Tennis Chron'open
Royaume-Uni
droitier - revers à deux mains

AndyMurray

Et le Big Three devint le Big Four
Andy Murray

Celui que beaucoup voyaient condamné à vivre dans l'ombre de Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic. Pendant près d'une décennie, Andy Murray refuse pourtant de se résigner à ce rôle d'éternel outsider. Au prix d'une persévérance exceptionnelle, l'Écossais finit par renverser l'ordre établi.

3Grands Chelems
46Titres ATP
2016n°1 mondial
1Coupe Davis
Naissance15 mai 1987
L'essentiel

Trois couronnes

Style de jeu

L'art du contre

2015 à Madrid : Andy Murray sur son revers

Si Roger Federer symbolise la fluidité, Rafael Nadal la puissance et Novak Djokovic l'équilibre parfait, Andy Murray incarne avant tout l'intelligence tactique. Peu de joueurs auront poussé aussi loin l'art du contre.

Sa première qualité est sa lecture du jeu. Murray anticipe les trajectoires avec une précision remarquable et transforme souvent les coups offensifs de ses adversaires en occasions de contre-attaque. Son déplacement, d'une fluidité exceptionnelle, lui permet de défendre des positions compromises avant de reprendre immédiatement l'initiative.

Son revers à deux mains figure parmi les plus complets de sa génération. Solide en diagonale, capable d'accélérer brutalement le long de la ligne ou de délivrer des passings fulgurants, il constitue la pierre angulaire de son tennis. Son lob, son slice et sa qualité de relance comptent également parmi les meilleures du circuit.

Contrairement à l'image parfois réductrice du simple défenseur, Murray sait parfaitement varier les rythmes. Il alterne balles lourdes, trajectoires bombées, slices rasants, amorties et montées au filet afin de sortir ses adversaires de leur schéma préféré. Cette richesse tactique explique pourquoi il a souvent été l'un des joueurs les plus difficiles à affronter, même pour les plus grands attaquants.

Son principal point faible réside longtemps dans son attitude. Très expressif, l'Écossais laisse facilement paraître sa frustration et entretient un dialogue permanent avec son clan ou lui-même. Ces réactions lui valent parfois une réputation de joueur nerveux, voire irritable. Avec l'expérience, cette émotivité devient toutefois l'une des composantes de son identité sportive et n'empêche pas son exceptionnelle force mentale de s'exprimer lors des plus grands rendez-vous.

Entraîneurs

Ceux qui ont guidé Murray

La carrière d'Andy Murray est jalonnée de collaborations prestigieuses, chacune correspondant à une étape bien précise de son évolution.

Après ses années de formation sous la direction de Leon Smith, puis à la Sanchez-Casal Academy de Barcelone, Murray travaille avec Mark Petchey, qui l'accompagne lors de son entrée dans le Top 50. L'arrivée de Brad Gilbert en 2006 marque un premier tournant : l'Américain lui apporte une approche tactique extrêmement rigoureuse et contribue à installer durablement le jeune Écossais parmi les meilleurs joueurs du monde.

Avec Miles Maclagan, Murray franchit un nouveau cap. Il devient un membre régulier du Top 4 et dispute ses premières finales de Grand Chelem. Mais malgré des progrès constants, le plafond semble trop haut face à Federer, Nadal et Djokovic.

Le véritable déclic intervient en décembre 2011 avec l'arrivée d'Ivan Lendl. Huit fois vainqueur en Grand Chelem, l'ancien Tchécoslovaque désormais américain sait mieux que quiconque ce que représente la conquête d'un premier Majeur après plusieurs échecs. Son influence dépasse largement l'aspect technique : il inculque à Murray une sérénité nouvelle dans les grands rendez-vous. 

Les résultats sont presque immédiats. Quelques mois après leur collaboration, Murray remporte les Jeux olympiques de Londres, puis son premier Grand Chelem à l'US Open. En 2013, il conquiert Wimbledon.

Toujours en quête de nouveaux défis, Murray surprend le monde du tennis en recrutant Amélie Mauresmo en 2014, devenant l'un des rares joueurs de premier plan à confier son équipe à une femme. Cette collaboration, parfois critiquée à tort, s'inscrit pourtant dans une période où Murray retrouve progressivement son meilleur niveau après son opération du dos et prépare les succès de 2015 et surtout de 2016.

Après une première séparation en 2014, Andy retrouve Ivan Lendl en 2016. Une nouvelle fois, la collaboration débouche sur un sommet : Murray remporte Wimbledon une deuxième fois, décroche une deuxième médaille d'or olympique, et surtout deux grandes premières : il triomphe au Masters et termine l'année numéro un mondial.

Au total, les plus grands succès de la carrière d'Andy Murray coïncident presque tous avec la présence d'Ivan Lendl dans son box. Plus qu'un entraîneur, il apparaît comme le mentor qui a transformé un immense joueur en champion accompli.

Enfance et formation

Dunblane : l'enfance brisée, la vocation intacte

Andy Murray jeune

Andy Murray adolescent, au début de son parcours vers le tennis professionnel.

Le 13 mars 1996, Andy Murray n'a que huit ans lorsqu'il échappe à la fusillade de l'école primaire de Dunblane, l'une des pires tragédies de l'histoire du Royaume-Uni. Ce drame marque durablement son enfance, sans jamais définir l'homme qu'il deviendra. Très tôt, le sport occupe une place centrale dans sa vie. Doué aussi bien pour le football que pour le tennis, il attire même l'attention des Glasgow Rangers, mais choisit finalement la petite balle jaune sous l'impulsion de sa mère Judy Murray, ancienne joueuse et entraîneure.

Pour poursuivre sa progression, l'adolescent quitte l'Écosse afin d'intégrer la prestigieuse Sanchez-Casal Academy, près de Barcelone. Loin de sa famille et plongé dans une culture qu'il découvre, il forge son indépendance tout en développant les qualités qui feront sa réputation : une endurance remarquable, un sens exceptionnel du déplacement et un goût prononcé pour les longs échanges.

Les résultats ne tardent pas. En 2004, Murray remporte l'US Open juniors et termine l'année parmi les plus grands espoirs du tennis mondial. À seulement dix-sept ans, tout indique déjà qu'un futur membre de l'élite est en train d'émerger.

De 2005 à 2024

Sa carrière

2005-2008

L'Écossais s'invite à la table des grands

Andy Murray face à Roger Federer à Cincinnati en 2006

Cincinnati 2006 : à 19 ans, Andy Murray s'offre une victoire de prestige contre Roger Federer.

Le passage chez les professionnels est fulgurant. Invité à Wimbledon en 2005, Andy Murray atteint le troisième tour dès sa première participation, où il pousse David Nalbandian dans ses retranchements. Quelques semaines plus tard, il remporte son premier tournoi Challenger avant d'intégrer le Top 100 dès sa première saison complète. Le tennis britannique croit enfin tenir le successeur de Tim Henman.

L'année 2006 confirme son immense potentiel. À seulement 19 ans, il décroche son premier titre ATP à San José et multiplie les victoires de prestige contre des membres du Top 10. À Cincinnati, il bat Roger Federer, alors quasiment intouchable sur dur, révélant au grand public qu'un nouveau prétendant vient de rejoindre l'élite. Malgré quelques blessures en 2007, notamment au poignet, sa progression ne s'interrompt pas.

En 2008, Murray change de dimension. Il remporte les Masters 1000 de Cincinnati et de Madrid, atteint sa première finale de Grand Chelem à l'US Open, où Federer l'empêche de décrocher son premier titre majeur, puis termine la saison au quatrième rang mondial. Sans avoir encore remporté de Grand Chelem, il s'est définitivement installé parmi les quatre meilleurs joueurs du monde.

2009-2011

Le mur des finales

Andy Murray s'incline en finale de l'Open d'Australie en 2010

Open d'Australie 2010 : Roger Federer tient le trophée après avoir battu Andy Murray en finale.

À partir de 2009, Andy Murray ne fait plus figure d'espoir. Sa régularité, ses performances en Masters 1000 et sa place dans le Top 4 prouvent qu'il possède le niveau pour remporter un tournoi du Grand Chelem. Pourtant, au moment de conclure, un obstacle se dresse inlassablement devant lui.

L'Open d'Australie 2010 symbolise cette frustration. Après un parcours convaincant, il retrouve Roger Federer en finale, comme à l'US Open 2008. Battu en trois sets, il craque lors de la remise des trophées et présente ses excuses au public britannique. Cette scène révèle toute la pression qui pèse sur ses épaules : chaque défaite dépasse désormais le simple cadre sportif. C'est tout un pays qui attend son premier champion depuis Fred Perry.

Comme chaque année depuis 2008, Murray continue pourtant d'accumuler les titres en Masters 1000, confirmant qu'il appartient durablement à l'élite. En 2011, il se heurte cette fois à Novak Djokovic, auteur d'une saison historique, qui le bat notamment en finale de l'Open d'Australie et du Masters 1000 de Miami.

À la fin de la saison 2011, Andy Murray possède déjà un palmarès que beaucoup de joueurs rêveraient d'avoir : plusieurs Masters 1000, des victoires sur les meilleurs joueurs du monde et une place solidement installée dans le Top 4. Mais l'absence de titre majeur commence à peser, surtout après avoir joué trois finales sans avoir été capable de gagner le moindre set. Pour franchir enfin la dernière marche, il prend en décembre 2011 l'une des décisions les plus importantes de sa carrière en faisant appel à Ivan Lendl, un champion qui connaît mieux que quiconque le poids des finales perdues.

2012-2013

La délivrance

Andy Murray sacré à Wimbledon en 2013 après sa victoire sur Novak Djokovic

Wimbledon 2013 : Andy Murray pose avec le trophée après sa victoire en finale contre Novak Djokovic.

Lorsque débute la saison 2012, Andy Murray possède déjà le niveau d'un champion. Il ne lui manque plus qu'un premier titre du Grand Chelem. L'arrivée d'Ivan Lendl, quelques mois plus tôt, ne transforme pas son jeu ; elle change surtout son approche des grands rendez-vous.

L'été londonien marque un tournant. À Wimbledon, il devient le premier Britannique depuis 1938 à atteindre la finale. Battu en quatre sets par Roger Federer, il éclate en sanglots lors de la remise des trophées, sous les applaudissements d'un public qui mesure le poids de près de huit décennies d'attente. Trois semaines plus tard, sur ce même Centre Court transformé en stade olympique, Murray prend sa revanche sur le Suisse et décroche la médaille d'or. Même si Federer sort d'une demi-finale épuisante de 4 h 26 contre Juan Martín del Potro, ce succès agit comme une véritable libération psychologique.

Cette confiance nouvelle porte immédiatement ses fruits. À l'US Open, Murray domine Novak Djokovic au terme d'une finale de près de cinq heures et devient le premier Britannique sacré en Grand Chelem depuis Fred Perry en 1936.

En 2013, il confirme qu'il appartient désormais au cercle des très grands. Après une nouvelle finale perdue à l'Open d'Australie contre Djokovic, il triomphe enfin à Wimbledon. En battant le Serbe en finale, il met fin à soixante-dix-sept ans d'attente et devient le premier Britannique à remporter le tournoi depuis Fred Perry. En l'espace de quinze mois, Andy Murray est passé du statut d'éternel outsider à celui de héros national.

2014-2015

Les complications

Andy Murray choisit Amélie Mauresmo pour l'encadrer

Bousculant les codes pré-établis, Andy Murray annonce qu'il va organiser son staff autour de l'ancienne championne française Amélie Mauresmo.

À peine sacré à Wimbledon, Andy Murray doit relever un nouveau défi. À la fin de la saison 2013, des douleurs persistantes au dos l'obligent à subir une intervention chirurgicale. Son retour est progressif et, durant plusieurs mois, il peine à retrouver la régularité qui avait fait de lui l'un des meilleurs joueurs du monde.

L'été 2014 marque un choix audacieux. Murray confie son entraînement à Amélie Mauresmo, devenant l'un des rares joueurs de premier plan à collaborer avec une femme. Malgré les critiques, souvent teintées de sexisme, il assume pleinement sa décision. Son jeu évolue : plus offensif qu'à ses débuts, il cherche davantage à prendre l'initiative tout en conservant ses exceptionnelles qualités de contreur.

Les résultats reviennent progressivement. En 2015, Murray atteint les demi-finales de l'Open d'Australie, de Roland-Garros et de Wimbledon, chaque fois battu par un autre membre du Big Four. Ces performances confirment qu'il a retrouvé sa place parmi les meilleurs joueurs du monde et qu'il est prêt à viser de nouveaux sommets.

2015

La conquête du Saladier d'argent

Andy Murray vainqueur de la Coupe Davis 2015

Finale de la Coupe Davis 2015 : Andy Murray célèbre le titre britannique après la victoire contre la Belgique.

En Coupe Davis, Andy Murray devient le véritable leader de la Grande-Bretagne. Tour après tour, il enchaîne les victoires en simple et n'hésite pas à disputer le double aux côtés de son frère Jamie lorsque l'équipe en a besoin, faisant toujours passer l'intérêt collectif avant les considérations personnelles.

La finale contre la Belgique, à Gand, résume son engagement. Après avoir remporté ses deux simples, il offre le point décisif à son pays en dominant David Goffin. La Grande-Bretagne remporte sa première Coupe Davis depuis 1936, mettant fin à soixante-dix-neuf ans d'attente. Rarement un joueur aura autant pesé sur le destin de son équipe nationale.

Cette campagne victorieuse parachève son retour au plus haut niveau. Plus que jamais, Murray apparaît comme le principal rival de Novak Djokovic. La saison 2016 lui offrira l'occasion de transformer cette montée en puissance en une conquête historique.

2016 (janvier - juin)

À la poursuite de Djokovic

Andy Murray déait par Novak Djokovic en finale de Roland-Garros 2016

Comme à Melbourne en début d'année, Murray s'incline face à Djokovic, qui remporte à cette occasion son premier French Open.

Lorsqu'il aborde la saison 2016, Andy Murray appartient aux tout meilleurs joueurs du monde. Pourtant, Novak Djokovic domine toujours outrageusement le circuit. L'Écossais atteint une cinquième finale à l'Open d'Australie, mais, une nouvelle fois, le Serbe lui ferme la porte.

Loin de se décourager, Murray poursuit sa montée en puissance. Sur terre battue, il remporte le Masters 1000 de Rome en battant Djokovic en finale, avant d'atteindre pour la première fois la finale de Roland-Garros. Opposé une nouvelle fois au Serbe, il enlève le premier set mais voit son rival renverser le match pour compléter le Grand Chelem en carrière.

Cette nouvelle désillusion ne freine pourtant pas son ascension. Au contraire, Murray donne le sentiment de n'avoir jamais été aussi proche du sommet. Il rivalise désormais avec Djokovic sur toutes les surfaces. La seconde moitié de la saison va lui offrir l'occasion de transformer l'essai.

2016

Le toit du monde

Andy Murray face à Novak Djokovic au Masters 2016

Masters de Londres 2016 : Andy Murray domine Novak Djokovic en finale et termine l'année numéro un mondial.

L'été 2016 fait basculer la carrière d'Andy Murray. À Wimbledon, il retrouve le niveau qui avait fait de lui le héros du Royaume-Uni trois ans plus tôt. Il domine Milos Raonic qui venait de faire chuter Federer en demi-finale, pour décrocher un deuxième titre sur le gazon londonien.

Quelques semaines plus tard, aux Jeux olympiques de Rio, il confirme son statut. Après un parcours particulièrement exigeant, il vient à bout de Juan Martín del Potro au terme d'un combat de plus de quatre heures et devient le premier joueur de l'histoire à conserver un titre olympique en simple depuis le retour du tennis aux Jeux en 1988. Il est même le seul à remporter deux médailles d'or en carrière chez les messieurs.

La fin de saison est exceptionnelle. Murray remporte successivement Pékin, Shanghai, Vienne et Paris-Bercy, revient sur Novak Djokovic au classement ATP, puis le bat en finale du Masters de Londres dans un match où la place de numéro un mondial est en jeu. À 29 ans, il conclut la plus belle saison de sa carrière en terminant pour la première fois l'année au sommet du tennis mondial.

2017-2024

La hanche métallique

Andy Murray après son opération de la hanche

2019 : Andy Murray après son opération de resurfaçage de la hanche et la pose d'une prothèse métallique.

Au sommet de sa carrière, Andy Murray est brutalement freiné par une douleur persistante à la hanche. Dès 2017, son déplacement perd de sa fluidité, les résultats deviennent plus irréguliers et l'ancien numéro un mondial est contraint de renoncer progressivement à ses ambitions de Grand Chelem.

Après de longs mois de traitements infructueux, Murray annonce, en larmes, à la veille de l'Open d'Australie 2019, que sa carrière touche peut-être à sa fin. Beaucoup pensent assister aux adieux d'un immense champion. Il choisit pourtant de subir une arthroplastie de resurfaçage de la hanche, une intervention aussi lourde que rarissime dans le tennis de haut niveau.

Contre toute attente, l'Écossais revient sur le circuit quelques mois plus tard et remporte le tournoi d'Anvers, son premier titre depuis plus de deux ans. Il ne retrouvera jamais le niveau qui lui avait permis de devenir numéro un mondial, mais il continue de lutter avec une détermination intacte jusqu'à ses derniers matchs.

En 2024, il met un terme à sa carrière lors des Jeux olympiques de Paris, refermant son parcours là où il aura été finalement plus fort que n'importe lequel de ses rivaux.

Big Four

Le quatrième géant

Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic et Andy Murray

Pendant près d'une décennie, le tennis masculin est dominé par Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic. Pourtant, les joueurs et les observateurs parlent souvent d'un Big Four plutôt que d'un Big Three. Ce quatrième homme, c'est Andy Murray.

Son palmarès est certes moins riche que celui de ses trois rivaux, mais il ne résume pas son influence. Entre 2008 et 2016, Murray dispute onze finales de Grand Chelem, remporte trois Grands Chelems, quatorze Masters 1000, le Masters, deux titres olympiques en simple et atteint la première place mondiale. Surtout, il partage avec Federer, Nadal et Djokovic les derniers carrés des plus grands tournois avec une régularité qu'aucun autre joueur n'a su égaler.

Les chiffres confirment cette domination collective. Entre 2008 et 2016, les quatre membres du Big Four captent 79 titres sur 90, soit presque neuf tournois sur dix. Murray y contribue à hauteur de quinze titres, davantage que Federer sur cette période.

33Djokovic
19Nadal
15Murray
12Federer
11Autres

Lecture : les chiffres additionnent les Masters 1000 et l'ATP Finals sur la période 2008-2016.

Année Djokovic Nadal Murray Federer Big Four Autres vainqueurs
2008 3 3 2 0 8/10 Davydenko, Tsonga
2009 1 3 2 2 8/10 Davydenko (2)
2010 0 3 2 2 7/10 Ljubicic, Roddick, Söderling
2011 5 1 2 2 10/10 -
2012 4 2 0 3 9/10 Ferrer
2013 4 5 1 0 10/10 -
2014 5 1 0 2 8/10 Wawrinka, Tsonga
2015 7 0 2 1 10/10 -
2016 4 1 4 0 9/10 Cilic

Être le quatrième membre du Big Four a toutefois un prix. Murray croise sans cesse la route des trois plus grands joueurs de tous les temps, souvent au pire moment. Plusieurs de ses finales de Grand Chelem se terminent face à un Federer impérial ou un Djokovic au sommet de son art. Dans une autre génération, son palmarès aurait sans doute été bien plus étoffé.

Avec le recul, l'expression « Big Four » apparaît moins comme une formule médiatique que comme le reflet fidèle d'une réalité sportive. Pendant près de dix ans, quatre joueurs — et non trois — ont façonné le sommet du tennis mondial. Andy Murray en fut le quatrième pilier.

wimbledon

La fin d'une longue attente

Andy Murray présente le trophée de Wimbledon 2013 au public

Depuis le triomphe de Fred Perry en 1936, Wimbledon est devenu une obsession nationale. Chaque été, le public britannique espère voir l'un des siens mettre fin à une attente qui dure depuis des décennies. Andy Murray grandit avec ce poids sur les épaules.

En 2012, il devient le premier Britannique depuis Bunny Austin en 1938 à atteindre la finale. Battu par Roger Federer, il quitte le Centre Court en larmes, conscient d'être passé tout près d'un exploit historique. Quelques semaines plus tard, sur ce même court transformé en stade olympique, il prend sa revanche sur le Suisse et décroche la médaille d'or, un succès qui le libère mentalement.

L'année suivante, Murray entre dans la légende en battant Novak Djokovic en finale de Wimbledon. Il met fin à soixante-dix-sept ans d'attente et offre enfin au Royaume-Uni le champion que tout un peuple espérait. En 2016, il confirme en remportant un deuxième titre.

Plus que ses deux trophées, c'est cette délivrance collective qui fait de Murray une figure majeure du sport britannique. À Wimbledon, il n'a pas seulement gagné : il a refermé l'un des plus longs chapitres d'attente de l'histoire du tennis.

Rivalité

Djokovic, le rival de toute une carrière

Novak Djokovic et Andy Murray à Melbourne en 2011

Aucun adversaire n'a davantage marqué la carrière d'Andy Murray que Novak Djokovic. Nés à une semaine d'intervalle, les deux hommes se croisent dès les catégories de jeunes avant de devenir les figures majeures de leur génération. Leur rivalité accompagne presque toute leur carrière.

Leur bilan en Grand Chelem est pourtant déséquilibré. Djokovic prive notamment Murray de plusieurs titres à l'Open d'Australie, où l'Écossais s'incline à cinq reprises en finale. Il le bat également en finale de Roland-Garros 2016.

Mais cette rivalité ne se résume pas aux défaites de Murray. L'Écossais remporte des confrontations majeures, notamment les finales de l'US Open 2012, de Wimbledon 2013 et du Masters 2016. C'est donc bien face à ce même Djokovic que plusieurs verrous de l'histoire britannique ont sauté, des verrous qui tenaient parfois depuis Fred Perry !

Au-delà des chiffres, Murray et Djokovic auront élevé mutuellement leur niveau d'exigence pendant plus de quinze ans. Leur duel, moins médiatisé que Federer-Nadal, reste pourtant l'une des rivalités les plus riches et les plus constantes de l'ère moderne.

JEUX OLYMPIQUES

Deux médailles d'or

Andy Murray médaillé d'or aux Jeux olympiques

Si Andy Murray a souvent porté les attentes du Royaume-Uni sur le circuit ATP, c'est sous le maillot national qu'il a parfois livré ses performances les plus mémorables. Jeux olympiques ou Coupe Davis, l'Écossais semble se transcender dès qu'il représente son pays.

Les Jeux de Londres, en 2012, constituent un premier tournant. Trois semaines seulement après la douloureuse finale perdue face à Roger Federer à Wimbledon, Murray retrouve le Suisse... sur le même Centre Court, transformé pour l'occasion en théâtre olympique.

Cette fois, le scénario est tout autre. Libéré du poids qui l'avait paralysé lors de Wimbledon, Murray impose son rythme dès les premiers échanges et domine Federer avec une autorité inattendue (6-2, 6-1, 6-4). Le combat est d'autant plus déséquilibré que le Suisse sort d'une demi-finale épuisante de 4 h 26 contre Juan Martín del Potro, le plus long match en deux sets gagnants de l'histoire du tennis olympique. Mais la fatigue de Federer n'atténue pas la liesse populaire : l'Écossais offre à la Grande-Bretagne une médaille d'or attendue depuis plus d'un siècle dans cette discipline.

Quatre ans plus tard, à Rio de Janeiro, Murray confirme qu'il possède une relation particulière avec les Jeux. Tenant du titre, il assume pleinement son statut malgré un tableau relevé. En finale, il vient à bout de Juan Martín del Potro après plus de quatre heures d'un combat d'une intensité remarquable. En conservant son titre, il devient le premier joueur de l'histoire à remporter deux médailles d'or olympiques en simple depuis le retour du tennis au programme olympique en 1988.

Ironie de l'histoire, c'est également sous les anneaux olympiques que s'achève sa carrière. En 2024, à Paris, Murray dispute son dernier tournoi professionnel. Douze ans après son sacre londonien, il quitte définitivement les courts dans une compétition qui lui aura offert certains des plus grands moments de sa vie sportive.

Plus encore que ses deux médailles d'or, c'est cette fidélité aux Jeux qui marque les esprits. Là où certains champions ont parfois considéré le tournoi olympique comme un objectif secondaire, Andy Murray en a fait un rendez-vous majeur de sa carrière. À ce jour, aucun joueur n'a davantage marqué l'histoire du simple masculin aux Jeux olympiques.

Palmarès

Ses 46 titres

Grand Chelem Masters Masters 1000 Jeux olympiques ATP 500 ATP 250
San Jose 2006 San Jose 2007 S. Petersbourg 2007 Doha 2008 Marseille 2008 Cincinnati 2008 Madrid 2008 S. Petersbourg 2008 Doha 2009 Rotterdam 2009 Miami 2009 Queen's 2009 Montréal 2009 Valence 2009 Toronto 2010 Shanghai 2010 Queen's 2011 Cincinnati 2011 Bangkok 2011 Tokyo 2011 Shanghai 2011 Brisbane 2012 JO 2012 US Open 2012 Brisbane 2013 Miami 2013 Queen's 2013 Wimbledon 2013 Shenzhen 2014 Vienne 2014 Valence 2014 Munich 2015 Madrid 2015 Queen's 2015 Montréal 2015 Rome 2016 Queen's 2016 Wimbledon 2016 JO 2016 Pékin 2016 Shanghai 2016 Vienne 2016 Bercy 2016 Masters 2016 Dubaï 2017 Anvers 2019
Vie privée

Kim Sears, l'amour de sa vie

En avril 2015, Andy épouse Kim Sears, rencontrée quelques années auparavant sur le circuit. Très présente dans les tribunes, Kim devient une figure familière des grands tournois, même si le couple veille à préserver sa vie privée des médias. Ensemble, ils auront quatre enfants.

Chron'Open - fiche joueur

Date de dernière mise à jour : 11/10/2026