert face à Thomas Enqvist à Wimbledon en 2001
Wimbledon 2001 : Patrick Rafter met fin au parcours d’Enqvist en quarts de finale.
2001

Un dernier grand parcours à Wimbledon

Enqvist ne remporte aucun tournoi en 2001 mais réalise ses meilleurs parcours dans les deux Grands Chelems où il avait jusque-là obtenu les résultats les plus modestes.

À Roland-Garros, il atteint pour la première fois les huitièmes de finale. Sa route est barrée par Gustavo Kuerten, double vainqueur du tournoi et futur champion de cette édition. Quelques semaines plus tard, Enqvist signe son meilleur Wimbledon en se qualifiant pour les quarts de finale. Patrick Rafter, qui atteindra ensuite la finale, s’impose en trois manches.

Le Suédois reste encore capable de grandes performances en fin de saison. À Stuttgart, il élimine notamment Juan Carlos Ferrero puis le jeune Andy Roddick avant de retrouver Kafelnikov en quart de finale. Même s’il ne gagne plus de titre, Enqvist peut encore battre certains des joueurs les plus dangereux de la nouvelle génération.

Thomas Enqvist avec le trophée de Marseille en 2002
Marseille 2002 : Enqvist remporte le dix-neuvième et dernier titre ATP de sa carrière.
2002-2006

Un dix-neuvième titre avant le déclin

En février 2002, Enqvist retrouve une dernière fois le chemin de la victoire à Marseille. Il élimine notamment Yevgeny Kafelnikov avant de battre Nicolas Escude en finale. Ce 19e trophée restera le dernier de sa carrière.

Les années suivantes sont de plus en plus difficiles. Les blessures, déjà omniprésentes depuis plusieurs saisons, empêchent désormais le Suédois d’enchaîner suffisamment de tournois pour rester dans l’élite. Son classement recule et ses apparitions sur le circuit deviennent progressivement plus espacées.

Il conserve ponctuellement la capacité de produire un tennis de très haut niveau, mais son corps ne lui permet plus de retrouver durablement son meilleur niveau. Il dispute ses derniers matchs professionnels en 2005 et officialise sa retraite en 2006. Il expliquera avoir subi plusieurs opérations au cours de sa carrière, illustration d’une fragilité physique qui aura régulièrement interrompu sa progression.

Coupe Davis

Un pilier pour l’équipe suédoise

Thomas Enqvist et Cedric Pioline en finale de Coupe Davis en 1996
Finale de Coupe Davis 1996 : Thomas Enqvist face à Cedric Pioline à Malmo.

Enqvist représente régulièrement la Suède en Coupe Davis entre 1995 et 2004. Il y présente un bilan de 15 victoires pour 10 défaites en simple, auquel s’ajoute une défaite en double.

La finale de 1996 contre la France reste sa prestation la plus mémorable dans la compétition. Malgré ses deux victoires en simple, la Suède s’incline lors du cinquième match. Enqvist participe ensuite aux campagnes victorieuses de 1997 et 1998, mais ses problèmes physiques l’empêchent de disputer les deux finales.

Son rapport à la Coupe Davis se poursuit longtemps après sa carrière de joueur : il devient par la suite capitaine de l’équipe suédoise.

Style de jeu

Un jeu construit pour prendre l’adversaire de vitesse

Thomas Enqvist en action à l'US Open en 1996

Droitier doté d’un revers à deux mains, Enqvist appartient à une génération qui accélère considérablement le tennis de fond de court au cours des années 1990. Il cherche à prendre la balle tôt et frappe de manière relativement tendue, avec l’objectif de retirer du temps à son adversaire plutôt que de construire patiemment les échanges.

Son service lui permet de prendre immédiatement l’initiative, tandis que son retour constitue l’une de ses principales forces face aux grands serveurs. Dans ses meilleurs jours, la qualité et la violence de ses frappes peuvent littéralement enfermer son adversaire derrière la ligne de fond.

Cette prise de risque permanente possède également son revers : lorsque le réglage se dérègle, les fautes peuvent s’accumuler rapidement. Enqvist obtient logiquement ses meilleurs résultats sur dur et sur les surfaces rapides en salle, mais son titre à Munich montre qu’il n’est pas incapable de réussir sur terre battue. Le gazon restera la seule grande surface sur laquelle il ne remportera aucun trophée, malgré son quart de finale à Wimbledon.

Entourage

Des entraîneurs issus de l’école suédoise

Mikael Stripple, entraîneur de Thomas Enqvist
Mikael Stripple accompagne Thomas Enqvist de 1998 à 2003.

Enqvist est notamment entraîné pendant ses grandes années de progression par Joakim Nystrom, ancien membre du Top 10 mondial et vainqueur de la Coupe Davis avec la Suède. Leur collaboration accompagne l’ascension du jeune joueur jusqu’aux premières places du classement mondial.

Il travaille également avec Mikael Stripple, qui l’accompagne de 1998 à 2003, pendant les meilleures années de sa carrière.

L’encadrement d’Enqvist reste ainsi fortement marqué par l’école suédoise qui avait dominé une partie du tennis mondial au cours des décennies précédentes.

Palmarès

Ses 19 titres ATP

Masters 1000

Bolzano 1992
Schenectady 1993
Auckland 1995
Philadelphie 1995
Pinehurst 1995
Indianapolis 1995
Stockholm 1995
New Delhi 1996
Bercy 1996
Stockholm 1996
Marseille 1997
Marseille 1998
Munich 1998
Adelaide 1999
Stuttgart 1999
Stockholm 1999
Cincinnati 2000
Bale 2000
Marseille 2002
Après

Une deuxième vie dans le tennis

Thomas Enqvist aux côtés de Bjorn Borg à la Laver Cup
Thomas Enqvist aux côtés de Bjorn Borg à la Laver Cup.

Enqvist reste très présent dans son sport après sa retraite. Il devient consultant et intervient également auprès de joueurs professionnels.

Il succède notamment à Mats Wilander comme capitaine de l’équipe suédoise de Coupe Davis. À partir de la création de la Laver Cup, il devient également vice-capitaine de Bjorn Borg au sein de l’équipe d’Europe. Plusieurs décennies après avoir grandi en admirant Borg, Enqvist se retrouve ainsi à ses côtés dans l’encadrement de certains des meilleurs joueurs du monde.

Il poursuit également différentes activités d’entraîneur et de conseiller, mettant au service d’une nouvelle génération l’expérience acquise au cours de près de quinze années passées sur le circuit professionnel.

L’homme derrière le champion

Vie privée

Thomas Enqvist et Carine Demaria
Thomas Enqvist et Carine Demaria.

Thomas Enqvist partage depuis le début des années 2000 la vie de la Française Carine Demaria, originaire de Provence. Le couple se rencontre alors que le Suédois est encore en activité et s’installe entre la Suède et le sud de la France.

Ils se marient par la suite et ont un fils, Tim. Après la carrière du joueur, la famille conserve notamment des attaches près d’Aix-en-Provence, où Thomas et Carine développent également une activité de conseil liée au sport.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026