Tennis Chron'open
Mats Wilander - Chron'Open
Chron'Open
Suède
droitier - revers à deux mains

MatsWilander

Le champion de toutes les surfaces
Mats Wilander

À 17 ans, Mats Wilander remporte Roland-Garros avec le calme d’un vétéran. Quelques années plus tard, il devient numéro un mondial. Mais chez ce champion tacticien, le sommet fut moins un territoire à défendre qu’un but à atteindre.

7Grands Chelems
33Titres ATP
1988n°1 mondial
3Coupes Davis
Naissance22 août 1964
L'essentiel

Sept couronnes sur trois continents

Trois Open d'Australie, trois Roland-Garros et un US Open : Wilander a remporté des titres majeurs sur terre battue, gazon et dur.

Identité tennistique

L’art de gagner avec le jeu de l’autre

Mats Wilander en jeu

Wilander ne possédait aucun coup dont la violence sautait immédiatement aux yeux. Son service était efficace sans être irrésistible, son coup droit moins puissant que celui de Lendl et son revers moins spectaculaire que celui de Borg. Mais il disposait de presque toutes les réponses : revers lifté à deux mains, slice à une main, retour régulier, lob, amortie, volée et surtout une immense maîtrise des trajectoires.

Sa véritable arme était l’adaptation. Wilander ne jouait pas seulement son propre tennis : il identifiait ce que l’adversaire supportait le moins, puis bâtissait le match autour de cette faiblesse. Contre un attaquant, il retournait une balle supplémentaire. Contre un joueur patient, il variait davantage. Contre Lendl en 1988, il refusa le duel de puissance et transforma la finale en problème tactique. Ses contemporains insistaient moins sur la beauté de ses coups que sur sa lecture du jeu et sa capacité à prolonger l’échange jusqu’à épuiser les solutions adverses.

Il ne dominait pas toujours visuellement ses adversaires. Il les dépouillait peu à peu de leurs certitudes. C’est peut-être pour cela que son tennis a laissé moins d’images iconiques que celui de McEnroe, Becker ou Edberg : chez Wilander, le chef-d’œuvre ne résidait pas dans un geste, mais dans la construction entière du match.

de 1981 à 1996

Sa carrière

Mats Wilander au début de sa carrière
1981 : Wilander au début de sa carrière.
1981

La Suède n’attend pas

Lorsque Mats Wilander apparaît, Björn Borg n’a pas encore officiellement pris sa retraite, mais il s’éloigne déjà du circuit. La Suède semble devoir attendre avant de trouver un successeur à son champion absolu. Elle n’attendra presque pas. Vainqueur de l’Orange Bowl des moins de 16 ans en 1979, puis du tournoi juniors de Roland-Garros en 1981, Wilander dispute la même année Wimbledon chez les seniors, après être sorti des qualifications.

La comparaison avec Borg est inévitable : même nationalité, même impassibilité, même patience depuis le fond du court. Mais Wilander n’est pas sa copie. Plus tacticien que dominateur, il ne possède ni le coup droit dévastateur ni l’aura intimidante de son aîné. Son talent est ailleurs : dans sa lecture du jeu, son endurance mentale et cette capacité presque immédiate à comprendre ce qu’un match exige de lui.

Mats Wilander et Guillermo Vilas à Roland-Garros 1982
Roland-Garros 1982 : Mats Wilander remporte son premier titre du Grand Chelem.
1982

Le point rendu, le titre pris

Classé autour de la 30e place mondiale et non tête de série, Wilander arrive à Roland-Garros sans avoir encore remporté le moindre tournoi professionnel. Il élimine Ivan Lendl en cinq manches en huitième de finale, puis Vitas Gerulaitis en quart. En demi-finale, face à José Luis Clerc, une balle de l’Argentin est annoncée faute sur une balle de match. L’arbitre descend déjà de sa chaise, mais Wilander demande que le point soit rejoué. Il expliquera plus tard qu’il n’était pas certain que la protestation de Clerc fût justifiée, mais qu’il ne voulait pas être déclaré vainqueur sur une balle litigieuse. Quelques minutes plus tard, il remporte la rencontre avec la satisfaction d’une victoire incontestable.

Le geste entre dans la légende, mais il ne doit pas faire oublier l’essentiel : à 17 ans et neuf mois, Wilander bat Guillermo Vilas en finale et devient alors le plus jeune vainqueur d’un tournoi du Grand Chelem. Boris Becker abaisse ce record à Wimbledon en 1985 ; quatre ans plus tard, Michael Chang devient à son tour le plus jeune vainqueur de Roland-Garros. Wilander reste surtout le champion qui a remporté Roland-Garros dès sa première apparition dans le tableau principal senior, sans statut, sans expérience et sans demander à personne son avis.

Son titre ne ressemble pourtant pas à une anomalie. Il ne doit rien à une semaine de folie ou à une puissance précoce appelée à s’émousser. Wilander gagne déjà comme un vétéran : il accepte les longs échanges, varie les hauteurs, déplace son adversaire et attend que celui-ci lui indique lui-même comment le battre.

Mats Wilander face à Ivan Lendl à l’Open d’Australie 1983
Australie 1983 : Wilander bat McEnroe puis Lendl sur le gazon de Kooyong.
1983-1985

Plus qu’un terrien

En 1983, Wilander revient en finale à Roland-Garros après avoir notamment éliminé John McEnroe, mais Yannick Noah l’emporte en trois manches. Cette défaite pourrait enfermer le Suédois dans le rôle du grand joueur de terre battue de sa génération. Quelques mois plus tard, il détruit cette étiquette sur le gazon de Kooyong : il bat McEnroe, puis Lendl, et remporte l’Open d’Australie. Il conservera ce titre en 1984 face à Kevin Curren.

Wilander n’est donc pas seulement capable de survivre sur une surface rapide. Il sait y gagner un Grand Chelem, en utilisant un service mieux placé, un retour très sûr et un jeu de volée qu’il développe au fil des saisons. Le gazon australien est certes plus sec et plus favorable aux échanges que celui de Wimbledon, mais deux titres consécutifs ne peuvent être réduits aux particularités du terrain.

En 1985, il retrouve Lendl en finale de Roland-Garros. Le Tchécoslovaque est désormais champion en titre et semble en mesure de prendre le contrôle du tennis mondial. Wilander le bat pourtant en quatre manches et conquiert son quatrième Grand Chelem. À seulement 20 ans, il possède déjà quatre titres majeurs, et il va encore atteindre une nouvelle finale à Melbourne à la fin de l’année, cédée à son compatriote Stefan Edberg.

Ivan Lendl et Mats Wilander à Roland-Garros 1987
Après avoir remporté Roland-Garros en 1986, Lendl double la mise en 1987. Wilander s’apprête à vivre une nouvelle saison nettement dominée par son rival.
1986-1987

Lendl lui ferme la porte

La progression s’interrompt en 1986. Wilander continue de gagner sur le circuit, mais ne dispute aucune finale de Grand Chelem. Son principal succès majeur de l’année intervient en double : associé à Joakim Nyström, il remporte Wimbledon. Ce titre confirme qu’il sait servir, retourner et jouer vers l’avant, même si ces qualités demeurent moins naturelles chez lui que chez les grands attaquants de son époque.

En 1987, il revient au premier plan, mais trouve chaque fois Ivan Lendl sur sa route. À Roland-Garros, Wilander élimine notamment Noah et Becker avant de céder en finale. À l’US Open, il domine Mecir puis Edberg, mais Lendl le bat encore et conserve son titre. Le Suédois demeure l’un des meilleurs joueurs du monde ; le Tchécoslovaque, lui, en est incontestablement le maître.

Ces deux défaites donnent à la saison 1988 qui se profile des allures de revanche. Wilander ne doit plus seulement ajouter des trophées à son palmarès, mais arracher à Lendl la place que celui-ci occupe depuis trois ans.

Mats Wilander en 1988
1988 : Wilander gagne l’Open d’Australie, Roland-Garros et l’US Open.
1988

Le Petit Chelem

Wilander commence l’année par une finale éprouvante contre Pat Cash, lors de la première édition de l’Open d’Australie disputée sur les courts en dur de Flinders Park. Mené deux manches à une, il renverse l’Australien et s’impose 8-6 au cinquième set. Après ses deux victoires précédentes sur le gazon de Kooyong, il devient le seul joueur à avoir remporté le tournoi sur deux sites distincts et sur deux surfaces différentes. Il est également, après Jimmy Connors, le deuxième homme de l’ère Open à gagner des Grands Chelems sur terre battue, gazon et dur.

À Roland-Garros, personne ne parvient réellement à l’inquiéter. Henri Leconte, porté par le public français, est balayé en finale. Wilander possède désormais six Grands Chelems, mais Wimbledon reste encore hors de portée. Il y atteint les quarts de finale et s’incline contre Miloslav Mecir. Le Grand Chelem calendaire disparaît, mais pas la possibilité d’accomplir la plus grande saison de sa carrière.

À l’US Open, il retrouve Lendl pour une deuxième finale consécutive à New York et une cinquième finale de Grand Chelem entre les deux hommes. La place de numéro un mondial est directement en jeu. Pendant près de cinq heures, Wilander ne cherche pas à frapper plus fort que son adversaire : il change les rythmes, utilise davantage le slice, monte au filet et oblige Lendl à jouer chaque point jusqu’au bout. Sa victoire en cinq manches lui offre son septième Grand Chelem et met fin aux 157 semaines consécutives du Tchécoslovaque au sommet du classement.

Wilander réalise ainsi le petit Chelem, termine l’année numéro un et atteint enfin l’objectif qui guidait sa saison. Mais cette conquête ressemble davantage à un aboutissement qu’au commencement d’un règne. Il ne restera que vingt semaines au sommet. Il expliquera plus tard qu’il s’était senti le meilleur joueur du monde pendant toute l’année 1988, mais que le poids concret de l’étiquette de numéro un l’avait profondément déstabilisé.

Mats Wilander lors de ses dernières saisons
Après avoir atteint le sommet, Wilander semble moins concerné par son tennis.
1989-1996

La chute

Dès 1989, le champion paraît vidé de sa nécessité de gagner. Il atteint encore les quarts de finale à Wimbledon, mais perd son titre à l’US Open dès le deuxième tour face à Pete Sampras, encore inconnu du grand public.

Un dernier éclat survient pourtant en Australie en 1990. Wilander y élimine en trois sets Boris Becker, vainqueur des deux dernières levées du Grand Chelem, et retrouve une dernière fois les demi-finales d’un Majeur. Stefan Edberg le balaie ensuite, mais cette victoire montre que l’ancien numéro un n’avait pas entièrement disparu.

Il remporte ensuite à Itaparica le dernier titre de sa carrière. Mais il quitte le top 100 en 1991, ne joue pas sur le circuit en 1992, puis entreprend un retour irrégulier entre 1993 et 1996. En 1995, il retrouve même le top 50 et atteint les demi-finales de l’Open du Canada à Montréal, puis du tournoi de New Haven. Il ne tombe toutefois pas sur le premier venu : à Montréal comme à New Haven, il est battu par Andre Agassi, numéro un mondial depuis avril et alors référence du circuit sur dur. Son jeu est toujours là ; ce qui a disparu, c’est la continuité.

Cette fin de parcours est également marquée par un contrôle positif à la cocaïne subi avec Karel Nováček lors du double de Roland-Garros 1995. Les deux joueurs contestent la procédure et font appel. Ils retirent finalement leur recours et reçoivent en mai 1997 une suspension de trois mois, alors que Wilander a déjà quitté le circuit à la fin de la saison 1996.

Le paradoxe

Le gazon, oui ; Wimbledon, non

Mats Wilander à Wimbledon

Wimbledon est le seul tournoi du Grand Chelem que Wilander n’a jamais gagné, ni même atteint en demi-finale. Il s’arrête trois années consécutives en quarts, de 1987 à 1989, battu successivement par Pat Cash, Miloslav Mecir et John McEnroe. Cette lacune paraît immense dans le palmarès d’un champion de son rang.

Pourtant, parler d’une incapacité sur gazon serait faux. Wilander a remporté deux Open d’Australie sur cette surface et le double de Wimbledon en 1986. Il savait retourner les grands serveurs et avait suffisamment développé son jeu vers l’avant pour gagner sur herbe. Ce qui lui posait problème n’est donc pas le gazon en lui-même, mais sa difficulté à maîtriser le Wimbledon de son époque : une épreuve plus rapide, plus brutale, où les échanges se raccourcissaient et où les meilleurs volleyeurs pouvaient lui retirer une partie du contrôle tactique qu’il exerçait ailleurs.

Wilander est ainsi un grand champion sur gazon auquel manque précisément le plus grand tournoi sur gazon.

Équipe nationale

La Coupe Davis, l’autre grande œuvre

Mats Wilander et Joakim Nyström en Coupe Davis
Wilander et Nyström ont formé une paire redoutable.

Wilander n’a jamais considéré la Coupe Davis comme une compétition secondaire. Entre 1981 et 1995, il affiche un bilan de 36 victoires pour 14 défaites en simple et de sept victoires pour deux défaites en double. La Suède dispute sept finales consécutives de 1983 à 1989 et remporte le trophée en 1984, 1985 et 1987. Wilander joue un rôle majeur dans les succès contre les États-Unis de Connors en 1984, l’Allemagne de l’Ouest en 1985 et l’Inde en 1987.

Dès 1982, quelques semaines après son triomphe parisien, il dispute contre John McEnroe le décisif cinquième match de la rencontre, long de 6 h 22 et joué en cinq manches. L’Américain l’emporte finalement 8-6 au dernier set. La rencontre est alors la plus longue de l’histoire de l’épreuve ; ce record ne sera battu que plus de trente ans plus tard, en 2015, lorsque l’Argentin Leonardo Mayer domine le Brésilien João Souza en 6 h 43.

Sa fidélité à l’équipe survit même à son déclin individuel. En finale en 1989, il apporte le premier point à la Suède en battant Carl-Uwe Steeb en cinq manches, avant de s’incliner contre Boris Becker dans le match qui donne le titre à l’Allemagne de l’Ouest. Au premier tour en 1990, il bat Omar Camporese, mais perd le cinquième match décisif contre Paolo Canè.

Personnalité

Respecté plus qu’idolâtré

Mats Wilander

Wilander n’a jamais provoqué les passions que suscitaient Borg, McEnroe ou Becker. Il ne possédait ni le mystère de son illustre aîné, ni les colères de l’Américain, ni l’exubérance du jeune Allemand. Son calme n’avait rien d’une mise en scène : il gagnait sans provoquer, célébrait peu et parlait volontiers de ses limites. Même devenu numéro un, il ne se comporta jamais comme si cette place lui revenait naturellement.

Le point rendu à José Luis Clerc en 1982 a définitivement attaché son nom au fair-play. Mais Wilander n’était pas seulement un gentilhomme du tennis. Derrière cette apparente douceur se cachait un compétiteur capable d’épuiser physiquement et mentalement ses adversaires. Stefan Edberg se souvenait d’un joueur qui renvoyait tout et donnait, particulièrement sur terre battue, l’impression que l’adversaire était sans solution.

Sa personnalité se révélait peut-être davantage en Coupe Davis. Il pouvait perdre une partie de son désir lorsqu’il ne jouait que pour lui-même, mais retrouvait toute sa combativité lorsqu’il représentait la Suède. Cette fidélité à l’équipe nationale contribua à faire de lui un champion profondément respecté, même s’il ne fut jamais entouré du même culte que Borg.

Rivalités

Lutte pour la suprématie

Wilander appartient à une génération dans laquelle aucun champion ne pouvait durablement se croire à l’abri. Connors et McEnroe étaient encore présents lorsqu’il surgit ; Lendl s’installa ensuite au sommet, avant qu’Edberg et Becker ne viennent imposer leur jeu d’attaque. Wilander évoluait au milieu de joueurs aux personnalités et aux styles radicalement différents : les volleyeurs lui demandaient de passer, les frappeurs de résister, les défenseurs de prendre lui-même l’initiative.

Mats Wilander et Stefan Edberg

Stefan Edberg fut à la fois un rival et un partenaire de l’âge d’or du tennis suédois. Wilander mena de peu leurs confrontations, 11 victoires à 9, mais Edberg remporta leur seule finale en Grand Chelem, en Australie en 1985, et domina la fin de leur duel. Mats incarnait la patience et la construction depuis le fond du court ; Stefan, l’élégance et l’offensive permanente. Ensemble, ils permirent à la Suède de prolonger son âge d’or bien après le retrait de Borg.

Ivan Lendl et Mats Wilander

Ivan Lendl demeura toutefois son principal rival dans la lutte pour la suprématie mondiale. Le Tchécoslovaque domina leur confrontation par 15 victoires à 7, mais leur bilan en Grand Chelem fut beaucoup plus équilibré : 5 succès à 4 pour Lendl. Ils disputèrent cinq finales majeures l’un contre l’autre, avec 3 victoires pour Wilander : à l’Open d’Australie 1983, à Roland-Garros en 1985 et à l’US Open en 1988. Ce dernier match résume leur opposition : la puissance et la discipline de Lendl contre l’intelligence d’adaptation du Suédois.

Entourage

Jonte, le père de route

Mats Wilander avec John-Anders Sjögren

John-Anders « Jonte » Sjögren devient l’entraîneur personnel de Wilander en 1981, alors que celui-ci n’a que 16 ans. Leur collaboration durera environ dix ans et couvrira toute la grande période de sa carrière : le premier Roland-Garros, les sept titres majeurs et l’accession à la place de numéro un mondial.

Sjögren ne cherchait pas à transformer Wilander en joueur spectaculaire. Il développa ses qualités naturelles : l’endurance, la lecture du jeu, la préparation mentale et le goût de l’effort. À mesure que le tennis du Suédois évoluait, il l’accompagna également vers un service plus efficace, un slice de revers plus décisif et un jeu d’attaque suffisamment solide pour s’imposer sur gazon et sur dur.

Wilander l’a décrit comme une sorte de second père, indispensable à un adolescent passant huit mois par an loin de chez lui. À la mort de Sjögren en 2025, il affirma qu’aucune personne n’avait davantage compté dans sa propre carrière et que, sans lui, il ne serait pas devenu le même joueur. Il souligna également l’importance de son ancien entraîneur dans l’éclosion de toute la génération dorée du tennis suédois.

Palmarès

Ses 33 titres

Grand Chelem Grands tournois historiques ATP 500

Roland-Garros 1982
Båstad 1982
Genève 1982
Barcelone 1982
Monte-Carlo 1983
Lisbonne 1983
Aix-en-Provence 1983
Båstad 1983
Cincinnati 1983
Genève 1983
Barcelone 1983
Stockholm 1983
Australie 1983
Cincinnati 1984
Barcelone 1984
Australie 1984Roland-Garros 1985
Boston 1985
Båstad 1985
Bruxelles 1986
Cincinnati 1986
Bruxelles 1987
Monte-Carlo 1987Rome 1987
Boston 1987
Indianapolis 1987
Australie 1988Miami 1988Roland-Garros 1988
Cincinnati 1988
US Open 1988
Palerme 1988
Itaparica 1990
Famille

Changement de priorités

Mats et Sonya Wilander
Mats et Sonya.

La chute de Wilander après 1988 ne s’explique pas uniquement par le poids de la première place. Au même moment, sa vie personnelle prend une importance nouvelle. Il épouse Sonya en 1987 et commence à envisager de fonder une famille. Son père tombe ensuite gravement malade et meurt d’un lymphome environ un an et demi après la conquête de la place de numéro un. Dans ce contexte, le tennis cesse provisoirement de lui apparaître comme l’essentiel.

Wilander et Sonya ont eu quatre enfants : Emma, Karl, Erik et Oskar. Leur fils Erik est atteint d’épidermolyse bulleuse, une maladie génétique qui fragilise fortement la peau. La famille s’est installée dans l’Idaho, où le climat frais et sec a, selon Wilander, considérablement amélioré les conditions de vie de son fils. Le champion parle aujourd’hui d’Erik comme de son héros, admirant sa capacité à supporter la maladie et la douleur.

Cette vie familiale permet aussi de nuancer l’image d’un champion qui aurait simplement cessé de se battre après avoir atteint son objectif. Wilander a bien perdu une part de sa motivation sportive, mais ses priorités avaient également changé. Il a expliqué qu’il avait pris autant de plaisir à rejouer lorsqu’il était classé autour de la 40e place qu’à occuper le sommet mondial : la compétition n’avait pas disparu de sa vie, mais elle n’en constituait plus le centre absolu.

Après-carrière

Coach et consultant

Mats Wilander auprès de Tatiana Golovin
Mats Wilander conseille Tatiana Golovin en 2007.

Après sa carrière, Mats Wilander tente à plusieurs reprises l’expérience du coaching. Il accompagne notamment Marat Safin en 2001, Tatiana Golovin en 2007, puis Paul-Henri Mathieu en 2008 avec Patrice Hagelauer. Il intervient également beaucoup plus brièvement auprès de Madison Keys. Aucune de ces collaborations ne s’installe durablement.

Certains résultats sont encourageants : Golovin réalise une belle fin de saison 2007 et Mathieu atteint son meilleur classement mondial en 2008. Mais Wilander ne conduit aucun joueur vers un titre du Grand Chelem et ne laisse pas l’empreinte d’un entraîneur ayant profondément transformé une carrière.

Son bilan reste donc limité. Excellent analyste et conseiller ponctuel, Wilander n’a jamais véritablement construit une carrière de coach.

Mats Wilander consultant pour Eurosport

Il trouve surtout sa voie dans les médias. Consultant de longue date pour Eurosport, il analyse les rencontres comme il les disputait : en cherchant moins le geste spectaculaire que les intentions, les changements tactiques et les faiblesses invisibles de chaque joueur.

Cette seconde carrière l’a rendu plus expansif qu’il ne l’était sur les courts. Le joueur silencieux est devenu un commentateur parfois très tranché, au risque d’agacer les champions qu’il juge. Wilander assume cette franchise : il considère que son rôle consiste à dire ce qu’il voit et à défendre une certaine idée du tennis, fondée notamment sur la variété des surfaces et l’opposition des styles.

Installé dans l’Idaho, il continue également de jouer et d’enseigner plusieurs heures par semaine à des pratiquants de tous âges. Il décrit encore le simple fait de frapper une balle comme une forme de méditation. Entré à l’International Tennis Hall of Fame en 2002, il reste ainsi étroitement lié au tennis.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026