Tennis Chron'open
Greg Rusedski - Chron'Open
Chron'Open
Royaume-Uni
gaucher - revers à une main

GregRusedski

Le Britannique venu du froid
Greg Rusedski

Grand serveur gaucher venu du Canada, Greg Rusedski a longtemps occupé une place à part dans le tennis britannique. Plus explosif que raffiné, plus démonstratif que son rival Tim Henman, il a traversé les années 1990 et 2000 avec un jeu tout entier tourné vers l'avant. Derrière l'image du bombardier se cachait pourtant un joueur capable d'évoluer, de revenir après les blessures et de durer bien au-delà de ses premières fulgurances.

15Titres ATP
1997n°4 mondial
Naissance 6 septembre 1973
Jeunesse

Jeunesse

Greg Rusedski et Karim Alami à Wimbledon en 1991
Wimbledon 1991 : Greg Rusedski, à gauche, et Karim Alami sont déjà mis en lumière sur le gazon londonien.

Gregory Rusedski naît à Montreal d'un père canadien, Tom, d'origine ukrainienne, et d'une mère britannique, Helen, née à Dewsbury dans le Yorkshire. Celle-ci s'installe ensuite au Canada, étudie à l'université McGill et devient enseignante. Greg possède ainsi dès sa jeunesse les nationalités canadienne et britannique.

C'est son père, passionné de tennis, qui l'initie au jeu. Les Rusedski prennent très au sérieux les possibilités de leur fils : ses parents vont jusqu'à réhypothéquer leur maison pour financer sa formation. Greg s'affirme parmi les meilleurs juniors canadiens et quitte progressivement le cadre national pour tenter sa chance sur le circuit international.

Il passe professionnel en 1991. Sa première victoire dans un tableau principal ATP intervient l'année suivante au Canada.

De 1991 à 2007

Sa carrière

Greg Rusedski à l'Open d'Australie en 1995
Open d'Australie 1995 : Greg Rusedski pendant les dernières semaines de sa carrière sous nationalité canadienne.
1991-1995

Les années canadiennes

Rusedski passe professionnel en 1991 et dispute les premières années de sa carrière sous nationalité canadienne. Très vite, une arme le distingue : son service de gaucher. À 1,93 m, il combine puissance, angle et prise de balle précoce, un cocktail particulièrement efficace sur les surfaces rapides.

En 1993, il décroche à Newport, sur gazon, son premier titre ATP en battant Javier Frana en finale. Il termine pour la première fois la saison dans le Top 50. L'année suivante, il remporte également à Newport son premier titre en double, associé à Alex Antonitsch.

En 1995, il ajoute un deuxième titre en simple à Seoul. À ce stade, Rusedski est encore identifié sur le circuit comme joueur canadien. Il n'a toutefois jamais représenté le Canada en Coupe Davis ni aux Jeux olympiques, une situation qui va prendre toute son importance quelques semaines plus tard.

Greg Rusedski à Wimbledon en 1995
Wimbledon 1995 : Greg Rusedski brandit le drapeau britannique, quelques semaines après son changement de nationalité sportive.
1995

Le choix britannique

Rusedski possède également la nationalité britannique par sa mère, née dans le Yorkshire. Au printemps 1995, il décide de ne plus concourir sous nationalité canadienne et demande à représenter désormais la Grande-Bretagne. Le 22 mai 1995, l'ITF valide officiellement ce changement d'allégeance sportive.

Le passage provoque une forte réaction au Canada. Rusedski y a grandi, y a été formé et y a fait ses débuts professionnels ; son choix est donc vécu par une partie du public comme une défection. Lorsqu'il revient jouer à Montréal, l'accueil est particulièrement hostile. Le joueur explique notamment sa décision par son installation en Grande-Bretagne et par ses attaches familiales et personnelles dans le pays.

Le changement est juridiquement facilité par un élément essentiel : Rusedski n'a jamais joué en Coupe Davis pour le Canada et n'a jamais représenté celui-ci aux Jeux olympiques. Il n'a donc pas à quitter une sélection nationale senior pour en rejoindre une autre. Quelques semaines après la décision de l'ITF, il fait ses débuts en Coupe Davis sous les couleurs britanniques face à Monaco.

À partir de cette date, le Canada appartient à la première partie de sa carrière. Rusedski va désormais construire toute son histoire internationale sous l'Union Jack.

Greg Rusedski à Wimbledon en 1996
Wimbledon 1996 : Greg Rusedski pendant sa première saison complète sous les couleurs de la Grande-Bretagne.
1996

L’installation britannique

Pour sa première saison complète sous couleurs britanniques, Rusedski commence à prendre une place importante dans le tennis national. En Coupe Davis, il participe à la campagne qui permet à la Grande-Bretagne de remonter du groupe II au groupe I de la zone Europe-Afrique. En septembre, lors du 5-0 contre l’Égypte, il dispute même le dernier match officiel joué sur l’ancien court n°1 de Wimbledon, avant sa démolition.

L’été, il représente pour la première fois la Grande-Bretagne aux Jeux olympiques. À Atlanta, il atteint les huitièmes de finale, où il est battu par Sergi Bruguera, futur médaillé d’argent. Cette participation confirme surtout qu’un an après avoir quitté la bannière canadienne sur le circuit, Rusedski est désormais pleinement intégré aux sélections britanniques.

Sa saison s’achève sur une note plus personnelle. À l’automne, il remporte à Pékin son troisième titre ATP en simple en battant Martin Damm 7-6, 6-4 en finale. Sans encore atteindre le niveau qui sera le sien l’année suivante, Rusedski consolide ainsi sa place dans le Top 50 et prépare le véritable changement de dimension de 1997.

Greg Rusedski à Wimbledon en 1997
Wimbledon 1997 : Greg Rusedski atteint les quarts de finale, où Cedric Pioline l'arrête en quatre manches.
1997

1997, l'année qui change tout

Rusedski franchit un véritable cap sous la direction de Brian Teacher. L'ancien champion de l'Open d'Australie ne cherche pas à modifier ce qui fait sa force, mais à donner davantage de consistance au reste de son jeu. Le retour, les déplacements et les coups de fond de court progressent suffisamment pour que le Britannique ne soit plus seulement dépendant de son service.

En juin 1997, il gagne Nottingham, puis atteint les quarts de finale de Wimbledon. Il y est arrêté par Cedric Pioline en quatre manches. Deux mois plus tard, à l'US Open, il va beaucoup plus loin. Sans perdre un set lors de ses cinq premiers matchs, il élimine notamment Richard Krajicek en quart de finale, 7-5, 7-6, 7-6.

Greg Rusedski après sa demi-finale de l'US Open 1997 contre Jonas Bjorkman
US Open 1997 : le succès contre Jonas Bjorkman ouvre à Greg Rusedski une finale attendue par le tennis britannique depuis 1936.

La demi-finale contre Jonas Bjorkman est autrement compliquée. Après avoir remporté la première manche, Rusedski perd les deux suivantes avant de retourner la situation : 6-1, 3-6, 3-6, 6-3, 7-5. Il devient ainsi le premier Britannique à atteindre la finale du championnat des États-Unis depuis Fred Perry en 1936.

Patrick Rafter et Greg Rusedski à l'US Open 1997
Finale de l'US Open 1997 : Patrick Rafter et Greg Rusedski, au terme de la plus grande percée du Britannique en Grand Chelem.

Patrick Rafter l'attend en finale. L'Australien impose son service-volée et prend rapidement deux sets d'avance. Rusedski arrache le troisième, mais Rafter conclut 6-3, 6-2, 4-6, 7-5. Quelques semaines plus tard, Greg gagne Bale et monte jusqu'au 4e rang mondial le 6 octobre. Il termine la saison dans le Top 10, une première pour un Britannique depuis la création du classement ATP. En décembre, le public britannique l'élit BBC Sports Personality of the Year.

Greg Rusedski et Marc Rosset à Anvers en 1998
Anvers 1998 : Greg Rusedski ouvre sa saison de titres en dominant Marc Rosset en finale.
1998

149 mph et le triomphe de Bercy

En 1998, Rusedski prouve que sa saison précédente n'était pas un accident. Il gagne d'abord Anvers, puis atteint en mars sa première finale de la catégorie Super 9 à Indian Wells.

Greg Rusedski au service à Indian Wells en 1998
Indian Wells 1998 : le service de Greg Rusedski atteint 149 mph, record officiel du circuit ATP à l'époque.

Le tournoi californien devient aussi le théâtre de sa course au record du service. En quart de finale contre Thomas Enqvist, il atteint 146 mph. Le lendemain, face à Thomas Muster, il fait encore mieux : 149 mph, soit environ 240 km/h. C'est alors le service le plus rapide officiellement enregistré sur le circuit ATP. Rusedski bat Muster 7-6, 6-1 avant de retrouver Marcelo Rios en finale.

La rencontre est très serrée. Rusedski enlève notamment un tie-break interminable 17 points à 15, mais Rios s'impose finalement 6-3, 6-7, 7-6, 6-4.

Greg Rusedski face à Pete Sampras à Paris-Bercy en 1998
Paris-Bercy 1998 : Greg Rusedski vient à bout de Pete Sampras, alors n°1 mondial et tenant du titre.

Son plus grand titre ATP arrive en novembre à Paris-Bercy. En finale, il affronte Pete Sampras, n°1 mondial et tenant du titre. Rusedski ne lui laisse aucun set : 6-4, 7-6, 6-3. Il devient le premier Britannique vainqueur d'un tournoi de cette catégorie.

En fin d'année, appelé comme remplaçant au Masters, il bat Albert Costa puis Tim Henman et termine cette participation particulière avec deux victoires en deux matchs.

Greg Rusedski et Tommy Haas avec le trophée de la Coupe du Grand Chelem 1999
Coupe du Grand Chelem 1999 : Greg Rusedski domine Tommy Haas dans une finale qui marque la dernière édition de l'épreuve.
1999

La Coupe du Grand Chelem

Rusedski change encore d'entraîneur. Brian Teacher avait accompagné son explosion de 1997 ; Tony Pickard lui succède à l'automne de cette même année. À partir de l'été 1998, le Néerlandais Sven Groneveld prendra le relais.

En 1999, Rusedski décroche à Munich l'un des titres les plus singuliers de sa carrière : la Coupe du Grand Chelem. Cette compétition de l'ITF, réservée aux joueurs ayant obtenu les meilleurs résultats dans les Majeurs, dispute alors sa dernière édition. Rusedski bat Tommy Haas en finale 6-3, 6-4, 6-7, 7-6.

Greg Rusedski vainqueur à Vienne en 1999
Vienne 1999 : le trophée récompense un retour de deux sets à zéro contre Nicolas Kiefer en finale.

Deux semaines plus tard, à Vienne, il réalise une autre finale remarquable. Mené deux manches à zéro par Nicolas Kiefer, il renverse complètement le match et s'impose 6-7, 2-6, 6-3, 7-5, 6-4.

La même année, il connaît aussi un succès symbolique aux côtés de Tim Henman : les deux rivaux britanniques remportent ensemble le double du tournoi indoor de Londres.

Greg Rusedski après son match contre Vince Spadea à Wimbledon en 2000
Wimbledon 2000 : la défaite contre Vince Spadea illustre une saison marquée par les blessures et le recul au classement.
2000-2001

Blessures et nouveau départ

La suite est moins régulière. Le jeu de Rusedski exige énormément de son corps et les blessures commencent à s'accumuler. Sa saison 2000 est difficile et il quitte le Top 20. À Wimbledon, il subit même une défaite particulièrement embarrassante contre Vince Spadea, qui restait sur une série de 21 défaites consécutives.

Greg Rusedski avec le trophée de San Jose en 2001
San Jose 2001 : Greg Rusedski remporte son dixième titre après avoir dominé Andre Agassi en finale.

Mais Rusedski n'est pas fini. En 2001, il bat le n°1 mondial Gustavo Kuerten à l'Open d'Australie et revient jusqu'en huitièmes de finale. À San Jose, il domine Andre Agassi 6-3, 6-4 en finale et ajoute un dixième titre à son palmarès.

Greg Rusedski à Miami en 2001
Miami 2001 : le service de Greg Rusedski accompagne une séquence de 25 points consécutifs contre Nicolas Massu.

À Miami, contre Nicolas Massu, il réalise une séquence presque irréelle : 25 points consécutifs remportés. Les vingt premiers arrivent au début du deuxième set. Il passe ainsi à quatre points du « golden set », la manche parfaite de 24 points gagnés sans en perdre un, exploit réalisé par Bill Scanlon en 1983.

Cette période lui permet également de battre plusieurs n°1 mondiaux. Sur l'ensemble de sa carrière, il en vaincra quatre alors qu'ils occupent la première place : Sampras à Paris en 1998, Kuerten à Melbourne et Safin en 2001, puis Hewitt à Indianapolis en 2002.

Greg Rusedski et Jerome Golmard avec le trophée d'Auckland en 2002
Auckland 2002 : Greg Rusedski et Jerome Golmard après la finale qui offre au Britannique son onzième titre.
2002-2003

Une dernière embellie

La saison 2002 lui apporte deux nouveaux titres, Auckland puis Indianapolis.

Greg Rusedski face à Pete Sampras à l'US Open en 2002
US Open 2002 : Greg Rusedski pousse Pete Sampras jusqu'au cinquième set, avant le dernier grand parcours du champion américain.

À l'US Open, il pousse Pete Sampras jusqu'au cinquième set au troisième tour. Après sa défaite, il estime l'Américain ralenti et se dit très surpris s'il parvient à battre Tommy Haas au tour suivant. Sampras élimine Haas, puis Roddick, Schalken et Agassi pour gagner le tournoi. La prédiction restera attachée à Rusedski.

Greg Rusedski vainqueur à Nottingham en 2003
Nottingham 2003 : Greg Rusedski retrouve le titre sur gazon, malgré des problèmes physiques récurrents.

En 2003, malgré les problèmes physiques, il retrouve encore le chemin de la victoire à Nottingham. Quelques jours plus tard à Wimbledon, son match contre Andy Roddick offre une autre scène restée célèbre. Alors que Rusedski mène 5-2 dans le troisième set, un spectateur crie « out » en plein échange. Croyant d'abord à un appel officiel, Rusedski se déconcentre et réclame que le point soit rejoué. L'arbitre refuse. Furieux, le Britannique perd complètement le fil du match et les cinq derniers jeux. Son explosion verbale lui vaut ensuite une amende.

Greg Rusedski vainqueur à Newport en 2004
Newport 2004 : revenu à la compétition après son acquittement, Greg Rusedski ajoute un quatorzième titre à son palmarès.
2004

L'affaire de la nandrolone

En janvier 2004, Rusedski révèle qu'un contrôle effectué à Indianapolis en juillet 2003 a détecté un taux anormal de nandrolone. Une suspension de deux ans menace directement la fin de sa carrière.

Il soutient qu'il n'a jamais pris volontairement de produit interdit et rapproche son cas de celui d'autres joueurs ayant présenté le même profil analytique après avoir utilisé des produits distribués dans l'environnement médical de l'ATP. L'affaire devient d'autant plus embarrassante que l'ATP avait déjà reconnu des problèmes avec certains compléments distribués par ses propres soigneurs.

Le 9 mars 2004, le tribunal antidopage exonère Rusedski unanimement et sans ambiguïté. Il estime qu'il n'existe pas de preuve permettant d'établir une infraction et reproche à l'ATP de ne pas avoir suffisamment averti directement les joueurs après avoir cessé la distribution des produits suspects.

Quelques mois plus tard, Rusedski remporte Newport. Il atteint également la finale de Moscou et revient dans le Top 50.

Greg Rusedski avec le trophée de Newport en 2005
Newport 2005 : douze ans après son premier titre, Greg Rusedski gagne pour la dernière fois au même endroit.
2005-2007

Retour aux sources

Newport lui réserve un dernier symbole. En juillet 2005, douze ans après y avoir gagné son premier titre, Rusedski conserve son trophée en battant Vince Spadea 7-6, 2-6, 6-4. Son quinzième et dernier titre est ainsi remporté exactement au même endroit que le premier.

La saison 2006 devient beaucoup plus pénible, notamment en raison d'une hanche récalcitrante. Son dernier match dans un tournoi du circuit principal a lieu à l'US Open, où Tim Henman le bat au premier tour. Henman termine leur rivalité avec huit victoires contre deux.

Greg Rusedski salue le public à Birmingham en 2007
7 avril 2007 : Greg Rusedski salue le public britannique après sa dernière apparition professionnelle.

Rusedski souhaite néanmoins finir sous le maillot britannique. Le 7 avril 2007, à Birmingham, il joue le double de Coupe Davis contre les Pays-Bas avec Jamie Murray. Les Britanniques battent Robin Haase et Rogier Wassen 6-1, 3-6, 6-3, 7-6 et portent le score de la rencontre à 3-0. À 33 ans, Rusedski annonce sa retraite et quitte le circuit professionnel.

Coupe Davis

Sous les couleurs britanniques

Tim Henman et Greg Rusedski en Coupe Davis en 1997
Coupe Davis 1997 : Tim Henman et Greg Rusedski réunis pour la Grande-Bretagne, au cœur de leur rivalité sportive.

Rusedski représente la Grande-Bretagne en Coupe Davis de 1995 à 2007. Il dispute 20 rencontres et présente un bilan global de 30 victoires pour 13 défaites, dont 20-10 en simple.

Sa dernière apparition est aussi son dernier match professionnel : le double remporté avec Jamie Murray contre les Pays-Bas le 7 avril 2007.

entourage

Ses entraîneurs

Brian Teacher avec Greg Rusedski à l'entraînement
Brian Teacher à l'entraînement avec Greg Rusedski : leur collaboration accompagne l'accession au Top 10.

Brian Teacher – 1996-1997. Il accompagne la transformation de Rusedski d'un très grand serveur en véritable joueur de Top 10 et le conduit jusqu'à la finale de l'US Open.

Tony Pickard – 1997-1998. L'ancien entraîneur de Stefan Edberg succède à Teacher après l'US Open 1997.

Sven Groneveld – 1998-2000 puis 2001-2002. Il est notamment aux côtés de Rusedski lors de son titre à Bercy.

Rusedski travaille également avec Scott Brooke, Brad Langevad et, brièvement, Pat Cash. La collaboration avec Cash se termine rapidement et dans de mauvaises conditions.

identité tennistique

Style de jeu

Greg Rusedski au service à l'US Open en 1998
 

Chez Rusedski, tout part du service. Sa taille, sa puissance et surtout sa prise de balle de gaucher lui permettent de sortir son adversaire du court, particulièrement dans le carré avantage. Il ne se contente pas d'accumuler les aces : le premier coup sert avant tout à préparer immédiatement la volée suivante.

Son record de 149 mph, établi à Indian Wells en 1998, devient l'une de ses signatures. Il le conserve jusqu'à ce qu'Andy Roddick franchisse la barre des 150 mph en 2004.

Rusedski appartient pleinement à la dernière génération du service-volée. Dès que l'occasion se présente, il suit sa mise en jeu au filet et cherche à écourter l'échange. Son revers à une main est longtemps son coup le plus vulnérable, mais les progrès réalisés avec Brian Teacher lui donnent à partir de 1997 davantage de solutions du fond du court.

Les surfaces rapides lui conviennent naturellement : gazon, dur rapide et surtout moquette indoor. Il remporte cinq titres sur gazon et construit une grande partie de ses meilleurs résultats en salle.

Personnalité et popularité

Gentleman Tim et Bad Greg

Greg Rusedski et Tim Henman en 2004

Son arrivée dans le tennis britannique en 1995 provoque d'abord une forme de méfiance. Rusedski est né et a grandi au Canada, parle avec un accent nord-américain et arrive au moment où la Grande-Bretagne cherche désespérément un joueur de premier plan. La situation nourrit inévitablement la comparaison avec Tim Henman, plus jeune et issu du système britannique.

Henman domine largement leurs confrontations directes, 8 victoires à 2, et devient le joueur auquel Wimbledon s'identifie le plus spontanément. Mais présenter Rusedski comme un joueur rejeté par le public serait excessif : son élection comme BBC Sports Personality of the Year en 1997 montre au contraire à quel point sa grande saison a contribué à son adoption par le public britannique.

Son tempérament est plus expansif et parfois plus imprudent que celui de Henman. Les déclarations sur Sampras à l'US Open 2002 et surtout son explosion contre Roddick à Wimbledon 2003 entretiennent cette réputation. Rusedski sait cependant reconnaître ses débordements : après l'incident de Wimbledon, il présente immédiatement ses excuses.

Palmarès

Ses 15 titres en simple

Newport 1993
Seoul 1995
Pekin 1996
Nottingham 1997
Bale 1997
Anvers 1998
Bercy 1998Coupe du Grand Chelem 1999
Vienne 1999
San Jose 2001
Auckland 2002
Indianapolis 2002
Nottingham 2003
Newport 2004
Newport 2005
Après-carrière

Après-carrière

Rusedski ne quitte jamais vraiment le tennis. Il devient consultant et commentateur, notamment pour la BBC, Sky Sports et Eurosport, et intervient aussi auprès de jeunes joueurs britanniques.

Il travaille à plusieurs reprises dans l'encadrement et le développement de joueurs. En 2026, près de vingt ans après sa retraite, il revient même officiellement sur le circuit comme entraîneur de Giovanni Mpetshi Perricard, au sein d'une équipe comprenant également Philippe Dehaes. Pour l'un des plus grands serveurs de sa génération, le choix d'accompagner l'un des nouveaux bombardiers du circuit a une certaine logique.

famille

Vie privée

Greg Rusedski épouse Lucy Connor le 4 décembre 1999 à l'abbaye de Douai, dans le Berkshire. Le couple était ensemble depuis plusieurs années lorsque Rusedski choisit de représenter la Grande-Bretagne.

Ils ont deux enfants : Scarlett Mary, née le 27 janvier 2006, et John James, né le 1er octobre 2009.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026