2011
Le corps ne récupère plus
Magnus Norman parti, Söderling commence l'année avec Claudio Pistolesi. Il gagne immédiatement Brisbane en battant Andy Roddick en finale. Après un huitième de finale à l'Open d'Australie, il conserve son titre à Rotterdam puis gagne dès la semaine suivante à Marseille. Trois titres lors de ses quatre premiers tournois : à 26 ans, il paraît solidement installé parmi les cinq meilleurs joueurs du monde.
Au printemps, il se sépare de Pistolesi. Fredrik Rosengren devient son entraîneur début mai. À Roland-Garros, Söderling atteint encore les quarts de finale, où Nadal prend une nouvelle fois le dessus. Wimbledon s'achève en revanche au troisième tour contre Bernard Tomic.
Il revient ensuite en Suède pour Bastad et y produit une démonstration. Tomas Berdych, alors membre du top 10, ne prend qu'un jeu en demi-finale : 6/1 6/0. En finale, David Ferrer est balayé 6/2 6/2 en soixante-sept minutes. Söderling remporte son quatrième titre de l'année, le dixième de sa carrière. Il est n°5 mondial et n'a pas encore 27 ans. Ce 17 juillet 2011, personne ne peut imaginer qu'il vient de disputer son dernier match.
Söderling est malade. Il expliquera lors de l'annonce de sa retraite qu'il avait contracté une mononucléose quelques semaines avant Båstad mais, ignorant la nature et la gravité de son état, avait continué à s'entraîner et à disputer des tournois. Il estime que cet effort imposé à un organisme malade provoque alors un sévère syndrome de surentraînement. Dans les semaines suivantes, il devient incapable de récupérer normalement après un effort physique.
C'est ce problème, plus que l'impossibilité de jouer au tennis, qui va condamner son retour. Söderling connaîtra pendant plusieurs années le même scénario : il se sent mieux, reprend l'entraînement et parvient parfois à frapper la balle avec une intensité presque normale ; mais dès qu'il augmente la charge, son état se dégrade à nouveau. Une séance qu'il supporte sur le moment peut nécessiter plusieurs jours de récupération. À certaines périodes, il est même contraint de rester au lit. Dans ces conditions, impossible de retrouver le rythme d'un joueur du top niveau, fait d'entraînements quotidiens, de voyages et de matchs rapprochés.
À ces difficultés physiques s'ajoute une profonde détresse psychologique. Söderling révélera plusieurs années plus tard avoir souffert à cette époque d'une anxiété extrême et de crises de panique. À l'US Open 2011, où il doit déclarer forfait, la seule perspective de retourner sur le court provoque chez lui une crise incontrôlable. Les deux problèmes vont ainsi se mêler pendant sa longue absence : un organisme incapable d'encaisser les efforts et un équilibre psychologique profondément ébranlé.