Tennis Chron'open
Lew Hoad - Chron'Open
Australie
droitier - revers à une main

LewHoad

Le meilleur de tous ceux qui n’étaient pas le meilleur
Lew Hoad

Lew Hoad fut peut-être le joueur le plus impressionnant de son époque, mais jamais le plus durable. À un match du Grand Chelem calendaire, capable d’ébranler le trône qu’il convoitait, il vit son dos lui refuser le règne que son talent semblait lui promettre.

ChampionAvant l’ère Open
56Titres sur toute sa carrière
4Coupes Davis
NAISSANCE23 novembre 1934
Jeunesse

Le court derrière la maison

Lew Hoad dans sa jeunesse

Né en 1934 dans une famille ouvrière de Sydney, Lew Hoad grandit à Glebe, dans une petite maison dont l’arrière donnait sur les courts du Hereford Tennis Club. Fasciné par le jeu, il commence dès 5 ans à frapper une balle contre une porte de garage. Son père, électricien et sportif passionné, encourage ses trois fils à entretenir leur condition physique. Lew pratique ainsi la natation, le rugby, le cricket, mais aussi la boxe et la lutte au Glebe Police Boys Club.

Cette enfance multisport contribue à façonner le champion : épaules larges, avant-bras puissants, réflexes rapides et goût de l’affrontement. À 12 ans, il dispute son premier match contre Ken Rosewall. Le contrôle et la vitesse de déplacement de Rosewall dominent d’abord les frappes encore désordonnées de Hoad, mais celui-ci apprend progressivement à maîtriser sa force. À 15 ans, les deux garçons sont déjà sélectionnés ensemble dans l’équipe masculine de Nouvelle-Galles du Sud.

Repéré par l’ancien champion Adrian Quist, Hoad trouve un emploi chez Dunlop après avoir quitté l’école, puis passe sous la direction d’Harry Hopman. En 1951, il remporte le championnat d’Australie juniors. Le garçon qui frappait contre une porte de garage est prêt à découvrir le monde — avec Rosewall toujours à ses côtés.

Mentors

Quist repère, Hopman façonne

Adrian Quist et Harry Hopman, mentors de Lew Hoad

Adrian Quist fut le premier à reconnaître l’exception. Présenté à l’ancien champion australien vers l’âge de 12 ans, Hoad impressionna par ses qualités athlétiques et son instinct. Quist l’aida à entrer chez Dunlop lorsqu’il quitta l’école et devint son premier véritable mentor, celui qui transforma un jeune frappeur de Glebe en espoir du tennis australien.

À partir de 1950, Harry Hopman prit le relais. Capitaine-entraîneur de l’équipe australienne de Coupe Davis, il exigeait de ses joueurs une condition physique irréprochable, une discipline quotidienne et une implication totale. Il ne chercha pas à reconstruire la technique naturelle de Hoad, mais à canaliser sa puissance, renforcer son endurance et maintenir sa concentration. Cette méthode contribua à faire de lui un champion, même si son intensité s’accordait parfois mal avec le tempérament plus instinctif et insouciant de Lew.

Quist avait décelé le talent, Hopman l’avait discipliné ; chez les professionnels, Hoad dut surtout apprendre à se diriger lui-même.

de 1952 à 1973

Sa carrière

1952-1955

Les jumeaux de Sydney

Lew Hoad et Ken Rosewall en Coupe Davis en 1953
Lew Hoad et Ken Rosewall conquièrent ensemble la Coupe Davis en 1953.

Lew Hoad et Ken Rosewall grandissent dans la même région de Sydney, ont le même âge à trois semaines près et progressent ensemble sous la direction d’Harry Hopman. On les surnomme les « twins », moins parce qu’ils se ressemblent que parce qu’ils deviennent inséparables dans l’équipe australienne. Pourtant, tout les oppose déjà : Rosewall construit, varie et contrôle ; Hoad frappe, attaque et cherche le coup décisif.

À 17 ans, Hoad atteint les quarts de finale des Championnats des États-Unis. En décembre 1952, à 18 ans, il remporte sans Rosewall sa première Coupe Davis avec l’Australie et bat Tony Trabert lors de la finale contre les États-Unis. L’année suivante, les deux amis prennent ensemble une nouvelle dimension. Ils remportent les doubles d’Australie, de Roland-Garros et de Wimbledon. Mais leur véritable entrée dans l’histoire se produit en Coupe Davis, en décembre 1953. À 19 ans, Hoad bat Vic Seixas, champion de Wimbledon, puis Tony Trabert au terme d’un cinquième set remporté 7-5. Rosewall apporte ensuite le point décisif contre Seixas et l’Australie conserve le trophée, 3-2. C’est déjà la deuxième Coupe Davis de Hoad.

La progression n’est cependant pas rectiligne. Les États-Unis reprennent la Coupe Davis en 1954 et Tony Trabert domine nettement la saison 1955. Hoad atteint la finale australienne, perdue contre Rosewall, puis les demi-finales à Forest Hills, où Trabert le surclasse. Il remporte néanmoins avec l’Australie une troisième Coupe Davis. La puissance est déjà là ; la régularité nécessaire pour devenir le meilleur ne l’est pas encore.

1956

À un match de l’histoire

Lew Hoad en 1956
1956 : en remportant Wimbledon, Lew Hoad est bien parti pour réaliser le Grand Chelem calendaire. Il pose avec la President’s Cup, comme c’était la tradition à cette époque, et non avec le Challenge Cup doré.

En 1956, tout s’aligne enfin. Hoad remporte les Championnats d’Australie en battant Rosewall en finale, conquiert Roland-Garros contre Sven Davidson, puis retrouve encore Rosewall à Wimbledon. Après quatre sets, il possède les trois premières levées du Grand Chelem et devient incontestablement le meilleur amateur de la saison.

Il ne lui reste plus que Forest Hills pour rejoindre Don Budge, jusque-là seul homme à avoir remporté les quatre grands championnats durant la même année. La finale l’oppose précisément à Rosewall, son ami, son partenaire et l’homme qu’il vient de battre dans les deux finales majeures précédentes. Cette fois, Rosewall s’impose en quatre sets. Il ne prive pas Hoad d’une grande carrière, mais d’une place absolument unique dans l’histoire du tennis.

L’année ne se réduit pourtant pas à cette défaite. Hoad gagne également le double à Wimbledon et aux États-Unis avec Rosewall, puis une quatrième Coupe Davis. Son bilan en simple dans la compétition s’établira à dix victoires pour deux défaites. Il est alors au sommet du tennis amateur.

1957

Wimbledon, puis l’exil

Lew Hoad, vainqueur de Wimbledon en 1957
1957 : après avoir conservé Wimbledon et atteint le sommet du tennis amateur, Hoad suit la voie ouverte par Gonzales et Rosewall en signant chez Jack Kramer.

Hoad reste amateur quelques mois supplémentaires, en partie pour tenter de conserver Wimbledon. Malgré des douleurs dorsales déjà présentes, il traverse le tournoi et domine Ashley Cooper en finale, 6-2, 6-1, 6-2. Deux Wimbledon consécutifs constituent son dernier acte parmi les amateurs. Quelques jours plus tard, il signe avec Jack Kramer et rejoint Rosewall chez les professionnels. Son contrat lui garantit 125 000 dollars, une somme considérable pour l’époque.

Ce passage n’est pas une simple promotion. En devenant professionnel, Hoad gagne enfin le droit d’affronter régulièrement les meilleurs joueurs du monde, mais perd celui de participer aux quatre grands championnats. Son deuxième Wimbledon est donc à la fois un couronnement et une sortie de scène.

Il découvre aussi que le circuit professionnel ne récompense pas seulement le génie. Les rencontres se succèdent presque chaque soir, sur des surfaces et dans des salles très différentes. Face à des hommes habitués à protéger leur service, à gérer leur effort et à exploiter chaque faiblesse, son goût du coup gagnant devient autant une arme qu’un risque.

1958

Pancho plie, mais c’est Lew qui rompt

Lew Hoad face à Pancho Gonzales
1958 : Hoad dispute à Pancho Gonzales la grande tournée professionnelle.

Le véritable examen commence contre Pancho Gonzales. Depuis plusieurs années, l’Américain règne sur les grandes tournées professionnelles. Hoad démarre pourtant leur série avec une force stupéfiante : il mène 18 victoires à 9 et semble capable de détrôner le maître. Ce départ prend toute sa dimension lorsqu’on le compare à celui de Rosewall un an plus tôt : face au même Gonzales, il avait perdu huit de leurs neuf premières confrontations. Gonzales résiste, adapte son jeu et profite aussi des problèmes physiques de son adversaire. Il remporte finalement la tournée par 51 victoires à 36. C’est la menace la plus sérieuse qu’il ait rencontrée depuis le début de sa domination.

Ce résultat ne constitue pas un effondrement de Hoad. En janvier, il avait remporté les cinq rencontres du Tournoi des champions de Kooyong. Plus tard, il atteint les finales de l’US Pro et du French Pro. À Roland-Garros, il élimine Trabert puis Gonzales et mène contre Rosewall avant de se bloquer le dos en allant chercher une balle. Diminué, il laisse échapper la finale puis doit renoncer à Wembley.

La saison contient déjà toute sa carrière professionnelle : Hoad peut faire reculer Gonzales, déborder Rosewall et donner l’impression d’être le meilleur joueur du monde. Mais son corps ou son rendement finissent toujours par interrompre l’élan.

1959-1960

Tout près du trône

Lew Hoad sur le circuit professionnel
1959 : lors du French Pro, Hoad termine troisième après sa victoire sur Rosewall.

En 1959, Hoad pousse Gonzales dans ses derniers retranchements. Lors de la grande tournée nord-américaine à quatre joueurs, il bat Pancho 15 fois en 28 rencontres. Mais Gonzales ne laisse absolument rien à Ashley Cooper et Mal Anderson : il termine premier avec 47 victoires pour 15 défaites, devant Hoad, 42-20, et conserve sa place de patron du circuit professionnel. Hoad peut le battre plus souvent qu’il ne perd contre lui ; il ne possède pas encore sa régularité contre l’ensemble du plateau.

L’Australien se montre pourtant plus efficace dans les tournois. À Forest Hills, il remporte le Tournoi des champions en dominant Gonzales lors de leur rencontre décisive, puis termine en tête du circuit Ampol, avec 51 points contre 43 à Pancho et 41 à Rosewall. Mais ces succès ne renversent pas la hiérarchie : Hoad ne gagne qu’un tournoi intermédiaire de plus que Gonzales, tandis que Pancho remporte la grande tournée et surtout l’US Pro, l’un des trois majeurs professionnels, dont Hoad reste bredouille. Même ses légers avantages en confrontation directe — 15-13 ou 24-23 selon le décompte retenu — montrent davantage qu’il fut le rival qui résista le mieux au maître qu’un joueur ayant réellement pris sa place.

Hoad reste dangereux en 1960, malgré un dos de plus en plus capricieux. Il bat plusieurs fois Rosewall en finale et remporte notamment le premier championnat professionnel du Japon. Mais il s’incline contre son ancien « jumeau » au French Pro, tandis que Gonzales domine largement la grande tournée professionnelle. Hoad n’a jamais été aussi proche du trône qu’en 1959 ; un an plus tard, ses éclairs demeurent, mais l’occasion d’installer un véritable règne commence déjà à s’éloigner.

1961-1963

Le meilleur, certains jours

Rod Laver, Lew Hoad et Jack Kramer en 1963
En 1963, Jack Kramer accueille Rod Laver chez les professionnels, où il retrouve Lew Hoad.

Les blessures transforment désormais chaque retour en pari. Hoad se fracture le pied en 1961, puis revient suffisamment bien pour battre Gonzales en demi-finale de Wembley. Mais dès le début de la finale contre Rosewall, son dos se bloque à nouveau. Il perd en quatre sets. L’année suivante, il gagne plusieurs tournois professionnels, notamment à Adélaïde et Zurich, mais s’incline encore contre Rosewall en finale de Wembley. Le scénario se répète en 1963 : troisième finale consécutive, troisième défaite contre son ancien « jumeau ».

Ces résultats empêchent de réduire Hoad à un champion déjà fini. Il reste capable de battre Gonzales, Rosewall ou les autres grands professionnels, et une enquête menée auprès d’éditeurs sportifs américains le désigne même comme meilleur professionnel de 1962. Mais cette appréciation entre en contradiction avec les résultats majeurs : Rosewall remporte les principales couronnes disputées chez les professionnels et impose une supériorité beaucoup plus continue.

C’est à cette époque que se fixe la légende de Hoad. Ses adversaires ne se souviennent pas nécessairement du joueur le plus constant, mais de celui qui, lorsqu’il frappait juste, semblait leur enlever toute possibilité d’agir.

1964-1973

L’ère Open arrive trop tard

Lew Hoad à Wimbledon en 1968
Wimbledon 1968 : avec le dos en compote, Lew Hoad est réduit au rôle de figurant.

Après 1963, ses apparitions deviennent plus irrégulières. Les douleurs dorsales, puis d’autres blessures, ne lui permettent plus de soutenir une saison entière. Il continue pourtant de participer à des exhibitions et à quelques compétitions professionnelles, affrontant encore Gonzales, Rosewall et la nouvelle génération. Il entre en semi-retraite en 1967.

Lorsque le tennis devient enfin Open en 1968, Hoad peut théoriquement retrouver Wimbledon et les autres grands tournois. Mais l’ouverture arrive beaucoup trop tard. À 33 ans, avec un dos usé depuis plus d’une décennie, il n’est plus que l’ombre du joueur qui avait défié Gonzales. Ses deux modestes titres, à Aberavon en 1969 puis Benidorm en 1971, paraissent presque dérisoires au regard de son potentiel à son apogée.

Il effectue encore quelques retours avant de cesser définitivement la compétition au début des années 1970. L’ère Open lui rendit l’accès aux grands tournois, mais pas le corps qui aurait pu lui permettre de les conquérir.

Twins

Hoad et Rosewall : faux jumeaux, vrais contraires

Lew Hoad et Ken Rosewall

Nés à 21 jours d’intervalle dans la même ville, Hoad et Rosewall s’affrontent dès l’âge de 12 ans avant de progresser ensemble sous les couleurs australiennes. Leur précocité et leur association en double leur valent le surnom de « jumeaux du tennis ». En 1953, ils remportent ensemble les titres d’Australie, de Roland-Garros et de Wimbledon, puis participent à la reconquête de la Coupe Davis.

Le surnom masque pourtant une opposition presque parfaite. Rosewall, plus petit et plus méthodique, construit les points avec précision et accepte la durée. Hoad cherche au contraire à imposer sa force, à prendre l’initiative et à conclure rapidement. Faux jumeau, presque faux frère, Rosewall est pourtant celui qui prive son ami du Grand Chelem calendaire à Forest Hills en 1956.

Leur passage chez les professionnels prolonge le duel tout en révélant leurs trajectoires opposées. Hoad atteint des sommets plus spectaculaires, mais son dos interrompt sans cesse son élan. Rosewall, moins foudroyant mais plus constant, traverse les années et finit souvent par avoir le dernier mot.

Le contraste se prolonge au-delà des courts : Rosewall traverse encore plusieurs décennies après sa retraite, tandis que Hoad disparaît à 59 ans. À Hoad l’éclair, à Rosewall la durée : les faux jumeaux auront incarné deux manières presque contraires d’approcher la grandeur.

Style de jeu

La puissance sans frein

Le jeu de Lew Hoad

Lew Hoad frappait la balle avec une violence inhabituelle pour son époque. Service, retour, coup droit, revers : il cherchait à prendre l’ascendant dès la première occasion, puis suivait volontiers son attaque au filet. Avec une raquette en bois, sa puissance de bras et de poignet lui permettait de produire des accélérations que peu de joueurs pouvaient seulement envisager.

On a parfois expliqué qu’il avait développé ce jeu pour pouvoir battre Rosewall. Leur rivalité a sans doute renforcé cette orientation, mais elle ne l’a pas créée : la force naturelle de Hoad, son impatience dans l’échange et son tempérament offensif appartenaient déjà à son identité. Là où Rosewall construisait et contrôlait, Hoad cherchait spontanément à arracher le point.

Quand ses frappes entraient, il donnait l’impression de retirer le match à son adversaire. Mais cette volonté de forcer la décision sur presque chaque balle pouvait aussi dérégler son jeu. Son génie et son irrégularité venaient ainsi de la même source : Hoad jouait sans frein, parfois même contre lui-même.

Débat

A-t-il vraiment été le meilleur ?

Lew Hoad au sommet de son jeu

Les témoignages de ses contemporains ont nourri la légende. Gonzales voyait en Hoad le seul adversaire capable de le battre même lorsqu’il jouait lui-même à son meilleur niveau ; Rosewall distinguait également le joueur irrésistible de ses grands jours. Mais ces jugements décrivent un sommet de jeu, pas une domination prolongée.

Hoad fut le meilleur amateur en 1956, dans un tennis alors privé de ses champions professionnels. Une fois passé chez les pros, il menaça sérieusement Gonzales sans parvenir à le détrôner. Même en 1959, sa meilleure saison, il remporta le Tournoi des champions et le classement Ampol, mais Pancho gagna la grande tournée et l’US Pro. Hoad ne conquit d’ailleurs jamais l’un des trois majeurs professionnels.

Il faut donc séparer la puissance maximale de la suprématie mondiale. Hoad fut peut-être le joueur le plus fort lorsqu’il atteignait son sommet, mais il ne fut jamais durablement le maître de son époque.

Palmarès

56 titres sur toute sa carrière

  • 42 titres amateurs, dont 2 Wimbledon, 1 Roland-Garros et 1 Championnat d’Australie.
  • 12 titres chez les professionnels avant l’ère Open.

Ses 2 titres Open

Aberavon 1969
Benidorm 1971
Vie privée

Jenny, partenaire de vie

Lew Hoad rencontre Jennifer « Jenny » Staley en 1951. Elle appartient elle aussi à l’élite du tennis australien et atteint la finale des Championnats d’Australie en 1954. Ils se marient à Wimbledon le 18 juin 1955 et auront deux filles et un fils.

Après les années de tournée, le couple s’installe près de Fuengirola, sur la Costa del Sol, où il fonde le Lew Hoad’s Campo de Tenis. Tous deux y enseignent et en font un lieu de rencontre fréquenté par des joueurs, des artistes et leurs amis. Jenny n’est donc pas seulement l’épouse du champion : elle partage sa vie de tennis, puis construit avec lui toute son après-carrière.

Dernier acte

Épilogue

Lew Hoad

Atteint d’une leucémie, Hoad meurt d’une crise cardiaque le 3 juillet 1994, à 59 ans, le jour où Pete Sampras remporte son deuxième Wimbledon consécutif, un exploit que lui-même avait réalisé 37 ans plus tôt.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026