Sorti de l'anonymat
Passé professionnel en 1988, Cédric Pioline met plusieurs années à quitter l'arrière-plan. Ses premiers résultats en Grand Chelem restent discrets, mais sa progression finit par l'amener dans les derniers tours : huitième de finale à Roland-Garros en 1992, puis première finale ATP à Lyon, déjà perdue contre Pete Sampras. Le nom du bourreau historique de Pioline apparaît donc très tôt dans son histoire.
En 1993, tout s'accélère à New York. Pioline commence pourtant son US Open dans la difficulté : cinq sets contre David Prinosil, puis encore cinq contre Jared Palmer. Mais cette entrée laborieuse débouche sur une montée en puissance spectaculaire. Il bat ensuite Mats Wilander en trois manches, puis frappe un grand coup en huitième de finale en éliminant Jim Courier, tête de série n°1. Le Français confirme en quart de finale, où il domine Andrei Medvedev, autre tête de série du tableau, puis écarte Wally Masur en demi-finale. Le voilà en finale de Grand Chelem, avant même d'avoir remporté le moindre titre ATP.
L'anomalie Pioline tient déjà tout entière dans ce parcours : il va plus loin que tous les autres Français de son temps, mais arrive au sommet avec un palmarès encore vierge. En finale, Pete Sampras le ramène brutalement à cette réalité. L'Américain s'impose en trois sets, et la révélation française se referme sur une défaite nette. Pioline vient pourtant de réussir un parcours immense ; mais dans la mémoire collective, il devient d'abord le finaliste battu. La sortie de l'anonymat est éclatante, mais elle porte déjà la marque de l'inachevé.
