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Suède
droitier - revers à deux mains

RobinSöderling

Le Suédois qui frappait plus fort
Robin Söderling

Longtemps, Robin Söderling semble promis à une belle carrière sans parvenir à franchir le dernier palier. Son potentiel est immense, son tennis explosif, mais les blessures et une certaine irrégularité l'empêchent de s'installer parmi les meilleurs. Puis, à l'approche de ses 25 ans, tout s'aligne. Pendant un peu plus de deux saisons, le Suédois découvre jusqu'où sa puissance peut le conduire.

10Titres ATP
2010n°4 mondial
Naissance 14 août 1984
Les débuts

Un grand espoir suédois

Robin Söderling avec le trophée de l'Orange Bowl 2001
Orange Bowl 2001 : Robin Söderling pose avec le trophée qui accompagne sa victoire contre Juan Monaco en finale.

Robin Bo Carl Söderling naît le 14 août 1984 à Tibro, en Suède. Son père Bo est avocat, sa mère Britt-Inge s'occupe du foyer et sa sœur aînée Sandra deviendra enseignante. Il commence le tennis à 5 ans.

Très bon junior, il termine l'année 2001 au 4e rang mondial de sa catégorie. Cette saison-là, il remporte notamment l'Orange Bowl, devient champion d'Europe juniors et atteint également la finale européenne du double avec son compatriote Christian Johansson.

Sur le court

La force de frappe

Robin Söderling à l'Open d'Australie 2004

Avec ses 1,93 m, Söderling dispose d'une première balle très puissante, davantage fondée sur la vitesse que sur les effets. Mais son arme principale reste son coup droit. Très ample dans sa préparation, frappé relativement à plat et avec une violence considérable, il lui permet de prendre rapidement le contrôle de l'échange. Son revers à deux mains est moins spectaculaire mais solide et capable, lui aussi, d'accélérations brutales.

Le Suédois aime dicter le jeu depuis sa ligne de fond. Il n'est pas un serveur-volleyeur ni un joueur cherchant à raccourcir systématiquement les échanges : il accepte le bras de fer, mais avec l'idée de prendre la balle tôt et de frapper avant son adversaire. Lorsque sa précision rejoint sa puissance, son tennis devient particulièrement difficile à contenir.

De 2001 à 2015

Sa carrière

Robin Söderling avec le trophée de Lyon 2004
Lyon 2004 : à 20 ans, Robin Söderling soulève son premier trophée ATP après sa victoire contre Xavier Malisse.
2001-2004

L'ascension

Söderling passe professionnel en 2001. Il se fait véritablement connaître sur le grand circuit deux ans plus tard. Issu des qualifications à Wimbledon 2003, il atteint le troisième tour puis, à l'automne, dispute à Stockholm sa première finale ATP. Devant son public, le jeune Suédois pousse Mardy Fish jusqu'au jeu décisif du troisième set avant de s'incliner 7/5 3/6 7/6.

En 2004, il atteint une nouvelle finale à Marseille, perdue contre Dominik Hrbaty, puis débloque son compteur à Lyon. Non tête de série, Söderling élimine successivement Tommy Robredo, Feliciano Lopez, Joachim Johansson et Vincent Spadea avant de battre Xavier Malisse 6/2 3/6 6/4. À 20 ans, il décroche son premier titre ATP et se rapproche du top 30 mondial.

Robin Söderling avec le trophée de Milan 2005
Milan 2005 : Robin Söderling remporte le deuxième titre ATP de sa carrière, face à Radek Stepanek.
2005-2007

Une progression freinée

L'année 2005 est perturbée par des problèmes physiques, notamment au genou. Söderling doit renoncer à plusieurs rendez-vous, mais parvient tout de même à remporter à Milan son deuxième titre, en dominant Radek Stepanek en finale. Son genou continue cependant à le gêner et nécessite une intervention à l'automne.

Il retrouve davantage de continuité en 2006 et atteint notamment la finale de Memphis.

Robin Söderling à Wimbledon 2007 contre Rafael Nadal
Wimbledon 2007 : Robin Söderling pousse Rafael Nadal jusqu'à un cinquième set au troisième tour.

Mais c'est surtout son Wimbledon 2007 qui marque les esprits. Au troisième tour, Söderling pousse Rafael Nadal jusqu'à un cinquième set au terme d'un match sans cesse interrompu par la pluie. La rencontre est également tendue : le Suédois se moque notamment de l'une des manies de Nadal en imitant ostensiblement sa façon de remettre son short en place. Nadal finit par s'imposer 6/4 6/4 6/7 4/6 7/5.

Peu après, une blessure au poignet gauche met pratiquement fin à sa saison. Touché pendant l'été puis de nouveau à Montréal, il doit déclarer forfait pour l'US Open et la demi-finale de Coupe Davis contre les États-Unis. Il ne revient à la compétition qu'en février 2008, après environ sept mois sans avoir pu disputer un tournoi complet.

Michael Llodra et Robin Söderling à Rotterdam en 2008
Rotterdam 2008 : Michael Llodra, vainqueur de la finale, et Robin Söderling, finaliste, avec leurs trophées.
2008

Le déclic

Son retour est spectaculaire. Söderling atteint coup sur coup les finales de Rotterdam et Memphis. Il dispute encore celle de Stockholm à l'automne.

Robin Söderling avec le trophée de Lyon 2008
Lyon 2008 : Robin Söderling ajoute un deuxième succès rhodanien à une saison qui le ramène parmi les meilleurs.

Il remporte surtout Lyon pour la deuxième fois en dominant Julien Benneteau. Avec trois finales et un titre, il termine l'année n°17 mondial, son meilleur classement jusque-là.

Mais sa performance la plus étonnante intervient à Düsseldorf lors de la World Team Cup. Söderling remporte ses quatre simples et ses quatre doubles, associés pour ceux-ci à Robert Lindstedt, et conduit la Suède au titre. En finale contre la Russie, il bat Mikhail Youzhny 6/3 6/1 avant de remporter avec Lindstedt le double décisif. Il devient seulement le troisième joueur de l'histoire de l'épreuve à gagner les huit matchs qu'il y dispute lors d'une même édition.

À la fin de l'année, il s'associe à Magnus Norman. Ancien n°2 mondial et finaliste de Roland-Garros, son compatriote va jouer un rôle majeur dans le changement de dimension qui suit.

Rafael Nadal et Robin Söderling après leur match à Roland-Garros en 2009
Roland-Garros 2009 : Robin Söderling met fin à l'invincibilité de l'Espagnol dans le tournoi.
2009

L'impossible devient possible

Söderling arrive à Roland-Garros comme 25e joueur mondial. Rien, jusque-là, ne le désigne comme un prétendant au titre. En huitième de finale, il retrouve Rafael Nadal, quadruple tenant du titre, invaincu en 31 matchs dans le tournoi et qui vient de le pulvériser 6/1 6/0 quelques semaines auparavant à Rome.

Le 31 mai, le Suédois réalise pourtant l'un des plus grands exploits de l'histoire du tournoi. Il attaque sans relâche, refuse de laisser Nadal l'installer loin derrière sa ligne et impose la violence de ses frappes. Après trois heures et demie, Söderling s'impose 6/2 6/7 6/4 7/6. Nadal vient de perdre pour la première fois à Roland-Garros.

Le danger serait alors de ne retenir que cet exploit. Söderling lui donne au contraire une suite. Il écrase Nikolay Davydenko en quarts puis bat Fernando Gonzalez en cinq sets en demi-finale.

Roger Federer et Robin Söderling en finale de Roland-Garros 2009
Finale de Roland-Garros 2009 : Roger Federer décroche le titre et complète son Grand Chelem en carrière face à Robin Söderling.

Roger Federer l'arrête en finale, 6/1 7/6 6/4, et complète à cette occasion son Grand Chelem en carrière.

La fin de saison confirme que Paris n'était pas un accident. Söderling remporte Bastad, atteint les quarts de finale de l'US Open puis dispute pour la première fois le Masters de fin d'année à Londres après le forfait d'Andy Roddick. Il y bat successivement Nadal 6/4 6/4 et Novak Djokovic 7/6 6/1, termine premier de son groupe puis ne cède qu'au jeu décisif du troisième set contre Juan Martin del Potro en demi-finale. Il achève la saison n°8 mondial.

Roger Federer et Robin Söderling après leur quart de finale à Roland-Garros en 2010
Roland-Garros 2010 : Robin Söderling domine Roger Federer pour la première fois de sa carrière.
2010

Federer tombe à son tour

Söderling n'est désormais plus une surprise. Il gagne Rotterdam en février et revient à Roland-Garros avec le statut d'un des principaux outsiders. En quarts de finale, Roger Federer se présente face à lui avec une série stupéfiante de 23 demi-finales consécutives en Grand Chelem et 12 victoires en autant de confrontations avec le Suédois.

Federer remporte la première manche, mais Söderling inverse le match. Sous des conditions humides qui conviennent à ses frappes lourdes, il s'impose 3/6 6/3 7/5 6/4. Il obtient enfin sa première victoire contre le Suisse et interrompt une série qui durait depuis Wimbledon 2004.

Après une demi-finale en cinq sets contre Tomas Berdych, Söderling retrouve donc la finale de Roland-Garros pour la deuxième année consécutive. Cette fois, Nadal est revenu. L'Espagnol prend sa revanche en trois manches, 6/4 6/2 6/4. Söderling reste néanmoins dans le haut du classement et atteint ensuite les quarts à Wimbledon puis à l'US Open.

Robin Söderling et Gaël Monfils après la finale de Paris-Bercy 2010
Paris-Bercy 2010 : Robin Söderling reçoit le plus grand trophée de sa carrière après sa finale gagnée contre Gaël Monfils.

Il termine sa saison par le plus grand titre de sa carrière. À Paris-Bercy, il sauve trois balles de match contre Michael Llodra en demi-finale avant de s'imposer 6/7 7/5 7/6. Le lendemain, il domine Gaël Monfils 6/1 7/6 et remporte son premier Masters 1000. Le 15 novembre, il atteint la 4e place mondiale, derrière Nadal, Federer et Djokovic.

Robin Söderling avec le trophée de Brisbane 2011
Brisbane 2011 : Robin Söderling lance l'année par un titre, obtenu en finale contre Andy Roddick.
2011

Le corps ne récupère plus

Magnus Norman parti, Söderling commence l'année avec Claudio Pistolesi. Il gagne immédiatement Brisbane en battant Andy Roddick en finale. Après un huitième de finale à l'Open d'Australie, il conserve son titre à Rotterdam puis gagne dès la semaine suivante à Marseille. Trois titres lors de ses quatre premiers tournois : à 26 ans, il paraît solidement installé parmi les cinq meilleurs joueurs du monde.

Au printemps, il se sépare de Pistolesi. Fredrik Rosengren devient son entraîneur début mai. À Roland-Garros, Söderling atteint encore les quarts de finale, où Nadal prend une nouvelle fois le dessus. Wimbledon s'achève en revanche au troisième tour contre Bernard Tomic.

Robin Söderling avec le trophée de Bastad en 2011
Bastad 2011 : le dixième titre ATP de Robin Söderling devient aussi, sans qu'il le sache encore, son dernier match.

Il revient ensuite en Suède pour Bastad et y produit une démonstration. Tomas Berdych, alors membre du top 10, ne prend qu'un jeu en demi-finale : 6/1 6/0. En finale, David Ferrer est balayé 6/2 6/2 en soixante-sept minutes. Söderling remporte son quatrième titre de l'année, le dixième de sa carrière. Il est n°5 mondial et n'a pas encore 27 ans. Ce 17 juillet 2011, personne ne peut imaginer qu'il vient de disputer son dernier match.

Söderling est malade. Il expliquera lors de l'annonce de sa retraite qu'il avait contracté une mononucléose quelques semaines avant Båstad mais, ignorant la nature et la gravité de son état, avait continué à s'entraîner et à disputer des tournois. Il estime que cet effort imposé à un organisme malade provoque alors un sévère syndrome de surentraînement. Dans les semaines suivantes, il devient incapable de récupérer normalement après un effort physique.

C'est ce problème, plus que l'impossibilité de jouer au tennis, qui va condamner son retour. Söderling connaîtra pendant plusieurs années le même scénario : il se sent mieux, reprend l'entraînement et parvient parfois à frapper la balle avec une intensité presque normale ; mais dès qu'il augmente la charge, son état se dégrade à nouveau. Une séance qu'il supporte sur le moment peut nécessiter plusieurs jours de récupération. À certaines périodes, il est même contraint de rester au lit. Dans ces conditions, impossible de retrouver le rythme d'un joueur du top niveau, fait d'entraînements quotidiens, de voyages et de matchs rapprochés.

À ces difficultés physiques s'ajoute une profonde détresse psychologique. Söderling révélera plusieurs années plus tard avoir souffert à cette époque d'une anxiété extrême et de crises de panique. À l'US Open 2011, où il doit déclarer forfait, la seule perspective de retourner sur le court provoque chez lui une crise incontrôlable. Les deux problèmes vont ainsi se mêler pendant sa longue absence : un organisme incapable d'encaisser les efforts et un équilibre psychologique profondément ébranlé.

2012-2015

Quatre ans à essayer de revenir

Söderling ne considère pourtant pas sa carrière comme terminée. Pendant quatre ans, il tente périodiquement de reprendre l'entraînement. Les progrès sont réels mais toujours insuffisants. En 2012, il explique qu'après une période encourageante il suffit qu'il en fasse un peu trop pour se réveiller à nouveau épuisé. En 2015 encore, il résume parfaitement son problème : il peut s'entraîner, parfois même avec une bonne intensité, mais il ne récupère pas suffisamment pour recommencer le lendemain.

Cela explique aussi pourquoi on le voit progressivement reprendre des activités dans le tennis. Il développe sa propre marque de matériel et devient directeur du tournoi de Stockholm. Ces fonctions sont compatibles avec son état ; elles ne réclament pas les efforts physiques répétés nécessaires à une carrière sur le circuit. Söderling continue d'ailleurs, pendant cette période, à rêver d'un retour à la compétition.

Le 23 décembre 2015, il finit par admettre que ce retour n'aura pas lieu. Son état s'est amélioré, mais pas suffisamment pour retrouver les capacités de récupération qu'exige le tennis professionnel. Il annonce donc sa retraite à 31 ans, plus de quatre ans après son dernier match. Sa carrière ne s'est pas arrêtée parce qu'il ne pouvait plus frapper une balle : elle s'est arrêtée parce que son organisme ne pouvait plus encaisser, jour après jour, la charge nécessaire pour rester un joueur de très haut niveau.

La suite

Après la carrière

Même privé de compétition, Söderling reste très présent dans le tennis suédois. Dès 2013, il lance RS Sports, d'abord autour de balles de tennis puis de cordages, grips et autres équipements. En 2014 et 2015, il dirige le tournoi ATP de Stockholm.

Robin Söderling conseille Elias Ymer sur le banc de l'équipe de Suède en 2021
Coupe Davis 2021 : Robin Söderling conseille Elias Ymer sur le banc de l'équipe de Suède, dans son rôle de capitaine.

En 2017, il commence à entraîner son jeune compatriote Elias Ymer. La collaboration produit rapidement un titre Challenger à Cordenons. Söderling retrouve ainsi le circuit, cette fois depuis le box.

En décembre 2019, il est nommé capitaine de l'équipe de Suède de Coupe Davis. Il conduit son pays à deux phases finales avant de prendre du recul durant l'été 2022. En avril 2023, il quitte définitivement la fonction pour raisons de santé.

Tempérament

Une intensité à canaliser

Robin Söderling exprime sa frustration sur le court
Robin Söderling ne cherche pas à dissimuler son intensité lorsque le match lui échappe.

Söderling tranche avec l'image traditionnelle du champion suédois impassible. Sur le court, il montre volontiers son agacement, peut provoquer son adversaire et n'a jamais cherché à dissimuler complètement ses émotions. L'épisode de Wimbledon 2007 face à Nadal reste le symbole de cette période où son caractère lui vaut une réputation parfois rugueuse.

Avec le temps, et particulièrement pendant sa collaboration avec Magnus Norman, cette agressivité paraît mieux canalisée. Söderling ne perd pas son intensité, mais elle sert davantage son jeu. Son ascension tardive vers le top 5 coïncide avec cette capacité nouvelle à rester dans ses matchs sans renoncer à la violence qui fait sa force.

palmarès

Ses 10 titres

Masters 1000ATP 500ATP 250

Lyon 2004
Milan 2005
Lyon 2008
Bastad 2009
Rotterdam 2010
Paris-Bercy 2010
Brisbane 2011
Rotterdam 2011
Marseille 2011
Bastad 2011
Hors du circuit

Vie privée

Robin Söderling partage pendant de nombreuses années la vie de Jenni Mostrom. Le couple est déjà fiancé en 2008 et accueille une fille, Olivia, en 2012, puis un fils, Fred. Robin et Jenni se marient en août 2016.

En décembre 2024, la presse suédoise annonce leur séparation et une procédure de divorce après huit années de mariage.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026