2000
La dernière grande moisson du siècle
Au printemps 2000, Safin n'est encore que 35e mondial. Puis tout s'accélère. Il gagne Barcelone, et récidive immédiatement à Majorque.
Au cœur de l'été nord-américain, Safin change encore de dimension. Il remporte le Masters 1000 de Toronto, où il bat notamment Pete Sampras en demi-finale après avoir sauvé deux balles de match, puis Harel Levy en finale. Son été aurait presque pu être parfait sans un certain Fabrice Santoro : à Cincinnati, le Français lui inflige un 6-1, 7-6(3) en huitièmes de finale et confirme déjà qu'il possède une étonnante emprise sur le Russe. Safin rebondit immédiatement en atteignant la finale d'Indianapolis, perdue de très peu contre Gustavo Kuerten 3-6, 7-6(2), 7-6(2), avant d'arriver lancé à New York.
À l'US Open, après deux matches en cinq sets contre Gianluca Pozzi et Sebastien Grosjean, il monte progressivement en puissance. En finale l'attend Pete Sampras, quadruple champion du tournoi. Safin lui inflige pourtant l'une des défaites les plus nettes de sa carrière : 6-4, 6-3, 6-3 en 98 minutes. Sampras ne parvient pas une seule fois à lui prendre son service. À 20 ans, Safin est champion de Grand Chelem.
Et il ne s'arrête pas. Il gagne encore Tashkent, Saint-Petersbourg puis Paris-Bercy. La finale parisienne contre Mark Philippoussis devient un marathon remporté 3-6, 7-6(7), 6-4, 3-6, 7-6(8). Ce septième titre de la saison le propulse au rang de n°1 mondial. Au Masters de Lisbonne, Andre Agassi le bat toutefois en demi-finale 6-3, 6-3, et Gustavo Kuerten termine finalement l'année n°1. Safin finit n°2, après avoir remporté davantage de titres que quiconque cette saison-là.