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Australie
gaucher - revers à une main

TonyRoche

Dans l'ombre des géants
Tony Roche

Tony Roche a grandi au milieu d’une génération australienne exceptionnelle. Gaucher, puissant et très à l’aise au filet, il a dû se faire une place parmi quelques-uns des meilleurs joueurs de son époque.

ChampionAvant l’ère Open
23Titres sur toute sa carrière
1969n°2 mondial
4Coupes Davis
Naissance 17 mai 1945
L’essentiel

La couronne

Jeunesse

Jeunesse

Paysage de Tarcutta, en Nouvelle-Galles-du-Sud
Tarcutta, petite localité rurale de Nouvelle-Galles-du-Sud où naît Tony Roche en 1945.

Anthony Dalton Roche naît le 17 mai 1945 à Tarcutta, petite localité de Nouvelle-Galles-du-Sud. Son père y tient une boucherie et le jeune Tony découvre le tennis sur un court situé derrière le commerce familial.

Il poursuit ensuite son apprentissage à Wagga Wagga auprès de Bill Williams, avant d’intégrer les stages régionaux puis les structures de perfectionnement de White City, à Sydney. Il bénéficie également de l’enseignement de Harry Hopman, figure centrale de l’âge d’or du tennis australien.

Gaucher et solidement bâti, Roche développe très tôt un jeu offensif, avec un service efficace et une grande aisance au filet. Sa volée de revers deviendra l’un de ses coups les plus réputés.

À la fin de son adolescence, il est prêt à rejoindre une génération australienne exceptionnellement dense, où évoluent déjà Rod Laver, Ken Rosewall, Roy Emerson, Fred Stolle et John Newcombe.

De 1963 à 1979

Sa carrière

Tony Roche à Wimbledon en 1963
Wimbledon 1963 : à 18 ans, Tony Roche découvre le tableau seniors et affronte dès le premier tour Manuel Santana, tête de série n°2.
1963-1964

Les premiers pas

Tony Roche fait ses débuts dans les grands tournois en 1963, à 18 ans. À Wimbledon, il tombe dès le premier tour sur Manuel Santana, tête de série n°2, mais se distingue davantage en double : associé à Owen Davidson, il atteint les huitièmes de finale. Les archives de Wimbledon font bien commencer sa carrière dans le tableau seniors cette année-là.

L'année 1964 marque une nette progression. Roche remporte le championnat d'Australie juniors, succédant à son futur partenaire John Newcombe. Chez les seniors, il atteint déjà les quarts de finale des Championnats d'Australie puis des Championnats des États-Unis. À Roland-Garros, Newcombe et lui disputent leur première finale de Grand Chelem en double, perdue face à Roy Emerson et Ken Fletcher.

Roche fait également ses débuts en Coupe Davis en 1964. L'Australie remporte cette année-là le trophée contre les États-Unis, mais Roche ne dispute pas le Challenge Round décisif. À 19 ans, il est donc encore en phase d'apprentissage, mais il a déjà commencé à se faire une place au sein de l'exceptionnelle génération australienne qui domine alors le tennis mondial.

Tony Roche et Istvan Gulyas après la finale de Roland-Garros 1966
Roland-Garros 1966 : Tony Roche et Istvan Gulyas après la finale. Le trophée parisien couronne son doublé avec les Internationaux d'Italie.
1965-1967

Trois finales de suite à Roland-Garros

Roche s'impose très tôt parmi les meilleurs Australiens. En 1965, à 20 ans, il atteint sa première finale de Grand Chelem à Roland-Garros. Fred Stolle le prive du titre. Ce résultat inaugure une étonnante série parisienne : Roche va disputer la finale pendant trois années consécutives.

En 1966, il arrive à Paris après avoir remporté les Internationaux d'Italie. Il réalise ainsi le prestigieux doublé Rome–Roland-Garros, fait remarquable pour un joueur dont le jeu d'attaque semble a priori mieux adapté au gazon. En finale à Paris, il bat Istvan Gulyas et décroche, à 21 ans, son unique titre du Grand Chelem en simple.

Roche retrouve encore la finale en 1967, mais Roy Emerson lui interdit le doublé. En trois éditions successives, il a donc été finaliste trois fois et champion une fois. Ses résultats sur terre battue montrent déjà que le qualifier simplement de serveur-volleyeur serait réducteur : la qualité de ses coups de fond lui permet de s'exprimer sur toutes les surfaces.

Rod Laver et Tony Roche en finale de Wimbledon 1968
Wimbledon 1968 : Rod Laver et Tony Roche en finale. Roche découvre le dernier dimanche londonien dans la première édition ouverte aux professionnels.
1968

Professionnel avec les « Handsome Eight »

En 1968, Roche passe professionnel en signant avec la World Championship Tennis. Il appartient aux « Handsome Eight », le groupe recruté par Lamar Hunt qui comprend également John Newcombe, Cliff Drysdale, Dennis Ralston, Butch Buchholz, Pierre Barthes, Nikola Pilic et Roger Taylor.

Cette transition coïncide avec le début de l'ère Open. À Wimbledon, Roche atteint la finale de la première édition ouverte aux professionnels. Rod Laver s'impose et prive son compatriote d'un deuxième titre majeur.

Il n'en reste pas moins installé parmi l'élite : de 1965 à 1970, il figure six années consécutives dans le Top 10 mondial.

Tony Roche face à Rod Laver à l'US Open 1969
Forest Hills 1969 : le tableau de score associe Rod Laver et Tony Roche dans la finale qui achève le Grand Chelem de Laver.
1969

1969 : derrière Laver

La saison 1969 constitue le sommet de sa carrière en simple. Roche atteint les demi-finales de l'Open d'Australie, de Roland-Garros et de Wimbledon, puis la finale de l'US Open. Il parvient ainsi au dernier carré des quatre tournois majeurs au cours de la même saison.

À Forest Hills, il retrouve Rod Laver en finale. L'Australien est alors lancé vers le Grand Chelem et bat Roche en quatre manches pour compléter sa conquête des quatre Majeurs de l'année.

Roche est classé n°2 mondial pour cette saison, derrière Laver. Il convient là encore de parler de classement mondial historique et non de classement ATP, celui-ci n'ayant été créé qu'en 1973.

Tony Roche à l'US Open 1970
US Open 1970 : Tony Roche au filet à Forest Hills, où Ken Rosewall lui enlève sa dernière finale majeure en simple.
1970

Une sixième finale majeure

Roche atteint une nouvelle fois la finale de l'US Open en 1970. Cette fois, Ken Rosewall l'emporte 2-6, 6-4, 7-6, 6-3. Il s'agit de la sixième et dernière finale de Grand Chelem disputée par Roche en simple.

Un détail résume parfaitement la densité du tennis australien de l'époque : ses cinq finales majeures perdues l'ont toutes été contre des compatriotes. Fred Stolle le bat à Roland-Garros en 1965, Roy Emerson au même endroit en 1967, Rod Laver à Wimbledon en 1968 puis à l'US Open en 1969, et enfin Rosewall en 1970.

Roche a donc passé ses meilleures années au milieu d'une génération australienne exceptionnelle. Son unique titre majeur en simple ne traduit qu'imparfaitement la régularité qui l'a maintenu plusieurs saisons parmi les meilleurs joueurs du monde.

Arthur Ashe à Wimbledon en 1975
Wimbledon 1975 : Arthur Ashe, l'adversaire qui arrête Tony Roche en demi-finale avant de remporter le titre.
1971-1975

Une carrière menacée par le coude

Au début des années 1970, sa carrière est sérieusement perturbée par des problèmes physiques, notamment au coude. Les traitements et les infiltrations ne suffisent pas. Roche subit une opération en 1971, puis une seconde en 1972. À son retour en 1973, les douleurs persistent au point qu'il envisage la fin de sa carrière.

Il raconte alors un épisode inhabituel : sur les conseils de connaissances de John Newcombe, Roche se rend aux Philippines consulter un guérisseur. Roche dira avoir ressenti par la suite une amélioration de son état. L'anecdote appartient à son récit de carrière ; elle ne permet évidemment d'établir aucun lien médical entre cette consultation et sa guérison.

Le fait certain est qu'il revient au plus haut niveau. En 1975, à 30 ans, il réalise encore un remarquable Wimbledon. Il élimine notamment Ken Rosewall puis Tom Okker avant de pousser Arthur Ashe jusqu'au cinquième set en demi-finale. Ashe s'impose 5-7, 6-4, 7-5, 8-9, 6-4 avant de remporter le tournoi face à Jimmy Connors.

Quelques mois plus tard, Roche atteint la 8e place du nouveau classement ATP, son meilleur classement depuis la création de celui-ci.

Tony Roche à Wimbledon en 1978
Wimbledon 1978 : Tony Roche poursuit sur gazon la saison de son dernier titre, remporté quelques semaines plus tôt au Queen's.
1978-1979

Un dernier grand titre au Queen's

Roche reste compétitif bien au-delà de son apogée. En 1978, à 33 ans, il remporte le Queen's sur gazon. Non tête de série, il bat en finale John McEnroe 8-6, 9-7.

Sa carrière de joueur s'achève en 1979. Elle aura traversé le tennis amateur, l'apparition des grands circuits professionnels et les onze premières années de l'ère Open.

Style de jeu

Un gaucher d'attaque

Tony Roche à Wimbledon en 1974
Wimbledon 1974 : Tony Roche garde la raquette haute et le corps porté vers l'avant, les deux constantes de son jeu d'attaque.

Roche possède un service de gaucher particulièrement efficace et un jeu naturellement tourné vers l'avant. Sa volée de revers constitue son coup le plus réputé, l'une des grandes volées de revers de l'histoire.

Mais son titre à Roland-Garros et son doublé Rome–Paris de 1966 rappellent qu'il n'était pas seulement un joueur de gazon. Ses qualités de fond de court lui permettaient de construire les échanges avant de prendre le filet, ce qui explique sa capacité à obtenir de grands résultats sur des surfaces très différentes.

Cette polyvalence deviendra plus tard l'un des fondements de son travail d'entraîneur.

Palmarès

23 titres sur toute sa carrière

  • 2 titres amateurs, Rome et Roland-Garros en 1966.
  • 1 titre chez les professionnels avant l'ère Open : Sydney WCT 1968.

Ses 20 titres Open

Le Cap WCT 1968
Johannesburg WCT 1968
Vienne WCT 1968
Madison Square Garden 1968
Auckland 1969
Hambourg 1969
Hollywood 1969
Oakland 1969
Sydney 1969
Tucson 1969
Vienne 1969
Australian Round Robin 1970
Boston 1970
Dublin 1970
Gstaad 1970
Washington 1972
Sydney 1974
Charlotte WCT 1976
Sydney 1976
Queen's 1978
Double

Newcombe et Roche

John Newcombe et Tony Roche avec leurs trophées à l'US Open 1967
US Open 1967 : John Newcombe et Tony Roche avec leurs trophées. Leur association forme très vite l'une des grandes paires de l'histoire.

C'est en double que Roche construit son palmarès le plus impressionnant. Avec John Newcombe, son ami et partenaire de longue date, il forme l'une des grandes équipes de l'histoire du tennis australien. Ensemble, ils remportent douze titres du Grand Chelem.

Leur collection comprend quatre titres en Australie, en 1965, 1967, 1971 et 1976 ; deux à Roland-Garros, en 1967 et 1969 ; cinq à Wimbledon, en 1965, 1968, 1969, 1970 et 1974 ; ainsi que les Championnats des États-Unis en 1967. La paire a donc remporté chacun des quatre tournois du Grand Chelem.

Roche ajoute un treizième titre majeur en double messieurs à l'Open d'Australie de janvier 1977, cette fois associé à Arthur Ashe. Ils battent Charlie Pasarell et Erik Van Dillen en finale.

Il remporte également deux titres du Grand Chelem en double mixte : les Championnats d'Australie 1966 avec Judy Tegart et Wimbledon 1976 avec Francoise Durr. Avec son Roland-Garros en simple, Roche totalise ainsi seize titres majeurs toutes disciplines confondues.

Coupe Davis

Au coeur de l'époque dorée du tennis australien

L'équipe australienne de Coupe Davis en 1965
Coupe Davis 1965 : Roche s'inscrit dans une équipe d'Australie déjà habituée à jouer et gagner sous les ordres de Harry Hopman.

Roche débute en Coupe Davis en 1964. Cette première année exige une petite précision statistique : il participe à la campagne australienne, mais ne joue pas le Challenge Round gagné contre les États-Unis. Les équipes victorieuses auxquelles Roche a effectivement pris part en tant que joueur sont donc celles de 1965, 1966, 1967 et 1977.

En 1965 et 1967, son association avec Newcombe apporte à l'Australie le double décisif du Challenge Round. Roche devient alors l'un des éléments réguliers de l'équipe australienne.

Dix ans plus tard, la finale 1977 contre l'Italie lui offre un dernier grand moment sous le maillot national. À Sydney, Roche est titularisé en simple et domine d'entrée Adriano Panatta, 6-3, 6-4, 6-4. L'Australie finit par s'imposer 3-1.

Son bilan définitif en Coupe Davis est de 14 victoires pour 5 défaites : 7-3 en simple et 7-2 en double.

Transmission

Coach : la deuxième carrière

Tony Roche entraîne Ivan Lendl
Tony Roche aux côtés d'Ivan Lendl : son expérience du jeu vers l'avant accompagne des champions aux profils très différents.

Roche se reconvertit avec un succès exceptionnel. Il travaille notamment avec quatre joueurs devenus n°1 mondiaux : Ivan Lendl, Patrick Rafter, Lleyton Hewitt et Roger Federer.

Tony Roche et Patrick Rafter à Wimbledon
Tony Roche et Patrick Rafter à Wimbledon : le maître australien transmet au serveur-volleyeur les détails qui font vivre le jeu de filet.

Avec John Newcombe, il participe également à l'encadrement de l'équipe australienne de Coupe Davis de 1994 à 2000. L'Australie remporte la compétition en 1999.

Tony Roche et Roger Federer pendant un entraînement
Avec Roger Federer, Tony Roche prolonge son enseignement jusque dans les années 2000, sans jamais dissocier le fond de court de la recherche du filet.

Son enseignement est particulièrement recherché pour le jeu vers l'avant, la volée et la transition entre fond de court et filet. Il intervient ainsi auprès de champions aux profils pourtant très différents, de Lendl à Federer en passant par Rafter et Hewitt.

Tony Roche et Lleyton Hewitt
Tony Roche avec Lleyton Hewitt : la même méthode trouve sa place auprès d'un joueur formé dans une autre génération du tennis australien.

En 2019, il devient le premier lauréat du Tim Gullikson Career Coach Award, créé pour distinguer l'ensemble d'une carrière d'entraîneur. Roche était déjà entré à l'International Tennis Hall of Fame en 1986 et à l'Australian Tennis Hall of Fame en 1998.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026