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France
droitier - revers à deux mains

GaëlMonfils

Le showman du tennis français
Gaël Monfils

Entre les glissades impossibles, les coups droits fulgurants et les sourires adressés aux tribunes, Gaël Monfils a inventé une manière bien à lui d'habiter le court. Vitesse de sprinteur, sens du spectacle et goût de l'improvisation ont fait de « La Monf' » un joueur à part, capable de transformer une rencontre mal engagée en feu d'artifice aussi bien que de dérouter ses propres supporters. Derrière le showman se dessine une carrière de plus de vingt ans, faite de fulgurances, de blessures, de retours et de duels mémorables avec les plus grands.

13Titres ATP
2016N°6 mondial
NAISSANCE 1er septembre 1986
Avant la carrière

Jeunesse

Gaël Monfils enfant sur un court de tennis
Gaël Monfils enfant : la précocité sportive qui précède ses grands succès chez les juniors.

Né à Paris le 1er septembre 1986, Gaël Sébastien Monfils grandit au sein d'une famille originaire des Antilles : son père, Rufin, vient de Guadeloupe et sa mère, Sylvette, de Martinique. Ancien footballeur, son père pratique aussi le tennis et transmet très tôt sa passion à son fils. Gaël découvre la raquette vers l'âge de 2 ans et demi, sur les courts de La Courneuve, en région parisienne.

L'enfant n'a pas que le tennis pour terrain de jeu. Doué pour la course, il se distingue en athlétisme, remportant des championnats de France du 100 mètres dans les catégories des moins de 13 et de 14 ans. Cette pointe de vitesse deviendra l'une des signatures de son jeu. Mais c'est la raquette qu'il choisit, avant d'être formé dans les structures fédérales françaises.

Gaël Monfils avec le trophée de Wimbledon junior en 2004
Wimbledon 2004 : Monfils soulève le trophée, troisième titre de son « petit Chelem » chez les juniors.

En 2004, à 17 ans, Monfils domine le circuit junior. Il remporte successivement l'Open d'Australie, Roland-Garros et Wimbledon, réussissant un « petit Chelem » en simple. Son rêve d'enchaîner les quatre tournois majeurs s'arrête à l'US Open, où Viktor Troicki le bat en huitièmes de finale, mais il termine l'année à la première place mondiale chez les juniors. Le tennis français tient alors l'un de ses espoirs les plus spectaculaires.

de 2004 à 2026

Sa carrière

Gaël Monfils vainqueur à Sopot en 2005
Sopot 2005 : Gaël Monfils pose avec le premier trophée ATP de sa carrière.
2004-2007

Les premiers pas d'un phénomène

Monfils n'attend pas pour se faire remarquer parmi les professionnels. Invité à Metz à l'automne 2004, il atteint les quarts de finale dès l'un de ses premiers tournois ATP. L'année suivante, son ascension s'accélère : à 18 ans, il remporte à Sopot, sur terre battue, le premier titre de sa carrière. Il dispute également les finales de Metz et de Lyon, entre dans le top 100 puis se rapproche des trente premiers mondiaux. Les joueurs du circuit lui décernent le prix ATP de révélation de l'année 2005.

En 2006, le Français confirme ses possibilités avec une demi-finale au Masters de Rome et un huitième de finale à Roland-Garros, après une victoire marquante en cinq sets sur James Blake, alors membre du top 10, dans une rencontre étalée sur deux jours. Il devient brièvement le Français le mieux classé. Son jeu de jambes hors normes, son énergie et ses coups tentés depuis des positions invraisemblables attirent déjà les foules. Mais ses résultats restent irréguliers, et des pépins physiques ralentissent sa progression. Finaliste à Pörtschach en 2007, il traverse une saison moins convaincante, avant de retrouver son meilleur niveau sur la scène parisienne.

Roger Federer et Gaël Monfils à Roland-Garros en 2008
Roland-Garros 2008 : Roger Federer et Gaël Monfils après leur demi-finale.
2008-2011

Roland-Garros et les nuits de Bercy

Classé au-delà de la cinquantième place mondiale à l'approche de Roland-Garros 2008, Monfils signe à Paris sa première grande épopée. Après une victoire en cinq manches contre Jürgen Melzer, il élimine Ivan Ljubičić, puis David Ferrer, cinquième joueur mondial et redoutable spécialiste de la terre battue, qu'il domine en quatre sets en quarts de finale. Aucun Français n'avait atteint les demi-finales du tournoi depuis Sébastien Grosjean en 2001. Face à Roger Federer, Monfils résiste avec panache, lui prend un set, mais s'incline en quatre manches. À 21 ans, il vient de se révéler à l'échelle des tournois du Grand Chelem.

En 2009, il entre pour la première fois dans le top 10. À Doha, il domine Rafael Nadal, alors numéro un mondial ; à Roland-Garros, il surclasse Andy Roddick en huitièmes avant de céder de nouveau face à Federer en quarts. Il enlève son deuxième titre ATP à Metz, quatre ans après Sopot. Surtout, il porte Bercy à ébullition : pour sa première finale en Masters 1000, il pousse Novak Djokovic jusqu'au jeu décisif de la troisième manche, sans parvenir à le faire tomber.

Gaël Monfils à Bercy en 2010
Bercy 2010 : Monfils, tombeur de Murray et Federer, aura été un des grands animateurs de la semaine parisienne.

L'année 2010 est marquée par de nouveaux problèmes physiques et par une défaite rocambolesque contre Fabio Fognini au deuxième tour de Roland-Garros : après avoir mené deux manches à rien, il finit par céder 9-7 au cinquième set, au terme d'un match disputé sur deux jours jusque dans la pénombre.

Il atteint ensuite les quarts de finale de l'US Open, puis une deuxième finale consécutive au Masters 1000 de Paris. Sa demi-finale de Bercy contre Federer reste l'un des matchs emblématiques de sa carrière. Mené dans la dernière manche, il sauve cinq balles de match sur son service à 5-6, puis arrache la victoire au jeu décisif, 7-6, 6-7, 7-6. Il bat enfin le Suisse, après cinq défaites, avant de manquer la dernière marche face à Robin Söderling. La même saison, il participe à la campagne de l'équipe de France jusqu'en finale de la Coupe Davis, notamment grâce à ses succès sur David Ferrer et David Nalbandian ; à Belgrade, Djokovic lui barre à nouveau la route.

Gaël Monfils vainqueur à Stockholm en 2011
Stockholm 2011 : le quatrième titre ATP de Monfils.

En 2011, Monfils atteint une nouvelle fois les quarts de finale à Roland-Garros, après avoir écarté Ferrer au terme d'une rencontre disputée sur deux jours, puis s'incline encore contre Federer. Il grimpe jusqu'au septième rang mondial le 4 juillet, avant de décrocher son quatrième titre à Stockholm à l'automne. Pourtant, les douleurs aux genoux se font de plus en plus présentes et menacent la suite de sa carrière.

Gaël Monfils à Roland-Garros en 2013
Roland-Garros 2013 : Monfils retrouve la ferveur parisienne en battant Tomáš Berdych.
2012-2015

Le corps à l'épreuve, le talent intact

Après un début de saison 2012 encourageant, Monfils est rattrapé par ses blessures et manque notamment Roland-Garros. Il ne dispute que peu de matchs et sort du top 70 en fin d'année. Lorsqu'il revient à Paris en 2013, son classement ne reflète plus son talent. Dès le premier tour de Roland-Garros, il élimine pourtant Tomáš Berdych, alors sixième mondial, au terme d'un duel de cinq sets qui rallume la ferveur du public. Il bat ensuite Ernests Gulbis, mais l'aventure s'achève cruellement contre Tommy Robredo : après avoir mené deux sets à rien et obtenu quatre balles de match, il s'incline en cinq manches, épuisé.

Roger Federer et Gaël Monfils à l'US Open en 2014
US Open 2014 : Federer et Monfils au terme de leur quart de finale à New York.

En 2014, il remporte son deuxième tournoi de Montpellier et atteint de nouveau les quarts de finale à Roland-Garros. Mené deux manches à rien par Andy Murray, il revient à deux sets partout et semble avoir retourné la situation, avant de sombrer dans un cinquième set perdu 6-0. À Cincinnati, il pousse Federer dans ses retranchements ; à New York, il livre au Suisse un combat encore plus mémorable. Monfils prend les deux premières manches et, à 5-4 dans la quatrième, se procure deux balles de match sur le service adverse. Federer les efface, renverse le duel et s'impose au cinquième set. Pour le Français, cette défaite laisse un goût amer : sa deuxième demi-finale en Grand Chelem lui a échappé de quelques frappes. Quelques semaines plus tard, lors de la finale de Coupe Davis disputée à Lille, il domine néanmoins Federer en trois sets, sans pouvoir empêcher la victoire finale de la Suisse.

Tomáš Berdych et Gaël Monfils à Monte-Carlo en 2015
Monte-Carlo 2015 : Monfils poursuit son parcours jusqu'en demi-finale.

En 2015, Monfils se distingue à Monte-Carlo en battant successivement Federer et Grigor Dimitrov pour atteindre les demi-finales. Il est arrêté par Berdych. À Roland-Garros, il offre au public du Suzanne-Lenglen une nouvelle remontée dont il a le secret. Mené deux sets à un et 4-1, avec deux breaks de retard dans la quatrième manche, contre Pablo Cuevas, il se métamorphose et renverse l'Uruguayen en cinq sets. Un de ces matchs dont « La Monf' » possède seul la recette ! Entre fulgurances et coups d'arrêt, son parcours continue de déjouer toute lecture linéaire : il peut faire reculer les meilleurs mondiaux, puis disparaître plusieurs semaines à cause d'un nouveau souci physique.

Gaël Monfils célèbre son titre à Washington en 2016
Washington 2016 : Monfils célèbre son premier titre ATP 500 après la finale contre Ivo Karlović.
2016

Numéro 6, mais homme libre !

À l'approche de ses 30 ans, Monfils connaît sa saison la plus accomplie. Quart de finaliste à l'Open d'Australie et finaliste à Rotterdam, il se hisse au printemps jusqu'en finale du Masters 1000 de Monte-Carlo. Face à Nadal, sur une terre battue que l'Espagnol affectionne tant, il résiste pendant deux manches avant de céder 6-0 dans la troisième. Le grand titre qui manque à son palmarès lui échappe encore, mais il a retrouvé une régularité jusque-là trop rare. Une infection virale le prive néanmoins de Roland-Garros, son rendez-vous préféré.

Kei Nishikori et Gaël Monfils aux Jeux olympiques de Rio en 2016
Jeux olympiques de Rio 2016 : Monfils s'incline face à Kei Nishikori en quart de finale.

L'été lui apporte une récompense majeure : à Washington, Monfils décroche le premier ATP 500 de sa carrière. En finale contre le géant croate Ivo Karlović, il sauve une balle de match au jeu décisif du deuxième set et s'impose en trois manches. Quelques semaines plus tard, aux Jeux olympiques de Rio, il est tout près d'une demi-finale, mais laisse passer trois balles de match en quart contre Kei Nishikori.

Novak Djokovic et Gaël Monfils à l'US Open en 2016
US Open 2016 : Monfils s'incline une nouvelle fois face à Novak Djokovic.

À l'US Open, il rejoint pour la deuxième fois le dernier carré d'un Grand Chelem, huit ans après Roland-Garros, sans avoir perdu le moindre set dans les tours précédents. Son duel avec Djokovic provoque la controverse : largement dominé au début du match, il tente de casser le rythme du Serbe en variant brusquement la vitesse de ses frappes, une tactique que certains jugent désinvolte mais qu'il défend comme un choix pour déstabiliser le numéro un mondial. Monfils prend un set, sans éviter la défaite.

Le 7 novembre, il atteint son sommet au classement : sixième. Sa saison lui ouvre donc pour la première fois les portes du Masters à Londres, mais l'expérience tourne court. Battu d'entrée par Milos Raonic, puis par Dominic Thiem, La Monf' doit renoncer  à son dernier match de poule contre Djokovic en raison d'une blessure aux côtes.  David Goffin le remplace. Il repart de Londres sans victoire, une conclusion frustrante pour ce qui restera  pourtant la meilleure saison de sa carrière. mondial.

Gaël Monfils avec le trophée de Doha en 2018
Doha 2018 : le Français retrouve le chemin des titres.
2017-2020

Le retour du grand Monfils

La saison 2017 est perturbée par les blessures. Monfils retrouve néanmoins un trophée à Doha au début de 2018, son septième sur le circuit ATP, puis se hisse en huitièmes de finale à Wimbledon, ce qu'il n'avait encore jamais réussi. Ses allées et venues hors des courts n'ont pas entamé sa capacité à produire des séquences de tennis éblouissantes.

Gaël Monfils à l'US Open en 2019
US Open 2019 : Monfils retrouve les quarts de finale.

En 2019, le Français ajoute enfin un deuxième titre de catégorie ATP 500 à son palmarès. À Rotterdam, il bat Stan Wawrinka en finale, après une bataille en trois sets. À l'US Open, il retrouve les quarts de finale et livre un long duel à Matteo Berrettini, conclu à l'avantage de l'Italien au jeu décisif de la cinquième manche. Monfils termine la saison au dixième rang mondial : trois ans après son meilleur exercice, le voilà de nouveau parmi l'élite.

Gaël Monfils avec le trophée de Rotterdam en 2020
Rotterdam 2020 : Monfils conserve son titre et porte sa série à douze victoires.

En février 2020, il enchaîne deux titres en deux semaines, à Montpellier puis à Rotterdam, où il conserve sa couronne face à Félix Auger-Aliassime. La dynamique est remarquable : il aligne douze victoires consécutives et paraît de nouveau capable de rivaliser avec les meilleurs. À Dubaï, en demi-finale, il passe même tout près de battre Djokovic pour la première fois : trois balles de match dans le jeu décisif de la deuxième manche, trois occasions envolées ! Le Serbe s'échappe, 2-6, 7-6, 6-1, et met fin à sa série victorieuse. L'interruption du circuit provoquée par la pandémie brise ensuite son élan ; lors de la reprise, les résultats sont beaucoup plus difficiles à obtenir.

Gaël Monfils et Karen Khachanov à Adélaïde en 2022
Adélaïde 2022 : Monfils pose avec le trophée après sa victoire sur Karen Khachanov.
2021-2023

Des reconstructions et une nuit de folie

En 2021, Monfils peine à retrouver le niveau affiché avant la suspension du circuit. Une finale à Sofia, perdue contre Jannik Sinner, témoigne de sa capacité à revenir. Il débute ensuite l'année 2022 par un titre à Adélaïde, en dominant Karen Khachanov, puis atteint les quarts de finale de l'Open d'Australie. À Indian Wells, il s'offre Daniil Medvedev, numéro un mondial : treize ans après avoir battu Nadal à Doha, il terrasse pour la deuxième fois un joueur au sommet du classement. Mais de nouvelles blessures, notamment au pied, interrompent cette embellie.

Au printemps 2023, Monfils est retombé au-delà de la 300e place mondiale. À Roland-Garros, son premier tour contre Sebastián Báez semble perdu lorsqu'il se retrouve mené 0-4 dans la cinquième manche. Porté par le Philippe-Chatrier, il réalise pourtant une remontée invraisemblable et s'impose 7-5, au terme d'une rencontre achevée après minuit. La Marseillaise jaillit des tribunes. Le héros du soir, diminué par un poignet douloureux, doit malheureusement déclarer forfait avant son match suivant.

Son année trouve une conclusion plus heureuse à Stockholm, en octobre. Douze ans après son premier sacre dans la capitale suédoise, Monfils bat Pavel Kotov en trois sets et soulève son douzième trophée ATP. À 37 ans, il devient le champion le plus âgé de l'histoire du tournoi. L'exploit vaut moins par le prestige du titre que par ce qu'il symbolise : sa capacité à renaître alors que sa carrière semblait à nouveau compromise.

Gaël Monfils vainqueur à Auckland en 2025
Auckland 2025 : Gaël Monfils avec son treizième trophée ATP.
2024-2026

Le dernier acte

En 2024, Monfils poursuit sa carrière sans ajouter de titre à son palmarès. Il représente notamment la France aux Jeux olympiques de Paris, où Lorenzo Musetti l'élimine dès le premier tour. Mais, à Cincinnati en août, il fait tomber Carlos Alcaraz, n° 3 mondial, 4-6, 7-6, 6-4, au terme d'un match interrompu par la pluie : à 37 ans, le showman n'a rien perdu de sa capacité à surprendre les favoris.

C'est au tout début de 2025 qu'il frappe son dernier grand coup. À Auckland, il domine le Belge Zizou Bergs en finale et décroche son treizième titre ATP, près de vingt ans après le premier. Il aura ainsi disputé une finale ATP au cours de vingt saisons différentes. À 38 ans et 132 jours, il devient alors le vainqueur le plus âgé d'un tournoi en simple depuis la création de l'ATP Tour en 1990, effaçant le record établi par Federer.

Quelques jours plus tard, à l'Open d'Australie, il bat le quatrième joueur mondial Taylor Fritz et atteint les huitièmes de finale. À Roland-Garros, la fête recommence. Face à Hugo Dellien, il heurte violemment un panneau publicitaire dès le premier jeu, puis se retrouve mené deux manches à rien. Le Philippe-Chatrier le porte pourtant jusqu'à une victoire en cinq sets, après minuit : sa quarantième à Roland-Garros, qui lui permet d'égaler le total de Yannick Noah, record français de l'ère Open à ce tournoi.

Gaël Monfils face à Hugo Dellien à Roland-Garros en 2025
Roland-Garros 2025 : Monfils renverse Hugo Dellien après minuit sur le Philippe-Chatrier.

En octobre 2025, le Parisien annonce que la saison 2026 sera la dernière de sa carrière. Le circuit prend alors des airs de tournée d'adieux. Lors de son ultime Open d'Australie, il s'incline au premier tour face à Dane Sweeny. À Roland-Garros, le 25 mai, il affronte Hugo Gaston sur le court Philippe-Chatrier. Mené deux sets à rien, il arrache une cinquième manche, mais s'incline finalement 6-2, 6-3, 3-6, 2-6, 6-0. Le public lui réserve une longue ovation, en présence notamment de Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon et Richard Gasquet, ses compagnons de génération. Avec dix-sept rencontres jouées en cinq sets Porte d'Auteuil, il quitte aussi le tournoi détenteur d'un record de résistance et d'émotions.

Gaël Monfils honoré à Roland-Garros en 2026
Roland-Garros 2026 : Gaël Monfils reçoit d'Amélie Mauresmo et Gilles Moretton le trophée honorant sa carrière. 

À l'US Open, le 1er septembre 2026, il fête ses 40 ans sur le court avec une victoire contre Adolfo Daniel Vallejo, 2-6, 6-1, 6-2, 6-0. Il devient le troisième joueur âgé d'au moins 40 ans à gagner un match à New York depuis un demi-siècle, après Ken Rosewall et Jimmy Connors, et porte à 34 son record de succès pour un Français dans ce tournoi.

Son dernier match professionnel se déroule deux jours plus tard, le 3 septembre, au deuxième tour. Battu en trois sets par l'Américain Learner Tien, il quitte le stade Louis-Armstrong sous les applaudissements. Monfils avait envisagé un dernier rendez-vous au Masters 1000 de Paris, mais son inscription, le 5 octobre, sur la liste des joueurs retraités de l'Agence internationale pour l'intégrité du tennis met fin à cette perspective. Le 14 octobre, l'organisme confirme qu'il n'est plus autorisé à disputer les tournois sans réintégrer au préalable le programme de contrôles antidopage pendant six mois.

Le 19 octobre, Gaël Monfils et Elina Svitolina rendent publique leur séparation. Le lendemain, l'Ukrainienne évoque une période personnelle difficile, qui aurait pesé sur la décision de son époux de mettre un terme à sa carrière plus tôt que prévu. Sans que toutes les circonstances de ce départ soient connues, Monfils renonce ainsi aux adieux parisiens qu'il avait un temps imaginés. Sa carrière s'achève dans la discrétion, après vingt-deux années de souvenirs sur les courts du monde entier.

style de jeu

Sliderman, entre défense et spectacle

Gaël Monfils au service à l'Open d'Australie junior en 2004

Monfils possède l'un des déplacements les plus étonnants de sa génération. Ses démarrages explosifs, son envergure et son sens de l'anticipation lui permettent de récupérer des balles que ses adversaires pensent gagnantes. Il glisse sur les surfaces dures presque comme sur terre battue, d'où son surnom de « Sliderman ». Ses plongeons et ses acrobaties, souvent exécutés avec un naturel désarmant, font partie de son identité de joueur.

Droitier au revers à deux mains, il construit volontiers le point loin derrière sa ligne, en laissant l'adversaire prendre l'initiative avant de retourner la situation. Son coup droit, capable de partir soudainement à une vitesse fulgurante, constitue sa principale arme d'attaque ; son service peut lui offrir de nombreux points gratuits. Il sait aussi ralentir volontairement l'échange, changer la hauteur des trajectoires et surprendre par une improvisation improbable. Le revers de cette liberté est connu : à force d'attendre, Monfils laisse parfois à ses rivaux le temps d'imposer leur jeu.

Ce tempérament a nourri une question récurrente tout au long de sa carrière : aurait-il obtenu davantage de résultats avec un tennis plus sobre et une plus grande prise de risques vers l'avant ? Les blessures ont certainement pesé lourd, tout comme la présence durable de Federer, Nadal et Djokovic au sommet du circuit. Le Serbe a même été sa bête noire absolue : vingt rencontres sur le circuit, vingt défaites. Mais réduire Monfils aux titres qu'il n'a pas gagnés serait passer à côté de sa singularité : peu de joueurs auront aussi souvent fait d'un simple échange de fond de court un spectacle à part entière.

Palmarès

Ses 13 titres

ATP 500ATP 250

Clique sur une pastille colorée pour accéder à la fiche du tournoi.

Hors des courts

Vie privée

Gaël Monfils et Elina Svitolina photographiés ensemble
Gaël Monfils et Elina Svitolina : leur mariage en 2021 est suivi de la naissance de leur fille Skaï.

En juillet 2021, Gaël Monfils épouse la joueuse ukrainienne Elina Svitolina, ancienne numéro 3 mondiale. Leur fille, Skaï, naît en octobre 2022. Le 19 octobre 2026, les deux champions se séparent.

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Date de dernière mise à jour : 23/10/2026