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Allemagne
gaucher - revers à deux mains

Carl-UweSteeb

Le lieutenant de la génération Becker
Carl-Uwe Steeb

Dans la génération allemande dominée par Boris Becker, Carl-Uwe Steeb a suivi une trajectoire plus discrète. Gaucher, solide du fond du court et redoutable dans les longs combats, il s'est pourtant ménagé une place bien à lui dans l'une des périodes les plus riches du tennis allemand.

3Titres ATP
1990n°14 mondial
3Coupes Davis
Naissance 1er septembre 1967
Les années de formation

Jeunesse

Carl-Uwe Steeb naît le 1er septembre 1967 à Aalen, dans le Bade-Wurtemberg, et grandit à Mögglingen. Enfant, il pratique à la fois le football et le tennis. Il se fait rapidement remarquer raquette en main : à 10 ans, il remporte déjà le championnat de son district.

Il poursuit sa formation au TC Aalen, puis dans des clubs de Stuttgart. À 16 ans, il devient champion d'Allemagne des moins de 16 ans. Gaucher, il choisit définitivement le tennis et se lance sur le circuit professionnel en 1986. Stefan Schaffelhuber sera notamment son entraîneur.

De 1986 à 1996

Sa carrière

1986-1987

Des débuts prometteurs

Dès sa première saison professionnelle, Steeb atteint les quarts de finale à Buenos Aires. Sa progression s'accélère en 1987 : il est demi-finaliste à Stuttgart, où il bat Henri Leconte avant de s'arrêter dans le dernier carré, ainsi qu'à Marrakech. Il atteint aussi les quarts à Munich et Hilversum.

Parti de la 150e place mondiale, il termine l'année au 41e rang. À 20 ans, Steeb s'est déjà installé parmi les meilleurs joueurs ouest-allemands et devient une option crédible derrière Boris Becker en équipe nationale.

L'équipe d'Allemagne de l'Ouest avec la Coupe Davis en 1988
Göteborg, 1988 : autour du Saladier d'argent, l'équipe allemande célèbre le premier titre de son histoire, avec Carl-Uwe Steeb à droite.
1988

De Melbourne à Göteborg

Steeb obtient à l'Open d'Australie son premier grand résultat en Grand Chelem. Il atteint les huitièmes de finale avant de s'incliner contre Andreï Chesnokov. Quelques mois plus tard, aux Jeux olympiques de Séoul, il va encore plus loin : après trois victoires, il atteint les quarts de finale, où l'Américain Tim Mayotte le bat 7-6, 7-5, 6-3.

Mais c'est en décembre que sa carrière change de dimension. Pour la finale de Coupe Davis à Göteborg, la RFA affronte la Suède sur terre battue. Steeb, 74e mondial, ouvre la rencontre face à Mats Wilander, n°1 mondial, qui vient de remporter trois des quatre tournois du Grand Chelem de la saison.

Wilander gagne les deux premières manches 10-8, 6-1. Steeb ne cède pourtant pas et renverse progressivement le match. Il prend les deux sets suivants 6-2, 6-4, puis sauve une balle de match à 5-6 dans la dernière manche avant de l'emporter 8-6 après près de cinq heures de jeu.

Becker bat ensuite Stefan Edberg et, le lendemain, Becker et Eric Jelen remontent eux aussi deux sets de retard pour gagner le double. L'Allemagne de l'Ouest remporte ainsi la première Coupe Davis de son histoire. La victoire de Steeb contre Wilander restera le match le plus célèbre de sa carrière.

Carl-Uwe Steeb à l'Open d'Australie en 1990
Open d'Australie 1990 : Carl-Uwe Steeb en action au début de la saison qui le porte à son meilleur classement.
1989-1990

Les meilleures années

Steeb confirme en 1989 qu'il ne se résume pas à son exploit de Göteborg. À Key Biscayne, il élimine dès le premier tour Andre Agassi, alors n°4 mondial. Il atteint les demi-finales du tournoi de Hambourg et, en juillet, remporte à Gstaad son premier titre sur le circuit.

La finale suisse ressemble étrangement à son match contre Wilander : Magnus Gustafsson gagne les deux premières manches, mais Steeb retourne une nouvelle fois la situation et s'impose 6-7, 3-6, 6-2, 6-4, 6-2. Il participe également cette année-là à la victoire allemande au World Team Cup de Düsseldorf.

En Coupe Davis, Steeb joue encore un rôle déterminant. En demi-finale contre les États-Unis à Munich, il perd d'abord contre Brad Gilbert, puis bat Andre Agassi 4-6, 6-4, 6-4, 6-2 le dimanche. Cette victoire donne à la RFA le troisième point et l'envoie en finale. À Stuttgart, les Allemands retrouvent la Suède. Steeb perd cette fois un combat de cinq sets contre Wilander, puis le dernier simple sans enjeu contre Edberg, mais Becker gagne ses deux simples et le double avec Jelen : la RFA conserve la Coupe Davis.

À l'automne, Steeb atteint encore la finale du tournoi indoor de Tokyo, où Aaron Krickstein le bat nettement. Il boucle néanmoins sa meilleure saison au 15e rang mondial.

Le début de 1990 prolonge cette période faste. À Sydney, Steeb élimine successivement Boris Becker en quarts puis Mats Wilander en demi-finales avant de perdre la finale contre Yannick Noah. Le 15 janvier, il atteint la 14e place mondiale, son meilleur classement. Un mois plus tard, il dispute une nouvelle finale à Bruxelles, perdue contre Becker.

Carl-Uwe Steeb à Wimbledon en 1991
Wimbledon 1991 : Carl-Uwe Steeb au cœur de la saison où il retrouve un titre sur terre battue.
1991-1993

Gênes, Roland-Garros et les Jeux

Après une saison 1990 terminée sur une pente descendante, Steeb retrouve un titre en juin 1991 sur la terre battue de Gênes. Il bat Thomas Muster en demi-finales puis Jordi Arrese 6-3, 6-4 en finale. C'est son deuxième titre en simple. Quelques semaines plus tard, il atteint pour la première fois les huitièmes de finale de l'US Open.

Il connaît également une belle saison en double. Avec Eric Jelen, son partenaire de l'équipe allemande, il remporte les tournois de Long Island et de Moscou. Ces deux succès s'ajoutent à celui obtenu ensemble à Brisbane en 1988.

Carl-Uwe Steeb au tournoi de Monte-Carlo en 1992
Monte-Carlo 1992 : Carl-Uwe Steeb en action sur terre battue, quelques semaines avant son huitième de finale à Roland-Garros.

En 1992, Steeb atteint les huitièmes de finale de Roland-Garros, son meilleur résultat parisien, avant de s'incliner contre Pete Sampras. Aux Jeux olympiques de Barcelone, il bat notamment son compatriote Michael Stich, tête de série n°8, puis s'arrête en huitièmes de finale face au Mexicain Leonardo Lavalle. En fin d'année, il atteint la finale à Moscou, où le récent champion olympique Marc Rosset le domine 6-2, 6-2.

Dès janvier 1993, Steeb dispute une nouvelle finale à Jakarta. Il gagne la première manche contre Michael Chang mais l'Américain renverse le match, 2-6, 6-2, 6-1. En fin de saison, Steeb fait partie de l'équipe allemande qui remporte la Coupe Davis contre l'Australie à Düsseldorf. Cette troisième victoire dans l'épreuve n'a toutefois pas la même portée personnelle que les deux précédentes : il est remplaçant et ne dispute aucun match de la finale.

Carl-Uwe Steeb à l'Open d'Australie en 1995
Open d'Australie 1995 : Carl-Uwe Steeb dispute l'une de ses dernières saisons complètes sur le circuit.
1994-1996

Le dernier retour

Après plusieurs saisons perturbées par les blessures et une nette chute au classement, Steeb semble s'éloigner du premier plan. Il réussit pourtant, à 28 ans, l'un des retours les plus inattendus de sa carrière.

Carl-Uwe Steeb avec le trophée de Moscou en 1995
Moscou 1995 : Carl-Uwe Steeb pose avec le trophée de son troisième et dernier titre en simple.

En novembre 1995, au tournoi de Moscou, il écarte notamment Marc Rosset en demi-finales et retrouve Daniel Vacek pour le titre. La finale se joue sur quelques points. Steeb gagne deux jeux décisifs et s'impose 7-6, 3-6, 7-6. Plus de quatre ans après Gênes, il remporte ainsi son troisième et dernier tournoi en simple.

Il dispute encore la saison 1996. Son dernier tournoi professionnel est celui de Stuttgart, près de sa région natale, où une invitation lui permet de faire ses adieux au circuit. Battu au premier tour par Alberto Berasategui, il met fin à sa carrière à 29 ans.

Style de jeu

Style de jeu

Carl-Uwe Steeb en action

Gaucher au revers à deux mains, Steeb était avant tout un joueur de fond de court. Sa vitesse, son endurance et sa capacité à soutenir les longs échanges en faisaient un adversaire particulièrement à l'aise sur terre battue.

Son coup droit constituait son arme principale. Il pouvait imprimer beaucoup de puissance et de lift, tout en s'appuyant sur d'importantes qualités physiques. Son jeu était moins naturellement tourné vers le filet que celui de Boris Becker et son service occupait une place moins centrale.

Steeb était surtout difficile à décrocher dans les matchs longs. Ses victoires contre Wilander à Göteborg et Gustafsson à Gstaad, toutes deux obtenues après avoir perdu les deux premières manches, restent les exemples les plus spectaculaires de cette résistance.

Après-carrière

Reconversion

Carl-Uwe Steeb capitaine de l'équipe allemande de Coupe Davis
Coupe Davis 1999 : Carl-Uwe Steeb, devenu capitaine de l'Allemagne, accompagne Tommy Haas depuis le banc.

Steeb reste proche du tennis allemand après sa retraite. À l'automne 1997, il rejoint l'encadrement de l'équipe de Coupe Davis aux côtés de Boris Becker, qui occupe le rôle de team manager. Lorsque Becker quitte ses fonctions à la fin de 1999, Steeb prend seul la responsabilité de l'équipe. Il démissionne en septembre 2001.

Il exerce ensuite différentes activités dans le sport et les affaires. Il devient notamment directeur de tournois à Braunschweig puis à Hambourg et occupe également des responsabilités au sein de la Fédération allemande de tennis.

Il travaille par ailleurs dans les médias comme consultant et commentateur de tennis.

Palmarès

Ses 3 titres en simple

ATP 250

Gstaad 1989
Gênes 1991
Moscou 1995
Famille

Vie privée

Marié en 1995 à Kimberly « Kim » Steeb, avec qui il a eu deux fils, Luke et Jeremy, il s'en sépare vers 2016 après plus de vingt ans de vie commune.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026