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Espagne
droitier - revers à deux mains

Juan CarlosFerrero

Mosquito
Juan Carlos Ferrero

Avec sa silhouette fine, ses jambes électriques et un coup droit capable d’accélérer brutalement l’échange, « Mosquito » a constitué une figure singulière du tennis espagnol au tournant des années 2000. Son parcours ne se résume pourtant ni à la terre battue ni à l’arrivée de Rafael Nadal : Ferrero a aussi prouvé qu’il pouvait gagner et aller très loin sur les surfaces rapides.

1Grand Chelem
16Titres ATP
2003n°1 mondial
3Coupes Davis
Naissance 12 février 1980
L’essentiel

La couronne

À Villena

Jeunesse

Juan Carlos Ferrero au début de son apprentissage du tennis
Avant le circuit professionnel, Juan Carlos Ferrero pendant ses années de formation au tennis.

Juan Carlos Ferrero commence à jouer au tennis avec son père Eduardo. Vers l’âge de 10 ans, il passe sous la direction d’Antonio Martinez Cascales à Villena, une relation qui va structurer toute sa carrière. Ferrero choisit de rester dans cet environnement plutôt que de rejoindre les grands centres fédéraux espagnols. L’académie de Villena deviendra ensuite indissociable de son parcours.

Il se distingue très tôt dans les grandes compétitions de jeunes. Il remporte les Petits Princes à Annecy en 1993 puis les Petits As de Tarbes en 1994, où il bat Fernando Gonzalez en finale. Quatre ans plus tard, les deux hommes se retrouvent en finale juniors de Roland-Garros : cette fois, le Chilien s’impose.

Juan Carlos Ferrero à l'US Open 2003
 

Sa formation est bouleversée par la mort de sa mère Rosario, victime d’un cancer en mars 1996, alors que Juan Carlos vient d’avoir 16 ans. Il envisage un temps d’abandonner le tennis avant de poursuivre sa carrière en sa mémoire. Ses regards et ses baisers adressés au ciel après ses grandes victoires deviendront l’un de ses gestes les plus familiers.

De 1998 à 2012

Sa carrière

Juan Carlos Ferrero avec le trophée de Majorque en 1999
Majorque 1999 : Juan Carlos Ferrero avec le premier trophée ATP de sa carrière.
1999-2000

Une ascension éclair

Ferrero passe professionnel en 1998 et explose véritablement l’année suivante. En septembre 1999, à 19 ans, il remporte à Majorque son premier titre ATP en battant Alex Corretja en finale, 2-6, 7-5, 6-3. Il gagne 302 places au classement au cours de la saison pour terminer 43e mondial et reçoit le trophée ATP de la révélation de l’année.

En 2000, il atteint pour la première fois les demi-finales de Roland-Garros. Il y pousse Gustavo Kuerten en cinq sets avant de céder face au futur vainqueur. À seulement 20 ans, Ferrero s’installe déjà parmi les meilleurs joueurs de terre battue.

Sa saison prend une autre dimension en décembre lors de la finale de Coupe Davis contre l’Australie à Barcelone. Ferrero bat Patrick Rafter lors de son premier simple puis Lleyton Hewitt lors du quatrième match. Cette deuxième victoire apporte le troisième point à l’Espagne, qui remporte la Coupe Davis pour la première fois de son histoire.

Juan Carlos Ferrero avec Gustavo Kuerten à Rome en 2001
Rome 2001 : Juan Carlos Ferrero remporte son premier Masters Series devant Gustavo Kuerten.
2001-2002

Tout près du sommet

En 2001, Ferrero franchit encore un palier. Il remporte Dubaï, Estoril, Barcelone et surtout le Masters Series de Rome, où il bat le n°1 mondial Gustavo Kuerten au terme d’une finale en cinq sets. À Roland-Garros, Kuerten reprend cependant le dessus en demi-finale. Ferrero entre cette année-là dans le top 5 mondial.

Albert Costa et Juan Carlos Ferrero après la finale de Roland-Garros 2002
Roland-Garros 2002 : Albert Costa et Juan Carlos Ferrero posent avec leurs trophées après la finale.

La saison suivante le rapproche encore du titre parisien. Vainqueur à Monte-Carlo, il atteint pour la première fois la finale de Roland-Garros. Opposé à Albert Costa, il passe complètement à côté de ses deux premières manches, perdues 6-1 et 6-0. Malgré un sursaut dans le troisième set, il s’incline en quatre manches.

Ferrero termine néanmoins 2002 en démontrant à nouveau son efficacité hors de la terre battue. À la Masters Cup de Shanghai, disputée en salle sur dur, il atteint la finale. Mené deux manches à rien par Lleyton Hewitt, il revient à deux sets partout avant de céder 6-4 dans la cinquième manche.

Juan Carlos Ferrero embrasse le trophée de Roland-Garros en 2003
Roland-Garros 2003 : Juan Carlos Ferrero célèbre son unique couronne majeure après la finale contre Martin Verkerk.
2003

Roland-Garros et n°1 mondial

Après deux demi-finales puis une finale lors de ses trois participations précédentes, Ferrero arrive à Roland-Garros avec une occasion qu’il ne veut plus laisser passer. Déjà vainqueur à Monte-Carlo et Valence au printemps, il domine Martin Verkerk en finale, 6-1, 6-3, 6-2. À 23 ans, il décroche son premier et unique titre du Grand Chelem.

Andre Agassi et Juan Carlos Ferrero à l'US Open 2003
US Open 2003 : Juan Carlos Ferrero et Andre Agassi après la demi-finale qui ouvre au Valencien les portes de la première place mondiale.

Trois mois plus tard, il démontre l’étendue de son jeu à l’US Open. En demi-finale, Ferrero bat Andre Agassi en quatre sets et s’assure ainsi de devenir n°1 mondial. Il ne parvient pas à conclure le tournoi : Andy Roddick le bat en finale en trois manches. Le 8 septembre 2003, Ferrero devient néanmoins le deuxième Espagnol après Carlos Moya à occuper la première place mondiale. Il y reste huit semaines.

Juan Carlos Ferrero avec le trophée de Madrid en 2003
Madrid 2003 : Ferrero brandit le Masters Series qui conclut la plus grande saison de sa carrière.

En octobre, il remporte encore le Masters Series de Madrid, disputé à l’époque sur dur en salle. Avec Monte-Carlo, Valence, Roland-Garros et Madrid, Ferrero termine donc sa grande saison avec quatre titres et le statut de n°1 mondial qu’il a longtemps poursuivi.

Roger Federer et Juan Carlos Ferrero à l'Open d'Australie en 2004
Open d’Australie 2004 : Roger Federer et Juan Carlos Ferrero après leur demi-finale à Melbourne.
2004

Le brutal coup d’arrêt

Ferrero commence pourtant 2004 comme il avait terminé la saison précédente. À l’Open d’Australie, il atteint les demi-finales, où Roger Federer l’élimine en trois sets. C’est alors son meilleur résultat à Melbourne.

Juan Carlos Ferrero contre Igor Andreev à Roland-Garros en 2004
Roland-Garros 2004 : Ferrero face à Igor Andreev, qui le prive de la défense de son titre dès le deuxième tour.

Les problèmes physiques s’accumulent ensuite. Il contracte la varicelle puis chute à l’entraînement au printemps, se blessant au poignet et aux côtes. Il arrive très diminué à Roland-Garros pour défendre son titre et s’incline dès le deuxième tour contre Igor Andreev. En septembre, après 176 semaines consécutives parmi les dix premiers mondiaux, il quitte le top 10.

La saison se termine malgré tout par une deuxième Coupe Davis. En finale contre les États-Unis à Séville, Ferrero n’est pas choisi pour les simples mais joue le double avec Tommy Robredo. Les deux Espagnols sont battus 6-0, 6-3, 6-2 par Bob et Mike Bryan. Carlos Moya apporte le lendemain le point décisif qui offre la Coupe à l’Espagne.

Rafael Nadal et Juan Carlos Ferrero à Barcelone en 2005
Barcelone 2005 : Rafael Nadal et Juan Carlos Ferrero réunis après la finale qui annonce la nouvelle hiérarchie sur terre battue.
2005-2008

Le Mosquito résiste

Ferrero retrouve progressivement de la régularité en 2005 sans parvenir à gagner de titre. Il atteint notamment la finale à Barcelone, où Rafael Nadal le bat. Ce dernier s’installe alors au sommet de la hiérarchie sur terre battue, mais le recul de Ferrero a commencé avant l’explosion de son jeune compatriote et s’explique d’abord par une saison 2004 très perturbée.

Andy Roddick et Juan Carlos Ferrero à Cincinnati en 2006
Cincinnati 2006 : Juan Carlos Ferrero et Andy Roddick avec leurs trophées après la finale sur dur.

En 2006, Ferrero signe à Cincinnati l’un des plus beaux parcours de sa seconde partie de carrière. Sur dur, il élimine successivement trois joueurs du top 10 : James Blake, Rafael Nadal puis Tommy Robredo. Andy Roddick le bat en finale. L’arrivée de Josep Perlas dans son équipe aux côtés d’Antonio Martinez Cascales a notamment permis de retravailler son service et de donner un nouvel élan à son jeu.

Juan Carlos Ferrero et Rafael Nadal à Rome en 2008
Rome 2008 : une poignée de main qui suit la victoire de Juan Carlos Ferrero sur Rafael Nadal.

À Wimbledon en 2007, il atteint les quarts de finale pour la première fois. Federer l’élimine en quatre sets. En mai 2008, Ferrero réussit encore un coup remarquable à Rome : il bat Nadal 7-5, 6-1 sur terre battue, infligeant au Majorquin sa première défaite sur cette surface depuis près d’un an.

Juan Carlos Ferrero avec le trophée de Casablanca en 2009
Casablanca 2009 : Juan Carlos Ferrero retrouve le goût d’un titre après presque six années d’attente.
2009-2011

Un deuxième souffle

Après presque six ans sans titre, Ferrero renoue avec la victoire à Casablanca en 2009. Ce trophée met fin à une série de 110 tournois sans succès. Il retrouve également son efficacité sur gazon : demi-finaliste au Queen’s, il atteint à Wimbledon son deuxième quart de finale, deux ans après le premier. Andy Murray met fin à son parcours.

Juan Carlos Ferrero célébré après son match contre Andreas Beck en Coupe Davis en 2009
Coupe Davis 2009 : Ferrero célèbre la victoire contre Andreas Beck qui qualifie l’Espagne face à l’Allemagne.

Ferrero retrouve aussi l’équipe espagnole de Coupe Davis. En quart de finale contre l’Allemagne, il est appelé pour disputer le cinquième match décisif et bat Andreas Beck 6-4, 6-4, 6-4. En demi-finale contre Israël, il domine Dudi Sela en trois manches. Il contribue donc directement au parcours victorieux de l’Espagne, mais n’est pas sélectionné parmi les joueurs de la finale remportée 5-0 contre la République tchèque.

Juan Carlos Ferrero avec le trophée d'Umag en 2010
Umag 2010 : le troisième et dernier trophée de la saison qui ramène Ferrero dans le top 20.

En 2010, à 30 ans, Ferrero connaît un véritable second printemps. Il remporte Costa do Sauipe puis Buenos Aires lors de deux semaines consécutives, atteint la finale à Acapulco et gagne encore à Umag durant l’été. Ses trois titres de la saison lui permettent de revenir dans le top 20.

Les blessures perturbent à nouveau sa saison 2011, mais Ferrero trouve encore les ressources pour gagner à Stuttgart. Ce seizième titre ATP sera le dernier de sa carrière.

Juan Carlos Ferrero salue le public lors de ses adieux à Valence en 2012
Valence 2012 : Juan Carlos Ferrero salue le public à l’occasion de son dernier tournoi professionnel.
2012

Les adieux à Valence

À 32 ans, Ferrero annonce qu’il quittera le circuit après le tournoi de Valence. Les blessures ont pesé sur ses dernières saisons, mais il explique surtout qu’il ne ressent plus la même ambition ni la même envie de lutter semaine après semaine. Il ne veut pas prolonger sa carrière pour le seul plaisir de rester sur le circuit.

Le 23 octobre 2012, Nicolas Almagro le bat 7-5, 6-3 au premier tour. Ferrero dispute toutefois encore le double aux côtés de son ami David Ferrer et atteint les demi-finales. Il met ainsi fin à quatorze années de carrière professionnelle dans sa région natale.

Style de jeu

La vitesse du Mosquito

Juan Carlos Ferrero à Wimbledon en 2007

Ferrero était avant tout un joueur de fond de court très rapide, doté d’une remarquable qualité de déplacement. Sa morphologie légère et sa vivacité lui valent son surnom de « Mosquito ». Son arme majeure est son coup droit : pris tôt, frappé avec beaucoup de vitesse et capable de changer brutalement la direction de l’échange. Son revers à deux mains est plus sobre mais solide, et son excellente couverture de terrain lui permet de passer rapidement de la défense à l’attaque.

La terre battue reste naturellement sa meilleure surface, mais son palmarès montre qu’il serait réducteur d’en faire un simple terrien. Ferrero a été finaliste de l’US Open, demi-finaliste de l’Open d’Australie, deux fois quart-de-finaliste à Wimbledon, vainqueur à Dubaï et à Hong Kong, champion du Masters Series de Madrid en salle et finaliste du Masters Series de Cincinnati.

Palmarès

Ses 16 titres

Grand Chelem Masters 1000 ATP 500

Majorque 1999
Dubaï 2001
Estoril 2001
Barcelone 2001
Rome 2001 Monte-Carlo 2002
Hong Kong 2002
Monte-Carlo 2003
Valence 2003
Roland-Garros 2003 Madrid 2003
Casablanca 2009
Costa do Sauipe 2010
Buenos Aires 2010
Umag 2010
Stuttgart 2011
Son entourage

Ses entraîneurs

Juan Carlos Ferrero avec Antonio Martinez Cascales

Antonio Martinez Cascales

Antonio Martinez Cascales est la figure centrale de toute la carrière de Ferrero. Il le prend sous sa direction lorsqu’il est encore enfant et l’accompagne jusqu’au titre à Roland-Garros et à la première place mondiale. Leur collaboration dépasse largement le cadre d’une relation classique entre un joueur et son entraîneur et se prolonge ensuite à travers l’académie de Villena.

En 2006, Josep Perlas rejoint son équipe pour lui apporter un regard différent, sans véritable rupture avec Cascales. La collaboration se poursuit en 2007. Samuel Lopez fait lui aussi partie de l’environnement technique de Ferrero et deviendra plus tard l’un de ses proches collaborateurs à l’académie.

Après le circuit

Une deuxième carrière sur le banc

Juan Carlos Ferrero avec Carlos Alcaraz
Juan Carlos Ferrero avec Carlos Alcaraz pendant leur collaboration.

Ferrero reste dans le tennis après sa retraite et développe l’académie de Villena. Il commence sa carrière d’entraîneur sur le circuit ATP en 2017 et travaille pendant environ un an avec Alexander Zverev. Le jeune Allemand remporte notamment le Masters 1000 du Canada en 2017 avec Ferrero dans son équipe.

En 2018, Ferrero prend en charge Carlos Alcaraz, alors âgé de 15 ans. Leur association devient l’une des plus fructueuses de leur époque. Sous sa direction, Alcaraz devient en 2022, à 19 ans, le plus jeune n°1 mondial de l’histoire du classement ATP et remporte six titres du Grand Chelem ainsi que huit Masters 1000. Ferrero est élu entraîneur ATP de l’année en 2022, puis partage de nouveau cette récompense avec Samuel Lopez en 2025.

Le 17 décembre 2025, Alcaraz et Ferrero annoncent la fin de leur collaboration après plus de sept ans de travail commun et 24 titres ATP remportés ensemble. Ferrero indique alors qu’il aurait aimé poursuivre l’aventure. Il choisit de passer l’année 2026 davantage auprès de sa famille et de son académie.

Famille

Vie privée

Eva Alonso
Eva Alonso, épouse de Juan Carlos Ferrero.

Juan Carlos Ferrero est marié à Eva Alonso depuis 2015. Le couple a trois enfants : leur fille Vega, née en 2014, puis des jumeaux. Très discret sur sa vie privée, Ferrero vit avec sa famille dans l’environnement de son académie de Villena, à laquelle il reste étroitement associé.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026