1988
Le Petit Chelem
Wilander commence l’année par une finale éprouvante contre Pat Cash, lors de la première édition de l’Open d’Australie disputée sur les courts en dur de Flinders Park. Mené deux manches à une, il renverse l’Australien et s’impose 8-6 au cinquième set. Après ses deux victoires précédentes sur le gazon de Kooyong, il devient le seul joueur à avoir remporté le tournoi sur deux sites distincts et sur deux surfaces différentes. Il est également, après Jimmy Connors, le deuxième homme de l’ère Open à gagner des Grands Chelems sur terre battue, gazon et dur.
À Roland-Garros, personne ne parvient réellement à l’inquiéter. Henri Leconte, porté par le public français, est balayé en finale. Wilander possède désormais six Grands Chelems, mais Wimbledon reste encore hors de portée. Il y atteint les quarts de finale et s’incline contre Miloslav Mecir. Le Grand Chelem calendaire disparaît, mais pas la possibilité d’accomplir la plus grande saison de sa carrière.
À l’US Open, il retrouve Lendl pour une deuxième finale consécutive à New York et une cinquième finale de Grand Chelem entre les deux hommes. La place de numéro un mondial est directement en jeu. Pendant près de cinq heures, Wilander ne cherche pas à frapper plus fort que son adversaire : il change les rythmes, utilise davantage le slice, monte au filet et oblige Lendl à jouer chaque point jusqu’au bout. Sa victoire en cinq manches lui offre son septième Grand Chelem et met fin aux 157 semaines consécutives du Tchécoslovaque au sommet du classement.
Wilander réalise ainsi le petit Chelem, termine l’année numéro un et atteint enfin l’objectif qui guidait sa saison. Mais cette conquête ressemble davantage à un aboutissement qu’au commencement d’un règne. Il ne restera que vingt semaines au sommet. Il expliquera plus tard qu’il s’était senti le meilleur joueur du monde pendant toute l’année 1988, mais que le poids concret de l’étiquette de numéro un l’avait profondément déstabilisé.