
De l'ombre au choc Hewitt
Les premières saisons d'Ivo Karlovic se déroulent loin des grands stades. Il accumule les matchs dans les tournois Futures et Challengers, gagne lentement des points et cherche surtout à rendre son jeu viable semaine après semaine. Son service produit déjà des séries d'aces, mais le reste doit encore suivre : la première volée, le retour, la gestion des échanges courts et la capacité à rester solide dans les jeux décisifs.
Il dispute ses premiers matchs sur le circuit principal en 2000 et joue son premier tournoi ATP à Tachkent. La progression reste lente. À la fin de 2002, il n'a encore remporté qu'un match au plus haut niveau et occupe la 175e place mondiale. Rien ne laisse prévoir l'impact qu'il va provoquer quelques mois plus tard sur le Centre Court de Wimbledon.
La première apparition d'Ivo Karlovic dans un tableau de Grand Chelem devient immédiatement son match le plus célèbre. Qualifié à Wimbledon en 2003 et classé au-delà de la 200e place mondiale, il affronte au premier tour Lleyton Hewitt, champion sortant. L'Australien gagne la première manche 6-1, puis se heurte à une succession de services qu'il ne parvient plus à neutraliser. Karlovic renverse le match, 1-6, 7-6, 6-3, 6-4. Hewitt devient le premier tenant du titre du simple messieurs à perdre dès le premier tour de Wimbledon pendant l'ère Open.

Karlovic atteint le troisième tour en 2003 et termine la saison dans le Top 100. En 2004, il revient à Wimbledon et gagne encore deux matchs avant de tomber contre Roger Federer. Sa réputation de serveur hors norme est désormais installée.

L'année suivante, il frappe 51 aces face à Daniele Bracciali dans une rencontre en cinq manches, égalant alors un record du tournoi. Ces coups d'éclat ne se transforment pas encore en titres. En double, il trouve néanmoins une première récompense importante en remportant Memphis en 2006 avec Chris Haggard. Le simple va bientôt suivre.
























