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droitier - revers à une main

VitasGerulaitis

Le champion de toutes les fêtes
Vitas Gerulaitis

Vainqueur de Grand Chelem, plusieurs fois finaliste, Vitas Gerulaitis faisait partie des meilleurs joueurs du monde à la fin des années 1970. Mais c'est autant par son talent que par sa personnalité chaleureuse, son humour et son goût de la vie qu'il est devenu l'une des figures les plus attachantes de l'histoire du tennis.

1Grand Chelem
26Titres ATP
1978n°3 mondial
1Coupe Davis
Naissance 26 juillet 1954
L’essentiel

Une couronne majeure

Jeunesse

Les origines

Björn Borg et Vitas Gerulaitis à l’Orange Bowl 1972
Orange Bowl 1972 : Björn Borg et Vitas Gerulaitis, déjà rivaux, et bientôt grands amis.

Vitas Gerulaitis naît le 26 juillet 1954 à Brooklyn dans une famille d’immigrés lituaniens. Son père, Vytautas, ancien champion de tennis dans son pays natal, lui transmet très tôt le goût du jeu. Sa sœur Ruta suivra elle aussi cette voie et deviendra joueuse professionnelle. Chez les Gerulaitis, le tennis est donc moins un simple loisir qu’une affaire de famille.

Vitas grandit dans la région de New York et se forme notamment à la Port Washington Tennis Academy, pépinière dans laquelle travaillent des entraîneurs comme Harry Hopman. Rapide, doué et déjà très spectaculaire, il se distingue parmi les meilleurs jeunes Américains. En 1972, il atteint la finale de l’Orange Bowl, mais se heurte à l'Italien Corrado Barazzutti.

En 1972, il atteint une nouvelle finale à l'Orange Bowl. Il y retrouve cette fois un jeune Suédois d'un an son cadet, Björn Borg, qui s'impose trois sets à zéro. Cette défaite marque le début d'une relation qui dépassera rapidement le cadre de la rivalité sportive : les deux hommes deviendront les plus proches amis du circuit.

Gerulaitis entreprend parallèlement des études à l’université Columbia. Mais le compromis ne dure pas. À 17 ans, convaincu que son avenir se trouve sur les courts, il abandonne l’université pour se consacrer entièrement au tennis.

de 1973 à 1986

Sa carrière

Vitas Gerulaitis en 1975
1975 : Vitas Gerulaitis s’installe progressivement parmi les joueurs les plus dangereux du circuit.
1973-1976

Dans le sillage des meilleurs

Gerulaitis se fait progressivement une place sur un circuit en pleine transformation. Le tennis professionnel s’ouvre alors à une génération de jeunes joueurs qui ne ressemblent plus aux champions policés des décennies précédentes. Avec ses cheveux blonds, son allure décontractée et son énergie débordante, le New-Yorkais en incarne parfaitement le renouvellement.

Il remporte ses premiers tournois en simple en 1974 et s’installe rapidement parmi les joueurs les plus dangereux du circuit. Sa vitesse lui permet de défendre sur toutes les surfaces, mais son goût de l’attaque le pousse constamment vers le filet. Il obtient encore de meilleurs résultats en double, discipline dans laquelle ses réflexes et sa mobilité font merveille.

En 1975, associé à Sandy Mayer, il remporte Wimbledon en double. À seulement 20 ans, Gerulaitis possède déjà un titre du Grand Chelem, même si la consécration individuelle se fait encore attendre. En simple, il progresse sans parvenir à se mêler durablement aux luttes que se livrent Connors, Borg, Ashe, Vilas ou Nastase.

La saison 1976 confirme pourtant son installation dans l’élite. Gerulaitis accumule les victoires, enrichit son palmarès et se rapproche du top 10. Il ne lui manque plus qu’un grand parcours dans l’un des quatre tournois majeurs pour changer de dimension.

Open d’Australie 1977 : Vitas Gerulaitis
Open d’Australie 1977 : Gerulaitis remporte son unique titre du Grand Chelem à Kooyong.
1977

Si près de Borg, roi en Australie

À Wimbledon, Vitas Gerulaitis réalise le tournoi qui révèle pleinement son talent. Parvenu en demi-finale, il retrouve Björn Borg, tenant du titre et grand favori. Le Suédois semble alors promis à une nouvelle finale, mais son ami new-yorkais lui oppose une résistance exceptionnelle.

Pendant cinq manches, Gerulaitis attaque sans relâche et contraint Borg à puiser dans toutes ses ressources. Le match se décide seulement dans les derniers jeux : le Suédois s’impose 6-4, 3-6, 6-3, 3-6, 8-6. Gerulaitis n’a jamais été aussi proche de battre Borg dans un tournoi du Grand Chelem. Cette demi-finale, souvent considérée comme l’un des grands classiques de Wimbledon. Le Suédois remportera ensuite une nouvelle finale face à Connors.

Gerulaitis ne laisse cependant pas passer sa seconde occasion. En décembre, il participe pour la première fois à l’Open d’Australie. Le tournoi ne possède pas encore le prestige ni la participation qu’il connaîtra plus tard, mais il reste un Grand Chelem qu’il faut aller gagner sur le gazon de Kooyong.

Après avoir dominé Tony Roche en demi-finale, Gerulaitis retrouve John Lloyd pour le titre. L’Américain mène deux manches à rien, voit son adversaire revenir à sa hauteur, puis s’impose au cinquième set : 6-3, 7-6, 5-7, 3-6, 6-2. À 23 ans, Vitas Gerulaitis s'impose dès sa première participation à l’Open d’Australie.

US Open 1978 : Gerulaitis atteint les demi-finales à Flushing Meadows
US Open 1978 : Gerulaitis atteint les demi-finales à Flushing Meadows.
1978

Numéro 3 mondial

Gerulaitis aborde 1978 avec un nouveau statut. Il n’est plus seulement le joueur brillant et populaire capable de créer un exploit : il est désormais vainqueur d’un tournoi de Grand Chelem et candidat aux plus grands titres.

En mai, il triomphe aux finales WCT de Dallas, l’un des rendez-vous les plus prestigieux du calendrier. Après avoir éliminé Jimmy Connors en demi-finale, il domine Eddie Dibbs en finale. Dans un circuit encore partagé entre plusieurs organisations concurrentes, ce succès possède une valeur considérable. Avec son titre australien, il constitue l’autre grande victoire de sa carrière.

Gerulaitis retrouve ensuite les demi-finales de Wimbledon. Cette fois, il est nettement battu par Borg, qui poursuit sa domination sur le gazon londonien. À l’US Open, désormais organisé sur dur à Flushing Meadows, il atteint également les demi-finales avant de s’incliner face à Connors.

Cest donc fort justement que le 27 février 1978 Gerulaitis est récompensé en atteignant la troisième place mondiale, le meilleur classement de sa carrière. Seuls Borg et Connors le précèdent alors. Cette position reflète parfaitement sa valeur : Vitas appartient au cercle très fermé des meilleurs joueurs du monde, mais il doit évoluer derrière deux champions qui monopolisent l’essentiel des grands titres.

Masters 1979 : Björn Borg et Vitas Gerulaitis
Masters 1979 : Vitas Gerulaitis retrouve son ami Björn Borg en finale au Madison Square Garden.
1979

Trois finales et une Coupe Davis

La saison 1979 confirme que Gerulaitis ne dépend ni d’une surface ni d’un tournoi. Sur la terre battue de Monte-Carlo, il atteint la finale. Quelques semaines plus tard, il remporte les Internationaux d’Italie à Rome pour la seconde fois, en battant Guillermo Vilas en finale. Dominer l’Argentin sur terre constitue l’une des performances les plus significatives de sa carrière.

À l’US Open, Gerulaitis profite de l’élimination prématurée de Borg pour se frayer un chemin jusqu’à la finale. Il y retrouve John McEnroe, son cadet, son compatriote et son ami. Gerulaitis est encore le New-Yorkais le mieux classé, mais la hiérarchie est en train de basculer. McEnroe s’impose nettement en trois manches et décroche son premier titre du Grand Chelem.

Gerulaitis termine néanmoins l’année par un succès collectif. En finale de la Coupe Davis contre l’Italie, il apporte deux points aux États-Unis en battant Corrado Barazzutti puis Adriano Panatta. Les Américains conservent le trophée et Vitas participe pleinement à leur victoire.

Au Masters, organisé en janvier 1980 au Madison Square Garden, il retrouve Connors en demi-finale. L’histoire paraît écrite d’avance : Gerulaitis a perdu leurs seize précédentes confrontations. Cette fois, il s’impose. Il se qualifie ainsi pour la finale, où Borg reprend le dessus, mais il vient surtout de fournir au tennis l’une de ses déclarations les plus célèbres : « Que ce soit une leçon pour vous tous. Personne ne bat Vitas Gerulaitis dix-sept fois de suite ! » La formule résume parfaitement le personnage. Il transforme une série de seize défaites en triomphe comique, se moquant de lui-même avant que quiconque puisse le faire à sa place.

Roland-Garros 1980 : Gerulaitis dispute sa dernière finale de Grand Chelem face à Björn Borg
Roland-Garros 1980 : Gerulaitis dispute sa dernière finale de Grand Chelem face à Björn Borg.
1980

Une dernière finale en Grand Chelem

La saison 1980 confirme sa capacité à briller sur terre battue. À Roland-Garros, Gerulaitis atteint sa troisième finale de Grand Chelem. Il écarte notamment Wojtek Fibak au terme d’une demi-finale en cinq manches, mais arrive diminué pour affronter Björn Borg. Le Suédois ne lui laisse aucune ouverture et s’impose 6-4, 6-1, 6-2.

La défaite est sévère, mais elle ne doit pas masquer la polyvalence de Gerulaitis. Finaliste de l’US Open sur dur, demi-finaliste de Wimbledon sur gazon et désormais finaliste à Roland-Garros sur terre battue, l’Américain a atteint au moins le dernier carré des quatre tournois du Grand Chelem.

Cette finale parisienne marque néanmoins la fin de ses grandes occasions. À 25 ans, Gerulaitis demeure l’un des meilleurs joueurs du monde, mais Borg, Connors et McEnroe lui barrent encore la route. Derrière lui, Ivan Lendl s’apprête déjà à bouleverser la hiérarchie.

Masters 1981 : Ivan Lendl et Vitas Gerulaitis
Masters 1981 : Gerulaitis passe à un point du titre face à Ivan Lendl.
1981-1982

À un point du Masters

La saison 1981 est moins éclatante. Gerulaitis reste solidement installé dans l’élite, mais ses résultats en Grand Chelem reculent. La disparition progressive de Borg aurait pu libérer une place au sommet ; elle profite surtout à McEnroe, Connors et bientôt Lendl.

Gerulaitis obtient pourtant une nouvelle occasion majeure au Masters de la saison 1981, disputé en janvier 1982 au Madison Square Garden. Il se présente dans le tournoi sans être considéré comme le principal favori, mais retrouve progressivement son meilleur niveau. Il se qualifie pour sa seconde finale dans cette compétition.

Face à Ivan Lendl, Vitas livre l’un des matchs les plus douloureux de sa carrière. Il remporte les deux premières manches et obtient deux balles de match dans la troisième. Sur la seconde, Lendl réussit un passing de revers qui le maintient en vie. Gerulaitis ne retrouvera plus une telle occasion. Lendl renverse la rencontre et s’impose 6-7, 2-6, 7-6, 6-2, 6-4. Vitas est passé à un point de l’un des plus grands titres de sa carrière.

Cette défaite symbolise son parcours. Gerulaitis possédait le jeu nécessaire pour battre presque tout le monde, mais il a souvent rencontré, dans les moments décisifs, un champion capable de lui fermer la porte.

Vitas Gerulaitis à Roland-Garros 1982
Roland-Garros 1982 : Vitas Gerulaitis dispute les dernières saisons de sa carrière professionnelle.
1982-1985

Vers le déclin

La saison 1982 est encore une bonne saison, avec plusieurs titres glanés de-ci de-là. À partir de 1983, Gerulaitis quitte progressivement le premier plan. Sa vitesse reste remarquable et son toucher ne disparaît pas, mais son jeu exige une condition physique irréprochable. Le moindre recul se paie immédiatement face à une génération plus puissante et mieux préparée.

Il continue de disputer des tournois et demeure capable de quelques coups d’éclat, sans retrouver la régularité de ses meilleures années. Son dernier titre en simple intervient en 1984. Les sorties précoces deviennent ensuite plus nombreuses et son classement décline rapidement.

Gerulaitis prend sa retraite au milieu des années 1980, après avoir remporté 26 titres en simple. Son bilan de 535 victoires pour 232 défaites témoigne d’une carrière beaucoup plus solide que ne le laisse parfois penser son image de brillant second rôle.

Identité tennistique

Toujours en mouvement

Le style de jeu de Vitas Gerulaitis
La vitesse, le service-volée et le mouvement permanent au cœur de son tennis.

Gerulaitis était avant tout un joueur de vitesse. Toujours sur la pointe des pieds, il couvrait le terrain avec une facilité exceptionnelle et transformait la défense en attaque en quelques appuis. Peu de joueurs de sa génération donnaient une telle impression de mouvement permanent.

Adepte du service-volée, il cherchait rapidement à prendre possession du filet. Son service n’était pas parmi les plus puissants, mais il le plaçait suffisamment bien pour préparer sa première volée. Ses réflexes, sa détente et la rapidité de ses mains lui permettaient ensuite de conclure des échanges que d’autres auraient laissés se prolonger.

Son revers à une main était plus vulnérable que son coup droit, notamment lorsqu’un adversaire puissant parvenait à l’enfermer au fond du court. Mais sa mobilité compensait une grande partie de ses faiblesses. Gerulaitis pouvait attaquer sur gazon, défendre sur dur et tenir l’échange sur terre battue. Ses finales à Melbourne, New York et Paris, ajoutées à ses deux demi-finales de Wimbledon, illustrent cette remarquable polyvalence.

Son jeu possédait enfin une qualité plus difficile à mesurer : il était plaisant à regarder. Gerulaitis ne se contentait pas de gagner des points ; il donnait du rythme et de la vie aux matchs. L’ATP le présente encore comme l’un des joueurs les plus rapides et les plus divertissants de son époque.

Palmarès

Ses 26 titres

Grand Chelem Finales WCT Grand tournoi historique

Vienne 1974
New York 1975
St-Louis 1975
Ocean City 1977
Rome 1977
Brisbane 1977
Perth 1977
Australie 1977-2
Richmond 1978
Dallas 1978
WCT Invitational 1978
Little Rock 1979
Rome 1979
Kitzbühel 1979
Sydney 1979
Forest Hills 1980
Stuttgart 1980
Melbourne 1980
Johannesbourg 1981
Bruxelles 1982
Florence 1982
Toronto 1982
Melbourne 1982
Johannesbourg 1982
Bâle 1983
Trévise 1984
Personnalité

Le champion de toutes les fêtes

Vitas Gerulaitis, le champion de toutes les fêtes
Vitas Gerulaitis au cœur de la vie nocturne new-yorkaise qui nourrit sa réputation de champion fêtard.

Gerulaitis était une vedette new-yorkaise autant qu’un champion de tennis. Il fréquentait les clubs les plus en vue, roulait dans des voitures de sport, assistait aux concerts et prolongeait volontiers les soirées jusqu’au petit matin. Dans le Manhattan de la fin des années 1970, son visage blond et son sourire permanent étaient presque aussi reconnaissables que son jeu.

Cette vie nocturne a souvent servi d’explication facile à ses défaites. Gerulaitis lui-même ne cherchait guère à entretenir l’image d’un ascète. Pourtant, réduire sa carrière à la fête serait injuste. On ne devient pas numéro 3 mondial, champion d’Australie et finaliste à Paris et à New York sans une immense capacité de travail.

Le paradoxe faisait partie de son charme. Gerulaitis pouvait sortir tard, dormir peu, puis revenir sur le court avec une énergie que ses adversaires peinaient à comprendre. Cette insouciance a sans doute limité sa constance, mais elle participait aussi à ce qui le rendait unique. Vitas ne voulait pas seulement réussir sa vie de joueur : il voulait croquer dans la vie à pleines dents

Amitiés

L’ami de tous

Vitas Gerulaitis avec John McEnroe et Björn Borg
Vitas Gerulaitis avec John McEnroe et Björn Borg, deux de ses plus proches amis sur le circuit.

Dans une époque dominée par de fortes personnalités et de profondes rivalités, Gerulaitis possédait un talent rare : il était l’ami de presque tout le monde. Borg, Connors et McEnroe entretenaient entre eux des relations parfois tendues, mais chacun était proche de Vitas.

Avec Borg, le lien remontait aux années juniors. Leur opposition de styles et de tempéraments n’empêcha jamais leur complicité. Le Suédois silencieux et l’Américain exubérant formaient un duo improbable, uni par le tennis, les voyages et les nuits passées loin des courts.

Gerulaitis fut également l’un des mentors de John McEnroe. Tous deux vivaient à New York, fréquentaient les mêmes lieux et partageaient le même goût pour le spectacle. Vitas accueillit le jeune McEnroe dans le cercle des meilleurs, avant de voir son protégé le dépasser et le battre en finale de l’US Open 1979.

Vitas Gerulaitis avec Jimmy Connors, John McEnroe et Ilie Nastase
Vitas Gerulaitis entouré de Jimmy Connors, John McEnroe et Ilie Nastase.

Même Connors, pourtant méfiant et peu enclin à multiplier les amitiés sur le circuit, appréciait Gerulaitis. Cette popularité ne reposait pas seulement sur son goût de la fête. Vitas savait détendre une atmosphère, rapprocher des personnalités opposées et rire de lui-même.

Face-à-face

Personne ne bat Vitas dix-sept fois de suite

Vitas Gerulaitis et Jimmy Connors au Masters 1979
Madison Square Garden : Gerulaitis met fin à une série de seize défaites contre Jimmy Connors.

Personne ne bat Vitas dix-sept fois de suite

Avant leur demi-finale du Masters 1979, Gerulaitis avait affronté Jimmy Connors à seize reprises sans jamais le battre. L’Américain gaucher représentait pour lui le pire adversaire possible : son retour agressif limitait l’efficacité du service-volée et ses frappes tendues ne laissaient guère de temps à Vitas pour organiser ses montées.

Au Madison Square Garden, Gerulaitis finit pourtant par rompre la série. Devant son public new-yorkais, il domine enfin Connors et se qualifie pour la finale. Interrogé après sa victoire, il prononce alors la formule qui lui survivra : « Personne ne bat Vitas Gerulaitis dix-sept fois de suite ! »

Sa force vient précisément de cette exactitude : Vitas choisit de transformer cette statistique accablante en victoire personnelle.

La phrase est devenue l’une des plus célèbres de l’histoire du sport. Elle révèle mieux que n’importe quel discours son humour, sa faculté d'auto-dérision, son absence d’amertume et sa capacité à faire d’une faiblesse une source de panache.

Entourage

Ses entraîneurs

Vitas Gerulaitis avec son entraîneur Fred Stolle
Vitas Gerulaitis à l’entraînement avec Fred Stolle, son entraîneur de 1977 à 1983.

Gerulaitis se forme dans l’environnement très réputé de la Port Washington Tennis Academy, où il reçoit notamment l’enseignement d’Harry Hopman. L’ancien capitaine australien de Coupe Davis contribue à développer une génération de joueurs américains portée vers l’attaque, parmi lesquels Gerulaitis et McEnroe.

L’entraîneur le plus étroitement associé à sa carrière reste toutefois Fred Stolle. L’ancien champion australien commence à travailler avec lui en 1977, au moment où Vitas atteint les demi-finales de Wimbledon puis remporte l’Open d’Australie. Leur collaboration se prolonge jusqu’en 1983 et couvre ainsi presque toutes les grandes années de Gerulaitis.

Stolle tente de structurer le jeu et la préparation d’un joueur dont le talent naturel s’accommodait parfois difficilement de la discipline quotidienne. Leur association accompagne Gerulaitis jusqu’à la troisième place mondiale, au titre de Dallas et aux finales de l’US Open, de Roland-Garros et du Masters.

Musique

Son autre passion

Vitas Gerulaitis jouant de la guitare électrique sur scène
Vitas Gerulaitis sur scène, guitare électrique en main.

Passionné de musique, Gerulaitis aimait prendre une guitare électrique dès qu'il s'éloignait des courts. Sans prétendre à une carrière de musicien, il retrouvait dans le rock l'énergie et la liberté qui caractérisaient aussi son tennis. Cette passion s'ajoutait à son goût pour les soirées new-yorkaises, les voitures de sport et le golf, dessinant le portrait d'un champion bien différent de l'athlète austère alors souvent associé au haut niveau.

Disparition

L’accident mortel

Les obsèques de Vitas Gerulaitis en 1994
Obsèques de Vitas Gerulaitis en 1994 : John McEnroe tombe dans les bras de Jimmy Connors. Björn Borg n’est pas loin.

Le 17 septembre 1994, Gerulaitis séjourne dans la propriété d’un ami à Southampton, sur Long Island. Il s’installe pour se reposer dans une maison d’amis située à proximité de la résidence principale. Il ne se présente pas au dîner prévu dans la soirée et son corps est découvert le lendemain.

Vitas Gerulaitis est mort à 40 ans, victime d’une intoxication au monoxyde de carbone. Les fumées provenaient d’une installation défectueuse liée à un chauffage au propane et avaient pénétré dans le bâtiment où il dormait. Sa mort est reconnue comme accidentelle.

La nouvelle bouleverse le monde du tennis. Borg, Connors, McEnroe et tant d’autres ne perdent pas seulement un ancien adversaire, mais celui qui avait souvent servi de trait d’union entre eux. Gerulaitis avait remporté un Grand Chelem, atteint la troisième place mondiale et battu presque tous les meilleurs joueurs de son époque. Pourtant, au moment de sa disparition, ce sont surtout son sourire, sa générosité et son amitié que chacun choisit de rappeler.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026