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Argentine
droitier - revers à une main

GastonGaudio

Le talent à fleur de peau
Gaston Gaudio

Gaston Gaudio fut l'un des joueurs les plus déroutants de sa génération. Sur terre battue, son déplacement, son toucher et surtout son magnifique revers à une main pouvaient lui permettre de rivaliser avec les meilleurs. Mais chez El Gato, le combat contre l'adversaire se doublait presque toujours d'un autre combat, beaucoup plus imprévisible, contre lui-même.

1Grand Chelem
8Titres ATP
2005n°5 mondial
Naissance 9 décembre 1978
L'essentiel

La couronne

Avant le circuit

Jeunesse

Une rue de Temperley, ville natale de Gaston Gaudio
Temperley, au sud de Buenos Aires : la ville où Gaston Gaudio est né et a commencé le tennis.

Né le 9 décembre 1978 à Temperley, au sud de Buenos Aires, Gaudio commence le tennis à 6 ans. Il joue également au football dans son enfance et restera un fervent supporter d'Independiente. Son premier entraîneur, Roberto Carruthers, décèle très tôt ses qualités. En 1996, Gaudio termine n°2 junior argentin et passe professionnel la même année. L'ATP rappelle également l'importance de son père Norberto, que le joueur citera ensuite comme sa principale source d'inspiration et qui était gravement malade lorsque Gaston était adolescent.

De 1996 à 2011

Sa carrière

Gaston Gaudio à Stuttgart en 2000
Stuttgart 2000 : Gaudio atteint la finale, perdue face à son compatriote Franco Squillari.
1996-2000

Des circuits secondaires à une première finale ATP

Gaston Gaudio passe professionnel en 1996, après avoir terminé n°2 junior argentin. Ses premières années sont consacrées à l'apprentissage sur les circuits secondaires et, fin 1997, il n'est encore que 639e mondial. Sa progression s'accélère spectaculairement en 1998 : il remporte le Futures d'Elche, puis les Challengers de Santa Cruz et Santiago, ce dernier aux dépens de Karim Alami. En quelques mois, il remonte jusqu'à la 138e place mondiale. L'année suivante, deux nouveaux succès en Challenger, à Nice puis Espinho, lui ouvrent définitivement les portes du grand circuit. À Roland-Garros 1999, il franchit les qualifications puis, après l'abandon d'Oliver Gross au premier tour, renverse Bernd Karbacher après avoir été mené deux manches à rien, 6-7(3), 4-6, 6-3, 6-1, 6-4. Son parcours s'arrête au troisième tour contre le n°6 mondial Alex Corretja, 6-4, 6-3, 6-3. Il termine la saison au 73e rang mondial.

En 2000, Gaudio s'installe véritablement sur le circuit ATP. Dès le mois de janvier, il atteint les demi-finales à Auckland, où Magnus Norman le bat 6-4, 7-5. Sa révélation intervient surtout à Monte-Carlo : il élimine successivement Marat Safin 7-6(5), 6-0, Felix Mantilla 6-3, 7-5, Julien Boutter 6-3, 7-5 et Juan Carlos Ferrero 6-4, 6-2, sans perdre un seul set. En demi-finale, il prend la première manche à Dominik Hrbaty avant de céder 4-6, 7-5, 6-2. Pour un joueur qui avait commencé l'année autour de la 70e place mondiale, cette semaine monégasque constitue son premier grand coup d'éclat au plus haut niveau.

En juillet, Gaudio franchit une nouvelle étape à Stuttgart, tournoi de catégorie International Series Gold. Il bat notamment Karim Alami, Andrei Medvedev puis Andrew Ilie pour atteindre, à 21 ans, la première finale ATP de sa carrière. Il y retrouve son compatriote Franco Squillari, qu'il avait battu quelques semaines auparavant en finale du Challenger de Braunschweig. Cette fois, Gaudio mène deux manches à une, mais Squillari retourne la situation et s'impose 6-2, 3-6, 4-6, 6-4, 6-2. Même sans titre, la saison marque un changement de dimension : Gaudio est passé en quelques années des profondeurs du classement aux derniers tours des grands tournois et termine 2000 à la 34e place mondiale.

Article consacré à la finale entre Guillermo Coria et Gaston Gaudio à Vina del Mar en 2001
Vina del Mar 2001 : la presse argentine relate la victoire de Coria sur Gaudio lors de leur première finale commune.
2001

Le début de la rivalité avec Coria

La saison 2001 fait apparaître celui qui va devenir son grand rival : Guillermo Coria. Les deux Argentins se retrouvent en finale à Vina del Mar. Gaudio gagne le premier set, mais Coria renverse la rencontre 4-6, 6-2, 7-5 et décroche son premier titre ATP. Une semaine plus tard, à Buenos Aires, Gaudio prend sa revanche en quart de finale. Les célébrations, provocations et insultes échangées lors de ces rencontres installent entre eux une inimitié qui dépassera largement le cadre d'une rivalité sportive ordinaire.

Gaudio montre pourtant cette année-là qu'il peut également obtenir des résultats loin de la terre battue. À Miami, il atteint les quarts de finale, après avoir notamment battu Yevgeny Kafelnikov et Juan Carlos Ferrero. Son talent est désormais évident ; sa capacité à reproduire ce niveau d'une semaine à l'autre l'est beaucoup moins.

Gaston Gaudio embrassant le trophée de Barcelone 2002
Barcelone 2002 : Gaudio remporte son premier titre ATP en dominant Albert Costa en finale.
2002

Enfin titré

Le véritable déclic intervient à Barcelone. Gaudio y accomplit une semaine remarquable sans perdre un set. Il bat successivement Thomas Enqvist 6-4, 6-2, Carlos Moya 6-4, 6-2 et Alberto Martin 6-2, 6-4. En demi-finale, l'attend Lleyton Hewitt, tête de série n°1 et alors n°1 mondial : l'Argentin s'impose 6-4, 7-5. En finale, il domine Albert Costa 6-4, 6-0, 6-2. Quelques semaines plus tard, Costa remportera Roland-Garros.

Une semaine après Barcelone, Gaudio récidive à Majorque. Il écarte notamment la tête de série n°1 Gustavo Kuerten 7-5, 6-0, puis Agustin Calleri 4-6, 6-3, 6-2 avant de battre Jarkko Nieminen 6-2, 6-3 en finale. En huit jours, il est ainsi passé de zéro à deux titres ATP.

La saison contient pourtant aussi l'un des scénarios les plus cruels de sa carrière. En demi-finale de Coupe Davis contre la Russie, à Moscou, Gaudio dispute à Yevgeny Kafelnikov un combat de quatre heures. Le Russe sauve deux balles de match et finit par l'emporter 3-6, 7-5, 6-3, 2-6, 8-6. Deux ans avant Paris, Gaudio se retrouve donc du mauvais côté d'un cinquième set à rallonge dans lequel des balles de match ont décidé de tout.

Hambourg 2003 : la demi-finale entre Gaudio et Coria envenime leur rivalité.
2003

Une saison sous tension

Gaudio ne remporte aucun tournoi en 2003, mais atteint la demi-finale du Masters Series de Hambourg. L'édition reste historique pour le tennis argentin : Gaudio, Coria, David Nalbandian et Agustin Calleri composent à eux quatre le dernier carré, une première pour un tournoi de cette catégorie. Gaudio retrouve Coria, qui finit par l'emporter 6-3, 6-7, 6-0.

Le match dégénère. Coria est victime de crampes. Gaudio interprète certains de ses gestes et regards comme des provocations, et les deux hommes ont une vive altercation après la rencontre. La presse de l'époque évoque même la poursuite de l'incident dans les vestiaires, bien que les versions diffèrent sur ce qui s'y est exactement passé. Leur opposition sportive est désormais doublée d'une véritable animosité.

En septembre, Gaudio connaît une autre désillusion en demi-finale de Coupe Davis à Malaga. L'Argentine, privée notamment de Coria et Nalbandian, pousse l'Espagne jusqu'au cinquième match, mais Gaudio perd ses deux simples. Carlos Moya remporte le match décisif 6-1, 6-4, 6-2.

Gaston Gaudio et Lleyton Hewitt à Roland-Garros 2004
Roland-Garros 2004 : Gaudio balaie Lleyton Hewitt en quart de finale.
2004

L'improbable percée parisienne

Le début de saison 2004 ne laisse nullement prévoir ce qui va suivre. Gaudio retrouve toutefois des sensations au printemps et atteint la finale de Barcelone. Il y pousse Tommy Robredo jusqu'au cinquième set avant de céder 6-3, 4-6, 6-2, 3-6, 6-3. Lorsqu'il arrive à Roland-Garros, il occupe seulement la 44e place mondiale et n'est pas tête de série. Il n'a encore jamais dépassé les huitièmes de finale d'un tournoi du Grand Chelem.

Son tableau s'ouvre progressivement. Il élimine Guillermo Cañas, Jiri Novak, Thomas Enqvist puis Igor Andreev. En quart de finale, le niveau monte brutalement : Lleyton Hewitt est balayé 6-3, 6-2, 6-2. En demi-finale, David Nalbandian ne fait guère mieux : 6-3, 7-6(5), 6-0. Pour la première fois de sa carrière, Gaudio va disputer une finale de Grand Chelem.

Et en face se trouve précisément Guillermo Coria.

Guillermo Coria, Guillermo Vilas et Gaston Gaudio lors de la remise des trophées à Roland-Garros 2004
Roland-Garros 2004 : Guillermo Vilas, légende du tennis argentin, remet leurs trophées à Guillermo Coria et Gaston Gaudio au terme d'une finale remportée par Gaudio après avoir sauvé deux balles de match.
2004

Le sacre

Coria est alors n°3 mondial et fait figure de grand favori. Il vient de remporter Monte-Carlo, a atteint la finale de Hambourg et demeure sur une longue période de domination sur terre battue. La différence semble éclatante pendant près de deux sets. Coria inflige un 6-0 à Gaudio puis prend le deuxième 6-3. Gaudio paraît submergé par l'enjeu tandis que son adversaire semble se diriger tranquillement vers le titre.

Mais la rencontre change de nature. Gaudio enlève le troisième set 6-4. Coria commence à souffrir de crampes et l'Argentin égalise en remportant le quatrième 6-1. Dans le cinquième, Coria retrouve suffisamment de ressources pour se rapprocher de nouveau de la victoire. À 6-5, il se procure deux balles de match sur son propre service. Gaudio les sauve toutes les deux.

Quelques minutes plus tard, Gaudio conclut : 0-6, 3-6, 6-4, 6-1, 8-6, après 3 h 31 de jeu. À 25 ans, le 44e joueur mondial vient de gagner Roland-Garros. Il devient le premier Argentin à remporter un tournoi du Grand Chelem depuis Guillermo Vilas en 1979 et surtout le premier homme de l'ère Open à gagner une finale de Grand Chelem après y avoir sauvé une balle de match.

Ce titre conserve une autre singularité : Roland-Garros 2004 restera le seul tournoi du Grand Chelem de la carrière de Gaudio lors duquel il dépassera les huitièmes de finale. Le sommet absolu de sa carrière n'est donc pas l'aboutissement logique d'une série régulière de grands parcours : c'est une irruption exceptionnelle.

Le titre change immédiatement le statut de Gaudio, mais pas sa nature. Il entre pour la première fois dans le Top 10 le 7 juin 2004. Durant l'été, il dispute trois nouvelles finales sur terre battue, à Bastad, Stuttgart et Kitzbuhel, sans en gagner aucune. En fin d'année, il se qualifie pour le Masters à Houston, mais perd ses trois rencontres de poule. Il termine néanmoins l'année parmi les dix meilleurs mondiaux.

Cette absence de titre après Roland-Garros pourrait laisser croire que Paris fut une parenthèse. La saison suivante va démontrer le contraire.

Gaston Gaudio célébrant son titre à Kitzbuhel en 2005
Kitzbuhel 2005 : Gaudio célèbre le cinquième et dernier titre de sa saison.
2005

Sa meilleure saison

Gaudio commence 2005 en trombe. À Vina del Mar, il bat Fernando Gonzalez 6-3, 6-4 en finale. Une semaine plus tard, devant son public de Buenos Aires, il domine Mariano Puerta 6-4, 6-4. À Estoril, il ajoute un troisième trophée en battant Tommy Robredo 6-1, 2-6, 6-1. Le 25 avril, il atteint la 5e place mondiale, meilleur classement de sa carrière.

Son retour à Roland-Garros se termine en huitièmes de finale au terme d'un énorme combat contre David Ferrer, perdu 2-6, 6-4, 7-6, 5-7, 6-4. Mais Gaudio repart ensuite à l'offensive. Il gagne Gstaad contre le jeune Stan Wawrinka 6-4, 6-4, puis Kitzbuhel contre Fernando Verdasco 2-6, 6-2, 6-4, 6-4. Avec cinq titres, tous sur terre battue, 2005 est de très loin la saison la plus prolifique de sa carrière.

Il se qualifie une deuxième fois pour le Masters, disputé cette fois à Shanghai, et franchit la phase de poules. En demi-finale, Roger Federer lui inflige un exceptionnel 6-0, 6-0, qui reste le seul double 6-0 de l'histoire du Masters masculin. Le résultat est suffisamment spectaculaire pour être souvent associé rétrospectivement au déclin de Gaudio. Rien ne permet cependant d'en faire la cause de celui-ci : son recul sera progressif et ses difficultés dépassent largement un seul match.

Surtout, 2005 apporte une réponse essentielle à ceux qui auraient voulu réduire son titre parisien à un accident. Franco Davin, son entraîneur à Roland-Garros, le soulignera encore vingt ans plus tard : cinq titres, une place au Masters et la 5e place mondiale montrent que Gaudio possédait bel et bien le niveau d'un joueur de tout premier plan.

Gaston Gaudio à Roland-Garros 2006
Roland-Garros 2006 : Gaudio atteint encore les huitièmes de finale avant le recul progressif de ses résultats.
2006-2011

La lente disparition

Le déclin ne se produit pas immédiatement. Au printemps 2006, Gaudio atteint encore les demi-finales de Monte-Carlo et prend même le premier set à Rafael Nadal avant de s'incliner 5-7, 6-1, 6-1. À Roland-Garros, il atteint les huitièmes de finale, où Nikolay Davydenko le bat en quatre manches.

Mais son rapport au jeu devient de plus en plus douloureux. C'est au cours de son difficile succès en cinq sets contre Evgeny Korolev à Roland-Garros 2006 qu'il prononce devant les caméras une phrase devenue célèbre en Argentine : « Qué mal que la estoy pasando », littéralement « comme je passe un mauvais moment ». Cette manière de verbaliser presque sans filtre ses tourments sur le court devient indissociable de son personnage.

Les résultats s'effondrent ensuite. Gaudio tente plusieurs retours et retrouve même ponctuellement le chemin de la victoire sur le circuit Challenger, à Tunis en 2009 puis à San Remo en 2010. Mais il ne réintègre plus l'élite. Il cesse pratiquement de jouer en 2010 et officialise sa retraite en 2011. Il expliquera plus tard qu'il en avait assez du tennis, qu'il ne prenait plus de plaisir à jouer et que les défaites répétées avaient fini par lui enlever l'envie de continuer.

Le paradoxe Gaudio

Jouer contre lui-même

Gaston Gaudio submergé par l'émotion après sa victoire à Roland-Garros 2004
Roland-Garros 2004 : l'émotion de Gaudio après une finale gagnée au terme d'un immense combat intérieur.

La fragilité mentale de Gaudio ne doit pas devenir une explication commode à chacune de ses défaites, mais elle fait incontestablement partie de son histoire. Lui-même n'a jamais cherché à la masquer. Il pouvait se reprocher bruyamment une faute, s'invectiver pendant les changements de côté et donner l'impression qu'un match joué contre un autre homme venait de se transformer en procès contre lui-même. Son ancien entraîneur Roberto Carruthers résumait déjà le paradoxe en expliquant que le problème n'avait jamais été son tennis.

Gaudio semblait parfois mieux fonctionner lorsqu'il n'avait plus grand-chose à perdre. Le contraste entre les deux premiers sets de la finale de Roland-Garros 2004 et les trois suivants en constitue l'exemple le plus spectaculaire. Franco Davin a raconté à quel point l'attention médiatique et l'enjeu de cette finale avaient perturbé son joueur avant même son entrée sur le court.

Il serait donc réducteur de décrire Gaudio comme un champion simplement « faible mentalement ». Le même joueur qui pouvait s'effondrer sous la pression a sauvé deux balles de match dans une finale de Grand Chelem et remporté un cinquième set 8-6. Sa singularité tient précisément à cette contradiction : sa vulnérabilité et sa capacité de résistance ont constamment coexisté.

Identité tennistique

Le revers d'El Gato

Gaston Gaudio frappant son revers à une main à Roland-Garros 2007
Roland-Garros 2007 : le revers à une main de Gaudio face à Lleyton Hewitt.

Gaudio était avant tout un joueur de terre battue. Ses huit titres en simple ont tous été remportés sur cette surface. Très mobile, rapide sur les appuis et doté d'un excellent toucher, il savait utiliser toute la géométrie du court et construire des échanges beaucoup plus variés que ceux d'un simple spécialiste de fond de court.

Son coup emblématique reste son revers à une main. Fluide, capable de produire beaucoup d'angle et de variation, mais également d'accélérer brutalement le long de la ligne, il fut l'un des revers les plus spectaculaires de sa génération. Sa qualité technique contrastait parfois avec le désordre émotionnel du joueur : même lorsqu'il semblait au bord de l'implosion, un revers pouvait soudainement rappeler pourquoi il avait atteint le Top 5.

Son service n'était en revanche pas comparable à celui des grands serveurs de son époque, et ses meilleurs résultats restèrent très concentrés sur la terre battue. Cette dépendance à une surface explique en partie son palmarès inhabituel : un Grand Chelem et huit titres, mais aucun trophée sur dur, gazon ou moquette.

H2H

Gaudio et Coria : une rivalité à part

Guillermo Coria et Gaston Gaudio après la finale de Roland-Garros 2004

Guillermo Coria est impossible à dissocier de l'histoire de Gaudio. Leur opposition commence véritablement en 2001 avec la finale de Vina del Mar et la revanche de Buenos Aires. Elle dégénère à Hambourg en 2003 et atteint évidemment son point culminant à Roland-Garros en 2004. Il ne s'agissait pas seulement de deux compatriotes appartenant à la même génération : leurs caractères, leurs entourages et plusieurs incidents avaient créé une antipathie réelle.

L'histoire leur réservera pourtant un étrange épilogue. Des années après leur retraite, Gaudio deviendra capitaine de l'équipe argentine de Coupe Davis. Lorsqu'il quittera ses fonctions en 2021, son successeur sera précisément Guillermo Coria. Deux hommes qui avaient incarné l'une des rivalités les plus acrimonieuses du tennis argentin se retrouveront ainsi à occuper successivement le même poste.

Argentine

Coupe Davis

Gaston Gaudio en Coupe Davis contre la Croatie en 2002
Coupe Davis 2002 : Gaudio lors du quart de finale remporté par l'Argentine contre la Croatie.

La vieille image d'un Gaudio fragile dans les grands rendez-vous ne doit pas faire oublier son excellent bilan avec l'Argentine : 13 victoires pour seulement 3 défaites en simple, obtenues en neuf rencontres entre 2001 et 2003.

En 2002, il gagne notamment ses deux simples lors du quart de finale remporté 3-2 contre la Croatie, dont le cinquième match décisif face à Ivo Karlovic. Quelques mois plus tard, la demi-finale de Moscou lui échappe de manière autrement cruelle face à Kafelnikov après deux balles de match. En 2003, à Malaga, c'est encore une autre histoire : Gaudio perd ses deux simples et Moya apporte à l'Espagne le point décisif. Sa carrière en Coupe Davis aura donc concentré, elle aussi, les deux visages du joueur.

Entourage

Ses entraîneurs

Gaston Gaudio échangeant avec Franco Davin
Franco Davin échange avec Gaudio, qu'il accompagne lors de son triomphe à Roland-Garros en 2004.

Roberto Carruthers occupe une place fondamentale dans la formation de Gaudio. C'est auprès de lui, au Temperley Lawn Tennis Club, que le jeune Gaston développe son jeu. Carruthers restera ensuite l'un des observateurs les plus lucides de son ancien élève, dont il admirait le talent tout en connaissant ses difficultés à gérer ses émotions.

Franco Davin est l'homme du sommet. Ancien joueur du Top 30 et quart-de-finaliste de Roland-Garros, il dirige l'équipe de Gaudio lors du triomphe parisien de 2004. Il remportera cinq ans plus tard un deuxième Grand Chelem comme entraîneur avec Juan Martin del Potro à l'US Open.

Palmarès

Ses 8 titres en simple

Grand Chelem ATP 500

Barcelone 2002
Majorque 2002
Roland-Garros 2004
Vina del Mar 2005
Buenos Aires 2005
Estoril 2005
Gstaad 2005
Kitzbuhel 2005
Famille

Vie privée

Gaston Gaudio avec Helena Ayerza et leur fils Vicente
Gaston Gaudio avec Helena Ayerza et leur fils Vicente.

Depuis 2018, Gaudio partage sa vie avec Helena Ayerza. Leur fils Vicente est né le 16 mars 2023.

Après-carrière

Un retour au tennis autrement

Gaston Gaudio conseillant Diego Schwartzman avec l'équipe d'Argentine
Capitaine de l'Argentine en Coupe Davis, Gaudio échange avec Diego Schwartzman.

Après avoir d'abord pris ses distances avec le tennis, Gaudio revient progressivement dans son univers, notamment à travers des exhibitions et des interventions dans les médias argentins. Il accepte ensuite une responsabilité beaucoup plus importante : en 2018, il devient capitaine de l'équipe d'Argentine de Coupe Davis. Sous sa direction, l'Argentine atteint notamment les quarts de finale de l'édition 2019, où elle est éliminée de justesse par l'Espagne. Il quitte ses fonctions en 2021.

Ce passage sur le banc offre une conclusion inattendue à son parcours. Le joueur qui semblait vivre chaque point comme une affaire personnelle s'est retrouvé chargé de gérer les émotions et la pression des autres.

Héritage

Bien davantage qu'un vainqueur improbable

Gaston Gaudio à l'Open d'Australie 2005

Gaston Gaudio restera toujours associé à l'une des finales les plus extraordinaires de l'histoire de Roland-Garros. Son classement de 44e mondial, les deux premiers sets perdus, les deux balles de match sauvées et le 8-6 final donnent à ce sacre un caractère si singulier qu'il a longtemps éclipsé le reste de sa carrière.

Mais le reste existe. Gaudio a gagné 8 tournois, atteint la 5e place mondiale, disputé deux Masters de fin d'année et remporté cinq titres au cours de la seule saison 2005. Son bilan en Coupe Davis est de 13 victoires pour 3 défaites en simple. Son Roland-Garros ne fut donc pas celui d'un joueur quelconque touché par la grâce pendant quinze jours.

Ce qui rend Gaudio singulier est plutôt l'écart entre ce que son tennis permettait et ce que son équilibre intérieur lui permettait d'en faire durablement. Il n'a jamais transformé son immense talent en domination. Pendant quelques saisons, pourtant, et parfois au moment précis où tout semblait lui échapper, El Gato fut capable de jouer et de gagner au niveau des meilleurs.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026