RogerFederer

Plus qu'un immense champion, Roger Federer est devenu une véritable icône du tennis. Son influence dépasse les statistiques et les records : pour des millions de personnes, il incarne l'élégance et l'excellence de ce sport.
La barre symbolique des 20 est franchie
8 fois Wimbledon (record absolu), 6 fois l'Open d'Australie, 5 fois l'US Open et enfin Roland-Garros.
L'élégance absolue
Roger Federer a marqué l'histoire du tennis par un style de jeu aussi efficace qu'élégant. Là où certains champions impressionnaient avant tout par leur puissance ou leur endurance, le Suisse donnait l'impression de jouer avec une facilité déconcertante. La fluidité de ses déplacements, la pureté de ses gestes et son sens du placement faisaient paraître simples les coups les plus difficiles. Cette élégance est devenue sa véritable signature.
Son service, souvent éclipsé par d'autres aspects de son jeu, constituait pourtant l'une de ses principales armes. Sans rechercher systématiquement la puissance maximale, Federer privilégiait la précision, la variété des effets et des placements. Capable de masquer ses intentions jusqu'au dernier instant, il obtenait de nombreux points gratuits ou se créait immédiatement une position favorable pour prendre le contrôle de l'échange.
Son coup droit comptait parmi les plus redoutables de son époque. Joué avec une grande vitesse d'exécution, il lui permettait d'accélérer soudainement le jeu, de trouver des angles remarquables ou de conclure l'échange dès la première occasion. Son revers à une main, devenu l'un des gestes les plus emblématiques du tennis moderne, lui offrait lui aussi une grande variété de solutions, qu'il s'agisse d'accélérer, de slicer ou de préparer une montée au filet.
Mais la véritable force de Federer résidait dans la richesse de son répertoire. Peu de joueurs ont possédé une telle palette de coups. Volées, amorties, lobs, slices, passings ou frappes en demi-volée : il semblait toujours disposer de la réponse la plus adaptée à la situation. Cette créativité permanente empêchait ses adversaires de s'installer dans un schéma de jeu confortable.
Naturellement porté vers l'attaque, Federer cherchait à prendre la balle tôt afin de réduire le temps de réaction de son adversaire et d'imposer son propre rythme. Sans être un serveur-volleyeur au sens classique du terme, il n'hésitait jamais à monter au filet lorsque l'occasion se présentait, profitant de son excellent toucher de balle pour conclure les échanges.
Cette combinaison d'élégance, de variété, de précision et d'intelligence de jeu a fait de Roger Federer l'un des joueurs les plus complets de tous les temps. Plus qu'une succession de coups d'exception, son tennis était une harmonie où chaque qualité renforçait les autres, donnant naissance à un style immédiatement reconnaissable et souvent considéré comme l'un des plus beaux de l'histoire.
Le prodige suisse
Né le 8 août 1981 à Bâle, Roger Federer découvre très tôt le plaisir du sport. Fils d'un père suisse et d'une mère sud-africaine, il s'essaie à plusieurs disciplines avant de se consacrer pleinement au tennis. Son talent ne tarde pas à se révéler, au point d'intégrer les structures de formation de la Fédération suisse, où il poursuit son apprentissage sous l'œil attentif de Peter Carter, entraîneur qui exercera une influence déterminante sur sa future carrière.
Adolescent, Federer se distingue rapidement par un jeu offensif, une technique déjà remarquable et une aisance naturelle qui attirent l'attention des observateurs. Mais derrière ce talent évident se cache un jeune joueur encore impulsif, dont les accès de colère contrastent avec l'image de sérénité qui fera plus tard sa réputation.
L'année 1998 marque son véritable envol. Il remporte le tournoi juniors de Wimbledon, s'adjuge le titre de numéro un mondial chez les juniors et conquiert également le prestigieux Orange Bowl. Ces succès confirment qu'il figure parmi les plus grands espoirs du tennis mondial.
Fort de cette brillante carrière chez les jeunes, Roger Federer passe professionnel la même année. À seulement 17 ans, il s'apprête à découvrir un univers bien différent, où le talent seul ne suffit plus et où commence le long apprentissage qui le conduira progressivement vers les sommets du tennis mondial.
Sa carrière
Les années d'apprentissage
Le passage chez les professionnels ne se fait pas sans difficultés. Comme beaucoup de jeunes joueurs talentueux, Roger Federer doit apprendre à composer avec les exigences du circuit ATP et la régularité qu'impose le très haut niveau. Ses qualités techniques sautent déjà aux yeux, mais son tempérament fougueux lui joue encore parfois des tours.
Les progrès sont rapides. En 1999, il intègre le Top 100 mondial, puis atteint ses premières finales la saison suivante. En 2001, il décroche son premier titre ATP à Milan et signe quelques mois plus tard son premier grand coup d'éclat à Wimbledon : en huitièmes de finale, il élimine Pete Sampras, quadruple tenant du titre, et met fin à une série de 31 victoires consécutives de l'Américain sur le gazon londonien.
En 2002, Federer franchit une nouvelle étape en remportant à Hambourg son premier Masters Series. Il se qualifie également pour la Masters Cup et atteint les demi-finales dès sa première participation, avant de s'incliner face à Lleyton Hewitt. La saison est toutefois marquée par la mort accidentelle de Peter Carter, son ancien entraîneur et mentor, un drame qui l'affecte profondément.
Premier sacre majeur
À 21 ans, Federer commence enfin à convertir son immense potentiel en grands titres. Après des succès à Marseille, Dubaï et Munich, il remporte Halle puis arrive à Wimbledon avec de nouvelles certitudes sur gazon. Il n'y abandonne qu'un seul set et domine Mark Philippoussis en finale pour conquérir son premier titre du Grand Chelem.
La saison ne s'arrête pas là. Federer termine l'année en remportant pour la première fois la Masters Cup, sans perdre un match, et achève 2003 au deuxième rang mondial. Avec sept titres, il n'est désormais plus seulement l'un des joueurs les plus doués de sa génération : il est devenu un prétendant au trône.
Le numéro un s'installe
L'Open d'Australie change définitivement son statut. Federer remporte le tournoi en battant Marat Safin en finale et devient, le 2 février, numéro un mondial pour la première fois. Il ne quittera plus cette place pendant 237 semaines consécutives.
La suite de l'année confirme son emprise. Il conserve Wimbledon et remporte l'US Open en infligeant notamment deux sets 6-0 à Lleyton Hewitt en finale. Federer réalise ainsi le Petit Chelem, seize ans après le dernier réalisé par Mats Wilander. Seuls Roland-Garros, où Gustavo Kuerten l'arrête au troisième tour, et les Jeux d'Athènes, où le jeune Tomas Berdych le surprend précocement, échappent véritablement à son contrôle.
Avec 74 victoires pour seulement 6 défaites, onze titres, trois Grands Chelems et la Masters Cup, Federer signe en 2004 une saison d’une complétude exceptionnelle : moins proche de l’invincibilité que McEnroe en 1984, mais plus homogène sur l’ensemble du calendrier et des grands rendez-vous.
Une saison presque parfaite
Federer pousse encore plus loin sa domination. Il remporte onze titres et ne perd que quatre matchs durant toute la saison. Son bilan de 81 victoires pour 4 défaites constitue alors le meilleur pourcentage de succès depuis la saison 1984 de John McEnroe.
Les quatre revers ont pourtant du poids. Marat Safin l'arrête au terme d'une demi-finale mémorable à Melbourne, Rafael Nadal le domine en demi-finale de Roland-Garros, Richard Gasquet le surprend à Monte-Carlo et David Nalbandian met fin à sa saison en le battant au cinquième set de la finale du Masters.
Entre-temps, Federer a remporté un troisième Wimbledon consécutif et conservé son titre à l'US Open en dominant Andre Agassi devant son public. Sur le sol américain, Federer réalise donc un sans-faute absolu remportant les 25 matchs qu’il y dispute durant la saison.
La distance avec le reste du circuit
Federer atteint un niveau de domination rarement observé. Il dispute la finale des quatre tournois du Grand Chelem, gagne l'Open d'Australie, Wimbledon et l'US Open et ne laisse échapper que Roland-Garros, où Rafael Nadal lui ferme une nouvelle fois la porte.
Sur l'ensemble de l'année, son bilan est vertigineux : 92 victoires, 5 défaites et douze titres. Quatre de ses cinq revers sont infligés par Nadal ; le cinquième revient à Andy Murray à Cincinnati. Federer termine la saison par un nouveau triomphe au Masters et une série de 29 victoires consécutives qui se prolongera en 2007.
À 25 ans, il n'est plus seulement numéro un : il donne l'impression d'avoir installé une distance considérable entre lui et le reste du circuit.
Trois Grands Chelems de plus
Federer commence l'année en remportant l'Open d'Australie sans perdre le moindre set. À Roland-Garros, il retrouve Nadal en finale et échoue encore sur la dernière marche. Mais sur gazon, il résiste à l'Espagnol au terme d'une finale en cinq manches et décroche un cinquième Wimbledon consécutif, égalant la série de Bjorn Borg.
À New York, il bat Novak Djokovic en finale et remporte un quatrième US Open consécutif. Pour la troisième fois en quatre ans, Federer gagne trois tournois du Grand Chelem dans la même saison. Il ajoute encore la Masters Cup et termine numéro un mondial pour la quatrième année consécutive.
Quelques fissures apparaissent néanmoins : Guillermo Canas le bat coup sur coup à Indian Wells et Miami, et son total de neuf défaites contraste avec les saisons presque irréelles qui précèdent. Mais à l'échelle des autres joueurs, 2007 reste une saison exceptionnelle : huit titres et trois Grands Chelems.
Le règne vacille
Pour la première fois depuis plusieurs années, Federer paraît vulnérable. Son début de saison est perturbé par une mononucléose et Novak Djokovic l'élimine en demi-finale de l'Open d'Australie, mettant fin à sa série de dix finales consécutives en Grand Chelem.
À Roland-Garros, Nadal le domine très sévèrement en finale. Quelques semaines plus tard, les deux hommes se retrouvent à Wimbledon. Après quatre heures quarante-huit d'un match entré dans la légende, Nadal s'impose 9-7 au cinquième set et met fin à cinq années de règne londonien ainsi qu'à la série de 65 victoires consécutives de Federer sur gazon.
Le Suisse perd également, au mois d'août, la première place mondiale qu'il occupait sans interruption depuis février 2004. Mais il sauve sa saison en remportant avec Stan Wawrinka la médaille d'or olympique en double à Pékin, puis surtout en décrochant un cinquième US Open consécutif. À défaut de dominer encore sans partage, Federer montre qu'il sait déjà résister.
La collection complète
L'année commence pourtant par une déception majeure. En finale de l'Open d'Australie, Federer s'incline en cinq manches face à Nadal et laisse éclater son émotion lors de la remise des trophées.
Quelques mois plus tard, tout bascule. Nadal éliminé par Robin Soderling à Roland-Garros, Federer saisit enfin l'occasion qui lui avait toujours échappé. Il bat Soderling en finale, remporte le seul Grand Chelem qui manquait à son palmarès et complète le Grand Chelem en carrière.
À Wimbledon, il va encore plus loin. Sa victoire au terme d'une finale interminable contre Andy Roddick, conclue 16-14 au cinquième set, lui offre son quinzième titre majeur : il dépasse ainsi les quatorze de Pete Sampras. Il retrouve également la place de numéro un mondial et termine l'année au sommet. Seul Juan Martin del Potro l'empêche de conclure la saison sur un troisième Grand Chelem en le renversant en finale de l'US Open.
Le dernier titre avant l'attente
Federer prolonge son état de grâce en remportant l'Open d'Australie face à Andy Murray. Ce seizième titre du Grand Chelem sera toutefois son dernier pendant plus de deux ans.
À Roland-Garros, Robin Soderling l'élimine en quarts de finale et met fin à une série extraordinaire de 23 demi-finales consécutives en Grand Chelem. À Wimbledon, Tomas Berdych le stoppe également en quarts. Puis à l'US Open, Federer laisse échapper deux balles de match en demi-finale face à Novak Djokovic.
La fin de saison rappelle néanmoins qu'il reste l'un des maîtres du circuit. Il remporte Cincinnati, Bâle puis le Masters de Londres, où il bat Djokovic puis Nadal lors des deux derniers matchs. Federer termine l'année numéro deux mondial derrière Nadal.
Résister à l'année Djokovic
L'année appartient largement à Novak Djokovic, mais Federer est précisément celui qui parvient à interrompre son incroyable élan. En demi-finale de Roland-Garros, le Suisse livre l'un de ses plus grands matchs et met fin au départ parfait du Serbe, qui restait sur 41 victoires depuis le début de la saison. Nadal l'attend toutefois en finale et lui inflige une nouvelle défaite parisienne.
À Wimbledon, Federer mène deux manches à rien contre Jo-Wilfried Tsonga avant de perdre pour la première fois de sa carrière un match de Grand Chelem après avoir remporté les deux premiers sets. À l'US Open, l'histoire devient encore plus cruelle : pour la deuxième année consécutive, il obtient deux balles de match contre Djokovic en demi-finale avant de s'incliner.
Pour la première fois depuis 2002, Federer termine une saison sans titre du Grand Chelem. Mais sa fin d'année est remarquable : il enchaîne Bâle, son premier titre à Bercy, puis une sixième victoire au Masters, achevant la saison sur dix-sept succès consécutifs.
Le pouvoir retrouvé
Federer montre qu'il n'a pas renoncé au pouvoir. Il remporte Rotterdam, Dubaï, Indian Wells puis Madrid avant d'arriver à Wimbledon avec une occasion historique.
Après avoir éliminé Djokovic en demi-finale, il bat Andy Murray en finale et conquiert son septième titre londonien, égalant Pete Sampras. Ce dix-septième Grand Chelem lui permet surtout de retrouver la première place mondiale. Quelques semaines plus tard, il dépasse les 286 semaines de Sampras et devient alors le joueur ayant passé le plus de temps au sommet du classement ATP.
Toujours sur le Centre Court de Wimbledon, il atteint ensuite la finale des Jeux olympiques après une demi-finale marathon remportée 19-17 au troisième set contre Juan Martin del Potro. Murray prend sa revanche en finale, laissant au Suisse la médaille d'argent. Avec six titres et une saison terminée au deuxième rang mondial, Federer a réussi son retour au premier plan.
Le creux
La saison 2013 constitue le véritable creux de la carrière de Federer. Après une demi-finale à Melbourne, il s'incline en quarts à Roland-Garros face à Jo-Wilfried Tsonga, puis connaît à Wimbledon l'une de ses plus grandes désillusions : Sergiy Stakhovsky l'élimine dès le deuxième tour.
Cette défaite met fin à son incroyable série de 36 quarts de finale consécutifs en Grand Chelem. Federer quitte également le Top 4 pour la première fois depuis dix ans. Des douleurs au dos perturbent sa saison et il expérimente durant l'été une raquette au tamis plus grand, sans résultat immédiat.
Il ne remporte qu'un seul titre, à Halle, et termine l'année numéro six mondial. Pour la première fois depuis longtemps, la question n'est plus de savoir quand Federer gagnera de nouveau un Grand Chelem, mais s'il en gagnera encore un.
L'élan Edberg
Federer répond immédiatement aux doutes. Il adopte durablement une raquette au tamis plus grand et accueille Stefan Edberg dans son équipe. Son tennis devient plus offensif, ses montées au filet plus fréquentes et son calendrier mieux maîtrisé.
À Wimbledon, il retrouve la finale et pousse Novak Djokovic jusqu'au cinquième set avant de s'incliner. À l'US Open, il sauve deux balles de match contre Gael Monfils en quarts de finale avant de tomber face au futur vainqueur Marin Cilic en demi-finale.
Avec cinq titres, notamment à Cincinnati et Shanghai, Federer retrouve la deuxième place mondiale. Mais la saison se termine surtout par un accomplissement collectif : aux côtés de Stan Wawrinka, il offre à la Suisse sa première Coupe Davis en dominant Richard Gasquet lors du match décisif de la finale contre la France.
Encore dans les plus grandes finales
À bientôt 34 ans, Federer produit encore l'une de ses saisons les plus solides. Il remporte six titres, parmi lesquels Dubaï, Halle, Cincinnati et Bâle. À Brisbane, sa victoire en finale lui permet également de franchir le cap des 1 000 succès sur le circuit.
Son problème porte désormais un nom : Novak Djokovic. Federer bat pourtant le Serbe à plusieurs reprises, notamment en finale de Cincinnati et lors de la phase de poules du Masters. Mais Djokovic remporte les confrontations qui pèsent le plus lourd : les finales de Wimbledon, de l'US Open et du Masters.
Federer termine néanmoins l'année au troisième rang mondial avec un bilan de 63 victoires pour 11 défaites. Il n'a plus remporté de Grand Chelem depuis 2012, mais reste suffisamment fort pour disputer les plus grandes finales.
Le corps s'arrête
Pour la première fois, les blessures interrompent réellement la continuité de sa carrière. Après une nouvelle demi-finale à l'Open d'Australie, Federer subit en février une opération du genou gauche, la première intervention chirurgicale de sa carrière. Des douleurs au dos retardent ensuite son retour et l'obligent à renoncer à Roland-Garros, mettant fin à une série de 65 participations consécutives en Grand Chelem.
Il retrouve pourtant Wimbledon et atteint encore les demi-finales, où Milos Raonic le bat en cinq sets. Mais son genou ne lui permet plus de poursuivre la saison. Le 26 juillet, Federer annonce qu'il renonce aux Jeux de Rio et à tous les tournois restants afin de se reconstruire physiquement.
Son bilan se limite à 21 victoires pour 7 défaites, sans aucun titre, et il termine l'année au seizième rang mondial. Pour la première fois depuis 2000, il boucle une saison sans trophée.
Une seconde naissance
Le retour dépasse toutes les attentes. Classé seulement 17e mondial au début de l'Open d'Australie, Federer traverse un tableau difficile, bat notamment Kei Nishikori et Stan Wawrinka en cinq sets, puis retrouve Rafael Nadal en finale. Mené 3-1 dans la dernière manche, il remporte les cinq jeux suivants et décroche son dix-huitième Grand Chelem, cinq ans après le précédent.
La suite confirme qu'il ne s'agit pas d'un miracle isolé. Federer réalise le doublé Indian Wells-Miami, choisit de faire l'impasse sur toute la saison de terre battue, gagne Halle puis arrive à Wimbledon parfaitement frais. Il y décroche son huitième titre, record absolu chez les hommes, sans perdre un seul set.
Shanghai puis Bâle portent son total annuel à sept trophées, son meilleur bilan depuis dix ans. Avec 54 victoires pour seulement 5 défaites, Federer termine numéro deux mondial derrière Nadal. À 36 ans, sa carrière vient de connaître une seconde naissance.
Vingt couronnes et le sommet retrouvé
Federer prolonge immédiatement cette renaissance. À Melbourne, il domine Marin Cilic en cinq sets et devient le premier homme à atteindre vingt titres du Grand Chelem. Il égale au passage le record alors partagé de six Open d'Australie.
Quelques semaines plus tard, son titre à Rotterdam lui rend la place de numéro un mondial plus de cinq ans après l'avoir quittée. À 36 ans, il devient alors le plus vieux numéro un de l'histoire du classement ATP. Il retrouvera encore le sommet après sa victoire à Stuttgart.
La seconde moitié de l'année est moins éclatante. À Wimbledon, Kevin Anderson le renverse en quarts de finale après avoir été mené deux sets à rien et avoir sauvé une balle de match. Federer remporte néanmoins Bâle pour la neuvième fois et termine la saison numéro trois mondial avec quatre titres.
Encore au coeur du trio de tête
À 37 puis 38 ans, Federer reste pleinement installé parmi les meilleurs. À Dubaï, il bat Stefanos Tsitsipas et devient seulement le deuxième homme de l'ère Open, après Jimmy Connors, à remporter cent titres en simple. Quelques semaines plus tard, il ajoute un 101e trophée à Miami.
Après trois années d'absence, il retourne également sur terre battue. Son parcours le mène jusqu'en demi-finale de Roland-Garros, où Rafael Nadal l'arrête dans des conditions très venteuses.
Wimbledon fournit le grand drame de sa saison. Federer prend sa revanche sur Nadal en demi-finale et retrouve Novak Djokovic pour le titre. À 8-7 dans le cinquième set, il obtient deux balles de match sur son propre service. Djokovic les efface et finit par s'imposer au jeu décisif à 12-12, au terme de la plus longue finale de l'histoire du tournoi.
Federer remporte encore Halle et Bâle pour la dixième fois chacun et achève l'année au troisième rang mondial. Vingt ans après ses débuts dans les grands tournois, il appartient toujours au trio de tête.
Le genou impose sa loi
L'année 2020 commence encore par une demi-finale à l'Open d'Australie, perdue face à Djokovic. Mais le genou droit de Federer exige désormais plusieurs opérations. Après une première intervention en février puis une seconde quelques mois plus tard, il met un terme à sa saison.
Le dernier match en simple
Son retour en 2021 reste fragmentaire. Après plus d'un an d'absence, il rejoue à Doha, retrouve Roland-Garros mais se retire du tournoi après son troisième tour afin de préserver son corps, puis atteint encore les quarts de finale à Wimbledon. Hubert Hurkacz l'y bat en trois sets, dont le dernier 6-0. Personne ne le sait alors, mais ce sera le dernier match en simple de sa carrière.
La Laver Cup pour adieu
Une nouvelle opération du genou éloigne définitivement Federer du circuit. Il ne dispute aucun match en simple en 2022 et annonce en septembre sa retraite. Son dernier rendez-vous a lieu à la Laver Cup de Londres : associé à Rafael Nadal en double, il joue son ultime match professionnel avant une cérémonie d'adieux chargée d'émotion.
Les entraîneurs
Peter Carter (1989-2000)
Membre du club de Bâle où grandit Roger Federer, l'Australien Peter Carter est le premier entraîneur à exercer une influence déterminante sur son développement. Il façonne la technique du jeune Suisse, encourage son jeu offensif et lui transmet des valeurs de travail, de respect et d'humilité qui l'accompagneront toute sa carrière.
Le décès brutal de Carter dans un accident de la route, en 2002, bouleverse profondément Federer. Il ne cessera par la suite de rendre hommage à celui qu'il considérait comme l'un des principaux artisans de sa réussite.

Peter Lundgren (2000-2003)
Ancien joueur suédois, Peter Lundgren accompagne Federer dans sa transition vers le très haut niveau. Sous sa direction, le Suisse gagne en maturité, remporte son premier tournoi du Grand Chelem à Wimbledon en 2003 et pose les bases de la domination qui s'annonce.

Tony Roche (2005-2007)
Déjà installé au sommet du tennis mondial, Federer fait appel à l'expérience de Tony Roche afin de perfectionner certains aspects de son jeu. L'ancien champion australien l'aide notamment à affiner son jeu offensif et ses montées au filet, contribuant à maintenir un niveau d'excellence exceptionnel.

José Higueras (2008)
Spécialiste reconnu de la terre battue, José Higueras rejoint ponctuellement l'équipe de Federer avec une mission bien précise : l'aider à progresser sur la seule surface où il lui manque encore le plus grand des titres. Son expertise apporte un regard différent sur la construction des échanges et la gestion des longs rallyes.

Severin Lüthi (2008-2022)
Capitaine de l'équipe suisse de Coupe Davis, Severin Lüthi devient à partir de 2008 le pilier de l'entourage sportif de Roger Federer. Contrairement aux autres entraîneurs qui se succèdent au fil des années, Lüthi demeure présent jusqu'à la fin de la carrière du Suisse, assurant une stabilité précieuse dans son organisation.
Son rôle dépasse largement le cadre technique. Confident, conseiller et homme de confiance, il veille à préserver l'équilibre d'un joueur dont les exigences sportives et médiatiques ne cessent de grandir.

Paul Annacone (2010-2013)
Aux côtés de Severin Lüthi, Paul Annacone apporte son expérience acquise notamment auprès de Pete Sampras. Il encourage Federer à raccourcir les échanges, à monter davantage au filet et à exploiter pleinement son instinct offensif. Cette collaboration permet au Suisse de remporter Wimbledon 2012 et de retrouver la place de numéro un mondial.

Stefan Edberg (2014-2015)
L'arrivée de Stefan Edberg marque une nouvelle évolution du jeu de Federer. L'ancien numéro un mondial l'incite à accentuer encore son jeu vers l'avant et à exploiter davantage son exceptionnelle qualité de volée. Cette approche offensive offre un second souffle à sa carrière et lui permet de rester compétitif face à une génération plus jeune. C'est aussi dans cette période que Federer popularise le fameux SABR, ce retour avancé et agressif qui résume bien son envie de reprendre le temps à l'adversaire.

Ivan Ljubicic (2016-2022)
Après le départ d'Edberg, Ivan Ljubicic rejoint à son tour l'équipe de Roger Federer, toujours aux côtés de Severin Lüthi. L'ancien joueur croate participe à l'évolution de son revers et à l'adaptation de son jeu face aux défis du tennis moderne.
Leur collaboration porte rapidement ses fruits. Après une longue blessure en 2016, Federer réalise un retour spectaculaire en remportant deux nouveaux titres du Grand Chelem en 2017 avant de retrouver la place de numéro un mondial en 2018. Ljubicic restera à ses côtés jusqu'à la retraite du Suisse en 2022.

Fedal : le duel d'une génération
Lorsque Rafael Nadal s'impose sur le circuit au milieu des années 2000, Roger Federer domine déjà le tennis mondial. Très vite, leur opposition dépasse le simple cadre d'une rivalité sportive. Elle oppose deux conceptions du tennis : d'un côté, la fluidité, la prise de balle précoce et le jeu d'attaque du Suisse ; de l'autre, la puissance physique, le lift et l'inlassable combativité de l'Espagnol. Pendant plus de quinze ans, leurs affrontements captiveront les amateurs de tennis du monde entier.
Leurs personnalités, aussi différentes que complémentaires, contribueront largement à faire de cette opposition l'une des plus populaires de l'histoire du sport.
Dans un premier temps, Nadal prend progressivement l'ascendant. Son lift vers le revers à une main de Federer, particulièrement efficace sur terre battue, met en difficulté le numéro un mondial comme aucun autre adversaire auparavant. À Roland-Garros, il prive à plusieurs reprises le Suisse du seul titre majeur qui manque encore à son palmarès.
Leur rivalité atteint son apogée lors de la finale de Wimbledon 2008. Au terme d'un combat de près de cinq heures, interrompu par la pluie et achevé dans la pénombre, Nadal met fin à la série de cinq sacres consécutifs de Federer sur le gazon londonien. Considérée par beaucoup comme le plus grand match de l'histoire du tennis, cette rencontre marque un tournant dans leur rivalité et symbolise l'émergence d'un nouvel équilibre au sommet du tennis mondial.
Mais Federer refuse de subir cette rivalité. Au fil des années, il adapte son jeu, modifie son matériel et renforce notamment son revers afin de mieux répondre au lift de son rival. Sa persévérance est récompensée : il finit par trouver la clé. À partir de Bâle 2015, il remporte six de leurs sept dernières confrontations, preuve de son extraordinaire capacité d'adaptation.
Si le bilan final (28 à 16) reste favorable à Nadal, leur rivalité dépasse largement les statistiques. En se poussant mutuellement vers l'excellence, les deux hommes ont élevé le niveau du tennis et offert au public quelques-uns des plus grands matchs de tous les temps. Plus qu'une succession de finales, le mot-valise « Fedal », créé pour l'occasion, est devenu le symbole d'une rivalité où le respect mutuel n'a jamais empêché l'intensité de la compétition.
Djokovic : l'héritier devenu rival
Lorsque Novak Djokovic s'impose durablement au sommet du tennis mondial à partir des années 2010, Roger Federer domine déjà le tennis depuis plusieurs saisons. Le jeune Serbe appartient à cette nouvelle génération qui tente de mettre fin au règne du Suisse. Longtemps, Federer conserve pourtant l'ascendant sur son cadet, avant que celui-ci ne s'affirme progressivement comme son principal rival.
À partir de 2011, la hiérarchie s'inverse. Djokovic franchit un nouveau cap et s'installe durablement au sommet du classement mondial. Leurs confrontations deviennent alors l'un des grands rendez-vous du circuit, souvent disputées dans les derniers tours des plus grands tournois. Contrairement à la rivalité avec Nadal, davantage marquée par l'opposition de deux styles de jeu, celle qui l'oppose à Djokovic se caractérise avant tout par une lutte pour la suprématie mondiale.
Les deux hommes se livrent plusieurs combats mémorables, notamment lors des demi-finales de l'US Open 2010 et 2011, remportées par Djokovic après avoir sauvé des balles de match, ou encore en finale de Wimbledon en 2014 et 2015. Leur dernier grand duel intervient à Wimbledon en 2019. Au terme de la plus longue finale de l'histoire du tournoi, Federer obtient deux balles de match sur son service avant de voir Djokovic renverser la situation et s'imposer au super tie-break du cinquième set. Cette rencontre restera comme l'un des matchs les plus marquants de leurs carrières.
Si le bilan final des confrontations tourne à l'avantage du Serbe (27 victoires à 23), leur rivalité dépasse elle aussi les statistiques. Djokovic finira par s'approprier la plupart des grands records détenus jusque-là par Federer, prolongeant les standards que le Suisse avait lui-même portés à un niveau inédit.
Plus qu'une simple succession de finales, cette rivalité raconte le passage d'une génération à une autre. Federer aura repoussé les limites du possible ; Djokovic démontrera que le message est passé. Le premier aura ouvert la voie, le second l'aura empruntée jusqu'à ses ultimes conséquences.
Des séries hallucinantes
Au fil de sa carrière, Roger Federer accumule les records avec une régularité qui semble défier le temps. Certains seront battus, d'autres résisteront encore de nombreuses années, mais tous témoignent d'une domination et d'une constance exceptionnelles au plus haut niveau.
Le Suisse devient le premier joueur de l'histoire à atteindre 20 titres du Grand Chelem, portant un record qui n'avait progressé que très lentement depuis plusieurs décennies. Il remporte également 8 titres à Wimbledon, un record absolu dans le tournoi londonien, ainsi que 5 US Open consécutifs, une performance inédite à l'ère Open.
Mais c'est surtout sa régularité qui impressionne. Entre Wimbledon 2004 et Wimbledon 2013, Federer atteint 36 quarts de finale consécutifs en Grand Chelem. Les 23 premiers le conduisent jusqu'en demi-finales, tandis qu'entre Wimbledon 2005 et l'US Open 2007, il dispute 10 finales consécutives. Les plus longues séries réalisées par les trois membres du Big Three en Grand Chelem en donnent une illustration saisissante :
| Série en Grand Chelem | Federer | Djokovic | Nadal |
|---|---|---|---|
| Quarts de finale | 36 | 28 | 11 |
| Demi-finales | 23 | 14 | 7 |
| Finales | 10 | 6 | 5 |
Sa domination se reflète aussi dans son règne au classement ATP. Numéro un mondial durant 237 semaines consécutives, il établit une référence qui paraissait inimaginable. Il terminera en outre cinq saisons à la première place mondiale et retrouvera le sommet du classement à 36 ans, devenant alors le plus vieux numéro un de l'histoire.
À ces records s'ajoutent une multitude d'autres performances remarquables : 31 finales de Masters 1000, 6 Masters, 103 titres ATP, 1 251 victoires sur le circuit principal, ou encore 367 victoires en Grand Chelem, autant de chiffres qui traduisent une exceptionnelle longévité au plus haut niveau.
Roger Federer n'a pas simplement repoussé les records de son époque. En les portant à un niveau que l'on croyait inaccessible, il a fait disparaître l'idée même d'une limite. Dès lors, plus aucun objectif ne semble hors de portée : les records ne sont plus perçus comme des sommets infranchissables, mais comme des étapes que les générations suivantes peuvent à leur tour dépasser.
Une empreinte indélébile
Au-delà de son palmarès exceptionnel, Roger Federer a acquis une dimension qui dépasse largement le cadre de la compétition. Son élégance sur le court, son attitude envers ses adversaires, son humilité dans la victoire comme dans la défaite et son fair-play ont fait de lui l'un des sportifs les plus admirés de son époque. Pour beaucoup, il ne représente pas seulement un immense champion, mais l'image même du tennis.
Cette popularité se reflète dans une distinction unique : de 2003 à 2021, les supporters du monde entier l'élisent dix-neuf années consécutives « ATP Fans' Favourite ». Même lorsque les blessures limitent ses apparitions sur le circuit, il demeure le joueur préféré du public, preuve d'un attachement qui dépasse les seuls résultats sportifs.
L'admiration ne vient pas uniquement des spectateurs. Federer reçoit également à treize reprises le Stefan Edberg Sportsmanship Award, décerné par les joueurs eux-mêmes. Cette reconnaissance souligne le respect unanime dont il jouit auprès de ses pairs, tant pour son comportement exemplaire que pour son esprit sportif.
Son influence dépasse également les courts. Grâce à son charisme et à son image, il devient l'un des sportifs les plus connus et les plus recherchés par les grandes marques. Parallèlement, la Fondation Roger Federer, créée en 2003, œuvre en faveur de l'éducation des enfants défavorisés, principalement en Afrique australe et en Suisse, prolongeant son engagement bien au-delà du tennis.
Plus qu'un champion aux records impressionnants, Roger Federer laisse l'image d'un homme qui aura profondément marqué son sport. Rarement un joueur aura autant rassemblé le public, suscité le respect de ses adversaires et incarné avec autant d'évidence les valeurs du tennis.
Ses 103 titres
Mirka, l'indispensable partenaire

Derrière la réussite de Roger Federer se cache une présence discrète mais essentielle : celle de son épouse, Mirka Vavrinec. Ancienne joueuse professionnelle, rencontrée lors des Jeux olympiques de Sydney en 2000, elle renonce rapidement à sa propre carrière pour accompagner celle du Suisse.
Au fil des années, Mirka dépasse largement le rôle de simple épouse. Confidente, conseillère et soutien permanent, elle participe aux grandes décisions qui jalonnent la carrière de Federer. Sans occuper officiellement la fonction d'entraîneure, son influence est souvent décrite comme déterminante dans l'équilibre personnel et professionnel du champion.
L'arrivée des enfants ne marque pas un frein à la carrière du Suisse, bien au contraire. Mirka choisit d'accompagner Roger sur une grande partie du circuit avec leur famille, permettant au champion de concilier une vie familiale épanouie et une carrière au plus haut niveau. Les images des quatre enfants Federer dans la tribune, aux côtés de leur mère et de Severin Lüthi, deviennent au fil des années un rendez-vous familier des plus grands tournois, notamment à Wimbledon.
Si Roger Federer a pu prolonger sa carrière jusqu'à plus de quarante ans, c'est avant tout grâce à son talent, à son travail et à son exceptionnelle hygiène de vie. Mais il a lui-même souvent souligné combien le soutien de Mirka avait compté dans cette aventure. Plus qu'une épouse, elle aura été l'un des piliers silencieux de sa réussite.
Mariés en avril 2009, Roger et Mirka accueillent deux jumelles le 23 juillet de la même année : Charlene Riva et Myla Rose. Mirka prend en grande partie en charge l'organisation de la vie familiale, permettant à Roger Federer de poursuivre sa carrière au plus haut niveau dans des conditions exceptionnelles.
La Laver Cup
Les blessures limitent progressivement les apparitions de Roger Federer sur le circuit à partir de 2020. Après plusieurs opérations du genou droit et de longs mois de rééducation, le Suisse tente un ultime retour, sans parvenir à retrouver le niveau qui avait fait sa grandeur.
En septembre 2022, il annonce que la Laver Cup sera le dernier tournoi de sa carrière. Associé en double à Rafael Nadal pour un ultime match riche en émotion, Federer fait ses adieux au tennis professionnel sous les applaudissements du public londonien. Les images des deux rivaux, assis côte à côte et partageant leurs larmes, feront le tour du monde et symboliseront la fin d'une époque.
Depuis sa retraite, Roger Federer demeure l'un des plus grands ambassadeurs du tennis. Entre ses engagements au sein de sa fondation, ses activités auprès de ses partenaires et ses apparitions lors des grands rendez-vous du circuit, il continue de promouvoir les valeurs qui ont façonné sa carrière.
Si Roger Federer a quitté les courts, son empreinte, elle, demeure intacte. Pour des millions d'amateurs, il restera bien plus qu'un champion : l'un des plus grands ambassadeurs de l'histoire du tennis, dont l'élégance, le fair-play et l'exigence continueront d'inspirer les générations futures.
La nouvelle référence du tennis
Au-delà de son immense palmarès, Roger Federer a profondément transformé la manière dont le tennis envisage l'excellence. Avant lui, les records évoluaient lentement. Il avait fallu plus de trente ans à Pete Sampras pour battre le record de douze titres du Grand Chelem établi par Roy Emerson. Federer, lui, ne mettra qu'une dizaine d'années pour dépasser les quatorze titres de Sampras, avant de porter ce record à vingt. Plus qu'un nouveau record, il impose une nouvelle échelle de référence.
Cette révolution ne se limite pas aux seuls tournois du Grand Chelem. Federer accumule les semaines à la première place mondiale ainsi que les finales et les demi-finales majeures avec une régularité inédite. Ce qui paraissait exceptionnel devient peu à peu la nouvelle norme. Les limites du possible viennent d'être redessinées.
En restant compétitif jusqu'à plus de quarante ans, il contribue également à modifier la perception de la longévité au plus haut niveau. Ses plus grands rivaux voient de leurs propres yeux qu'il est désormais possible de rester un prétendant aux plus grands titres bien après la trentaine, une perspective rarement envisagée avec autant de crédibilité auparavant.
Les records de Federer finiront, pour beaucoup, par être battus. Mais son héritage ne se résume pas aux chiffres inscrits dans les livres d'histoire. Il réside surtout dans le fait d'avoir déplacé les frontières du possible. Les générations qui lui succèdent n'ont plus les mêmes objectifs que celles qui l'ont précédé, parce que Federer a montré qu'ils étaient désormais accessibles.
C'est sans doute là sa plus grande réussite : avoir changé durablement les standards du tennis moderne. Ses plus grands rivaux, Nadal et Djokovic, seront les premiers à évoluer dans ce nouveau cadre.
Date de dernière mise à jour : 11/10/2026
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