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Australie
droitier - revers à deux mains

PatrickRafter

Le dernier grand serveur-volleyeur
Patrick Rafter

Derrière sa réussite à l'US Open et son passage éphémère sur le trône de l'ATP se cache le dernier grand héritier de l'école australienne du service-volée, un champion dont l'élégance a marqué toute une génération.

2Grands Chelems
11Titres ATP
1999n°1 mondial
Naissance 28 décembre 1972
L?essentiel

Les 2 couronnes

Les origines

Le fils du Queensland

Patrick Rafter jeune avec sa famille

Né le 28 décembre 1972 à Mount Isa, au cœur du Queensland australien, Pat Rafter grandit dans une famille nombreuse où le sport occupe une place importante. Comme beaucoup de jeunes Australiens de sa génération, il rêve devant les exploits de Rod Laver, John Newcombe ou Tony Roche. Très tôt, il adopte leur philosophie : prendre le filet, dicter l'échange et ne jamais subir.

Identité tennistique

Style de jeu

Patrick Rafter au service-volée

Pat Rafter fut l’un des derniers grands représentants du service-volée systématique. Derrière une première balle puissante mais pas nécessairement parmi les plus rapides du circuit, il cherchait immédiatement à gagner le filet. Sa deuxième balle, fortement liftée, constituait même l’une de ses principales armes : elle rebondissait haut, repoussait le relanceur et lui donnait le temps de se placer pour jouer sa première volée.

C’est au filet que l’Australien exprimait pleinement ses qualités. Rapide dans ses déplacements, doté d’excellents réflexes et d’une grande détente, il savait fermer les angles et couvrir une vaste portion du court. Ses volées n’étaient pas toujours spectaculaires : il privilégiait la sobriété, la profondeur et le bon placement plutôt que les effets de toucher gratuits. Son exceptionnel jeu au-dessus de la tête lui permettait également de sanctionner les lobs adverses.

Rafter n’était pourtant pas dépourvu de ressources depuis la ligne de fond. Son coup droit lifté lui servait à préparer ses attaques, tandis que son revers à une main pouvait être joué recouvert ou coupé. Mais il ne cherchait jamais à s’installer durablement dans l’échange. Son tennis reposait sur une idée simple : avancer, réduire le temps de réaction de l’adversaire et l’obliger à réussir sans cesse des passings sous pression.

Son style exigeait toutefois une dépense physique considérable. Chaque point réclamait une accélération vers l’avant, un démarrage explosif et parfois plusieurs volées. Sur les surfaces plus lentes, ou lorsque son service perdait en efficacité, Rafter devenait davantage vulnérable. Cette exigence permanente explique en partie pourquoi son niveau fut aussi brillant que difficile à maintenir sur une très longue période.

de 1991 à 2001

Sa carrière

Patrick Rafter au service en 1994
1994 : Patrick Rafter remporte à Manchester son premier titre sur le circuit.
1991-1996

Une progression lente et discrète

Passé professionnel en 1991, il gravit les échelons sans brûler les étapes. Son premier titre, remporté à Manchester en 1994, ne fait pas de lui une vedette du circuit. Pendant plusieurs saisons, il progresse dans l'ombre d'une génération dominée par Pete Sampras, Andre Agassi ou Michael Chang. Rien ne laisse encore présager qu'il deviendra un jour numéro un mondial.

Patrick Rafter avec ses trophées de l'été américain 1998
Été 1998 : Patrick Rafter remporte Toronto, Cincinnati et l'US Open.
1997-1998

L'explosion new-yorkaise

L'année 1997 change tout. Demi-finaliste de l'Open d'Australie puis de Roland-Garros, Rafter confirme qu'il n'est plus seulement un spécialiste des surfaces rapides. Mais il va frapper très fort à Flushing Meadows en remportant son premier titre du Grand Chelem, battant au passage les Américains Andre Agassi et Michael Chang. Son jeu d'attaque, fondé sur un service précis et des montées incessantes au filet, déroute les meilleurs joueurs du monde.

Loin d'être un exploit isolé, ce succès marque le début de son apogée. En 1998, l'Australien réalise un été américain exceptionnel en remportant successivement Toronto, Cincinnati puis l'US Open. Il bat notamment Pete Sampras en finale à Cincinnati, puis de nouveau en demi-finale de l'US Open, preuve que son triomphe de l'année précédente n'avait rien d'un accident.

Patrick Rafter en 1999
1999 : l'année où Patrick Rafter accède à la première place mondiale.
1999

Une semaine au sommet

Le 26 juillet 1999, Pat Rafter atteint la première place mondiale. Son règne ne dure qu'une semaine, le plus court de l'histoire à cette époque. Un record qui, évidemment, ne sera jamais battu !

Cette saison reste néanmoins frustrante. Blessé, il ne peut participer à la finale de Coupe Davis remportée par l'Australie contre la France et ne parvient pas à enrichir un palmarès qui restera finalement étonnamment mince pour un joueur ayant un jour occupé la place de numéro 1 mondial.

Pete Sampras et Patrick Rafter après la finale de Wimbledon 2000
Wimbledon 2000 : Patrick Rafter s'incline en finale face à Pete Sampras.
2000-2001

Le chant du cygne du service-volée

À l'aube du nouveau millénaire, le tennis est en pleine mutation. Les surfaces ralentissent, les échanges s'allongent et les grands attaquants disparaissent progressivement du circuit. Pat Rafter refuse pourtant d'abandonner le jeu qui a fait sa réputation. Il continue de monter au filet sur presque chaque mise en jeu, fidèle à la grande tradition australienne.

Cette fidélité lui offre deux dernières campagnes mémorables à Wimbledon. En 2000, seul Pete Sampras, triple tenant du titre, le prive du trophée. L'année suivante, Rafter se retrouve à deux points de la victoire face à Goran Ivanisevic, dans une finale entrée dans la légende. Battu au terme d'un cinquième set irrespirable, il quitte le Centre Court sous une ovation qui dépasse largement le simple résultat.

Avec le recul, ces deux finales apparaissent comme les dernières grandes heures du service-volée au plus haut niveau. Après Rafter, cette école de jeu ne retrouvera plus jamais une telle place dans le tennis mondial.

Personnalité

Le gentleman du circuit

Patrick Rafter souriant avec le trophée de l'US Open

Si Pat Rafter a marqué son époque, ce n'est pas seulement par son jeu. Toujours souriant, respectueux de ses adversaires et apprécié des supporters comme des officiels, il incarne une élégance devenue rare dans le sport professionnel.

Élu joueur le plus fair-play du circuit à quatre reprises (1997, 1999, 2000 et 2001), Pat Rafter incarnait parfaitement les valeurs de respect et d'élégance auxquelles le prix Stefan Edberg est associé.

Entourage

Coaché par Tony Roche

Tony Roche aux côtés de Patrick Rafter

Sous la direction de Tony Roche, Pat Rafter perfectionne un tennis d'une remarquable efficacité.

Plus qu'un simple entraîneur, Roche lui transmet l'héritage de toute une école australienne fondée sur l'attaque permanente. Ce savoir-faire trouve en Rafter son dernier grand ambassadeur, avant que le tennis moderne ne bascule définitivement vers un jeu dominé par la ligne de fond.

Palmarès

Ses 11 titres

Grand Chelem Masters 1000 ATP 500

Manchester 1994
US Open 1997
Chennai 1998
Rosmalen 1998
Toronto 1998 Cincinnati 1998
Long Island 1998
US Open 1998
Rosmalen 1999
Rosmalen 2000
Indianapolis 2001
Après-carrière

Et après ?

Patrick Rafter capitaine de l'équipe australienne
Pat Rafter aux côtés de Bernard Tomic.

Quelques mois après la finale de Coupe Davis perdue contre la France en 2001, Pat Rafter annonce sa retraite à seulement 29 ans. Des blessures récurrentes à l'épaule ont fini par avoir raison de son corps, mettant un terme prématuré à sa carrière.

Loin de disparaître du paysage tennistique, il reste très impliqué dans le développement du tennis australien. De 2011 à 2014, Pat Rafter dirige l'équipe australienne de Coupe Davis. Fidèle à sa réputation de rassembleur, il transmet son expérience à une nouvelle génération de joueurs avant de céder sa place à Wally Masur.

Famille

Vie privée

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026