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droitier - revers à une main

FredPerry

Le champion qui a bousculé les codes
Fred Perry

Fils d’un ancien ouvrier du coton devenu député, Fred Perry grandit loin des codes du tennis britannique. D’abord formé dans une autre discipline de raquette, il arrive relativement tard sur les courts avec une vitesse, une coordination et une volonté de gagner qui vont rapidement bousculer l’ordre établi.

ChampionAvant l’ère Open
8Grands Chelems
51Titres en SIMPLE
1934n°1 mondial
4Coupes Davis
Naissance 18 mai 1909
Les débuts

Champion du monde avant le tennis

Fred Perry avec une raquette de tennis de table
Avant de s’imposer sur les courts, Fred Perry devient champion du monde de tennis de table en simple, en 1929.

Fred Perry naît à Stockport dans une famille modeste. Son père, Samuel Perry, travaille dans l’industrie cotonnière avant de devenir une figure du mouvement coopératif et de la politique britannique. Lorsque la famille s’installe à Ealing, dans l’ouest de Londres, le jeune Fred profite des installations sportives du Brentham Institute. Il pratique de nombreux sports mais se passionne d’abord pour le tennis de table.

Il s’entraîne notamment en poussant la table familiale contre un mur afin de pouvoir jouer seul pendant des heures. Cette pratique développe chez lui une remarquable coordination entre l’œil et la main, ainsi qu’un goût prononcé pour la prise de balle précoce. À 19 ans, en 1929 à Budapest, il devient champion du monde de tennis de table en simple.

Le tennis n’est encore qu’une activité secondaire. Perry s’y consacre véritablement vers 18 ans et se forme en grande partie par lui-même, frappant notamment contre le mur et la porte du garage familial. Dès 1929, quelques mois après son titre mondial de tennis de table, il se qualifie pourtant pour Wimbledon et atteint le troisième tour.

De 1929 à 1956

Sa carrière

1929-1932

Une ascension express

La progression est extrêmement rapide. En 1931, Perry atteint les demi-finales de Wimbledon, où Sidney Wood met fin à son parcours. La même année, il découvre également le plus haut niveau de la Coupe Davis : la Grande-Bretagne atteint la finale mais s’incline 3-2 face à la France à Roland-Garros. Perry remporte l’un de ses simples contre Jean Borotra avant de perdre le match décisif contre Henri Cochet.

Il comprend alors que son physique doit suivre son ambition. Au début des années 1930, il travaille notamment sa condition avec les footballeurs d’Arsenal. Son tennis devient plus agressif : il prend la balle tôt, accélère en coup droit et utilise sa vitesse pour passer très rapidement de la défense à l’attaque.

Fred Perry face à Jack Crawford aux Championnats des États-Unis en 1933
Forest Hills, 1933 : Fred Perry face à Jack Crawford lors de la finale qui lui offre son premier titre majeur.
1933

Les premiers grands titres

En 1933, Perry connaît une saison en deux temps. À Roland-Garros, il atteint les quarts de finale, où il s’incline en cinq sets face au Japonais Jirō Satō. Il se console en remportant le double aux côtés de Pat Hughes.

À Wimbledon, la déception est plus sévère. Tête de série n°6, Perry est éliminé dès le deuxième tour par le Sud-Africain Norman Farquharson, qui s’impose en cinq sets (7-5, 6-1, 3-6, 4-6, 6-4). Un net recul après sa demi-finale de 1931 et son quart de finale de 1932.

Trois semaines plus tard, Perry rebondit de manière spectaculaire en Coupe Davis. À Roland-Garros, la Grande-Bretagne défie une équipe de France qui détient le trophée depuis six ans. Perry bat Henri Cochet en cinq sets, puis, alors que les deux équipes sont à égalité 2-2, domine André Merlin 4-6, 8-6, 6-2, 7-5 dans le match décisif. Les Britanniques remportent leur première Coupe Davis depuis 1912.

La saison bascule définitivement à Forest Hills. En finale des Championnats des États-Unis, Perry affronte Jack Crawford et se retrouve mené deux manches à une. Il renverse alors complètement le match pour s’imposer 6-3, 11-13, 4-6, 6-0, 6-1. À 24 ans, il décroche son premier titre du Grand Chelem.

Fred Perry et Jack Crawford après la finale de Wimbledon 1934
Wimbledon, 1934 : Fred Perry et Jack Crawford après une finale qui offre au Britannique son premier titre londonien.
1934

Trois majeurs sur quatre

Perry commence 1934 en Australie et bat Crawford en finale, 6-3, 7-5, 6-1. À Wimbledon, les deux hommes se retrouvent encore pour le titre. Devant son public, l’Anglais s’impose 6-3, 6-0, 7-5 et devient le premier Britannique à remporter le simple messieurs depuis Arthur Gore en 1909.

À Forest Hills. Wilmer Allison le pousse cette fois au cinquième set, mais le Britannique conserve son titre, 6-4, 6-3, 3-6, 1-6, 8-6. Son seul échec en Grand Chelem cette année-là était intervenu à Roland-Garros, où Giorgio de Stefani l’avait éliminé en quart de finale. Il termine ainsi la saison avec trois titres majeurs sur quatre.

Perry est classé n°1 mondial amateur pour la première fois. Il conserve parallèlement la Coupe Davis avec la Grande-Bretagne, victorieuse des États-Unis 4-1 à Wimbledon.

Fred Perry et Gottfried von Cramm à Roland-Garros en 1935
Roland-Garros, 1935 : Fred Perry et Gottfried von Cramm avant la finale qui complète le Grand Chelem en carrière du Britannique.
1935

Toutes les cases sont cochées

En Australie, Jack Crawford prend sa revanche en finale. Perry rebondit à Roland-Garros, où il affronte Gottfried von Cramm pour le titre. Il s’impose 6-3, 3-6, 6-1, 6-3 et devient ainsi le premier homme à avoir remporté, au cours de sa carrière, chacun des quatre grands championnats internationaux. Ce que l’on appelle aujourd’hui le Grand Chelem en carrière est accompli à 26 ans.

Fred Perry et l'équipe britannique autour de la Coupe Davis à Wimbledon en 1935
Wimbledon, 30 juillet 1935 : Fred Perry, à gauche, et l'équipe britannique célèbrent la conservation de la Coupe Davis, gagnée 5-0 contre les États-Unis.

Quelques semaines plus tard, von Cramm est encore son adversaire en finale de Wimbledon. Perry garde nettement l’avantage, 6-2, 6-4, 6-4, et conserve son titre sans concéder un set pendant le tournoi. La Grande-Bretagne bat ensuite les États-Unis 5-0 en Coupe Davis.

Pour la deuxième année consécutive, Perry est considéré comme le n°1 mondial amateur.

Fred Perry et Gottfried von Cramm à Wimbledon en 1936
Wimbledon, 1936 : Fred Perry serre la main de Gottfried von Cramm après une finale marquée par la blessure précoce de l’Allemand.
1936

Une dernière saison au sommet

À Roland-Garros, von Cramm prend sa revanche au terme d’une finale au scénario inhabituel. Perry perd 0-6, gagne 6-2, reperd 2-6, égalise 6-2 avant de céder le dernier set 0-6. L’Allemand décroche son deuxième titre parisien.

Perry retrouve von Cramm en finale de Wimbledon. Le score, 6-1, 6-1, 6-0, semble raconter une démonstration, mais le match est faussé dès son commencement : von Cramm se blesse à la cuisse pendant le premier jeu et refuse d’abandonner. La finale ne dure qu’environ quarante minutes. Il n'en demeure pas moins que Perry obtient là un troisième Wimbledon consécutif et traverse chacun de ses trois tournois victorieux de 1934 à 1936 sans perdre un set.

Fred Perry avec le trophée des Championnats des États-Unis en 1936
Forest Hills, 1936 : Fred Perry pose avec son troisième trophée des Championnats des États-Unis, après la finale en cinq sets contre Don Budge.

À Forest Hills, son dernier grand rendez-vous amateur l’oppose au jeune Don Budge. Après cinq sets et un cinquième acte interminable, Perry s’impose 2-6, 6-2, 8-6, 1-6, 10-8. Ce huitième titre du Grand Chelem est son dernier chez les amateurs.

La Grande-Bretagne conserve également la Coupe Davis pour la quatrième année consécutive en battant l’Australie 3-2. Perry gagne le simple décisif contre Jack Crawford. Il achève cette période avec un bilan de 45 victoires pour 7 défaites en Coupe Davis, dont 34-4 en simple, et une troisième année consécutive au rang de n°1 mondial amateur.

Ellsworth Vines et Fred Perry en 1937
1937 : Fred Perry et Ellsworth Vines, les deux vedettes de la grande tournée professionnelle.
1937-1938

Face à Ellsworth Vines chez les professionnels

À la fin de 1936, Perry quitte le monde amateur. Cette décision l’exclut automatiquement de Wimbledon, de Roland-Garros et des autres grands championnats réservés aux amateurs. Ses débuts professionnels ont lieu le 6 janvier 1937 au Madison Square Garden devant plus de 17 000 spectateurs : il bat Ellsworth Vines 7-5, 3-6, 6-3, 6-4.

Vines reste pourtant le maître de leur grande tournée nord-américaine : il la remporte 32 victoires à 29. Perry prend sa revanche lors de la tournée britannique et irlandaise, qu’il gagne 6-3. Sur l’ensemble de 1937, les deux hommes terminent donc exactement à égalité, 35 victoires chacun.

En 1938, Vines creuse l’écart et domine leur grande tournée nord-américaine 49 victoires à 35. Perry remporte toutefois l’U.S. Pro en battant Bruce Barnes en finale.

Fred Perry et Vincent Richards à Palm Beach en 1940
Palm Beach, 3 mars 1940 : Fred Perry et Vincent Richards à l’Everglades Club.
1939-1941

Parmi l’élite professionnelle

L’arrivée de Don Budge chez les professionnels renforce encore la concurrence. Perry reste néanmoins présent dans les principaux championnats pros. À l’U.S. Pro 1939, il atteint la finale mais s’incline contre Vines au terme d’un match extrêmement serré, conclu 20-18 au quatrième set. En 1940, il est encore finaliste, battu cette fois par Budge.

En 1941, Perry retrouve le titre à l’U.S. Pro en dominant Dick Skeen 6-4, 6-8, 6-2, 6-3. Il possède alors deux des principaux titres professionnels américains, ceux de 1938 et 1941. La guerre interrompt ensuite largement le circuit international.

Perry continuera à disputer des compétitions professionnelles jusque dans les années 1950, sans retrouver la place qu’il occupait au sommet du tennis mondial avant la guerre. Le Hall of Fame situe sa période professionnelle de 1937 à 1956.

Style de jeu

Une vitesse qui change le temps

Fred Perry en coup droit de course à Bournemouth en 1935
Bournemouth, 1935 : la course et la prise de balle précoce de Fred Perry, deux dimensions essentielles de son jeu.

Perry n’était pas le serveur surpuissant que décrivait l’ancienne fiche. Son service était sûr et efficace, mais son tennis reposait d’abord sur la vitesse, les réflexes, la coordination et la prise de balle précoce. Il utilisait une prise continentale sans en changer entre le coup droit et le revers et excellait particulièrement sur son coup droit en course.

Son passé de champion de tennis de table est perceptible dans sa façon de frapper tôt et de raccourcir le temps laissé à l’adversaire. Perry pouvait attaquer depuis le fond de court puis terminer à la volée, sans être un serveur-volleyeur systématique. Ses volées étaient sèches, son smash fiable et ses déplacements exceptionnellement rapides. Le Hall of Fame le décrit comme un joueur complet capable de pratiquer un tennis offensif sans dépendre du service-volée.

Mais sa principale caractéristique reste probablement son tempérament. Perry jouait pour gagner dans un milieu britannique où l’on valorisait encore fortement l’apparence du gentleman amateur. Cette ambition affichée, associée à ses origines sociales, contribua autant à sa popularité auprès d’une partie du public qu’à ses relations difficiles avec certains dirigeants du tennis britannique.

Vie privée

Une vie mondaine très exposée

Perry mène dans les années 1930 une vie mondaine très exposée et entretient notamment une liaison avec Marlene Dietrich. Il se marie quatre fois : avec l’actrice Helen Vinson en 1935, le mannequin Sandra Breaux en 1941, Lorraine Walsh en 1945, puis Barbara Riese en 1952. Cette dernière union dure plus de quarante ans, jusqu’à sa mort. Le couple a une fille, Penny, et Perry adopte David, le fils de Barbara.

reconversion

Fred Perry devient une marque

Le logo à la couronne de laurier de Fred Perry
La couronne de laurier, devenue l’emblème immédiatement reconnaissable de la marque Fred Perry.

À la fin des années 1940, Perry s’associe à Tibby Wegner. Leur premier produit marquant est un bracelet-éponge destiné aux joueurs de tennis. Perry lui-même avait l’habitude de se protéger le poignet avec de la gaze lorsqu’il jouait, afin d’éviter que la transpiration ne gêne sa prise de raquette.

En 1952 apparaît le polo Fred Perry, conçu à l’origine comme un véritable vêtement de tennis. Sa couronne de laurier devient l’emblème de la marque. Très vite, le vêtement sort des courts et s’intègre à la mode britannique, puis à différentes cultures urbaines et musicales.

La statue de Fred Perry à Wimbledon
Wimbledon, 1984 : une statue de Fred Perry est inaugurée cinquante ans après son premier titre londonien.

Longtemps tenu à distance par une partie de l’establishment britannique après son passage chez les professionnels, Perry reçoit finalement une reconnaissance officielle. Il entre à l’International Tennis Hall of Fame en 1975 et une statue est inaugurée à Wimbledon en 1984, cinquante ans après son premier titre.

Fred Perry meurt le 2 février 1995 à Melbourne, à 85 ans. Il s’était rendu en Australie pour assister à l’Open d’Australie et avait été hospitalisé après une chute dans la salle de bains de son hôtel.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026