Tennis Chron'open
Paradorn Srichaphan - Chron'Open
Chron'Open
Thaïlande
droitier - revers à une main

ParadornSrichaphan

« Ball », pionnier du tennis asiatique
Paradorn Srichaphan

Une victoire sur Andre Agassi à Wimbledon le révèle au monde en 2002. Quelques mois plus tard, Paradorn Srichaphan devient la première grande star internationale du tennis thaïlandais. Puissant, spectaculaire et reconnaissable à son wai adressé au public après chaque match, il est aussi le premier joueur asiatique à intégrer le top 10 ATP.

5Titres ATP
2003n°9 mondial
Naissance14 juin 1979
Jeunesse

Top 10 chez les juniors

Paradorn Srichaphan jeune
Paradorn Srichaphan dans ses jeunes années, avant son arrivée sur le circuit professionnel.

Né à Bangkok, Paradorn est le plus jeune de trois frères joueurs de tennis, derrière Tanakorn et Naratorn. Il commence à jouer à 6 ans avec son père Chanachai, qui abandonne son activité professionnelle pour se consacrer à son entraînement. La famille reste très liée à Khon Kaen, ville que Paradorn présentera lui-même comme sa hometown.

Il se distingue rapidement chez les juniors et termine n°10 mondial en 1996.

Identité tennistique

Style de jeu

Paradorn Srichaphan en coup droit
La préparation ample du coup droit de Paradorn Srichaphan, l’arme qui lui permettait de dicter l’échange sur dur comme sur gazon.

Avec son gabarit athlétique de 1,85 m pour 82 kg, Srichaphan était avant tout un attaquant de fond de court. Très explosif, il cherchait à prendre rapidement l’initiative et possédait un coup droit particulièrement puissant. Son revers à une main pouvait lui aussi produire des accélérations spectaculaires, même s’il était moins régulier. Au début de son ascension, il reconnaissait lui-même avoir tendance à rechercher trop systématiquement le grand coup.

Les surfaces dures étaient de loin son terrain préféré, ce qu’il confirmait dans sa propre fiche ATP. Son jeu direct fonctionnait également très bien sur gazon, où il remportera l’un de ses cinq titres. En revanche, la terre battue lui convenait beaucoup moins : il n’y dépassera jamais le troisième tour à Roland-Garros.

De 1997 à 2010

Sa carrière

Paradorn Srichaphan à Wimbledon en 2000
Wimbledon 2000 : Paradorn Srichaphan face à Tim Henman, au début de sa progression sur le grand circuit.
1997-2001

Une progression patiente

Passé professionnel en 1997, il progresse patiemment entre Futures, Challengers et quelques apparitions sur le grand circuit. En 1999, il dispute Wimbledon pour la première fois et atteint à Hong Kong sa première demi-finale sur le circuit ATP. La même année, il remporte trois médailles d’or aux Jeux d’Asie du Sud-Est : en simple, en double avec Naratorn et par équipes.

À la fin de 2001, il n’est encore que 120e mondial. Rien ne laisse vraiment prévoir ce qui va suivre.

Paradorn Srichaphan et Andre Agassi à Wimbledon en 2002
Wimbledon 2002 : Paradorn Srichaphan retrouve Andre Agassi au filet après la victoire qui le révèle au grand public.
2002

L’explosion

La transformation commence dès janvier. Srichaphan atteint à Chennai sa première finale ATP, puis bat quelques jours plus tard à Sydney le n°6 mondial Sebastien Grosjean. À Roland-Garros, il atteint pour la première fois le troisième tour d’un Grand Chelem.

Mais c’est Wimbledon qui change sa carrière. Au deuxième tour, le Thaïlandais, alors 67e mondial, domine Andre Agassi, n°4 mondial et tête de série n°3, 6/4 7/6 6/2. L’ancien vainqueur du tournoi est complètement débordé. Srichaphan s’incline ensuite au troisième tour contre Richard Krajicek.

Paradorn Srichaphan avec le trophée de Long Island en 2002
Long Island 2002 : Paradorn Srichaphan embrasse le trophée de son premier titre ATP, point de départ d’une série de cinq victoires en tournoi.

L’été est encore meilleur. Finaliste à Washington, il remporte quelques jours plus tard son premier titre à Long Island, contre Juan Ignacio Chela. À l’automne, il bat Marat Safin à Tachkent puis surtout le n°1 mondial Lleyton Hewitt à Tokyo, 6/4 6/3. À Madrid, il élimine Tim Henman ; à Stockholm, il décroche son deuxième titre contre Marcelo Rios ; puis à Paris-Bercy, il bat Juan Carlos Ferrero avant d’atteindre les demi-finales. Au total, il signe six victoires contre des membres du top 10 au cours de la saison.

Paradorn Srichaphan avec le trophée de Stockholm en 2002
Stockholm 2002 : le deuxième titre de Paradorn Srichaphan parachève la saison qui le fait passer de la 120e à la 16e place mondiale.

Parti 120e, il termine l’année 16e mondial. L’ATP le désigne Most Improved Player of the Year.

Paradorn Srichaphan avec le trophée de Chennai en 2003
Chennai 2003 : Paradorn Srichaphan commence sa saison par un titre remporté sans perdre un set.
2003

Dans l’histoire du tennis asiatique

Srichaphan confirme immédiatement en remportant Chennai, sans perdre un set. En mars, il atteint les demi-finales du Masters Series de Miami, seulement battu par Carlos Moya.

Le 21 avril 2003, il devient n°10 mondial : jamais, depuis la création du classement ATP en 1973, un joueur asiatique n’avait intégré le top 10 masculin. Le 12 mai, il atteint son meilleur classement, n°9 mondial.

Paradorn Srichaphan après sa victoire sur Rafael Nadal à Wimbledon en 2003
Wimbledon 2003 : le salut de Paradorn Srichaphan après son unique duel avec Rafael Nadal, gagné en trois sets.

À Wimbledon, il rencontre au troisième tour un Espagnol de 17 ans encore loin de la légende qu’il deviendra : Rafael Nadal. Srichaphan l’emporte nettement 6/4 6/4 6/2, avant de s’incliner en huitièmes contre Andy Roddick. Ce restera leur unique rencontre : son bilan contre Nadal restera donc définitivement à 1-0.

Lleyton Hewitt et Paradorn Srichaphan à l'US Open en 2003
US Open 2003 : Lleyton Hewitt et Paradorn Srichaphan au terme du huitième de finale qui constitue le meilleur parcours du Thaïlandais à New York.

Il atteint également les huitièmes de finale de l’US Open et conserve son titre de Long Island, en battant James Blake en finale. Srichaphan boucle cette seconde grande saison au 11e rang mondial.

Paradorn Srichaphan avec le trophée de Nottingham en 2004
Nottingham 2004 : Paradorn Srichaphan soulève son cinquième et dernier trophée, le seul obtenu sur gazon.
2004-2005

Encore parmi les meilleurs

À l’Open d’Australie 2004, Srichaphan réalise son meilleur parcours en Grand Chelem. Il bat notamment Gustavo Kuerten au troisième tour, 6/3 7/5 6/4, puis retrouve Agassi en huitièmes. Cette fois l’Américain prend sa revanche, 7/6 6/3 6/4.

Quelques mois plus tard, il remporte à Nottingham son cinquième titre ATP et le seul sur gazon. Très mal parti contre Thomas Johansson, il renverse la finale 1/6 7/6 6/3. Ce sera son dernier trophée.

Carlos Moya et Paradorn Srichaphan à Chennai en 2005
Chennai 2005 : Carlos Moya et Paradorn Srichaphan au terme de l’une des deux finales disputées par le Thaïlandais cette saison-là.

En 2005, il ne gagne plus de tournoi mais atteint encore deux finales, à Chennai et Stockholm. Surtout, il montre qu’il peut toujours battre les meilleurs : il renverse Guillermo Coria à Rotterdam puis domine Nikolay Davydenko en trois sets à l’US Open.

Paradorn Srichaphan à l'Open d'Australie en 2006
Open d’Australie 2006 : Paradorn Srichaphan au début d’une saison marquée quelques semaines plus tard par sa demi-finale à Indian Wells.
2006

Un dernier grand sursaut

Retombé au-delà de la 60e place, Srichaphan retrouve soudain son meilleur tennis à Indian Wells. Il élimine notamment le n°4 mondial David Nalbandian, puis Jarkko Nieminen, et atteint les demi-finales d’un Masters Series pour la troisième fois de sa carrière. Roger Federer l’arrête.

La fin de saison confirme ce regain de forme avec trois autres demi-finales, à Pekin, Bangkok et Bale. À Bale, il pousse Federer jusqu’au tie-break du troisième set, le Suisse s’imposant finalement 6/4 3/6 7/6. Srichaphan termine néanmoins l’année au 53e rang mondial.

Paradorn Srichaphan et Natalie Glebova en 2008
Paradorn Srichaphan et Natalie Glebova en 2008, pendant la longue interruption imposée au joueur par son poignet droit.
2007-2010

Le poignet brise la carrière

Srichaphan remporte à Chennai en janvier 2007 ce qui restera son dernier match de simple, contre Simone Bolelli. Après plusieurs défaites, il se présente à Miami avec un poignet droit déjà douloureux et abandonne contre Luis Horna. Il ne rejouera plus jamais en simple sur le circuit ATP.

Le poignet nécessite deux opérations. En septembre 2009, après deux ans et demi d’absence, il tente un retour en double à Bangkok aux côtés de Danai Udomchoke. Les Thaïlandais perdent au premier tour, mais Srichaphan espère encore reprendre sa carrière en simple.

L’espoir disparaît en 2010. Un accident de moto lui provoque des fractures aux deux mains ainsi qu’une blessure au genou. Déjà fragilisé par son poignet, il annonce finalement sa retraite en juin.

Équipe nationale

Le porte-drapeau du tennis thaïlandais

Paradorn Srichaphan porte-drapeau de la Thaïlande aux Jeux olympiques de 2004
Athenes 2004 : Paradorn Srichaphan conduit la délégation thaïlandaise lors de la cérémonie d’ouverture olympique.

Bien avant son entrée dans le top 10, Srichaphan collectionne les succès sous les couleurs nationales. Il remporte l’or en double aux Jeux asiatiques de 1998, puis surtout l’or en simple à Busan en 2002. En 2006, il ajoute une médaille de bronze par équipes. Il participe également aux Jeux olympiques de 2000 et 2004 et porte le drapeau thaïlandais lors de la cérémonie d’ouverture à Athenes.

En Coupe Davis, son bilan est remarquable : 33 victoires pour 13 défaites, dont 31-10 en simple, en 24 rencontres internationales. Avec lui, la Thaïlande frappe plusieurs fois à la porte du Groupe mondial sans parvenir à y entrer.

Personnalité

Le gentleman thaïlandais

Paradorn Srichaphan avec le Stefan Edberg Sportsmanship Award
Paradorn Srichaphan avec le Stefan Edberg Sportsmanship Award, reconnaissance internationale d’un fair-play indissociable de son ascension.

Srichaphan développe un rituel immédiatement identifiable. À la fin de chaque match, victoire ou défaite, il joint les mains et salue les quatre côtés du stade selon le wai traditionnel thaïlandais. Il explique qu’il s’agit simplement de remercier le public. Il a également l’habitude de toucher le sol des courts où il joue pour se porter chance.

Son comportement et ses résultats lui donnent rapidement une dimension nationale. Élu « Thai of the Year » en 2002, il devient ambassadeur culturel de la Thaïlande et reçoit un passeport diplomatique. En 2003, Time Asia lui consacre sa couverture et le classe parmi ses héros asiatiques de l’année.

L’ATP lui attribue deux années consécutives, en 2002 et 2003, le Stefan Edberg Sportsmanship Award. Il est donc récompensé pour son fair-play précisément au moment où sa carrière atteint son sommet.

Bouddhiste pratiquant, il passe également une semaine comme moine en novembre 2005, crâne rasé et vêtu de la robe traditionnelle. Il prend alors le nom de Mahaviro, « grand et courageux ».

Entourage

Ses entraîneurs

Une histoire de famille

Le personnage central est son père Chanachai Srichaphan, qui le forme dès l’âge de 6 ans et l’accompagne jusqu’au sommet de sa carrière. Paradorn a longtemps résisté à l’idée de quitter ce fonctionnement familial.

Au début de 2005, il tente toutefois une expérience avec l’Américain T.J. Middleton. Leur collaboration dure environ six mois, de janvier à Wimbledon. Après le retrait de Chanachai, Paradorn choisit finalement de rester en famille : son frère aîné Tanakorn devient son entraîneur pour les dernières saisons de sa carrière.

Palmarès

Ses 5 titres

ATP 250

Long Island 2002
Stockholm 2002
Chennai 2003
Long Island 2003
Nottingham 2004
Après la carrière

Après les courts

Srichaphan reste lié au tennis thaïlandais après sa retraite. Il travaille avec l’équipe nationale de Coupe Davis et se tourne ensuite vers l’entraînement des jeunes.

Il développe notamment la Srichaphan Tennis Academy à Khon Kaen, où il dispose de plusieurs courts et d’un programme destiné aux juniors.

Côté cœur

Vie privée

Mariage de Paradorn Srichaphan et Natalie Glebova en 2007
Natalie Glebova - Le mariage avec Paradorn Srichaphan à Bangkok, le 29 novembre 2007.

En 2006, Srichaphan rencontre Natalie Glebova, Canadienne d’origine russe élue Miss Univers 2005, lors du tournoi de Bangkok. Ils se fiancent l’année suivante et se marient à Bangkok le 29 novembre 2007.

Le couple se sépare après un peu plus de trois ans de mariage et divorce en 2011.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026