2002
La révélation dans les grands tournois
La saison sur gazon de 2002 marque un tournant. Schalken atteint d'abord les demi-finales du Queen's, où il s'incline devant le numéro un mondial Lleyton Hewitt. La semaine suivante, il remporte le tournoi de Rosmalen, disputé près de Bois-le-Duc et répertorié par l'ATP sous le nom de 's-Hertogenbosch, en battant Arnaud Clément en finale (3-6, 6-3, 6-2). Sur sa route, il a notamment éliminé Roger Federer en quart de finale. Ce premier titre sur herbe confirme ses progrès sur une surface qui lui avait jusque-là valu tant de déconvenues.
À Wimbledon, le Néerlandais franchit enfin les huitièmes de finale d'un tournoi du Grand Chelem, à sa 29e participation. En quart de finale, il retrouve Hewitt, grand favori de l'épreuve. L'Australien remporte aisément les deux premières manches, 6-2, 6-2, et se procure quatre balles de match dans le troisième set. Pourtant, Schalken refuse de capituler. Il arrache la manche au tie-break, puis domine complètement la quatrième, 6-1. Dans le set décisif, il prend même à deux reprises le service de son adversaire, sans parvenir à conserver son avantage. Hewitt finit par s'imposer 7-5, après près de quatre heures de lutte. Schalken sera le seul joueur à lui prendre un set pendant cette édition de Wimbledon, que l'Australien remportera quelques jours plus tard. C'est aussi, pour le Néerlandais, une quatrième défaite en cinq manches à Wimbledon au cours des cinq dernières éditions !
Deux mois après cette défaite douloureuse, Schalken dispute l'US Open avec une confiance retrouvée. Au premier tour, il bénéficie de l'abandon de Philippoussis, qui menait pourtant deux manches à zéro. Il élimine ensuite Ivan Ljubicic et Sargis Sargsian, avant de retrouver en huitième de finale le Brésilien Gustavo Kuerten, triple vainqueur de Roland-Garros. Dans une rencontre serrée, le Néerlandais fait parler sa régularité et s'impose en quatre sets (6-3, 7-6, 6-7, 7-6).
En quart de finale, il affronte le jeune Chilien Fernando Gonzalez, dont les frappes dévastatrices mettent sa défense à rude épreuve. Schalken résiste aux accélérations de son adversaire et remporte une nouvelle bataille en cinq manches (6-7, 6-3, 6-3, 6-7, 7-6). Il devient ainsi le premier Néerlandais depuis Tom Okker, en 1971, à atteindre les demi-finales de l'US Open.
Sa route s'arrête devant Pete Sampras, qui remporte les deux premières manches au tie-break avant de conclure 6-2 dans la troisième. Schalken a pourtant disposé d'une balle de premier set. L'Américain, qui remportera ensuite son quatorzième et dernier titre du Grand Chelem, se montre intraitable dans les moments décisifs. Pour Schalken, cette demi-finale demeure néanmoins le plus grand résultat de sa carrière. Il entre pour la première fois dans le top 20 mondial. Un mois plus tard, il atteint encore la finale du tournoi de Moscou, mais s'incline contre le Français Paul-Henri Mathieu (6-4, 2-6, 0-6), perdant les huit derniers jeux de la rencontre. Il termine l'année parmi les vingt meilleurs joueurs du monde, avec le sentiment d'avoir enfin changé de dimension.