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Australie
droitier - revers à deux mains

LleytonHewitt

Le règne confisqué
Lleyton Hewitt

Exemple de précocité, l'Australien était parti pour gagner dix titres du Grand Chelem. Puis Roger Federer est arrivé.

2Grands Chelems
30Titres ATP
2001N°1 mondial
2Coupes Davis
NAISSANCE 24 février 1981
L'essentiel

Deux couronnes

New York puis Wimbledon : en moins d'un an, Lleyton Hewitt conquiert les deux titres majeurs qui installent son règne et font de lui le patron du circuit au début des années 2000.

Identité tennistique

Style de jeu

Lleyton Hewitt en contre-attaque
Hewitt, contre-attaquant moderne avant l'heure : vitesse, relance et passing de revers.

À une époque dominée par les grands serveurs et les attaquants, Lleyton Hewitt impose un style radicalement différent. L'Australien ne possède ni le service dévastateur d'un Pete Sampras, ni la puissance d'un Marat Safin. Son arme principale est ailleurs : une qualité de relance exceptionnelle, alliée à une vitesse de déplacement rarement vue jusque-là.

Capable de transformer la moindre balle neutre en situation favorable, Hewitt excelle dans l'art du contre. Son anticipation, sa couverture de terrain et sa lecture du jeu lui permettent de remettre une pression constante sur ses adversaires. Très peu de joueurs savent aussi bien retourner les services les plus puissants ou faire jouer une balle supplémentaire lorsque le point semble perdu.

Mais réduire Hewitt à un simple défenseur serait une erreur. Doté d'une excellente frappe de revers, capable de prendre la balle tôt et de changer brutalement de direction, il sait également dicter l'échange dès qu'une ouverture se présente. Son fameux « Come on! », lancé avec une intensité contagieuse après les points importants, illustre parfaitement son tempérament de compétiteur.

Si ses plus grands succès sont obtenus sur dur et sur gazon, Hewitt se montre également redoutable sur terre battue. Grâce à son endurance, sa régularité et sa science de la contre-attaque, il atteint à deux reprises les quarts de finale de Roland-Garros et rivalise avec les meilleurs spécialistes de la surface. Son jeu complet lui permet ainsi de briller sur l'ensemble des terrains.

Avec le recul, Hewitt apparaît comme l'un des précurseurs du tennis moderne. Son sens de la relance, son intensité physique et sa capacité à transformer la défense en attaque préfigurent un style de jeu qui deviendra, quelques années plus tard, une référence sur le circuit.

Entourage

Les hommes de l'ombre

Peter Smith

Premier entraîneur de Lleyton Hewitt, Peter Smith repère très tôt le potentiel exceptionnel du jeune Australien et l'accompagne durant toute sa formation. Sous sa direction, Hewitt gravit rapidement les échelons du tennis junior avant de s'imposer sur le circuit professionnel dès l'âge de seize ans. Leur travail pose les bases d'un joueur déjà redoutable par son intensité, sa discipline et son sens du combat, avant que Darren Cahill ne prenne le relais à l'aube de la saison 1999.

Darren Cahill

Lorsque Darren Cahill prend en main Lleyton Hewitt, le jeune Australien est déjà considéré comme un immense espoir. Sous son impulsion, il franchit un cap décisif. En 2001, Hewitt remporte l'US Open, puis devient le plus jeune numéro un mondial de l'histoire. Cette collaboration, interrompue à la fin de la saison, marque le véritable décollage de sa carrière et ouvre la voie à son triomphe à Wimbledon l'année suivante.

Jason Stoltenberg

Après avoir travaillé avec Darren Cahill, Lleyton Hewitt confie son destin à son compatriote Jason Stoltenberg à la fin de l'année 2001. Ancien joueur de Coupe Davis reconverti dans l'entraînement, ce dernier accompagne l'Australien au sommet de sa carrière. Sous sa direction, Hewitt remporte Wimbledon en 2002, un deuxième Masters consécutif et conserve la première place mondiale durant une grande partie de la saison. Leur collaboration s'achève après Roland-Garros 2003, au moment où Roger Federer s'apprête à prendre le pouvoir.

Roger Rasheed

Après les années Peter Smith, Lleyton Hewitt poursuit sa carrière sous la direction de Roger Rasheed, lui-même ancien élève de Smith. Ancien joueur australien reconverti dans l'entraînement, ce dernier apporte une approche plus physique et plus exigeante, cherchant à faire évoluer le jeu déjà très complet de son protégé. Leur collaboration coïncide avec les dernières grandes heures de Hewitt : finaliste de l'Open d'Australie et de Wimbledon en 2005, puis demi-finaliste de plusieurs tournois du Grand Chelem. Si l'arrivée de Roger Federer l'empêche de retrouver le sommet du classement mondial, Rasheed contribue à maintenir l'Australien parmi les meilleurs joueurs de la planète pendant plusieurs saisons.

Tony Roche

À partir de 2007, Lleyton Hewitt fait appel à Tony Roche. Ancien vainqueur de Roland-Garros et entraîneur de plusieurs numéros un mondiaux, l'Australien met son immense expérience au service de son compatriote et l'accompagne durant les dernières années de sa carrière, jusqu'à sa retraite en 2016.

Jimmy Connors

En 2006, Hewitt tente également l'expérience Jimmy Connors. Le rapprochement paraît naturel tant les deux hommes partagent une même rage de vaincre et une intensité de tous les instants. Leur collaboration reste toutefois brève. Il agit davantage comme un mentor ou un consultant de luxe, apportant son expérience sur quelques périodes de travail. Cette collaboration est très médiatisée mais reste brève et limitée.

de 1997 à 2016

Sa carrière

Lleyton Hewitt à Adélaïde en 1998
Invité par les organisateurs, Hewitt devient à Adélaïde le joueur le plus mal classé à remporter un titre ATP. Sur son parcours, il a notamment terrassé Andre Agassi.
1997-2000

Le prodige australien

À peine sorti des rangs juniors, Lleyton Hewitt crée la sensation. En janvier 1998, à seulement seize ans, il remporte chez lui le tournoi d'Adélaïde en battant plusieurs joueurs confirmés. Classé seulement 550e mondial, il devient alors le joueur le plus mal classé de l'histoire à remporter un titre ATP, mais également le troisième plus jeune vainqueur d'un tournoi de l'ère Open, révélant au grand public un tempérament hors du commun.

Loin de se laisser griser par cet exploit, l'Australien poursuit sa progression avec une remarquable régularité. Son intensité de jeu, sa détermination et sa maturité surprennent les spécialistes. Là où beaucoup de jeunes joueurs misent avant tout sur leur talent, Hewitt compense une puissance encore limitée par une combativité de tous les instants et une intelligence tactique déjà très développée.

À l'aube de la saison 2001, Hewitt n'est plus seulement un immense espoir. Installé parmi les meilleurs joueurs du monde, il possède déjà toutes les armes pour viser les plus grands titres.

Lleyton Hewitt à l'US Open 2001
US Open 2001 : Hewitt domine Pete Sampras en finale et prend le pouvoir. Battre chez lui à New York l'homme aux 13 Grands Chelems n'est pas son plus mince exploit.
2001-2002

Le plus jeune n°1 mondial

En 2001, tout s'accélère. À seulement vingt ans, Lleyton Hewitt remporte l'US Open en dominant successivement Andy Roddick, Ievgueni Kafelnikov puis Pete Sampras en finale. Il devient ainsi le plus jeune vainqueur du tournoi new-yorkais depuis l'ère Open et confirme qu'il est désormais prêt à succéder aux légendes des années 1990.

Quelques semaines plus tard, il parachève cette saison exceptionnelle en remportant la Masters Cup, où il domine notamment Sébastien Grosjean en finale. Cette victoire lui permet de terminer l'année à la première place mondiale, faisant de lui, à vingt ans et huit mois, le plus jeune n°1 de l'histoire du classement ATP.

Loin d'être un simple feu de paille, Hewitt confirme son statut l'année suivante. Il remporte son premier Wimbledon, s'imposant avec autorité face à David Nalbandian, et conserve son rang de numéro un mondial jusqu'à la fin de la saison. En l'espace de deux ans, il a conquis l'US Open, Wimbledon, deux Masters et le sommet du classement mondial.

À ce moment-là, tout semble lui appartenir. Sa jeunesse, sa régularité et son incroyable maturité laissent penser que l'Australien est appelé à régner durablement sur le tennis mondial. Peu imaginent alors qu'un autre joueur, encore en pleine ascension, s'apprête à bouleverser cette hiérarchie.

Lleyton Hewitt dans l'ombre de Roger Federer à l'US Open 2005
US Open 2005 : Federer ferme à Hewitt la porte d'un nouveau titre majeur.
2003-2005

Roger Federer change la donne

Lleyton Hewitt aborde la saison 2003 avec le statut de patron du circuit. Numéro un mondial depuis plus d'un an, vainqueur de deux tournois du Grand Chelem et double lauréat du Masters, jamais sa position n'a semblé aussi solide.

Mais un homme vient brutalement freiner cette ascension.

Après avoir remporté Wimbledon en 2003, Roger Federer franchit un cap décisif. Son tennis plus offensif, sa précision chirurgicale et son incroyable variété de jeu lui permettent de prendre progressivement l'ascendant sur l'Australien. En 2004, Federer s'empare de la première place mondiale et inaugure une domination sans partage.

Quand le Suisse est à son prime, entre 2004 et 2010, Hewitt l'affronte à huit reprises en Grand Chelem pour huit défaites. C'est énorme. Il ne battra d'ailleurs jamais Federer dans un tournoi majeur.

Pour autant, l'Australien ne disparaît pas. Il continue de fréquenter les derniers carrés des plus grands tournois et demeure l'un des joueurs les plus redoutés du circuit. Simplement, le tennis mondial vient de changer de patron. Le règne qui semblait promis à Hewitt appartient désormais à Roger Federer.

Lleyton Hewitt à Wimbledon en 2009
US Open 2009 : Hewitt rappelle qu'il reste dangereux dans les grands rendez-vous.
2006-2009

Toujours parmi les meilleurs

En 2006, il atteint les finales des tournois de San José et de Las Vegas, avant de s'incliner en finale du Queen's face à Andy Roddick. Quelques semaines plus tard, il retrouve les quarts de finale de Wimbledon, confirmant qu'il reste l'un des meilleurs joueurs sur gazon.

La saison suivante est plus irrégulière, mais Hewitt démontre qu'il possède encore les armes pour inquiéter les cadors du circuit. Sa demi-finale au Masters de Hambourg, où il pousse Rafael Nadal dans ses retranchements, en est une parfaite illustration. Hors terre battue, l'Australien présente d'ailleurs un bilan positif face à l'Espagnol (quatre victoires pour deux défaites).

En Grand Chelem, le destin réserve d'ailleurs à Hewitt une curieuse répartition des rôles. Roger Federer lui ferme la route partout sauf à Roland-Garros. À Paris, c'est Rafael Nadal qui prend le relais : il le bat à quatre reprises. Cette étonnante complémentarité résume à elle seule la carrière de Lleyton Hewitt : Federer lui confisque les grands tournois sur dur et sur gazon, tandis que Nadal lui barre la route à Roland-Garros.

En 2008, puis surtout en 2009, l'ancien numéro un mondial retrouve ponctuellement son meilleur niveau. Quart de finaliste de l'Open d'Australie, il signe plusieurs victoires de prestige et réintègre le Top 25.

Lleyton Hewitt à Newport en 2014
Newport 2014 : Hewitt remporte un dernier titre ATP après plusieurs années de blessures.
2010-2016

Le temps des blessures

À partir de 2010, Lleyton Hewitt n'a plus seulement les meilleurs joueurs du monde face à lui : il doit désormais composer avec un corps de plus en plus fragile. Les blessures, notamment à la hanche, perturbent régulièrement sa préparation et l'obligent à subir plusieurs interventions chirurgicales. Malgré ces épreuves, l'Australien refuse d'abandonner.

Sa combativité, intacte depuis ses débuts, lui permet de signer encore quelques performances remarquables. Il remporte notamment le tournoi de Newport en 2014, son premier titre ATP depuis plus de quatre ans, et continue de réaliser des coups d'éclat face à des adversaires mieux classés. Chaque retour sur le circuit témoigne de son attachement profond à la compétition.

Parallèlement, Hewitt demeure l'un des piliers du tennis australien. Toujours aussi investi en Coupe Davis, il transmet son expérience aux plus jeunes tout en conservant un rôle majeur au sein de l'équipe nationale. Cette implication annonce déjà sa future reconversion.

En janvier 2016, à l'Open d'Australie, devant son public, Lleyton Hewitt dispute le dernier match de sa carrière professionnelle. Il referme ainsi près de vingt années passées au plus haut niveau. Si les blessures ont finalement eu raison de ses ambitions sportives, elles n'ont jamais entamé ce qui a fait sa réputation : une détermination sans faille et un esprit de combattant salué par l'ensemble du monde du tennis.

Coupe Davis

L'Australie avant tout

Lleyton Hewitt en Coupe Davis avec l'Australie
Coupe Davis : Hewitt, leader de l'équipe australienne pendant près de deux décennies.

Tout au long de sa carrière, Lleyton Hewitt entretient une relation privilégiée avec la Coupe Davis. Héritier de la grande tradition australienne, il considère cette compétition comme bien plus qu'un simple rendez-vous du calendrier : porter les couleurs de son pays constitue pour lui un véritable honneur.

Sélectionné très jeune, il devient rapidement le leader de l'équipe d'Australie. Son engagement sans faille, sa combativité et sa capacité à transcender son niveau lors des rencontres internationales en font l'un des piliers de la sélection pendant près de deux décennies. En 1999, il contribue au sacre australien en remportant ses deux simples lors de la finale contre la France, avant de retrouver les sommets en 2003 avec une nouvelle victoire face à l'Espagne.

Même lorsque son classement décline et que les blessures freinent sa carrière, Hewitt répond présent dès que son pays fait appel à lui. Son attachement à la Coupe Davis dépasse largement les résultats. À peine retraité, il devient capitaine de l'équipe australienne, poursuivant ainsi son engagement au service du tennis de son pays.

Palmarès

Ses 30 titres

Grand Chelem Masters Masters 1000 ATP 500 ATP 250

Adélaïde 1998
Delray Beach 1999
Adélaïde 2000
Sydney 2000
Scottsdale 2000
Queen's 2000
Sydney 2001
Queen's 2001
Rosmalen 2001
US Open 2001
Tokyo 2001
Masters 2001
San Jose 2002
Indian Wells 2002
Queen's 2002
Wimbledon 2002 Masters 2002
Scottsdale 2003
Indian Wells 2003
Sydney 2004
Rotterdam 2004
Washington 2004
Long Island 2004
Sydney 2005
Queen's 2006
Las Vegas 2007
Houston 2009
Halle 2010
Brisbane 2014
Newport 2014
Vie privée

Une vie de famille bien remplie

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026