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États-Unis
droitier - revers à deux mains

AndyRoddick

L’Amérique entre deux règnes
Andy Roddick

Roddick surgit comme l’héritier du tennis américain. Son service et son tempérament le propulsent au sommet, au moment précis où une nouvelle ère commence.

1Grand Chelem
32Titres ATP
2003n°1 mondial
1Coupe Davis
Naissance30 août 1982
L’essentiel

La couronne

Les débuts

Jeunesse

Andy Roddick, vainqueur de l'US Open juniors 2000.
US Open juniors 2000 : Andy Roddick remporte l’un de ses deux titres majeurs chez les juniors avant de passer professionnel.

Andrew Stephen Roddick naît le 30 août 1982 à Omaha, dans le Nebraska. Il est le plus jeune des trois fils de Jerry et Blanche Roddick. Ses deux frères aînés sont sportifs : Lawrence pratique le plongeon à haut niveau et John se distingue au tennis, jusqu’à devenir l’un des meilleurs juniors américains puis un joueur All-American à l’université de Géorgie. La famille s’installe d’abord à Austin, au Texas, puis à Boca Raton, en Floride, afin de donner à Andy de meilleures conditions pour développer son tennis.

Roddick se révèle rapidement parmi les meilleurs jeunes Américains. Mardy Fish, qui deviendra l’un de ses coéquipiers en Coupe Davis, vit même quelque temps chez les Roddick et s’entraîne avec lui ; tous deux jouent également au basket dans leur lycée. En 2000, Roddick devient n°1 mondial juniors et remporte les simples juniors de l’Open d’Australie et de l’US Open. Il passe professionnel la même année.

de 2000 à 2012

Sa carrière

Andy Roddick et Michael Chang à Roland-Garros en 2001.
Roland-Garros 2001 : pour son premier Grand Chelem, Andy Roddick s’impose au terme d’un combat de près de quatre heures.
2000-2002

L’éclosion américaine

Sa progression est extrêmement rapide. Encore 158e mondial au début de 2001, il termine la saison au 14e rang. À 18 ans, il remporte déjà trois tournois, Atlanta, Houston et Washington, devenant le premier adolescent depuis Pete Sampras en 1990 à gagner au moins trois titres ATP dans une même saison.

Ses premiers pas en Grand Chelem annoncent rapidement le personnage. À Roland-Garros en 2001, pour sa première participation, Roddick affronte Michael Chang au deuxième tour. Pris de crampes mais refusant de céder, il s’impose 5/7 6/3 6/4 6/7 7/5 au terme de 3 h 50 et frappe 37 aces, un record du tournoi à l’époque. Il doit ensuite abandonner contre Lleyton Hewitt après une chute. En 2002, il remporte notamment Houston en battant Pete Sampras en finale, avant de retrouver celui-ci en quart de finale de l’US Open. Sampras gagne cette fois et remportera quelques jours plus tard le dernier tournoi de sa carrière.

Andy Roddick face à Younès El Aynaoui à l'Open d'Australie 2003.
Open d’Australie 2003 : le quart de finale contre Younès El Aynaoui se termine à 21-19 au cinquième set.
2003

L’été de tous les sommets

L’année 2003 change sa dimension. À l’Open d’Australie, son quart de finale contre Younès El Aynaoui devient l’un des grands marathons de l’époque : Roddick gagne 21-19 au cinquième set, après un ultime acte de 2 h 23, alors le plus long set de l’histoire du tournoi. Il atteint ensuite sa première demi-finale majeure, puis une nouvelle à Wimbledon. Au début de juin, après s’être séparé de Tarik Benhabiles, qui l’accompagnait depuis quatre ans, il engage Brad Gilbert. La collaboration produit immédiatement ses effets.

Andy Roddick à l'US Open 2003.
US Open 2003 : l’été américain porte Andy Roddick jusqu'aux sommets.

Durant l’été américain, Roddick devient presque intouchable. Il remporte Montréal puis Cincinnati et arrive à l’US Open porté par une série de victoires. En demi-finale, David Nalbandian mène deux sets à zéro et obtient une balle de match dans le tie-break du troisième. Roddick la sauve sur son service, renverse la rencontre et rejoint l'Espagnol Juan Carlos Ferrero en finale.

Andy Roddick et Juan Carlos Ferrero après la finale de l'US Open 2003.
US Open 2003 : Andy Roddick soulève le trophée face à Juan Carlos Ferrero.

Roddick bat Ferrero 6/3 7/6 6/3 et remporte à 21 ans son premier titre du Grand Chelem. Quelques semaines plus tard, le 3 novembre, il devient n°1 mondial. Il conserve la place jusqu’au 1er février 2004 et termine 2003 n°1 mondial. Son règne durera 13 semaines.

Andy Roddick face à Roger Federer à Wimbledon en 2004.
Wimbledon 2004 : la première finale londonienne d’Andy Roddick face à Roger Federer.
2004

Federer referme la première porte

L’ascension de Roger Federer modifie brutalement la suite de l’histoire. Le Suisse devient n°1 après l’Open d’Australie 2004 et Roddick, qui avait semblé destiné à jouer les premiers rôles durablement, se retrouve face à un joueur qui va lui fermer presque systématiquement les portes des plus grands titres.

En 2004, Roddick remporte notamment Miami et atteint sa première finale de Wimbledon. Il prend le premier set à Federer mais s’incline en quatre manches.

Quelques mois plus tard, il conduit les États-Unis jusqu’en finale de Coupe Davis à Séville, où l’Espagne l’emporte 3-2.

2004 espagne usa roddick nadal
Séville 2004 : les États-Unis de Roddick s’inclinent face à l’Espagne de Nadal.
Andy Roddick et Roger Federer se serrent la main à Wimbledon en 2005.
finale de Wimbledon 2005 : Andy Roddick s'incline encore face à Roger Federer.
2005-2006

Une relance signée Connors

En 2005, il retrouve Federer en finale de Wimbledon et s’incline cette fois en trois sets. Son US Open s’arrête en revanche dès le premier tour contre Gilles Müller.

Andy Roddick à l'US Open 2006.
US Open 2006 : Andy Roddick retrouve les sommets du tennis américain.

Après un début de saison 2006 difficile, Roddick se sépare de Dean Goldfine et se rapproche de Jimmy Connors au cours de l’été. L’effet est immédiat : il gagne Cincinnati puis atteint la finale de l’US Open. Federer le bat encore, en quatre sets.

Andy Roddick face à Richard Gasquet à Wimbledon en 2007.
Wimbledon 2007 : Richard Gasquet renverse Andy Roddick après cinq sets, alors que l’Américain avait pris deux manches d’avance.
2007-2008

La Coupe Davis en récompense

Il demeure néanmoins l’un des joueurs les plus réguliers du circuit. En 2007, il remporte pour la quatrième fois le Queen’s, puis Washington. À Wimbledon, il semble promis à une nouvelle demi-finale lorsqu’il mène devant Richard Gasquet par deux manches à rien et un break, mais le Français renverse le match en cinq sets.

La grande satisfaction de sa saison vient de la Coupe Davis. Avec James Blake et les frères Bob et Mike Bryan, Roddick conduit les États-Unis au titre contre la Russie à Portland. Le pays attendait ce trophée depuis 1995.

Andy Roddick face à Roger Federer à Miami en 2008.
Miami 2008 : Andy Roddick bat Roger Federer pour la deuxième fois de sa carrière.

La saison 2008 reste irrégulière mais lui apporte trois titres, à San Jose, Dubaï et Pékin. Il bat également Federer à Miami, seulement pour la deuxième fois de sa carrière. La relation avec Connors prend fin et, à la fin de l’année, Roddick engage Larry Stefanki. Le travail entrepris avec celui-ci vise notamment à rendre son jeu moins dépendant du seul service et du premier coup droit.

2009

Le chef-d’oeuvre inachevé

Andy Roddick et Andy Murray à Wimbledon en 2009.
Wimbledon 2009 : Andy Roddick domine Andy Murray en demi-finale.

En 2009, les résultats sont spectaculaires. Roddick atteint pour la quatrième fois les demi-finales de l’Open d’Australie et réalise à Roland-Garros son meilleur parcours, jusqu’en huitièmes.

À Wimbledon, il élimine Lleyton Hewitt en quart puis Andy Murray en demi-finale. Jamais deux sans trois : comme lors de ses deux finales précédentes sur le gazon londonien, c'est Federer qui l'attend en finale.

Andy Roddick et Roger Federer lors de la finale de Wimbledon 2009.
Wimbledon 2009 : la finale s’achève à 16-14 au cinquième set, après 4 h 16 de jeu.

Cette fois, Roddick joue probablement le meilleur Wimbledon de sa carrière. Il gagne le premier set et dispose de quatre balles consécutives pour mener deux manches à rien dans le tie-break du deuxième. Il ne les convertit pas. La rencontre bascule dans un cinquième set interminable. Roddick tient ses 37 premiers jeux de service du match et sauve les six premières balles de break qu’il concède. Federer finit par réussir son unique break de toute la partie au moment où il n’existe plus de retour possible : à 15-14. Après 4 h 16, le Suisse s’impose 5/7 7/6 7/6 3/6 16/14.

Andy Roddick à Miami en 2010.
Miami 2010 : Andy Roddick remporte le cinquième et dernier Masters 1000 de sa carrière.
2010-2011

Gagner encore

Roddick prouve en 2010 qu’il reste capable de gagner les plus grands tournois hors Grand Chelem. Finaliste à Indian Wells, il enchaîne avec une victoire à Miami, où il bat notamment Rafael Nadal en demi-finale. C’est son cinquième et dernier Masters 1000.

Andy Roddick à Memphis en 2011.
Memphis 2011 : Andy Roddick maintient sa série d’au moins un titre par saison.

En 2011, son titre à Memphis lui permet d’avoir remporté au moins un tournoi pendant onze saisons consécutives. Cette année-là marque cependant la fin d’une autre série : après neuf saisons terminées consécutivement dans le Top 10, de 2002 à 2010, son classement commence à reculer. Les blessures au genou, à la cheville, à l’épaule et au dos ont laissé leurs traces.

Andy Roddick à Eastbourne en 2012.
Eastbourne 2012 : Andy Roddick y remporte son avant-dernier titre, sur gazon.
2012

Sortir par la porte du Stadium Arthur-Ashe

En 2012, il parvient encore à gagner deux tournois, Eastbourne, puis Atlanta.

Andy Roddick face à Juan Martin del Potro à l'US Open 2012.
US Open 2012 : Juan Martin del Potro met fin à la carrière d’Andy Roddick en huitièmes de finale.

Le 30 août, jour de son 30e anniversaire, il annonce à l’US Open que le tournoi sera le dernier de sa carrière. Il bat Rhyne Williams, Bernard Tomic puis Fabio Fognini avant de retrouver Juan Martín del Potro en huitième de finale. L’Argentin s’impose 6/7 7/6 6/2 6/4 le 5 septembre 2012. Roddick quitte le circuit sur le même court où, neuf ans auparavant, il avait connu le sommet de sa carrière.

Palmarès

Ses 32 titres

Grand Chelem Masters 1000 ATP 500 ATP 250

Atlanta 2001
Houston 2001
Washington 2001
Memphis 2002
Houston 2002
Sankt Polten 2003
Queen's 2003
Indianapolis 2003
Montreal 2003 Cincinnati 2003 US Open 2003
San Jose 2004
Miami 2004
Queen's 2004
Indianapolis 2004
San Jose 2005
Houston 2005
Queen's 2005
Washington 2005
Lyon 2005
Cincinnati 2006
Queen's 2007
Washington 2007
San Jose 2008
Dubai 2008
Pekin 2008
Memphis 2009
Brisbane 2010
Miami 2010
Memphis 2011
Eastbourne 2012
Atlanta 2012
Les mentors

Entraîneurs

Andy Roddick et Jimmy Connors à l'entraînement.
Jimmy Connors aide Andy Roddick à relancer sa carrière.

Tarik Benhabiles (1999-2003)
Le Français accompagne Roddick de ses années juniors jusqu’à son installation parmi les meilleurs mondiaux.

Brad Gilbert (2003-2004)
Roddick l’engage en juin 2003. Quelques semaines plus tard commence le meilleur passage de sa carrière.

Dean Goldfine (2004-2006)
Il succède à Gilbert durant l’intersaison 2004 et accompagne Roddick jusqu’au début de 2006.

John Roddick
Son frère aîné intervient également dans son encadrement, notamment durant les périodes de transition entre ses entraîneurs principaux.

Jimmy Connors (2006-2008)
L’ancien n°1 mondial rejoint Roddick durant l’été 2006 et contribue à relancer sa carrière.

Larry Stefanki (2008-2012)
Engagé à la fin de 2008, il accompagne Roddick durant toute la dernière partie de sa carrière, notamment lors de son remarquable Wimbledon 2009.

Une arme

Style de jeu

Andy Roddick près du panneau indiquant un service à 150 mph.
Le service d’Andy Roddick atteint la barre des 150 mph pendant son match de coupe Davis remporté face à Koubek .

Le service constitue évidemment la marque de fabrique de Roddick. Sa préparation extrêmement ramassée, avec très peu de mouvement de raquette avant l’explosion vers le haut, rompt avec les grandes boucles traditionnelles. Sans disposer de la taille exceptionnelle des Karlovic ou Isner, l’Américain parvient à générer des vitesses considérables. La saison 2004 devient une véritable course au record. En février, en Coupe Davis contre l'Autrichien Stefan Koubek, Roddick atteint 150 mph (241 km/h) et bat le record mondial qu’il partageait jusque-là à 149 mph avec Greg Rusedski. En juin, au Queen’s, il pousse la marque à 153 mph (246 km/h). Puis, en septembre, de nouveau en Coupe Davis, face à Vladimir Voltchkov, il frappe un service à 155 mph (249 km/h), nouveau record mondial qu’il conservera jusqu’en 2011.

Mais sa domination au service ne repose pas seulement sur la vitesse. Roddick possède également une seconde balle extrêmement lourde, chargée d’un kick qui repousse l’adversaire. Son premier coup derrière le service est souvent un énorme coup droit, longtemps son autre arme maîtresse. Dans ses premières années, il cherche fréquemment à écourter l’échange par cette combinaison : première balle, puis coup droit.

Le revers à deux mains est moins naturellement offensif et la relance ne lui procure jamais les mêmes avantages. Avec les années, cependant, son tennis s’enrichit. Il utilise davantage le slice, améliore son déplacement vers l’avant, sa volée et sa couverture du filet. Cette évolution devient particulièrement visible dans la seconde moitié de sa carrière, lorsqu’il comprend qu’il ne pourra plus simplement traverser ses adversaires par la puissance.

Hors du court

Personnalité

Andy Roddick à l'US Open 2006.

Roddick est un joueur nerveux, démonstratif et volontiers contestataire. Les arbitres connaissent ses discussions interminables et ses accès d’agacement. Mais il possède aussi une qualité qui contribue fortement à sa popularité : une remarquable rapidité d’esprit. Ses conférences de presse et ses discours de remise de trophée sont souvent émaillés de traits d’humour et d’autodérision. Il sait notamment plaisanter sur ses propres défaites, y compris celles qui lui ont fait le plus mal.

 

Andy Roddick à l'US Open 2006.

Un épisode beaucoup plus grave révèle une autre facette de sa personnalité le 1er mai 2004. À Rome, l’hôtel qui héberge plusieurs joueurs du tournoi prend feu au petit matin. Bloqué au sixième étage, Roddick gagne le balcon. Au-dessus de lui se trouvent Sjeng Schalken, l’épouse de celui-ci et plusieurs autres personnes, prisonniers de la fumée. Ils descendent du septième étage vers le balcon de Roddick, qui les aide à se réceptionner avant l’intervention des pompiers. Sept personnes passent ainsi par son balcon. Trois clients de l’hôtel trouvent la mort dans l’incendie.

Un an plus tard, toujours à Rome, Roddick se distingue par un geste de fair-play devenu célèbre. En huitièmes de finale contre Fernando Verdasco, il mène 7-6, 5-3 et dispose de trois balles de match. Sur la première, le deuxième service de l’Espagnol est annoncé faute : la double faute doit mettre fin à la rencontre. Mais Roddick vérifie lui-même la trace sur la terre battue et signale que la balle a touché la ligne. Le point est rendu à Verdasco. L’Espagnol sauve ensuite les autres balles de match, renverse le deuxième set puis s’impose finalement 6-7, 7-6, 6-4. Un geste de sportivité qui coûte littéralement la victoire à Roddick.

Roddick s’investit très tôt dans des actions caritatives. Dès 2000, alors qu’il est encore junior, il fonde l’Andy Roddick Foundation. Celle-ci se consacrera progressivement à l’éducation et aux activités proposées aux enfants de milieux défavorisés lorsque l’école est fermée.

Après la carrière

Reconversion

Andy Roddick lors de son entrée au Hall of Fame en 2017.
Newport 2017 : Andy Roddick entre à l’International Tennis Hall of Fame, cinq ans après sa retraite.

Roddick ne disparaît pas du paysage du tennis. Il travaille dans les médias, intervient comme consultant et conserve un ton très personnel dans ses analyses. Son sens de la formule, déjà célèbre pendant sa carrière, trouve naturellement une seconde vie derrière un micro. Il développe notamment Served with Andy Roddick, émission et podcast consacrés à l’actualité du tennis.

Il poursuit parallèlement son travail avec l’Andy Roddick Foundation à Austin. Créée en 2000, l’association concentre désormais son activité sur les programmes éducatifs, les vacances scolaires et les périodes de la journée où les enfants défavorisés disposent de moins de structures d’accompagnement.

En 2017, Roddick entre à l’International Tennis Hall of Fame.

Côté cœur

Vie privée

Roddick fréquente la chanteuse et actrice Mandy Moore entre 2003 et 2004.

Mandy Moore

Il rencontre ensuite le mannequin et actrice Brooklyn Decker, avec laquelle il se met en couple en 2007. Ils se fiancent en 2008 et se marient au Texas le 17 avril 2009. Le couple a deux enfants, Hank et Stevie.

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Date de dernière mise à jour : 17/10/2026