Le coup de tonnerre de Wimbledon
L'été 2014 fait basculer sa carrière. Invité à Wimbledon alors qu'il ne pointe qu'au 144e rang mondial, après avoir gagné sur gazon le Challenger de Nottingham, Kyrgios se retrouve au deuxième tour face à Richard Gasquet. Mené deux sets à rien, il sauve neuf balles de match avant de s'imposer au cinquième set. C'est un premier avertissement : cet adolescent de 19 ans possède des ressources qui dépassent largement son classement.
En huitièmes de finale, l'obstacle paraît insurmontable : Rafael Nadal, numéro un mondial et double vainqueur du tournoi, se dresse sur sa route. Loin de se laisser impressionner, l'Australien multiplie les aces, les prises de risque et les coups inattendus. Il s'impose en quatre sets, 7-6, 5-7, 7-6, 6-3, et devient instantanément l'une des attractions du circuit.

Aucun joueur classé hors du top 100 n'avait battu un numéro un mondial en Grand Chelem depuis Andrei Olhovskiy contre Jim Courier, sur ce même gazon, en 1992. Une amortie jouée entre les jambes face à l'Espagnol, au cours de ce match, résume son insolente créativité.
Milos Raonic met fin à son aventure en quarts de finale. Le résultat n'en est pas moins retentissant : Kyrgios vient de faire tomber le numéro un mondial à son premier Wimbledon et prouve qu'il peut battre un champion majeur sans avoir encore appris à gérer une saison entière. L'inconnue n'est déjà plus son talent, mais sa capacité à le mobiliser durablement.
