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France
droitier - revers à deux mains

Paul-Henri Mathieu

Les défaites ne disent pas tout
Paul-Henri Mathieu

Les défaites ont parfois fait plus de bruit que ses victoires. Révélé très jeune, confronté à des dénouements cruels puis à des blessures qui auraient pu briser sa carrière, Paul-Henri Mathieu a longtemps dû batailler contre les événements autant que contre ses adversaires. « Paulo » a pourtant laissé au tennis français quelques-uns de ses combats les plus mémorables.

4Titres ATP
2008N°12 mondial
NAISSANCE 12 janvier 1982
Jeunesse

Un talent précoce, des genoux fragiles

Paul-Henri Mathieu en action en 1996
Paul-Henri Mathieu en 1996, alors que son talent s'exprime déjà sur le circuit junior.

Paul-Henri Mathieu découvre le tennis à trois ans et demi, en jouant avec son frère Pierre-Yves. Originaire de Strasbourg, il se forme d'abord en Alsace, puis rejoint une structure sport-études à Reims et l'INSEP. Il poursuit ensuite son apprentissage à l'académie de Nick Bollettieri, en Floride, où il côtoie notamment Xavier Malisse. Admirateur de Boris Becker, le jeune Français développe un tennis de fond de court puissant, fondé sur la qualité de ses frappes et de son revers à deux mains.

Son talent s'exprime tôt : en 1996, il remporte l'Orange Bowl des moins de 14 ans. Mais son corps lui impose déjà des limites. Il subit des interventions aux deux genoux en 1997 et 1998, avant même de s'installer sur le circuit principal. La promesse sportive se construit ainsi sur une santé fragile.

Revenu en France et entraîné par Thierry Champion, il remporte le simple garçons de Roland-Garros en 2000. En quart de finale, il élimine Andy Roddick, numéro un mondial juniors, avant de dominer Tommy Robredo en finale (3/6 7/6 6/2). Quelques semaines plus tard, il gagne son premier match sur le circuit ATP à Kitzbühel. Le passage vers les grands tableaux est engagé.

de 2001 à 2017

Sa carrière

Paul-Henri Mathieu et Andre Agassi à Roland-Garros en 2002
Roland-Garros 2002 : Paul-Henri Mathieu pousse Andre Agassi jusqu'au cinquième set, à 20 ans.
2001-2002

Deux titres et un automne vertigineux

Après une saison 2001 passée à progresser sur les circuits secondaires, Mathieu fait irruption à Roland-Garros en 2002. Invité dans le tableau principal, il se hisse jusqu'aux huitièmes de finale. Face à Andre Agassi, il mène deux manches à rien et semble tenir l'une des plus grandes victoires de sa jeune carrière. L'Américain renverse pourtant le match en cinq sets. À 20 ans, Mathieu a montré qu'il pouvait rivaliser avec les meilleurs, sans encore parvenir à conclure.

Paul-Henri Mathieu vainqueur à Moscou en 2002
Moscou 2002 : issu des qualifications, Paul-Henri Mathieu soulève le premier trophée ATP de sa carrière.

À Long Island, quelques semaines avant l'US Open, le Français bat Pete Sampras. L'Américain remporte ensuite à New York son quatorzième titre du Grand Chelem, puis ne dispute plus aucun match officiel : Mathieu restera le dernier joueur à l'avoir battu. Mais le plus spectaculaire arrive en octobre. Issu des qualifications à Moscou, « PHM » élimine Marat Safin, numéro 4 mondial, en demi-finale, puis Sjeng Schalken en finale. Dans la foulée, il remporte Lyon aux dépens de Gustavo Kuerten. Deux titres en deux semaines : le voilà lancé parmi les grandes révélations du circuit. Il est le premier Français à réaliser ce doublé depuis Henri Leconte en 1986, au point d'être désigné révélation de l'année par les joueurs de l'ATP.

Paul-Henri Mathieu après le cinquième match de la finale de Coupe Davis 2002
Finale de Coupe Davis 2002 : le dénouement face à Mikhail Youzhny reste l'une des images les plus douloureuses de son parcours.

La saison s'achève néanmoins sur un coup terrible. Choisi pour disputer la finale de Coupe Davis contre la Russie, à Paris-Bercy, Mathieu perd d'abord contre Safin. À deux victoires partout, il affronte le jeune Mikhail Youzhny, préféré à Yevgeny Kafelnikov, dans un cinquième match décisif qui doit départager les deux pays. Le Français remporte les deux premières manches, mène encore 4-2 dans la quatrième et passe à deux points de la victoire. Mais le Russe revient et s'impose 3/6 2/6 6/3 7/5 6/4. La France cède son titre. Mathieu, seulement âgé de 20 ans, portera longtemps le poids médiatique de cette rencontre, régulièrement ramenée au premier plan malgré les nombreuses saisons qu'il lui reste à vivre.

Paul-Henri Mathieu célèbre sa victoire en Coupe Davis contre la Suède en 2005
Strasbourg 2005 : Paul-Henri Mathieu offre à la France la qualification face à la Suède dans sa ville natale.
2003-2005

Des rechutes, mais aussi des revanches

Après l'euphorie de 2002, la progression se complique. En 2003, Mathieu atteint la finale sur terre battue à Palerme, où Nicolas Massu le bat au jeu décisif de la dernière manche. L'année suivante, une blessure au poignet gauche le prive notamment des trois premiers tournois du Grand Chelem. Son classement recule, mais il entreprend une nouvelle remontée. En été, il remporte le Challenger de Ségovie aux dépens de Nicolas Mahut. Et surtout, en septembre, lors de la demi-finale de Coupe Davis à Alicante, il renverse Carlos Moya, numéro 6 mondial, 6/3 3/6 2/6 6/3 6/3 après quatre heures et vingt-six minutes. Deux ans après Bercy, le Français tient sa première victoire en Coupe Davis. L'Espagne remporte néanmoins la confrontation 4-1.

En mars 2005, la Coupe Davis lui offre une revanche plus éclatante encore. À Strasbourg, devant son public, Mathieu bat d'abord Joachim Johansson, numéro 11 mondial, puis Thomas Johansson dans le cinquième match décisif contre la Suède. Il laisse échapper deux balles de match au troisième set, puis se retrouve mené 4-2 dans le quatrième. Mais cette fois, il refuse de céder : il reprend le dessus et offre à la France sa qualification pour les quarts de finale. Dans sa ville natale, « Paulo » vient de conjurer les fantômes de 2002.

Paul-Henri Mathieu après son match contre Guillermo Canas à Roland-Garros en 2005
Roland-Garros 2005 : Guillermo Canas s'impose 8/6 au cinquième set après un match dont Paul-Henri Mathieu a longtemps eu la maîtrise.

Il retrouve le top 50 et se montre à nouveau redoutable sur terre battue. À Roland-Garros, il livre un match à rebondissements contre Guillermo Canas au troisième tour. Après avoir accusé deux manches de retard lors d'un match interrompu par l'obscurité, il revient à hauteur et se procure deux balles de match. L'Argentin s'en sort finalement 8/6 au cinquième set. Une nouvelle fois, le Français a été tout près de renverser une rencontre majeure.

Paul-Henri Mathieu face à Rafael Nadal à Montréal en 2005
Montréal 2005 : son parcours jusqu'en demi-finale face à Rafael Nadal, futur vainqueur du tournoi.

L'été lui apporte pourtant un résultat de tout premier plan. Au Masters du Canada, à Montréal, il écarte Roddick dès le premier tour, puis atteint sa première demi-finale dans un tournoi de cette catégorie. Il y est battu par Rafael Nadal, futur vainqueur. Cette campagne canadienne confirme que Mathieu peut briller bien au-delà des tournois où il a déjà soulevé un trophée.

Paul-Henri Mathieu face à Rafael Nadal à Roland-Garros en 2006
Roland-Garros 2006 : Paul-Henri Mathieu met Rafael Nadal, tenant du titre, sous une pression rarement vue à Paris.
2006

Près de cinq heures à défier Nadal

Mathieu commence 2006 par un huitième de finale à l'Open d'Australie. Mais c'est à Roland-Garros, au troisième tour, qu'il marque les esprits. Son adversaire, Nadal, tenant du titre et numéro 2 mondial, arrive avec 55 victoires consécutives sur terre battue. Devant un court Philippe-Chatrier acquis à sa cause, le Strasbourgeois refuse de subir le jeu de l'Espagnol.

Paul-Henri Mathieu face à Rafael Nadal à Roland-Garros en 2006
Roland-Garros 2006 : Paul-Henri Mathieu pousse Rafael Nadal pendant près de cinq heures.

Après une première manche de 93 minutes, Mathieu prend les devants 7/5. Les échanges se prolongent, la puissance et la résistance du Français répondent à la défense de Nadal. Le Majorquin finit néanmoins par s'imposer 5/7 6/4 6/4 6/4 après quatre heures et cinquante-trois minutes. Le score ne raconte qu'une partie du combat : rarement, jusqu'alors, Nadal avait été autant bousculé à Paris. Mathieu quitte le court en larmes, sous une longue ovation.

Paul-Henri Mathieu vainqueur à Casablanca en 2007
Casablanca 2007 : cinq ans après ses premiers titres, Paul-Henri Mathieu retrouve le succès sur terre battue.
2007-2008

Deux derniers titres et le sommet du classement

Cinq ans après Moscou et Lyon, Mathieu renoue enfin avec la victoire en tournoi. Au printemps 2007, il remporte Casablanca en écrasant Albert Montanes en finale. En juillet, après un huitième de finale à Wimbledon où Roddick l'arrête, il s'impose sur la terre battue de Gstaad face à Andreas Seppi pour décrocher son quatrième titre ATP. Il atteint aussi la finale de Moscou, perdue contre Nikolay Davydenko, et signe la saison la plus prolifique de sa carrière avec 46 matchs gagnés sur le circuit.

Les désillusions n'ont pas disparu pour autant. À l'US Open, Fernando Verdasco le renverse au premier tour après avoir perdu les deux premières manches. Mathieu reste un joueur capable de grands éclats comme de brusques sorties de route, mais ses résultats le rapprochent de l'élite mondiale.

Paul-Henri Mathieu et Nikolay Davydenko aux Jeux olympiques de Pékin en 2008
Pékin 2008 : Paul-Henri Mathieu bat Nikolay Davydenko, alors cinquième mondial, pour atteindre les quarts de finale du tournoi olympique.

Au début de 2008, il se hisse aussi en huitièmes de finale de l'Open d'Australie, après avoir arraché une victoire en cinq sets contre Stefan Koubek, avant d'abandonner, blessé au mollet, face à Nadal. Le 7 avril, après un huitième de finale à Miami, il atteint la 12e place mondiale, son meilleur classement. Quelques jours plus tard, en Coupe Davis contre les États-Unis, il laisse encore passer deux balles de match face à James Blake, rappel cruel de ses précédentes batailles. À Roland-Garros, il dispute le dernier match de la carrière de Kuerten, triple vainqueur du tournoi, puis rejoint les huitièmes de finale où Novak Djokovic l'arrête.

Aux Jeux olympiques de Pékin, Mathieu retrouve en revanche son meilleur tennis. Il bat Davydenko, alors numéro 5 mondial, puis Nicolas Kiefer pour se hisser en quarts de finale. Le Chilien Fernando Gonzalez met fin à sa course vers une médaille. Ce quart olympique reste l'un des sommets de sa carrière. À l'automne, il atteint encore la finale de Metz, où il s'incline contre Dmitry Tursunov.

À la fin de 2007, Mathieu tourne également une page de sa carrière en se séparant de Thierry Champion, son entraîneur depuis ses débuts sur le circuit. Il s'associe à Mats Wilander, ancien numéro 1 mondial et septuple vainqueur en Grand Chelem. Le Suédois veut notamment l'aider à varier son jeu, à progresser au filet et à mieux gérer les moments décisifs. Mais cette collaboration prometteuse ne dure que neuf mois. Après l'US Open 2008, les deux hommes se séparent à l'amiable. Patrice Hagelauer assure alors l'intérim, avant l'arrivée d'un nouvel entraîneur.

Paul-Henri Mathieu et Nikolay Davydenko après la finale de Hambourg en 2009
Hambourg 2009 : la finale face à Nikolay Davydenko est sa dernière dans un ATP 500.
2009-2011

Le genou, cet adversaire de trop

En 2009, Mathieu atteint la finale du tournoi ATP 500 de Hambourg, sur terre battue. Il s'incline face à Davydenko et ne remporte plus de titre. L'année suivante, il réussit encore un huitième de finale à Wimbledon. Au deuxième tour, il s'offre une revanche chargée de symboles en battant Youzhny en cinq manches, huit ans après le drame de Bercy. Nadal l'arrête ensuite en huitièmes : son sixième et dernier huitième de finale en Grand Chelem. À l'US Open, il élimine encore Lleyton Hewitt, ancien vainqueur du tournoi, au terme de cinq sets. Pourtant, derrière ces performances, son genou gauche lui impose des douleurs de plus en plus difficiles à supporter.

En 2009, Mathieu travaille avec Loïc Courteau, ancien entraîneur d'Amélie Mauresmo, mais leur association ne résiste pas à une saison mitigée. En novembre, c'est Olivier Malcor qui prend le relais avec une mission délicate : redonner confiance à un joueur qui doute de son physique autant que de son tennis. Le nouvel entraîneur privilégie un retour aux fondamentaux, à la puissance de frappe et au jeu de fond de court qui avaient fait sa réputation. À l'entraînement, Paulo retrouve parfois ses sensations. En compétition, les douleurs, le manque de rythme et les défaites continuent pourtant de le rattraper.

Atteint d'arthrose, il interrompt sa carrière à la fin de l'année 2010. En mars 2011, il subit une opération particulièrement lourde : une ostéotomie destinée à corriger l'axe de sa jambe, nécessitant de fracturer puis de réaligner le tibia et le péroné. La rééducation est longue et éprouvante. Nombreux sont ceux qui doutent de le revoir jouer à haut niveau. Lui poursuit le travail, jusqu'à pouvoir enfin retaper la balle et envisager un retour.

Dans cette longue traversée du désert, il retrouve ponctuellement Thierry Champion, son ancien entraîneur, qui l'aide à reprendre la raquette sans engagement formel. Le Strasbourgeois avance désormais sans entraîneur attitré, avec un objectif qui tient presque de l'obsession : retrouver un jour le circuit.

Paul-Henri Mathieu face à John Isner à Roland-Garros en 2012
Roland-Garros 2012 : face à John Isner, Paul-Henri Mathieu remporte le plus long match jamais joué d'une traite dans le tournoi.
2012

Sur la septième balle de match

Après environ quinze mois loin de la compétition, Mathieu revient sur les courts au début de l'année 2012 et remporte un premier match ATP à Montpellier. Au printemps, il reçoit une invitation pour Roland-Garros, où il arrive au 261e rang mondial. Au premier tour, mené deux manches à rien par l'Allemand Bjorn Phau, il inverse le cours du match pour l'emporter 2/6 4/6 6/4 6/3 6/0. Sa présence dans le tableau est déjà un accomplissement. Mais le plus extraordinaire reste à venir.

Au deuxième tour, il retrouve John Isner, onzième joueur mondial et protagoniste, deux ans plus tôt à Wimbledon, du fameux marathon remporté contre Mahut. Sur le court Philippe-Chatrier, le géant américain impose ses services, tandis que Mathieu s'accroche à chaque échange. Les deux hommes se partagent les quatre premières manches.

Paul-Henri Mathieu face à John Isner à Roland-Garros en 2012
Roland-Garros 2012 : Paul-Henri Mathieu terrasse John Isner.

Commence alors un cinquième set qui semble ne jamais vouloir s'achever. Les jeux défilent, les occasions aussi. Le Français laisse passer six balles de match, mais cette fois l'histoire ne se répète pas. Plus de deux heures sont consacrées au seul cinquième set.

À sa septième occasion, Mathieu terrasse Isner 6/7 6/4 6/4 3/6 18/16, après cinq heures et quarante et une minutes de combat. Le central exulte. Ce duel est alors le deuxième plus long de l'histoire de Roland-Garros et le plus long jamais disputé d'une traite dans le tournoi. Le joueur que beaucoup croyaient perdu pour le tennis vient de remporter l'une de ses rencontres les plus mémorables. Épuisé, il s'incline au troisième tour contre Marcel Granollers, lui aussi au terme de cinq sets. Peu importe : pour Mathieu, cette édition a la valeur d'une victoire que ses quatre trophées ne sauraient mesurer.

Paul-Henri Mathieu et Roger Federer à Bâle en 2012
Bâle 2012 : Paul-Henri Mathieu ne cède qu'en demi-finale, devant le numéro 1 mondial Roger Federer.

La renaissance ne se limite pourtant pas à Roland-Garros. En juillet, il atteint les demi-finales à Gstaad en dominant notamment Stanislas Wawrinka et Ernests Gulbis. À l'US Open, il revient encore de deux manches à rien contre Igor Andreev, en sauvant cette fois deux balles de match avant de s'imposer en cinq sets. À l'automne, il atteint une autre demi-finale à Bâle, après avoir écarté Davydenko et Grigor Dimitrov, et ne cède que devant Roger Federer, alors numéro 1 mondial. Il termine la saison de retour parmi les 60 premiers mondiaux : le sursaut est devenu une véritable résurrection.

Paul-Henri Mathieu et Philipp Kohlschreiber après la finale de Kitzbühel en 2015
Kitzbühel 2015 : à 33 ans, Paul-Henri Mathieu retrouve une finale ATP, six ans après la précédente.
2013-2016

L'ultime sursaut

La deuxième partie de carrière se poursuit, entre tournois ATP et épreuves Challenger. Les résultats sont irréguliers, mais Mathieu refuse d'abandonner les grands rendez-vous. En juillet 2014, il atteint la finale du Challenger de Braunschweig, où un certain Alexander Zverev, 17 ans, remporte son premier titre de cette catégorie aux dépens du Français. En août 2015, à 33 ans, il franchit les qualifications de Kitzbühel, puis enchaîne les victoires jusqu'à sa première finale ATP depuis six ans. Philipp Kohlschreiber le prive du titre en trois manches, mais le Strasbourgeois a prouvé qu'il pouvait encore rivaliser au plus haut niveau.

À la fin de 2014, Mathieu rejoint une petite structure d'entraînement dirigée par Stéphane Charret, aux côtés de Pauline Parmentier. À plus de 30 ans, alors que son corps lui impose toujours ses limites, le Strasbourgeois cherche encore les moyens de prolonger sa carrière et de retrouver les premiers rôles.

Paul-Henri Mathieu et Richard Gasquet après la finale de Montpellier en 2016
Montpellier 2016 : Richard Gasquet arrête Paul-Henri Mathieu en finale, après une nouvelle semaine de résistance.

En février 2016, il atteint une nouvelle finale à Montpellier. Il y parvient notamment en prenant sa revanche sur Zverev, âgé de 18 ans, au terme d'une demi-finale disputée (7/6 7/5). Richard Gasquet lui barre la route en finale, 7/5 6/4. Le contraste est saisissant : quinze ans plus tôt, Mathieu était lui-même présenté comme une promesse du tennis français ; le voilà désormais opposé à ceux qui incarnent la relève.

Paul-Henri Mathieu face à Vasek Pospisil à Bercy en 2017
Bercy 2017 : Paul-Henri Mathieu dispute le dernier match en simple de sa carrière face à Vasek Pospisil.
2017

Le dernier rendez-vous à Bercy

Pour sa dernière saison, Mathieu doit souvent emprunter le chemin des qualifications. À Roland-Garros, où aucune invitation pour le tableau principal ne lui a été accordée, il gagne lui-même sa place en franchissant les trois tours préliminaires. David Goffin, numéro 10 mondial, met fin à son quinzième et dernier Roland-Garros dès le premier tour (6/2 6/2 6/2). Le public le salue longuement. L'Alsacien n'a plus les résultats de ses meilleures années, mais il tient à quitter le circuit en compétiteur.

Bénéficiaire d'une invitation pour les qualifications de Bercy, il s'offre une dernière victoire face au jeune Daniil Medvedev (6/4 6/4), futur numéro 1 mondial. Son ultime match en simple se joue le 29 octobre 2017, au dernier tour de ces qualifications. Il s'incline 6/3 6/4 contre Vasek Pospisil, à 35 ans. Quinze ans après la défaite contre Youzhny qui l'avait enfermé dans une réputation de joueur maudit, c'est donc à Bercy que s'achève son parcours en simple. Mais sa carrière ne se résume pas à ce dimanche de 2002 : elle raconte surtout la capacité d'un joueur à revenir, encore et encore, quand tout semblait terminé.

Après la carrière

À des postes de responsabilité

Paul-Henri Mathieu capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis
Paul-Henri Mathieu dans son rôle de capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis.

Devenu consultant, puis encadrant des jeunes de l'équipe de France, Mathieu est nommé directeur du haut niveau à la Fédération française de tennis en mai 2021. En novembre 2023, il est désigné capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis et responsable de la délégation masculine pour les Jeux olympiques de Paris 2024. Une nouvelle responsabilité pour celui qui avait vécu, à 20 ans, l'une des finales les plus douloureuses de cette compétition.

identité tennistique

Style de jeu

Paul-Henri Mathieu en action sur gazon à Wimbledon
Paul-Henri Mathieu en action sur gazon à Wimbledon.

Droitier doté d'un revers à deux mains particulièrement solide et lifté, Mathieu affectionne les échanges appuyés du fond du court. Il est à l'aise sur dur comme sur terre battue, où sa puissance et sa résistance lui permettent de mener de longs bras de fer. Le gazon lui convient moins naturellement, sans l'empêcher d'atteindre les huitièmes de finale de Wimbledon.

Palmarès

Ses 4 titres

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Moscou 2002
Lyon 2002
Casablanca 2007
Gstaad 2007
Vie privée

Vie privée

Paul-Henri Mathieu avec Quiterie Camus et leur fils Gabriel

Paul-Henri Mathieu épouse Quiterie Camus en septembre 2016, après de nombreuses années de vie commune. Le couple a deux enfants : Gabriel, né le 11 mars 2012, et Inès, née en mars 2017.

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Date de dernière mise à jour : 15/10/2026