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Victor Pecci | Chron'Open
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Paraguay
droitier - revers à une main

VictorPecci

Le grand attaquant de la terre battue
Victor Pecci

Grand attaquant à une époque où la terre battue appartient surtout aux joueurs de fond de court, Victor Pecci a bâti une carrière singulière. Finaliste à Roland-Garros, membre du Top 10 mondial et héros des plus beaux exploits du Paraguay en Coupe Davis, l'homme au diamant à l'oreille reste la grande figure du tennis de son pays.

10Titres ATP
1980n°9 mondial
Naissance 15 octobre 1955
Jeunesse

L'autodidacte d'Asuncion

Asuncion, capitale du Paraguay

Victor Pecci naît le 15 octobre 1955 à Asuncion, capitale du Paraguay. Il découvre le tennis dans sa ville natale, notamment au Club Centenario, encouragé par son père, passionné par ce sport. Dans un pays qui ne possède alors ni la tradition ni les structures des grandes nations du tennis, le jeune Paraguayen doit largement construire son apprentissage par lui-même.

Son talent apparaît pourtant très tôt au niveau international. En 1973, à 17 ans, il remporte le tournoi juniors de Roland-Garros, en battant le Tchécoslovaque Pavel Slozil en finale. Six ans plus tard, il reviendra sur la même terre battue parisienne pour atteindre cette fois la finale du tournoi seniors, un parcours que très peu de champions juniors ont réussi à prolonger à un tel niveau chez les professionnels.

Pecci entame ensuite sa progression sur le circuit professionnel. Longtemps privé d'un entraîneur voyageant à ses côtés, il reconnaîtra plus tard avoir dû apprendre beaucoup par lui-même avant de bénéficier d'un encadrement plus structuré. A partir de 1978, l'Argentin Modesto « Tito » Vazquez commence à travailler avec lui, avant de devenir véritablement son entraîneur en 1979.

Victor Pecci en 1975
De 1976 à 1990

Sa carrière

Victor Pecci à Roland-Garros en 1978
Roland-Garros 1978 : Pecci atteint les huitièmes de finale pour la première fois.
1976-1978

Les premiers titres européens

Victor Pecci se fait une place sur le circuit au milieu des années 1970. Avec son grand gabarit – 1,93 m –, son service puissant et son goût pour l'attaque, le Paraguayen possède un tennis peu conventionnel pour un joueur qui va obtenir l'essentiel de ses résultats sur terre battue. En 1976, il remporte ses deux premiers titres, à Madrid puis à Berlin.

Après une saison 1977 plus discrète, il progresse de nouveau en 1978. Il remporte Bogota, son premier titre en Amérique du Sud, puis atteint les finales de Buenos Aires et Santiago. A Roland-Garros, il se hisse pour la première fois en huitième de finale.

Roland-Garros 1979 : les images du parcours de Victor Pecci jusqu'à la finale.
1979

L'extraordinaire Roland-Garros

Quelques semaines avant Roland-Garros, Pecci donne un premier avertissement en remportant le tournoi de Nice. Mais rien ne laisse encore prévoir ce qui va suivre à Paris. Non tête de série, il élimine notamment Corrado Barazzutti et Harold Solomon avant de retrouver en quart de finale Guillermo Vilas, vainqueur du tournoi deux ans auparavant. Le Paraguayen surclasse l'Argentin en trois sets et poursuit son incroyable parcours.

En demi-finale l'attend Jimmy Connors. Pecci ne se contente plus de surprendre : il impose son jeu. Derrière un service que ses adversaires ont beaucoup de mal à lire, il attaque sans relâche et s'impose 7-5, 6-4, 5-7, 6-3. Les médias s'émerveillent alors de ce service au geste extrêmement court, mais capable de produire une balle d'une violence étonnante. A 23 ans, Pecci devient le premier finaliste non tête de série à Roland-Garros depuis Nikola Pilic en 1973.

La dernière marche est cependant la plus haute. Bjorn Borg règne alors sur la terre battue parisienne et prend rapidement le contrôle de la finale. Le Suédois gagne les deux premières manches 6-3, 6-1 et mène encore 5-2 dans le troisième set. Pecci refuse pourtant de céder. Il revient, attaque davantage et arrache la manche au jeu décisif. Borg finit par s'imposer 6-3, 6-1, 6-7, 6-4, mais reconnaît avoir vécu sa finale parisienne la plus difficile jusque-là. Pecci quitte Roland-Garros battu, mais transformé en vedette.

Victor Pecci au Queen's en 1979
Queen's 1979 : Pecci atteint la finale, confirmant son efficacité sur gazon.
1979

L'année de la révélation

La finale parisienne n'est pas un éclair isolé. Pecci continue de briller pendant toute la saison. Il atteint notamment la finale à Washington, où il retrouve Vilas. Le match est extrêmement serré lorsque le Paraguayen, victime de crampes, ne peut poursuivre dans le jeu décisif du deuxième set. Il atteint également la finale du Queen's, preuve que son tennis offensif peut parfaitement s'exporter sur gazon.

A l'automne, il revient sur ses terres de prédilection et enlève successivement Quito puis Bogota. Avec Nice, cela porte à trois son nombre de titres pour la saison. Passé du 47e rang mondial au mois de mars aux portes du Top 10 quelques mois plus tard, Pecci reçoit logiquement le titre ATP de joueur ayant le plus progressé en 1979.

Victor Pecci à Wimbledon en 1980
Wimbledon 1980 : Victor Pecci pendant la saison où il atteint son meilleur classement.
1980

Dans le Top 10

Pecci prolonge sa dynamique au début de 1980. Le 24 mars, il atteint le 9e rang mondial, le meilleur classement de sa carrière. Il se maintient plusieurs semaines autour de la dixième place, mais ne parvient pas à reproduire son parcours exceptionnel de l'année précédente dans les grands rendez-vous. A Roland-Garros, notamment, l'aventure s'arrête dès le deuxième tour.

Sa saison reste néanmoins récompensée par un nouveau titre à Santiago, en fin d'année. Ce succès confirme également une constante de sa carrière : Pecci est particulièrement à l'aise sur les tournois sud-américains, où il remportera six de ses dix titres.

Victor Pecci et Bjorn Borg à Roland-Garros en 1981
Roland-Garros 1981 : Bjorn Borg écarte Pecci en demi-finale.
1981

Rome et un nouveau dernier carré à Roland-Garros

Victor Pecci retrouve en 1981 une partie de l'allant qui l'avait porté deux ans auparavant. Il commence l'année en remportant Vina del Mar puis s'impose au printemps à Bournemouth, où il réalise même le doublé simple-double. Quelques semaines plus tard, il atteint la finale des Internationaux d'Italie à Rome. Jose-Luis Clerc l'empêche d'ajouter l'un des plus prestigieux tournois sur terre battue à son palmarès en s'imposant 6-3, 6-4, 6-0.

Victor Pecci à Bournemouth en 1981
Bournemouth 1981 : Pecci réalise le doublé simple-double.

Roland-Garros lui offre une nouvelle occasion de démontrer l'originalité de son tennis. En quart de finale, il élimine Yannick Noah 3-6, 6-4, 6-4, 6-4. Pecci pratique alors sur la terre battue parisienne un véritable jeu de service-volée, rare à ce niveau sur cette surface. Son immense envergure et la qualité de sa première balle lui permettent de prendre rapidement le filet et d'abréger les échanges. Il apparaît comme l'un des seuls attaquants capables de prendre de vitesse les meilleurs spécialistes de la terre.

Comme en 1979, Bjorn Borg lui barre cependant la route. Cette fois, le Suédois s'impose en trois manches en demi-finale avant de remporter une sixième et dernière fois Roland-Garros. Pecci ne retrouvera plus jamais le dernier carré d'un tournoi du Grand Chelem. Ses deux grands parcours parisiens resteront très nettement au-dessus de ses résultats obtenus dans les trois autres majeurs.

Victor Pecci lors du quart de finale France-Paraguay en 1983
Marseille 1983 : Pecci participe aux deux points paraguayens lors du quart de finale contre la France.
1982-1983

Le Paraguay s'invite parmi les grands

Au début des années 1980, une deuxième dimension de la carrière de Pecci prend une importance croissante : la Coupe Davis. Avec Francisco Gonzalez, il conduit en 1982 le Paraguay jusqu'au Groupe mondial. Pour un pays sans grande tradition tennistique internationale, cette accession constitue déjà un événement.

Dès sa première campagne dans l'élite, en 1983, le Paraguay frappe un grand coup. La Tchécoslovaquie arrive à Asuncion avec Ivan Lendl, Tomas Smid et Pavel Slozil. Les Paraguayens ont fait aménager pour l'occasion une surface très rapide destinée à favoriser Pecci et Gonzalez. Le pari fonctionne : le Paraguay s'impose 3-2 et élimine l'une des équipes les plus redoutables du monde.

L'aventure s'arrête en quart de finale à Marseille contre la France, également sur le score de 3-2. Pecci participe néanmoins aux deux points paraguayens : associé à Gonzalez, il remporte le double, puis domine Thierry Tulasne lors du quatrième match. La même année, il ajoute à Vina del Mar le dixième et dernier titre du circuit principal de son palmarès.

Victor Pecci et Yannick Noah en Coupe Davis en 1985
Asuncion 1985 : Pecci bat Yannick Noah après avoir sauvé une balle de match.
1985

Noah et Leconte terrassés à Asuncion

Deux ans plus tard, la Coupe Davis offre à Pecci l'un des épisodes les plus mémorables de sa carrière. Le Paraguay reçoit la France de Yannick Noah et Henri Leconte à Asuncion. La rencontre se dispute dans une atmosphère assourdissante, sur un parquet extrêmement rapide que Pecci décrira des années plus tard comme la surface la plus rapide sur laquelle il ait jamais joué.

Dès le premier jour, Pecci livre contre Noah un combat hors norme. Après cinq sets interminables, il s'impose 6-8, 15-13, 2-6, 8-6, 10-8, après avoir sauvé une balle de match. La France remporte ensuite le double et Noah remet les deux équipes à égalité en battant Francisco Gonzalez. Tout se joue donc dans le cinquième match, entre Pecci et Leconte. A 29 ans, le héros local répond encore présent : victoire 6-3, 6-4, 3-6, 7-5. Le Paraguay élimine la France 3-2.

Pecci considérera plus tard cette victoire comme l'un des trois plus grands exploits de l'histoire du tennis paraguayen. Sa carrière sur le circuit commence pourtant à décliner : en 1985, il dispute encore une finale à Nice, perdue contre Henri Leconte, mais il ne reviendra plus parmi les meilleurs mondiaux.

Victor Pecci en Coupe Davis contre les Etats-Unis en 1987
Asuncion 1987 : Pecci offre au Paraguay la victoire décisive contre les Etats-Unis face à Aaron Krickstein.
1987

Une dernière épopée contre les Etats-Unis

En 1987, Pecci n'appartient plus à l'élite du classement, mais la Coupe Davis le transforme toujours. Le Paraguay reçoit les Etats-Unis à Asuncion. Lors du premier simple, Pecci bat Jimmy Arias en quatre manches. Les Américains prennent néanmoins l'avantage 2-1 après le double. Le dimanche, Hugo Chapacu réussit un incroyable retour contre Arias pour égaliser à deux partout. La qualification se joue alors entre Pecci et Aaron Krickstein.

Pecci domine le jeune Américain 6-2, 8-6, 9-7 et offre au Paraguay une nouvelle victoire historique, 3-2. A cette époque, il n'a encore jamais perdu un simple de Coupe Davis à Asuncion. La capitale paraguayenne est devenue une véritable forteresse : entre 1983 et 1989, le pays ne perd aucune rencontre du Groupe mondial disputée à domicile.

L'ambiance de la rencontre contre les Etats-Unis laisse toutefois des traces. La Fédération internationale sanctionne le Paraguay pour le comportement du public mais aussi de certains dirigeants, accusés notamment d'avoir insulté et menacé le juge-arbitre. Le pays perd le droit de recevoir une nouvelle rencontre de Coupe Davis en 1987. Son quart de finale contre l'Espagne doit donc être disputé sur terrain neutre, à Caracas, où les Espagnols mettent fin à l'aventure paraguayenne.

1988-1990

La fin de carrière

La carrière individuelle de Pecci est désormais presque derrière lui, mais son pays fait encore appel à lui pour les grands rendez-vous. Le Paraguay parvient à demeurer plusieurs années dans le Groupe mondial, une longévité remarquable pour une nation disposant d'un réservoir de joueurs aussi limité. Pecci en reste l'emblème, bien après avoir quitté le Top 100.

En 1989, il dispute encore la rencontre de Coupe Davis contre les Etats-Unis en Floride. Michael Chang le bat en quatre manches lors de ce qui constitue son dernier simple répertorié par l'ATP. Pecci reste néanmoins lié à l'équipe nationale jusqu'en 1990, année de sa retraite sportive.

Style de jeu

Un attaquant sur terre battue

Victor Pecci au filet

Victor Pecci occupe une place à part parmi les grands joueurs de terre battue de son époque. Là où Borg, Vilas ou Clerc construisent essentiellement leurs victoires depuis le fond du court, le Paraguayen cherche constamment à avancer. Son grand service constitue la première arme de ce système : geste court, difficile à anticiper, balle très lourde, puis montée immédiate vers le filet.

Ce tennis de service-volée pratiqué sur la terre battue fait de lui un adversaire déroutant. Son 1,93 m lui permet de couvrir le filet en quelques foulées et d'y exploiter son envergure. Lorsqu'il évolue en pleine confiance, comme à Roland-Garros en 1979 et 1981, il est capable d'étouffer des joueurs normalement beaucoup plus à l'aise que lui dans les longs échanges. Cette opposition de styles explique en partie pourquoi ses parcours parisiens ont autant marqué les observateurs.

Personnalité

Un look bien à lui

Victor Pecci avec son diamant à l'oreille

A son allure spectaculaire s'ajoute une image facilement reconnaissable. A Roland-Garros 1979, son visage et surtout le gros diamant porté à l'oreille deviennent l'un des symboles du tournoi. Le public parisien adopte rapidement ce grand Paraguayen inattendu venu défier les vedettes établies.

Après-carrière

Une légende du sport paraguayen

Victor Pecci ministre des Sports du Paraguay en 2013

Après sa retraite, Pecci reste impliqué dans le tennis de son pays et exerce notamment les fonctions de capitaine de l'équipe paraguayenne de Coupe Davis à partir de 2003. Son influence dépasse progressivement le cadre du tennis.

De 2013 à 2018, Victor Pecci est ministre des Sports du Paraguay, à la tête de la Secretaría Nacional de Deportes. L'institution continue aujourd'hui de le présenter comme la principale figure de l'histoire du tennis paraguayen. Plusieurs décennies après sa finale de Roland-Garros, Victor Pecci demeure ainsi l'un des sportifs les plus emblématiques de son pays.

Famille

Vie privée

Victor Pecci avec Valerie Martinez Pastore et Isabela

Il partage sa vie avec Valerie Martinez Pastore.

Pecci est père de plusieurs enfants, parmi lesquels Giulliano Manuel et Isabela. Aucun d'eux n'a suivi son parcours au plus haut niveau, même si sa fille Isabela a notamment pratiqué le tennis parmi plusieurs autres sports.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026