Tennis Chron'open
Chron'Open
France
droitier - revers à une main

CédricPioline

Le dernier perdant du tournoi

Aucun joueur français de l'ère Open n'a disputé autant de finales de Grand Chelem que Cédric Pioline. Et pourtant, ce privilège lui a presque coûté plus qu'il ne lui a rapporté. Car une finale ne se joue pas : elle se gagne. Le finaliste reste le dernier perdant du tournoi, celui qui a vu le titre de plus près que les autres sans parvenir à le saisir. Dans la mémoire collective, sa carrière brillante laisse un paradoxe cruel : aurait-il laissé une meilleure image en allant moins loin ?

5Titres ATP
2000n°5 mondial
2Coupes Davis
NAISSANCE15 juin 1969
Identité tennistique

Style de jeu

Pioline avait un tennis complet. Son jeu penchait naturellement vers l'offensive : il aimait prendre l'initiative, monter au filet, abréger l'échange quand l'ouverture se présentait. Sans être un pur serveur-volleyeur, il possédait assez de main, de toucher et de sens du jeu pour se sentir à l'aise vers l'avant.

Son revers à une main reste l'une de ses signatures. Élégant, fluide, capable de tenir l'échange comme de déclencher une accélération, il donnait à son tennis une vraie tenue esthétique. Pioline n'était pas un joueur brutal ; il gagnait moins par écrasement que par construction, variation et qualité de frappe.

Cette palette explique sa réussite sur plusieurs surfaces. Il trouvait également son aise sur terre battue, comme le prouvent ses excellents résultats à Monte Carlo (3 finales).

Il n'appartient pas à la catégorie des joueurs enfermés dans un seul terrain.

Image publique

Personnalité et popularité

Bercy 1996 : un geste resté célèbre dans une relation longtemps tendue avec le public parisien.

Au début de sa carrière, Pioline ne donnait pas grand-chose au public. Sur le court, il restait fermé, presque distant, comme si l'émotion devait rester enfermée à l'intérieur. Cette retenue a pesé sur sa relation avec les spectateurs français. Le public attendait un héros lisible, expressif, capable de l'entraîner avec lui. Pioline, lui, donnait surtout à voir son exigence, ses crispations, ses silences.

Chez lui, la fragilité fut souvent mentale ou circonstancielle ; elle ne venait pas d'un tennis incomplet. Le regard porté sur lui s'est durci à mesure que les occasions manquées s'accumulaient. Parce qu'il était le meilleur Français du moment, on lui demandait plus qu'aux autres. Parce qu'il avait le jeu pour aller loin, chaque défaite importante semblait confirmer une faiblesse. L'étiquette de joueur fragile s'est alors collée à lui, parfois injustement, parfois alimentée par quelques effondrements spectaculaires.

À partir de 1996, son image change. Pioline sort davantage de sa coquille, montre plus ses émotions, partage plus avec le public. Ce n'est pas une métamorphose complète : il ne devient pas un showman, ni un personnage à la Noah. Mais il devient plus accessible, plus vivant, plus lisible. Cette évolution accompagne aussi un regain de résultats : premier titre, quart de finale à Roland-Garros, Coupe Davis. Le public n'oublie pas tout, mais il commence à voir autre chose qu'un joueur fermé.

De 1988 à 2002

Sa carrière

US Open 1993 : Pioline élimine Jim Courier sur sa route vers la finale.
1988-1993

Sorti de l'anonymat

Passé professionnel en 1988, Cédric Pioline met plusieurs années à quitter l'arrière-plan. Ses premiers résultats en Grand Chelem restent discrets, mais sa progression finit par l'amener dans les derniers tours : huitième de finale à Roland-Garros en 1992, puis première finale ATP à Lyon, déjà perdue contre Pete Sampras. Le nom du bourreau historique de Pioline apparaît donc très tôt dans son histoire.

En 1993, tout s'accélère à New York. Pioline commence pourtant son US Open dans la difficulté : cinq sets contre David Prinosil, puis encore cinq contre Jared Palmer. Mais cette entrée laborieuse débouche sur une montée en puissance spectaculaire. Il bat ensuite Mats Wilander en trois manches, puis frappe un grand coup en huitième de finale en éliminant Jim Courier, tête de série n°1. Le Français confirme en quart de finale, où il domine Andrei Medvedev, autre tête de série du tableau, puis écarte Wally Masur en demi-finale. Le voilà en finale de Grand Chelem, avant même d'avoir remporté le moindre titre ATP.

L'anomalie Pioline tient déjà tout entière dans ce parcours : il va plus loin que tous les autres Français de son temps, mais arrive au sommet avec un palmarès encore vierge. En finale, Pete Sampras le ramène brutalement à cette réalité. L'Américain s'impose en trois sets, et la révélation française se referme sur une défaite nette. Pioline vient pourtant de réussir un parcours immense ; mais dans la mémoire collective, il devient d'abord le finaliste battu. La sortie de l'anonymat est éclatante, mais elle porte déjà la marque de l'inachevé.

Copenhague 1996 : Pioline remporte son premier titre ATP.
1994-1996

Sorti de sa coquille

Après l'explosion de 1993, Pioline doit encore apprendre à gagner. Les années suivantes prolongent le malaise : le Français existe au plus haut niveau, reste dangereux, mais son palmarès ne suit pas encore. Sa réputation se construit alors sur un décalage cruel entre la qualité de son tennis et son incapacité à conclure les finales qui se présentent.

En 1996, il brise enfin le signe indien à Copenhague. Le titre n'est pas le plus prestigieux de sa carrière, mais il compte comme une libération. À Roland-Garros, il atteint les quarts de finale et montre aussi un autre visage : plus expressif, plus communicatif, moins enfermé dans cette réserve qui l'avait longtemps éloigné du public français. Cette ouverture accompagne le retour des résultats.

Mais sa relation avec le public reste fragile. À Bercy, après sa défaite contre Kafelnikov, il répond aux sifflets par un bras d'honneur resté célèbre. Le progrès n'efface donc pas la tension. La même année, pourtant, la Coupe Davis vient offrir un contrepoint plus lumineux : avec la victoire française à Malmö, Pioline associe enfin son nom à un grand succès collectif. Il n'est plus seulement le finaliste malheureux ; il devient aussi un lauréat sous le maillot bleu de l'équipe de France.

Wimbledon 1997 : Pioline écarte Michael Stich en demi-finale avant de retrouver Sampras.
1997

Pioline ne s'en sort pas

En 1997, Pioline remporte un deuxième titre à Prague, puis s'élance dans un Wimbledon où son jeu offensif trouve naturellement sa place. Sur gazon, son revers, ses montées et sa capacité à prendre le jeu à son compte lui permettent de traverser un tableau difficile, jusqu'à une deuxième finale de Grand Chelem. Wayne Ferreira est écarté en trois sets, puis Greg Rusedski, dangereux serveur gaucher, tombe à son tour en quart de finale. La demi-finale donne encore plus de poids à son parcours. Face à Michael Stich, vainqueur de Wimbledon en 1991, Pioline s'impose en cinq manches. Cette victoire n'a rien d'un passage offert : elle confirme sa tenue mentale dans un grand rendez-vous et l'installe en finale avec une vraie légitimité de joueur d'herbe.

Mais au bout de la route, le même nom revient : Pete Sampras. Quatre ans après l'US Open, Pioline retrouve l'Américain en finale majeure, cette fois sur le terrain où celui-ci règne presque sans partage. Le Français a beau avoir réussi un immense tournoi, le souvenir se referme encore sur une défaite nette. Il n'est plus seulement finaliste de Grand Chelem : il devient celui qui a perdu deux fois.

En allant plus loin que tous les autres Français de son époque, il devrait élargir sa légende ; au contraire, il nourrit son procès. Ses finales prouvent sa valeur, mais elles renforcent aussi l'image du joueur qui approche le titre sans le prendre. Pioline, malgré l'élégance de son parcours, reste prisonnier de cette spirale de défaites dans les matchs qui comptent le plus.

Roland-Garros 1998 : Pioline poursuit son meilleur parcours parisien face à Marat Safin.
1998-1999

Brillant sur trois surfaces

Après Wimbledon, Pioline pourrait rester enfermé dans l'image du finaliste battu. Il répond pourtant par les résultats. En 1998, il réussit son meilleur Roland-Garros, avec de belles victoires sur Krajicek, Safin et Arazi avant de s'arrêter en demi-finale contre Alex Corretja. Ce parcours parisien compte beaucoup : après New York et Londres, Pioline atteint aussi le dernier carré sur terre battue. Encore une statistique inédite dans le clan français jusqu'ici.

Cette demi-finale complète son portrait. Pioline n'est pas seulement un joueur d'herbe ou de dur, ni un Français porté par une quinzaine miraculeuse. Il a joué une finale à l'US Open, une finale à Wimbledon et une demi-finale à Roland-Garros. Peu importe que les trophées manquent : cette présence sur trois terrains différents oblige à reconnaître la qualité globale de son tennis.

En 1999, il confirme encore par intermittence. Après plusieurs sorties prématurées en Grand Chelem, il retrouve de l'air à Wimbledon, où il atteint les quarts de finale, puis à l'US Open, où il dispute une nouvelle demi-finale. Pioline ne s'est pas débarrassé de son image fragile, mais il a prouvé autre chose : son tennis avait assez de richesse pour traverser les surfaces, les saisons et les doutes.

Monte-Carlo 2000 : le plus grand titre de sa carrière.
2000

Le sommet tardif

En 2000, Pioline obtient enfin une récompense à la hauteur de son tennis. Il commence par s'imposer à Rotterdam, en battant Tim Henman en finale au terme d'un match serré. Ce titre indoor confirme que le trentenaire reste un joueur dangereux dans les tournois relevés, même à un âge où sa carrière aurait pu doucement décliner.

Mais le vrai sommet arrive à Monte-Carlo. Sur la terre battue monégasque, Pioline remporte le plus grand titre de sa carrière en dominant Dominik Hrbatý en finale : 6/4 7/6 7/6. Ce succès compte double : il lui offre son unique Masters Series et répare en partie les finales perdues qui avaient pesé sur son image. Cette fois, Pioline ne s'arrête pas au seuil du trophée.

Il ne remportera plus de titre sur le circuit ATP, mais quelques semaines plus tard, il atteint la 5e place mondiale, son meilleur classement. Ce sommet tardif dit beaucoup de sa carrière : Pioline n'a jamais été aussi haut qu'après trente ans, comme s'il avait fallu du temps pour que son palmarès rattrape enfin son talent. Monte-Carlo ne transforme pas ses finales passées en victoires, mais il empêche de réduire son histoire à des occasions manquées.

Coupe Davis 2001 : Pioline et Santoro apportent un point capital à Melbourne.
2001-2002

Le deuxième saladier

Après le sommet de 2000, Pioline décline sur le circuit individuel. Son meilleur tennis n'a pas disparu d'un coup, mais il ne s'inscrit plus avec la même régularité dans les grands tableaux. À ce stade, sa carrière semble avoir livré l'essentiel : deux finales de Grand Chelem, un grand titre à Monte-Carlo, une place de n°5 mondial, et cette image toujours ambivalente du champion reconnu mais rarement encensé.

La Coupe Davis lui offre pourtant un dernier grand rôle. En 2001, Guy Forget l'aligne en double avec Fabrice Santoro lors de la finale contre l'Australie, à Melbourne, sur un gazon choisi pour favoriser les joueurs locaux. Le pari est audacieux : Pioline n'est plus une référence du double, mais l'association fonctionne. Face à Hewitt et Rafter, la paire française remporte un point capital et rapproche la France du saladier. Le lendemain Nicolas Escudé apportera le point décisif pour permettre à la France de remporter la neuvième Coupe Davis de son histoire, et la deuxième pour le compte personnel de Pioline.

Cette victoire collective donne une belle sortie à sa carrière. Pioline n’est plus alors au premier plan du circuit, mais il reste capable de compter dans un rendez-vous majeur. Il dispute ses derniers matchs en 2002, avec ce bilan atypique : cinq titres ATP, deux finales de Grand Chelem, une place de n°5 mondial et deux Coupes Davis.

Entourage

Encadrement

Henri Dumont
L'entraîneur atypique du premier Pioline, celui de l'ascension vers la finale de l'US Open 1993.
Pierre Cherret
L'ami devenu entraîneur, présent dans la période du premier titre ATP et de la Coupe Davis.

La carrière de Pioline porte aussi la marque de ses entraîneurs. Au début des années 1990, sa progression est associée à Henri Dumont, personnage atypique, venu du conseil et du travail mental plus que du sérail classique du tennis. Avec lui, Pioline construit une démarche très personnelle, presque à distance des habitudes fédérales. L’US Open 1993 illustre cette singularité : pendant une partie du tournoi, le Français est conseillé par téléphone, son entraîneur étant rentré en France.

Cette méthode accompagne sa sortie de l’anonymat, mais elle finit aussi par enfermer Pioline dans une forme de solitude. Le joueur progresse, atteint les portes du top 10, mais reste difficile à lire, peu expansif, comme protégé par une bulle qui le coupe parfois du public et des médias. La relation avec Dumont appartient donc pleinement au premier Pioline : celui de l’ascension spectaculaire, mais aussi du retrait et des tensions intérieures.

Pierre Cherret incarne ensuite une autre phase. Ami proche, partenaire d’entraînement puis entraîneur à plein temps, il apporte davantage de présence au quotidien. Avec lui, Pioline paraît s’ouvrir, stabiliser son entourage et mieux assumer sa place de numéro un français. Ce n’est pas un hasard si cette période correspond au premier titre ATP, au retour de grands parcours et à la conquête de la Coupe Davis. Chez Pioline, le coaching n’est donc pas un simple détail technique : il accompagne le passage d’un joueur enfermé à un joueur plus présent à lui-même.

L'obstacle

Pioline et Sampras

La carrière de Cédric Pioline est indissociable de Pete Sampras. Non parce qu'ils auraient formé une rivalité équilibrée, mais parce que l'Américain apparaît deux fois au moment précis où le rêve est à portée de doigts.

Sampras apparaît très tôt dans l'histoire de Pioline. Dès sa première finale ATP, à Lyon en 1992, le Français se heurte déjà à l'Américain. Ce n'est encore qu'un signe avant-coureur, mais il annonce une logique qui va peser sur toute sa carrière : Pioline est assez fort pour atteindre les grands rendez-vous, pas encore assez pour y imposer sa loi.

Puis dans les rendez-vous majeurs de sa carrière, l'US Open 1993 puis à Wimbledon 1997, Sampras est là pour le stopper, comme un plafond de verre impossible à fissurer.

Cette double confrontation a beaucoup pesé dans la perception de Pioline. Perdre deux finales de Grand Chelem est déjà une blessure. Les perdre deux fois contre le même homme donne au récit une forme de fatalité. Mais il faut rappeler ce que représentait Sampras dans ces années-là : un champion d'une précision glaciale, immense serveur, redoutable dans les finales majeures, presque injouable sur gazon lorsqu'il tenait son niveau.

Pioline n'a donc pas seulement manqué deux grands titres ; il a rencontré l'un des plus grands joueurs de l'histoire sur deux terrains où celui-ci était au sommet de son art. La nuance ne transforme pas la défaite en victoire, mais elle rend le jugement plus juste. Face à un autre adversaire, l'histoire aurait peut-être basculé. Face à Sampras, Pioline s'est heurté à ce que le tennis des années 1990 avait de plus difficile à renverser.

Le bilan de leurs face-à-face dit tout de cet obstacle : neuf rencontres, neuf victoires pour Sampras. Pioline ne s'est pas seulement incliné face au favori naturel de leurs confrontations ; il s'est heurté à un joueur contre lequel il n'a jamais trouvé la faille.

Palmarès

Ses 5 titres

Masters 1000ATP 500

Bleu

Pioline et la Coupe Davis

Coupe Davis 2001 : Pioline soulève le saladier avec l'équipe de France.

La Coupe Davis a donné à Pioline ce que le circuit individuel lui refusait souvent : une victoire qui ne se mesure pas seulement à son nom. Dans cette compétition, il n'est plus l'homme seul au bout du tableau, mais un joueur inscrit dans une aventure collective. Ce changement de cadre compte beaucoup pour lui, car il déplace le regard : on ne lui demande plus seulement de devenir le champion que la France attend, mais de contribuer à une conquête commune.

En 1996, il participe au sacre de Malmö, dans une équipe de France qui va chercher le saladier en Suède. Cette victoire arrive au bon moment dans sa carrière : il vient de remporter son premier titre ATP, il s'est rapproché du public à Roland-Garros, et il trouve avec la Coupe Davis une reconnaissance moins équivoque. Le succès collectif donne à son année une portée que ses résultats individuels n'auraient pas suffi à installer.

En 2001, son rôle est encore plus singulier. Alors qu'il n'est plus au premier plan du circuit, Guy Forget l'associe à Fabrice Santoro pour le double de la finale contre l'Australie. Le choix pouvait surprendre, mais il devient décisif : Pioline et Santoro apportent un point essentiel à l'équipe de France. Pour Pioline, ce deuxième saladier a valeur de signature tardive. Il n'efface pas les finales perdues, mais il rappelle qu'une carrière ne se juge pas seulement à ses titres individuels.

Après le circuit

Après-carrière

Cédric Pioline directeur du Rolex Paris Masters, de retour à Bercy après sa carrière de joueur. En 2025, lors de la remise du trophée par Yannick Noah à Jannik Sinner. À droite, Gilles Moretton, président de la FFT.

Après sa retraite, Pioline reste proche du tennis. Consultant, cadre fédéral, capitaine adjoint en Coupe Davis auprès de Yannick Noah, il garde une place dans le paysage français. Son lien avec Bercy se prolonge aussi très tôt : il est déjà co-directeur du tournoi parisien de 2003 à 2009, bien avant d’en reprendre la direction à partir de l’édition 2022. Cette trajectoire est intéressante parce qu'elle le ramène vers un lieu avec lequel son histoire fut longtemps compliquée.

Bercy avait été pour lui un lieu de tension, jusqu'au fameux bras d'honneur de 1996 ; il devient ensuite un lieu de responsabilité. En reprenant la direction du Rolex Paris Masters, Pioline se retrouve à incarner un tournoi où il avait lui-même été chahuté par le public.

La boucle est presque parfaite. Le joueur parfois mal compris par le public français devient l'un des visages du grand rendez-vous indoor national. Sans effacer les aspérités de sa carrière, cette trajectoire ajoute une dernière nuance à son portrait : Pioline n'a pas seulement été un joueur des années 1990 ; il est demeuré une figure du tennis français une fois sa carrière terminée.

Vie privée

Vie de famille

Épilogue

Relire Pioline autrement

 

Cédric Pioline a longtemps été jugé à travers ses défaites les plus visibles : deux finales de Grand Chelem, deux fois Pete Sampras en face, deux occasions immenses qui s'échappent. Cette lecture est commode, mais réductrice. Car Pioline fut aussi le Français le plus complet de sa génération, capable de s'exprimer sur dur, sur herbe et sur terre battue, finaliste à New York et à Wimbledon, demi-finaliste à Roland-Garros, vainqueur à Monte-Carlo et deux fois membre d'une équipe de France victorieuse en Coupe Davis.

Son histoire est celle d'un champion élégant, parfois empêché par ses nerfs, parfois incompris par son public, mais jamais banal. Pioline n'a pas laissé l'image d'un conquérant solaire ; il a laissé celle, plus complexe, d'un joueur dont le tennis valait parfois mieux que le palmarès, et dont la carrière mérite d'être relue autrement que par le seul prisme des rendez-vous manqués.

© 2026 Chron'Open. Tous droits réservés.

Date de dernière mise à jour : 11/10/2026