Tennis Chron'open
Gene Mayer - Chron'Open
Chron'Open
États-Unis
droitier - revers à deux mains

GeneMayer

Le joueur aux deux doubles mains
Gene Mayer

Il frappait le coup droit comme le revers à deux mains, avec une gestuelle immédiatement reconnaissable. Cette singularité ne fut pourtant jamais un simple effet de style : Gene Mayer s'installa parmi les tout meilleurs au tournant des années 1980, dans une génération dominée par Borg, McEnroe, Connors et bientôt Lendl.

14Titres ATP
1980N°4 mondial
1Coupe Davis
NAISSANCE 11 avril 1956
Jeunesse

Jeunesse

Gene Mayer en 1976
Gene Mayer en 1976, au début de sa carrière sur le circuit principal, déjà fidèle à sa prise à deux mains des deux côtés.

Eugene « Gene » Mayer grandit dans une famille entièrement tournée vers le tennis. Son père Alex, entraîneur, forme ses deux fils, Gene et son frère aîné Sandy. Gene commence à jouer dès l'âge de deux ans. La famille s'installe dans le New Jersey ; après ses années de lycée, il rejoint Stanford, où il devient All-American et obtient en trois ans un diplôme de science politique.

Cette formation précoce explique en partie la signature technique qu'il conservera toute sa carrière. Là où la plupart des joueurs adultes libèrent une main en coup droit, Mayer garde les deux mains sur la raquette des deux côtés. Le geste exige un placement précis, mais lui donne un contrôle remarquable dans les changements de direction, les variations et le retour de service.

Coup par coup

Style de jeu

Gene Mayer à Roland-Garros en 1981

Droitier, Mayer joue donc coup droit et revers à deux mains. Son tennis repose moins sur la puissance brute que sur la qualité de frappe, le toucher et la capacité à déplacer l'adversaire. Au Masters 1980, la presse américaine souligne aussi la qualité de son retour et son utilisation d'une raquette graphite à grand tamis, inhabituelle au plus haut niveau à cette époque.

Ce jeu compact fonctionne particulièrement bien sur les surfaces rapides de salle et sur dur. Il peut aussi être très efficace sur terre battue : son premier titre arrive à Guadalajara en 1978, et il gagnera plus tard Munich. Mais c'est surtout lorsque le rythme s'accélère qu'il prend sa pleine dimension.

Le « Coup par coup » de Tennis Magazine affine encore le portrait : Mayer prend la balle très tôt, avec une préparation courte, et son coup droit à deux mains lui permet aussi bien d'accélérer que de trouver des angles. Son revers varie davantage les effets, notamment avec un slice gênant. Le service, relativement peu puissant, et un jeu de jambes manquant de vivacité sont présentés comme ses points les moins forts, compensés par le placement et l'anticipation.

Le retour, l'amortie et le lob sont au contraire décrits comme des armes majeures. Mayer avance souvent dans la balle au retour et la prend très tôt. Son amortie, jouée des deux côtés avec une préparation proche de celle d'un coup normal, est particulièrement difficile à lire ; son lob d'attaque est masqué de la même manière. À la volée, il cherche davantage à préparer une seconde volée qu'à finir immédiatement le point.

Deux mains des deux côtésRetourAmortieLob
de 1978 à 1986

Sa carrière

Gene Mayer et Vitas Gerulaitis à Milan en 1978
Milan 1978 : Gene Mayer avec Vitas Gerulaitis, au moment où l'Américain commence à s'installer durablement parmi les meilleurs du circuit.
1978-1979

L'installation parmi les meilleurs

Après un premier titre à Guadalajara en 1978, Mayer voit cette même année l'US Open quitter Forest Hills pour Flushing Meadows, précisément le quartier de New York où il est né. Un clin d'œil du destin ? Le tournoi de ses rêves joue désormais presque à la maison, mais il lui faudra encore patienter avant d'y atteindre la deuxième semaine.

Gene Mayer à Roland-Garros en 1979
Roland-Garros 1979 : Gene Mayer pendant le tournoi où il pousse Guillermo Vilas jusqu'au cinquième set en huitièmes de finale.

Mayer confirme en 1979. À Roland-Garros, il pousse Guillermo Vilas jusqu'au cinquième set en huitièmes de finale après avoir mené deux manches à une. Quelques semaines plus tard, il atteint encore les huitièmes à Wimbledon. À l'automne, il gagne Cologne puis se hisse en finale du prestigieux tournoi de Stockholm, où John McEnroe le bat en trois sets.

Ce n'est plus seulement un joueur atypique : Mayer a désormais sa place parmi les principaux Américains du circuit. La saison suivante va le faire changer de dimension.

Gene Mayer à Wimbledon en 1980
Wimbledon 1980 : tête de série n°6, Gene Mayer atteint pour la première fois les quarts de finale d'un Grand Chelem.
1980

N°4 mondial

1980 est sa grande saison. Mayer remporte cinq tournois - Denver, Metz, Los Angeles, Cleveland et San Francisco - et dispute encore les finales de Rotterdam, de l'US Pro à Boston et de Wembley. À Wimbledon, tête de série n°6, il atteint pour la première fois les quarts de finale. Björn Borg, futur vainqueur du tournoi, l'arrête en trois sets serrés : 7/5 6/3 7/5.

Le 6 octobre, Gene Mayer monte au 4e rang mondial. Devant lui figurent les patrons de l'époque ; derrière, une grande partie de l'élite. Il ne gagnera jamais un Grand Chelem, mais ce classement traduit la régularité d'un joueur devenu, pendant cette période, l'un des tout meilleurs du circuit.

Masters 1980 : Gene Mayer et Jose-Luis Clerc
Après avoir dominé McEnroe, Gene Mayer domine Jose Luis Clerc pendant le Masters de New York, disputé en janvier 1981. Viendra ensuite le tour de Borg.
Masters 1980

McEnroe et Borg dans la même semaine

Le Masters 1980 se dispute en janvier 1981 à New York. Mayer y signe la semaine la plus spectaculaire de sa carrière. Il commence par battre John McEnroe 3/6 7/6 6/2, puis domine Jose Luis Clerc 6/3 7/5. Déjà qualifié pour les demi-finales, il inflige ensuite à Björn Borg un 6/0 6/3. Le Suédois, lui aussi déjà qualifié, sort alors d'un éprouvant duel nocturne contre McEnroe. Cela reste la seule victoire de Mayer sur Borg, lors de leur huitième et dernière confrontation.

Avec trois victoires en trois matchs de poule, Mayer termine premier de son groupe. Ivan Lendl le stoppe en demi-finale, 6/3 6/4. Borg, pourtant balayé par Mayer, remportera finalement le tournoi. Cette semaine new-yorkaise reste le meilleur résumé de son plafond : capable, sur quelques jours, de battre deux des joueurs qui dominent alors le tennis mondial.

1981

Une affaire de famille

Sandy Mayer et Gene Mayer à Stockholm en 1981
Stockholm 1981 : Sandy Mayer et Gene Mayer après la première finale de l'ère Open disputée entre deux frères.

Mayer confirme en 1981 avec quatre nouveaux titres : Memphis, Denver, Cleveland et Stockholm. Il atteint aussi la finale de Rotterdam, où Jimmy Connors le bat en trois manches. Une blessure au poignet le prive en revanche de Wimbledon.

À l'US Open, il atteint pour la première fois les huitièmes de finale. Face à Ramesh Krishnan, il gagne les deux premières manches 6/4 6/1. L'Indien revient 7/6 7/5 et Mayer, pris de crampes, doit abandonner avant le cinquième set.

À Stockholm, l'histoire devient familiale : Gene retrouve Sandy pour le titre et s'impose 6/4 6/2. Pour la première fois dans l'ère Open, deux frères se retrouvent ainsi face à face en finale d'un tournoi du circuit principal.

1982

Les succès collectifs

Équipe des États-Unis victorieuse de la Coupe Davis 1982
Grenoble 1982 : Gene Mayer avec l'équipe des États-Unis autour du capitaine Arthur Ashe et du Saladier d'argent, après la victoire en finale contre la France.

En 1982, il remporte Munich et atteint deux autres finales, à Las Vegas contre Connors puis à Sydney contre McEnroe. À Wimbledon, il revient en quarts de finale ; Connors, futur vainqueur, l'écarte 6/1 6/2 7/6. À l'US Open, Mayer atteint encore les quarts et pousse McEnroe en cinq sets avant de céder 4/6 7/6 6/3 4/6 6/1.

La saison lui apporte aussi deux titres par équipes. À Düsseldorf, les États-Unis gagnent la World Team Cup, Mayer remportant notamment son simple de finale contre Kim Warwick.

En novembre, Arthur Ashe l'aligne comme second joueur de simple en finale de Coupe Davis à Grenoble. Après la victoire de McEnroe sur Noah, Mayer bat Henri Leconte 6/2 6/2 7/9 6/4. Les Américains mènent 2-0 et conservent le Saladier d'argent le lendemain grâce au double McEnroe-Fleming.

Gene Mayer à Los Angeles en 1983
Los Angeles 1983 : Gene Mayer durant la saison de ses deux derniers titres, dont celui remporté ici face à Johan Kriek.
1983-1984

Les derniers grands coups

Mayer ajoute deux derniers titres en 1983. À Rotterdam, il bat Guillermo Vilas 6/1 7/6 en finale ; à Los Angeles, il domine Johan Kriek. Il dispute aussi la finale de Memphis, encore face à Connors. Ces deux succès portent son total à quatorze titres en simple.

Les blessures commencent cependant à grignoter sa continuité. En 1984, il ne gagne plus de tournoi mais atteint les finales de Munich et de Stuttgart. Surtout, il signe un dernier grand parcours à l'US Open. Il écarte successivement Jimmy Arias, Guillermo Vilas et Tomas Smid, tous en trois sets, avant de retrouver McEnroe en quart de finale. Le futur champion s'impose 7/5 6/3 6/4.

Mayer aura ainsi atteint quatre quarts de finale en Grand Chelem : deux à Wimbledon, en 1980 et 1982, et deux à l'US Open, en 1982 et 1984. Il joue encore sporadiquement ensuite ; son dernier match recensé sur le circuit principal intervient à Stuttgart en 1986.

Palmarès

14 titres en simple

Guadalajara 1978
Cologne 1979
Denver 1980
Metz 1980
Los Angeles 1980
Cleveland 1980
San Francisco 1980
Memphis 1981
Denver 1981
Cleveland 1981
Stockholm 1981
Munich 1982
Rotterdam 1983
Los Angeles 1983
Double

Le double

Gene Mayer et Sandy Mayer
Gene Mayer et son frère Sandy : adversaires en simple, partenaires en double, ils remportent ensemble Roland-Garros en 1979.

En double, Mayer connaît également une carrière de premier plan. Il remporte notamment Roland-Garros en 1978 avec Hank Pfister, puis conserve le titre en 1979 avec son frère Sandy. Ce second succès prolonge une histoire familiale commencée sous la direction de leur père Alex.

Après le circuit

Gene Mayer après sa carrière
Gene Mayer plusieurs décennies après sa carrière professionnelle.

Après sa carrière professionnelle, Mayer reste lié au tennis. Il joue sur le circuit senior et se tourne également vers l'enseignement. Au milieu des années 2000, il entraîne des joueurs à Long Island et a notamment travaillé avec Fabrice Santoro et Leander Paes.

En 2005, il est intronisé au Nassau County Sports Hall of Fame.

Vie privée

Gene Mayer est marié à Rhonda. Son frère Sandy, de quatre ans son aîné, a lui aussi appartenu au Top 10 mondial en simple, atteignant la 7e place mondiale en 1982.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026