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Russie
droitier - revers à deux mains

YevgenyKafelnikov

Le premier tsar du tennis
Yevgeny Kafelnikov

Yevgeny Kafelnikov a posé les fondations du tennis masculin russe moderne. Joueur d'une intelligence tactique exceptionnelle, capable de briller sur toutes les surfaces comme dans les deux disciplines, il a laissé un héritage bien plus grand que ne le laisse parfois penser la discrétion de son personnage.

2Grands Chelems
26Titres ATP
1999N°1 mondial
1Coupe Davis
NAISSANCE 18 février 1974
L'essentiel

Deux couronnes majeures

Jeunesse et formation

Des rives de la mer Noire au circuit ATP

Né le 18 février 1974 à Sotchi, sur les rives de la mer Noire, Yevgeny Kafelnikov découvre le tennis sous la houlette de son père, Alexandre, lui-même entraîneur. À une époque où l'Union soviétique n'a encore jamais produit de champion capable de rivaliser durablement avec l'élite mondiale, le jeune Russe grandit dans un environnement exigeant, où la discipline et le travail occupent une place centrale.

Très vite, son talent saute aux yeux. Solide des deux côtés, doté d'un remarquable sens de l'anticipation et d'une étonnante maturité tactique, il gravit rapidement les échelons du tennis soviétique puis international. La chute de l'URSS ouvre progressivement les portes du circuit ATP aux joueurs russes, et Kafelnikov appartient à cette première génération appelée à faire connaître son pays sur toutes les grandes scènes du tennis mondial.

Passé professionnel en 1992, il ne tarde pas à confirmer les promesses entrevues chez les juniors. Son adaptation au plus haut niveau est rapide : capable de performer sur toutes les surfaces, il affiche déjà cette régularité qui deviendra sa marque de fabrique.

Sotchi, ville natale de Yevgeny Kafelnikov
Sotchi, sur les rives de la mer Noire, où Yevgeny Kafelnikov découvre le tennis.
Identité tennistique

Style de jeu

Droitier au revers à deux mains, Kafelnikov n'est ni un serveur surpuissant ni un attaquant spectaculaire. Sa force réside ailleurs : dans une qualité de balle exceptionnelle, une grande précision en fond de court et une intelligence tactique qui lui permettent de prendre l'ascendant sans donner l'impression de forcer.

Excellent relanceur, il aime dicter les échanges grâce à la profondeur de ses frappes. Son revers, frappé très tôt, est l'un des plus sûrs de sa génération, tandis que son coup droit, moins flamboyant, se révèle d'une remarquable efficacité. Son déplacement, fluide et économique, lui permet d'être performant aussi bien sur terre battue que sur dur ou sur gazon.

Son immense réussite en double témoigne également de la qualité de sa volée, de son toucher de balle et de sa lecture du jeu. En 1996, il réalise un exploit rarissime en remportant à la fois le simple et le double à Roland-Garros, une performance qui souligne la remarquable polyvalence de son tennis.

Le jeu complet de Yevgeny Kafelnikov
Précision, anticipation et qualité de relance : les fondations du jeu de Kafelnikov.
de 1992 à 2003

Sa carrière

Yevgeny Kafelnikov à Roland-Garros 1994
Roland-Garros 1994 : Kafel ne s'incline que face à Berasategui, qui atteindra la finale.
1992-1995

Des débuts prometteurs

Les progrès de Kafelnikov sont fulgurants. Dès 1994, il remporte ses trois premiers titres ATP à Adélaïde, Copenhague et Long Island, démontrant déjà son aptitude à s'imposer sur plusieurs surfaces ... et sur trois continents ! Son classement grimpe rapidement et il devient l'un des jeunes joueurs les plus prometteurs du circuit.

L'année suivante confirme son changement de dimension. Il ajoute quatre nouveaux trophées à son palmarès, Milan, Gstaad, Saint-Pétersbourg, et il conserve le titre à Long Island. Plus encore que ces titres, ses performances en Grand Chelem attirent l'attention. À Roland-Garros, il atteint les demi-finales avant de s'incliner face au futur vainqueur Thomas Muster, alors considéré comme le maître incontesté de la terre battue.

À seulement vingt et un ans, Kafelnikov s'est déjà installé parmi les meilleurs joueurs du monde. Son calme apparent, sa constance et sa capacité à gagner sans éclat médiatique contrastent avec les personnalités plus démonstratives de l'époque. La Russie tient enfin le champion qu'elle attendait.

Yevgeny Kafelnikov vainqueur de Roland-Garros 1996
Roland-Garros 1996 : Kafelnikov domine Michael Stich en finale.
1996

Roland-Garros, le premier tsar

L'année 1996 marque l'entrée définitive de Kafelnikov dans l'histoire du tennis. À Roland-Garros, il survole le tournoi avec une maîtrise impressionnante. En demi-finale, il inflige une sévère correction au numéro un mondial Pete Sampras (7-6, 6-0, 6-2), pourtant venu à Paris avec l'ambition de compléter son palmarès sur terre battue.

En finale, Michael Stich oppose une belle résistance, mais le Russe remporte les trois jeux décisifs et s'impose en trois manches serrées. Il devient ainsi le premier joueur russe de l'histoire à décrocher un titre du Grand Chelem en simple.

Comme si cela ne suffisait pas, il remporte également le tournoi de double aux côtés de Daniel Vacek. Kafelnikov devient ainsi le premier homme depuis Stefan Edberg à l’Open d’Australie 1987 à gagner le simple et le double lors d’une même édition d’un tournoi du Grand Chelem. Aucun joueur n’a reproduit cet exploit depuis.

Yevgeny Kafelnikov face à Mark Philippoussis à Wimbledon 1998
Wimbledon 1998 : Le Russe chute d'entrée, victime de Mark Philippoussis.
1997-1998

Deux saisons en demi-teinte

Après son triomphe parisien, Kafelnikov peine à confirmer les immenses attentes suscitées par son sacre de Roland-Garros. En 1997, il ne retrouve jamais les sommets atteints l'année précédente. Éliminé en quarts de finale à Roland-Garros par Gustavo Kuerten, futur vainqueur du tournoi, il ne dépasse pas les huitièmes de finale à Wimbledon et quitte prématurément l'Open d'Australie comme l'US Open. Malgré quelques titres sur le circuit ATP, la dynamique de 1996 semble déjà s'être essoufflée.

La saison 1998 accentue cette impression. Kafelnikov ne dépasse le deuxième tour ni à l'Open d'Australie ni à Roland-Garros, s'incline d'entrée à Wimbledon et ne signe qu'un huitième de finale à l'US Open, son meilleur résultat de l'année en Grand Chelem. Toujours solidement installé parmi les meilleurs joueurs du monde, il ne parvient pourtant plus à jouer les premiers rôles dans les grands rendez-vous.

Ces deux saisons constituent une période de doute plus que de déclin. Conscient de devoir retrouver un nouvel élan, Kafelnikov décide de confier son entraînement à l'Américain Larry Stefanki à la fin de l'année 1998. Ce choix marque un tournant décisif : quelques mois plus tard, il renoue avec les plus grands succès et entame la plus belle période de sa carrière.

Yevgeny Kafelnikov face à Thomas Enqvist à l'Open d'Australie 1999
Open d'Australie 1999 : Kafelnikov domine Thomas Enqvist en finale.
1999

Le toit du monde

L'Open d'Australie 1999 constitue l'apogée de sa carrière. Profitant d'un tableau où plusieurs favoris tombent prématurément, Kafelnikov saisit parfaitement sa chance. Il élimine Todd Martin, Tommy Haas puis domine Thomas Enqvist en finale pour remporter son deuxième titre du Grand Chelem.

Ce succès récompense avant tout plusieurs années d'une remarquable régularité. Depuis 1996, le Russe tient son rang dans les plus grands rendez-vous, quelle que soit la surface. Le 3 mai 1999, cette constance est récompensée lorsqu'il devient le premier joueur russe de l'histoire à accéder à la première place mondiale.

La brièveté de son règne – six semaines – ne doit pas masquer l'exploit. Il atteint le sommet à une époque où la concurrence est féroce, face à Pete Sampras, Andre Agassi, Patrick Rafter, Marcelo Ríos ou encore Gustavo Kuerten. Être le premier Russe à s'imposer au sommet d'une génération aussi prestigieuse représente un accomplissement historique. Quelques mois plus tard, l'émergence de Marat Safin confirme que Kafelnikov a ouvert la voie à toute une école de champions.

Yevgeny Kafelnikov champion olympique à Sydney
Jeux olympiques de Sydney 2000 : Kafelnikov remporte la médaille d'or.
2000

Champion olympique

Kafelnikov défend vaillamment son titre à Melbourne, ne cédant qu'en finale face à Andre Agassi. L'Australie n'a pourtant pas fini de lui sourire. Quelques mois plus tard, à Sydney, il ajoute une nouvelle ligne prestigieuse à son palmarès en remportant la médaille d'or olympique.

Son parcours est particulièrement relevé. Il élimine successivement Mark Philippoussis, Gustavo Kuerten, Arnaud Di Pasquale puis Tommy Haas en finale pour décrocher la médaille d'or. À une époque où les meilleurs joueurs participent pleinement au tournoi olympique, cette victoire constitue l'un des plus grands exploits de sa carrière.

Cette médaille confirme sa capacité à répondre présent lors des grands rendez-vous. Peu de joueurs de son époque peuvent alors se prévaloir d'un tel palmarès : deux titres du Grand Chelem, la place de numéro un mondial et un titre olympique.

Yevgeny Kafelnikov vainqueur à Halle en 2002
Halle 2002 : Kafelnikov décroche l'un de ses derniers titres sur le circuit.
2001-2003

Les derniers combats

Les saisons suivantes sont plus irrégulières. Kafelnikov continue néanmoins à remporter des titres, tout en restant compétitif dans les grands tournois. L'émergence d'une nouvelle génération, incarnée par Lleyton Hewitt, Marat Safin ou Juan Carlos Ferrero, rend toutefois plus difficile son maintien au sommet.

En 2002, un marqueur révèle qu'il décline : il échoue à conserver le titre qu'il détenait depuis 1997 chez lui à Moscou. Son dernier grand objectif devient cependant la Coupe Davis. Il annonce qu'il mettra un terme à sa carrière si la Russie remporte enfin le trophée. La finale, disputée à Paris-Bercy contre la France, donne lieu à un scénario inattendu. Battu lors de son premier simple, il voit son jeune coéquipier Mikhaïl Youzhny renverser Paul-Henri Mathieu dans le cinquième match décisif, offrant à la Russie sa première Coupe Davis.

Fidèle à sa parole, Kafelnikov dispute encore quelques tournois avant de quitter définitivement le circuit professionnel à la fin de la saison 2003. Il laisse derrière lui un héritage immense : celui du premier grand champion masculin de l'histoire du tennis russe.

pionnier

Le premier cador russe

Lorsque Kafelnikov débute sur le circuit professionnel, le tennis masculin russe n'a encore produit aucun champion de tout premier plan. Quelques joueurs prometteurs émergent après la disparition de l'Union soviétique, mais aucun n'a encore réussi à s'imposer durablement parmi l'élite mondiale. En l'espace de quelques années, Kafelnikov change complètement cette perception.

Premier Russe à remporter un tournoi du Grand Chelem en simple, premier à devenir numéro un mondial, premier champion olympique de son pays dans cette discipline et acteur majeur de la conquête de la Coupe Davis en 2002, il accumule les premières historiques. Chacun de ses succès ouvre une nouvelle porte au tennis russe, qui cesse progressivement d'être un outsider pour devenir l'une des grandes puissances du circuit.

Son influence dépasse largement son propre palmarès. En démontrant qu'un joueur russe peut régner sur le tennis mondial, il ouvre la voie à toute une génération de champions. Marat Safin, Nikolay Davydenko, Mikhaïl Youzhny, puis plus tard Daniil Medvedev et d'autres, grandissent avec Kafelnikov comme modèle. Sans rechercher ce rôle de pionnier, il devient malgré lui le fondateur du tennis masculin russe moderne.

Aujourd'hui encore, son héritage ne se mesure pas seulement à son palmarès. Il réside surtout dans le fait d'avoir transformé un pays émergent en une nation capable de produire régulièrement des champions. Plus qu'un grand joueur, Yevgeny Kafelnikov restera le premier tsar du tennis russe.

Yevgeny Kafelnikov au Masters 1997
Sa rage de vaincre l'a encore conduit en finale du Masters en 1997.
Coupe Davis

En campagne

Dès 1994, alors qu’il n’a que 20 ans, Kafelnikov joue un rôle majeur dans le parcours qui conduit la Russie jusqu’à la première finale de son histoire. En demi-finale, à Hambourg, il remporte notamment avec Andrei Olhovskiy un double de près de quatre heures contre Michael Stich et Karsten Braasch, conclu 10-8 au cinquième set, qui qualifie son pays aux dépens de l’Allemagne tenante du titre.

La finale disputée à Moscou tourne cependant en faveur de la Suède. Kafelnikov s’incline en cinq manches contre Magnus Larsson, puis perd avec Olhovskiy un double tout aussi disputé face à Jonas Björkman et Jan Apell. La Russie est battue 4-1, malgré la victoire de Kafelnikov sur Stefan Edberg dans un dernier match sans enjeu.

En 1995, la Russie atteint de nouveau la finale, encore à Moscou. Cette fois, elle pousse les États-Unis jusqu’au cinquième match, mais Pete Sampras réalise un week-end exceptionnel : vainqueur de son premier simple, du double, puis de Kafelnikov lors du quatrième match, il offre le trophée aux Américains. Pour la deuxième année consécutive, Kafelnikov voit donc la Coupe Davis lui échapper à domicile.

La Russie reste ensuite une équipe dangereuse sans parvenir immédiatement à retrouver la finale. En 1999, elle atteint les demi-finales avant de s’incliner en Australie. En 2001, Kafelnikov sauve d’abord la Russie au premier tour contre la Slovaquie. Après avoir remporté son premier simple et le double aux côtés de Marat Safin, il apporte le point décisif en renversant Karol Kucera, malgré la perte des deux premières manches. La Russie ne va toutefois pas plus loin : elle est nettement battue par la Suède en quarts de finale.

L’aboutissement arrive enfin en 2002. Face à la France, qui défend son titre à Paris-Bercy, Kafelnikov perd son simple contre Sébastien Grosjean et s’incline également en double avec Safin. Mais la Russie, menée 2-1, renverse la finale grâce aux victoires de Safin puis de Mikhaïl Youzhny, auteur d’un retour spectaculaire contre Paul-Henri Mathieu. Après les désillusions de 1994 et 1995, Kafelnikov peut enfin soulever la première Coupe Davis de l’histoire russe.

Yevgeny Kafelnikov avec l'équipe de Russie victorieuse de la Coupe Davis 2002
Kafelnikov est finalement récompensé avec le droit de soulever ce Saladier d'argent qui l'avait fui durant toute sa carrière.
double

La fructueuse récolte

Si Yevgeny Kafelnikov entre dans l'histoire grâce à ses succès en simple, il est également l'un des meilleurs joueurs de double de sa génération. Doté d'une excellente lecture du jeu, d'une volée très sûre et d'un remarquable sens de l'anticipation, il s'impose durablement parmi l'élite mondiale de la discipline.

Associé principalement au Tchèque Daniel Vacek, il remporte quatre titres du Grand Chelem : Roland-Garros en 1996 et 1997, l'US Open 1997, puis l'Open d'Australie 2002 avec Paul Haarhuis. En novembre 1997, il atteint même la première place mondiale du classement de double, une distinction rarissime pour un joueur figurant également parmi les meilleurs en simple.

Cette réussite illustre la remarquable polyvalence de son tennis. À une époque où les meilleurs spécialistes abandonnent souvent le double pour se consacrer au simple, Kafelnikov parvient à exceller dans les deux disciplines. Peu de champions de l'ère Open peuvent se prévaloir d'un palmarès aussi riche et équilibré.

Yevgeny Kafelnikov et Daniel Vacek à Roland-Garros 1996
Roland-Garros 1996 : Kafelnikov réalise le doublé simple-double.
Coachs et entourage

Les hommes de l'ombre

Le personnage le plus marquant de sa formation reste son père, Alexandre Kafelnikov, qui supervise ses débuts et forge les bases d'un jeu particulièrement complet. Son exigence et sa rigueur contribuent largement à façonner le tempérament calme et méthodique du futur numéro un mondial.

À partir de 1999, Kafelnikov travaille avec Larry Stefanki, l'un des entraîneurs américains les plus réputés du circuit. Leur collaboration accompagne la période la plus accomplie de sa carrière, marquée par son titre à l'Open d'Australie, son accession à la première place mondiale et sa médaille d'or olympique.

Alexandre Kafelnikov

Père et formateur

Larry Stefanki, entraîneur de Yevgeny Kafelnikov

Larry Stefanki

1999-2001

Palmarès

Ses 26 titres

Clique sur une pastille colorée pour accéder à la fiche du tournoi.

Grand Chelem ATP 500 Jeux olympiques ATP 250

Adélaïde 1994
Copenhague 1994
Long Island 1994
Milan 1995
Saint-Pétersbourg 1995
Gstaad 1995
Long Island 1995
Adélaïde 1996
Prague 1996
Roland-Garros 1996
Lyon 1996
Halle 1997
New Haven 1997
Moscou 1997
Londres 1998
Halle 1998
Moscou 1998
Open d'Australie 1999
Rotterdam 1999
Moscou 1999
Jeux olympiques 2000
Moscou 2000
Marseille 2001
Moscou 2001
Halle 2002
Tachkent 2002
Vie privée

Famille

En juillet 1998, Yevgeny Kafelnikov épouse le mannequin Maria « Masha » Tishkova. Quelques mois plus tard naît leur fille, Alesya, qui fera carrière dans le mannequinat. Le couple se sépare cependant au début des années 2000, donnant lieu à une longue bataille judiciaire concernant la garde de leur enfant.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026