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États-Unis
droitier - revers à deux mains

AaronKrickstein

L'été à New York
Aaron Krickstein

Combattant infatigable, redoutable dans les matchs qui s'éternisent, il finit par entretenir avec l'US Open une relation singulière, où les plus belles victoires côtoient les désillusions les plus cruelles.

9Titres ATP
1990N°6 mondial
1Coupe Davis
NAISSANCE 2 août 1967
formation

L'enfant du Michigan

Aaron Krickstein dans l'environnement de Nick Bollettieri
Aaron Krickstein dans l'environnement de Nick Bollettieri, qui participe à sa formation en Floride.

Aaron Krickstein grandit dans le Michigan, au sein d'une famille où le sport tient une place importante. Son père, Herb, médecin anatomopathologiste et ancien joueur universitaire, est son premier entraîneur ; ses trois sœurs aînées pratiquent également le tennis à un bon niveau chez les juniors. Aaron commence à jouer à 6 ans, mais se distingue aussi en natation, remportant des compétitions de nage libre et de papillon dans son État.

Son talent s'affirme très tôt. Dès 1978, à 11 ans, il remporte le Junior Orange Bowl des moins de 12 ans. Élève de l'University Liggett School, il aligne 56 victoires consécutives dans les compétitions scolaires du Michigan. Numéro un américain chez les moins de 14 ans en 1981, puis chez les moins de 16 ans en 1982, il s'impose également face à des adversaires plus âgés, remportant à seulement 15 ans le championnat national en salle des moins de 18 ans.

Au début des années 1980, il bénéficie de l'enseignement de Nick Bollettieri dans son académie de Floride, où il perfectionne notamment son jeu de fond de court et sa préparation physique. En 1983, Krickstein multiplie les succès nationaux chez les moins de 18 ans, sur différentes surfaces. En août, il remporte le prestigieux tournoi de Kalamazoo en battant Patrick McEnroe en finale. À 16 ans, il devient le plus jeune vainqueur de cette compétition, un exploit qui lui ouvre les portes du tableau principal de l'US Open. New York l'attend.

Un phénomène de précocité

Aaron Krickstein remporte Tel Aviv en 1983
Tel-Aviv, octobre 1983 : à 16 ans, Aaron Krickstein devient le plus jeune vainqueur d'un titre de simple sur le circuit principal.

Dès octobre 1983, Aaron Krickstein devient à Tel-Aviv le plus jeune vainqueur d'un titre en simple, à 16 ans, 2 mois et 13 jours. En 1984, il remporte encore trois tournois, à Boston, Tel-Aviv et Genève, et dispute notamment les finales de Rome et de Washington. Le jeune Américain confirme ainsi que ses performances à l'US Open ne relèvent pas d'un simple coup d'éclat.

Après plusieurs saisons perturbées par les blessures, il retrouve une véritable dynamique en 1989. Il s'impose à Sydney, puis à Los Angeles, où il sauve sept balles de match contre Brad Gilbert en demi-finale avant de battre Michael Chang, récent vainqueur de Roland-Garros. À Tokyo Indoor, il sauve encore deux balles de match contre Stefan Edberg avant de dominer Carl-Uwe Steeb en finale. Ces trois titres lui permettent de retrouver le Masters, où il remporte une victoire contre Chang.

Aaron Krickstein et Thomas Muster à Monte-Carlo en 1992
Monte-Carlo 1992 : Aaron Krickstein atteint la finale d'un des grands rendez-vous de la saison sur terre battue.

En 1990, il bat Ivan Lendl, alors n° 1 mondial, au tournoi de Tokyo disputé en extérieur, avant de s'incliner en finale contre Edberg. Après la désillusion new-yorkaise de 1991, il connaît encore plusieurs satisfactions : un titre à Johannesburg en 1992, accompagné d'une finale à Monte-Carlo contre Thomas Muster, puis un neuvième et dernier sacre à Durban en 1993. En 1994, il atteint les demi-finales d'Indian Wells et élimine Michael Stich, alors n° 2 mondial, à Roland-Garros. Ces succès ne constituent plus une ascension régulière vers le sommet, mais démontrent que Krickstein reste capable de performances de premier plan.

De 1983 à 1996

Sa carrière

Aaron Krickstein à l US Open 1983
US Open 1983 : Face à Vitas Gerulaitis, le jeune Aaron Krickstein s'impose après avoir été mené deux manches à rien.
1983

Le gamin qui bouscule New York

En septembre 1983, Aaron Krickstein débarque à Flushing Meadows avec ses 16 ans, son talent précoce et l'insouciance d'un adolescent qui n'a pas encore appris à craindre les grands noms. Dès le premier tour, il élimine en cinq manches Stefan Edberg, autre prodige de sa génération, avant de poursuivre son étonnante aventure. New York découvre un jeune Américain venu du Michigan qui ne paraît impressionné ni par ses adversaires ni par l'immensité du tournoi.

Au troisième tour, Vitas Gerulaitis, tête de série n° 15 et ancien finaliste de l'US Open, semble pourtant devoir ramener le garçon à la raison. Il remporte les deux premières manches, mais Krickstein refuse de céder. Jeu après jeu, il inverse le cours de la rencontre et finit par s'imposer 3-6, 3-6, 6-4, 6-3, 6-4. En quelques heures, l'adolescent vient de se faire un nom devant le public new-yorkais.

Yannick Noah, tout récent champion de Roland-Garros, met fin à son aventure en huitièmes de finale. Mais l'essentiel est acquis : Krickstein est devenu le plus jeune joueur à atteindre ce stade de l'US Open. Le tournoi vient de lui offrir une entrée fracassante dans le grand tennis. Il est encore loin d'imaginer la place que New York occupera dans son histoire.

Aaron Krickstein à l US Open 1986
La succession des blessures n'empêche pas Aaron Krickstein de retrouver l'US Open, où il atteint les huitièmes de finale en 1986.
1984-1987

Le prodige contrarié

L'ascension du jeune Américain se poursuit à une vitesse stupéfiante. En août 1984, il intègre le top 10 mondial à seulement 17 ans et 11 jours, établissant un nouveau record de précocité. Mais le corps ne suit pas toujours les ambitions du joueur. Les fractures de fatigue se succèdent, les interruptions deviennent fréquentes et les blessures commencent à entraver ce qui semblait devoir être une irrésistible progression.

Alors que d'autres jeunes champions construisent leur domination, Krickstein doit apprendre à revenir. Son pied droit nécessite une intervention chirurgicale ; d'autres problèmes physiques affectent ensuite sa préparation. En 1986, il retrouve néanmoins les huitièmes de finale de l'US Open, comme trois ans plus tôt. Ce résultat ne provoque pas le même retentissement que sa révélation initiale, mais il témoigne d'une qualité qui deviendra sa marque de fabrique : la résistance.

En 1987, une fracture de fatigue au tibia gauche le contraint à un nouvel arrêt. Un accident de la circulation survenu à Long Island, qui lui laisse deux côtes cassées, vient encore compliquer sa situation. Le joueur qui avait bouleversé New York à 16 ans semble désormais lutter avant tout contre les blessures et le temps perdu. Pourtant, l'histoire entre Krickstein et Flushing Meadows n'est pas terminée.

Aaron Krickstein à l US Open 1988
L'US Open 1988 marque le retour d'Aaron Krickstein dans la deuxième semaine d'un Grand Chelem.
1988

Edberg, cinq ans après

L'US Open 1988 lui réserve un curieux rendez-vous avec son passé. En huitièmes de finale, Krickstein retrouve Stefan Edberg, précisément celui qu'il avait battu au premier tour lors de son irruption de 1983. Mais le Suédois a changé de dimension : désormais champion de Wimbledon, il figure parmi les grands favoris du tournoi.

Le match devient un nouveau combat de cinq manches. Krickstein perd le premier set, enlève les deux suivants au jeu décisif, laisse Edberg égaliser, puis s'arrache pour l'emporter 5-7, 7-6, 7-6, 4-6, 7-5. Cinq ans après avoir surpris le jeune Suédois, il vient de dominer un champion confirmé. La victoire a quelque chose d'une revanche sur ses années de blessures.

En quarts de finale, Darren Cahill met un terme à son parcours au bout d'un autre match en cinq sets. Mais Krickstein a retrouvé à New York ce qui lui avait tant manqué ailleurs : la possibilité de s'affirmer sur une grande scène. À 21 ans, l'ancien enfant prodige n'est plus seulement une promesse contrariée.

Aaron Krickstein à l US Open 1988
À New York en 1989, Aaron Krickstein retrouve le dernier carré.
1989

Son plus bel été

Un an plus tard, Krickstein franchit un nouveau palier. À l'US Open 1989, il doit d'abord puiser dans ses ressources les plus profondes pour écarter Alexander Volkov au troisième tour, après avoir perdu les deux premières manches. Une remontée spectaculaire, mais presque familière pour un joueur qui excelle à transformer les situations désespérées.

Il élimine ensuite Paul Haarhuis, puis profite de l'abandon de Jay Berger en quarts de finale pour atteindre, à 22 ans, sa première demi-finale en Grand Chelem. Huit années de tennis ne se sont pas encore écoulées depuis ses débuts sur le circuit, mais Krickstein a déjà connu la précocité, les records, les blessures et plusieurs retours. Cette demi-finale a la saveur d'un accomplissement longtemps différé.

Boris Becker, futur vainqueur du tournoi, lui barre la route de la finale. Krickstein n'ira pas plus loin à New York. Pourtant, son parcours confirme qu'il appartient de nouveau à l'élite mondiale. Le garçon qui avait émerveillé Flushing Meadows à 16 ans y signe, six ans plus tard, son meilleur résultat. Entre ces deux étés, il est devenu un homme et un joueur autrement éprouvé.

Jimmy Connors et Aaron Krickstein à l US Open 1991
US Open 1991 : le duel avec Jimmy Connors devient l'un des matchs les plus célèbres de l'histoire du tournoi.
1990

Un rendez-vous devenu familier

Le 26 février 1990, Krickstein atteint la sixième place mondiale, le meilleur classement de sa carrière. Il approche alors de son sommet sportif. Mais à New York, le scénario ressemble étrangement à celui de l'année précédente.

Après avoir notamment écarté Pat Cash et Amos Mansdorf, il retrouve les quarts de finale de l'US Open. De nouveau, Boris Becker se présente sur sa route. Et de nouveau, l'Allemand met fin à ses ambitions. Krickstein reste un adversaire redoutable, capable d'atteindre régulièrement la deuxième semaine du tournoi, mais la porte d'une nouvelle demi-finale lui demeure fermée.

Depuis sa révélation de 1983, New York lui a offert ses plus grandes émotions. Il y a connu la surprise, la reconnaissance, la revanche et la consécration. Il lui reste pourtant à y vivre l'épisode qui marquera le plus durablement sa mémoire.

Aaron Krickstein à l US Open 1991
US Open 1991 : Aaron Krickstein crée la sensation en terrassant Andre Agassi.
1991

Le jour où New York choisit Connors

En septembre 1991, Aaron Krickstein a 24 ans. Huit années ont passé depuis son premier exploit à Flushing Meadows. Au premier tour, il élimine Andre Agassi, finaliste de l'édition précédente, en trois manches, 7-5, 7-6, 6-2. Le voilà lancé dans une nouvelle aventure new-yorkaise. En huitièmes de finale, un autre Américain l'attend : Jimmy Connors, cinq fois vainqueur de l'US Open, qui fête précisément ses 39 ans le jour de leur rencontre.

Le duel possède quelque chose d'irréel. D'un côté, le jeune homme du Michigan, devenu un habitué des combats interminables ; de l'autre, l'ancienne gloire du tennis américain, invitée dans un tournoi où personne ne l'attendait à pareille fête. Connors bénéficie d'un soutien populaire extraordinaire. Le stade vibre à chacune de ses réactions, de ses colères et de ses célébrations. Krickstein, pourtant Américain lui aussi, comprend que ce jour-là, New York a choisi son héros.

Jimmy Connors et Aaron Krickstein à l US Open 1991
US Open 1991 : le duel avec Jimmy Connors devient l'un des matchs les plus célèbres de l'histoire du tournoi.

Sur le court, c'est néanmoins lui qui prend l'avantage. Il mène deux manches à une, puis 5 jeux à 2 dans le cinquième set. À 5-3, il sert même pour le match. La qualification semble toute proche. Mais Connors refuse de mourir, porté par une foule qui transforme chaque point en événement. Il reprend son retard, arrache le jeu décisif et finit par s'imposer 3-6, 7-6, 1-6, 6-3, 7-6 après plus de quatre heures et demie d'un affrontement devenu légendaire.

L'ironie est cruelle. Krickstein, surnommé « Marathon Man », vient de perdre l'un des matchs les plus célèbres de l'histoire de l'US Open, précisément dans l'exercice où il excelle. Les images de la victoire de Connors feront le tour du monde et seront rediffusées pendant des décennies. Pourtant, derrière l'exploit du vétéran se trouve un autre homme, dont la résistance et la défaite ont rendu cette journée inoubliable.

En 1983, un adolescent de 16 ans avait fait irruption à New York en défiant ses aînés. En 1991, c'est un vétéran de 39 ans qui lui vole la vedette. L'histoire semble s'être retournée contre son premier héros. Krickstein poursuivra sa carrière, connaîtra d'autres succès et d'autres exploits, mais son grand roman new-yorkais s'achève ici, sur une défaite qui restera plus célèbre que la plupart de ses victoires.

Aaron Krickstein à l Open d Australie 1995
Open d'Australie 1995 : sa dernière apparition en demi-finale de Grand Chelem.
1995

Melbourne, l'ultime résurrection

Open d'Australie 1995 : sa dernière apparition en demi-finale de Grand Chelem, interrompue par une blessure à l'aîne.

En janvier 1995, alors que l'essentiel de sa trajectoire sportive semble appartenir au passé, Krickstein retrouve soudain l'un de ces états de grâce qui ont jalonné sa carrière. À l'Open d'Australie, il élimine notamment Wayne Ferreira et Petr Korda avant de retrouver, en huitièmes de finale, un adversaire qui accompagne son histoire depuis ses débuts : Stefan Edberg.

Douze ans après leur premier affrontement à New York, sept ans après leur marathon de l'US Open 1988, les deux hommes se livrent une nouvelle bataille. Edberg enlève les deux premières manches, mais Krickstein refuse une fois encore la défaite. Il renverse le Suédois 6-7, 5-7, 6-4, 7-6, 6-4, puis élimine Jacco Eltingh en quarts. Le voilà, à 27 ans, en demi-finale d'un Grand Chelem pour la deuxième fois de sa carrière, plus de cinq ans après sa première apparition à ce stade à New York.

Andre Agassi auprès d'Aaron Krickstein à l'Open d'Australie 1995
Open d'Australie 1995 : face à Andre Agassi, Aaron Krickstein, trahi par son corps, doit jeter l'éponge.

L'aventure prend fin prématurément contre Andre Agassi. Mené 6-4, 6-4, 3-0, Krickstein doit abandonner en raison d'une blessure à l'aine. Cette demi-finale ne marque pas le début d'une nouvelle période de domination, mais constitue l'un des derniers grands éclats d'un joueur que l'on croyait déjà sur le déclin.

Aaron Krickstein à Wimbledon en 1995
La campagne de Wimbledon confirme en 1995 la capacité d'Aaron Krickstein à revenir au premier plan.

Il atteint encore les huitièmes de finale de Wimbledon quelques mois plus tard, au prix de nouveaux combats en cinq manches. Mais les blessures et l'usure finissent par avoir raison de sa persévérance. Après une série de défaites, Krickstein prend sa retraite en 1996, à seulement 28 ans. Son dernier grand exploit aura eu lieu à Melbourne ; sa légende, elle, demeure indissociable de New York.

Marathon Man

Aaron Krickstein à l'US Open 1986

Aaron Krickstein n'a pas usurpé son surnom de Marathon Man. Sur les 37 rencontres de sa carrière disputées en cinq manches, l'Américain en a remporté 28, pour seulement 9 défaites. Avec 75,7 % de victoires, il figure au septième rang des joueurs les plus performants de l'ère Open dans cet exercice, selon le classement publié par l'ATP en janvier 2025, parmi ceux ayant disputé au moins quinze matchs en cinq manches. Une efficacité remarquable, qui témoigne autant de son endurance physique que de sa résistance mentale.

Plus impressionnant encore, Krickstein a réussi dix fois à renverser une rencontre après avoir perdu les deux premières manches, égalant ainsi un record historique de l'ère Open. Ses adversaires avaient beau mener deux sets à zéro, ils n'étaient jamais assurés de la victoire. Alexander Volkov en fait l'expérience à l'US Open 1989, tout comme Stefan Edberg à l'Open d'Australie 1995, où l'Américain signe l'une des remontées les plus spectaculaires de sa carrière.

L'ironie veut pourtant que son match le plus célèbre soit l'une de ses neuf défaites en cinq manches. En huitième de finale de l'US Open 1991, Jimmy Connors lui arrache la victoire après qu'il a mené 5-2 dans le dernier set. Cette rencontre, devenue légendaire, a fini par éclipser une statistique bien plus révélatrice de son tempérament : dans plus de trois marathons sur quatre, c'est Krickstein qui avait le dernier mot.

Style de jeu et personnalité sportive

La résistance comme signature

Aaron Krickstein en action

Joueur de fond de court, Krickstein s'appuie d'abord sur un coup droit très lifté et particulièrement lourd, qu'il utilise pour dicter l'échange. Son revers à deux mains, plus fragile au début de sa carrière, gagne en assurance avec les années. Il progresse également au service et dans le jeu vers l'avant, sans devenir un attaquant naturel : les adversaires capables de lui enlever du temps, notamment au filet, restent les plus dangereux pour lui.

Son véritable signe distinctif est cependant la résistance mentale. Surnommé « Marathon Man », il remporte dix rencontres après avoir perdu les deux premières manches. Selon le bilan rétrospectif publié par l'ATP en janvier 2025, il gagne 28 des 37 matchs de sa carrière disputés en cinq manches, soit 75,7 % de victoires. De quoi figurer parmi les meilleurs spécialistes des matchs au cinquième set de l'ère Open.

Palmarès

Ses 9 titres en simple

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ATP 250Grand tournoi historique

Tel-Aviv 1983
Boston 1984
Tel-Aviv 1984
Genève 1984
Sydney 1989
Los Angeles 1989
Tokyo Indoor 1989
Johannesburg 1992
Durban 1993

Globe-trotter : les cercles de la victoire

Carte des villes des neuf titres ATP d'Aaron Krickstein

Le palmarès d'Aaron Krickstein dessine une étonnante carte du monde, comme une succession de cercles qui s'élargissent au fil des années. Tout commence à Tel-Aviv, en 1983, où l'Américain décroche son premier titre. Dès 1984, son horizon s'étend considérablement : il triomphe à Boston, Genève et de nouveau Tel-Aviv, remportant ainsi trois titres sur trois continents différents, l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Asie.

Cinq ans plus tard, Krickstein réédite exactement cette performance, mais en repoussant encore les frontières. En 1989, il s'impose à Sydney, Los Angeles et Tokyo Indoor, conquérant cette fois l'Océanie, l'Amérique du Nord et l'Asie. L'Europe a cédé sa place à l'Océanie, tandis que ses deux succès américains, à Boston en 1984 et Los Angeles en 1989, l'ont conduit d'une côte à l'autre des États-Unis. Deux saisons, six titres, et chaque fois trois continents différents : une singulière manière de construire un palmarès.

Il ne manque alors qu'une étape pour achever ce tour du monde victorieux : l'Afrique. Krickstein s'en charge en deux temps, remportant Johannesburg en 1992, puis Durban en 1993. Ces deux derniers sacres referment le cercle ouvert dix ans plus tôt à Tel-Aviv. Avec seulement neuf titres, répartis dans huit villes et sur cinq continents, Aaron Krickstein appartient au cercle très restreint des joueurs ayant gagné au moins un tournoi sur chacun d'eux. Un véritable globe-trotter des courts, dont le palmarès se distingue autant par son extraordinaire dispersion géographique que par le nombre de ses trophées.

Coupe Davis

Une revanche collective

Aaron Krickstein face au Paraguay en Coupe Davis en 1987
Aaron Krickstein face au Paraguay en Coupe Davis en 1987

Krickstein joue en simple pour les États-Unis et présente un bilan de six victoires et quatre défaites. En 1987, lors du premier tour à Asuncion, il s'incline dans le cinquième match décisif face à Victor Pecci, donnant au Paraguay une victoire historique contre les États-Unis. Le revers le poursuit pendant des années. Sa revanche arrive en quarts de finale de l'édition 1990, à Prague, contre la Tchécoslovaquie. Appelé après le forfait d'Andre Agassi, il remporte ses deux simples face à Milan Srejber et Petr Korda, assurant la qualification américaine pour les demi-finales. Les États-Unis remportent finalement la Coupe Davis cette année-là, même si Krickstein ne dispute pas la finale contre l'Australie.

vie privée

Bianca

Aaron Krickstein face au Paraguay en Coupe Davis en 1987
Bianca dans les bras d'Aaron

Installé à Boca Raton, en Floride, Aaron Krickstein partage sa vie avec son épouse Bianca. Le couple a deux enfants : Jade, née vers 2004, et Joseph, né vers 2009.

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Date de dernière mise à jour : 19/10/2026