Des occasions manquées au sommet amateur
La guerre retarde l'ascension de Jack Kramer, mais ce sont d'abord deux mésaventures qui l'empêchent de conquérir Forest Hills. En 1942, une crise d'appendicite le prive des championnats des États-Unis. L'année suivante, il atteint la finale, mais une intoxication alimentaire l'affaiblit face à son ami Joe Hunt, qui remporte le titre. Ses obligations militaires l'éloignent ensuite des grandes compétitions en 1944 et 1945. Lorsque Wimbledon reprend en 1946, Kramer y arrive parmi les favoris, mais des ampoules à la main le handicapent contre Jaroslav Drobný, vainqueur de leur huitième de finale en cinq sets.
À Forest Hills, quelques semaines plus tard, l'Américain efface enfin ces déceptions. Il remporte son premier grand titre en simple en dominant Tom Brown en finale. Ce succès, ajouté à sa régularité au plus haut niveau, lui vaut d'être considéré par plusieurs observateurs comme le meilleur joueur amateur du monde en 1946.
L'année suivante, il confirme cette place avec une autorité impressionnante : à Wimbledon, où il ne concède qu'un set durant le tournoi, il écrase de nouveau Brown en finale (6-1, 6-3, 6-2), en quarante-cinq minutes environ.
Son deuxième sacre consécutif aux championnats des États-Unis exige une tout autre démonstration. Mené deux sets à zéro par Frank Parker, Kramer retourne la finale pour l'emporter 4-6, 2-6, 6-1, 6-0, 6-3. À 26 ans, il possède trois titres majeurs en simple, mais comprend que le statut d'amateur ne lui assure pas les revenus d'une carrière durable. En novembre 1947, il signe un contrat professionnel. Il renonce ainsi aux Grands Chelems, alors interdits aux joueurs rémunérés, au moment même où il domine le tennis amateur.

US Championships
Wimbledon