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États-Unis
droitier - revers à une main

StanSmith

Le champion derrière la chaussure
Stan Smith

Son nom est devenu mondialement célèbre, mais son tennis l’est beaucoup moins. Derrière le visage imprimé sur des millions de chaussures se cachait pourtant un immense champion, aussi redoutable au filet qu’imperturbable dans les moments les plus tendus.

2Grands Chelems
36Titres ATP
1972n°1 mondial
7Coupes Davis
Naissance 14 décembre 1946
L’essentiel

Les 2 couronnes

Formation

Le grand garçon de Pasadena (1964-1968)

Stan Smith et Bob Lutz
1968 : Stan Smith et Bob Lutz, partenaires dès leurs années de formation.

Stanley Roger Smith naît le 14 décembre 1946 à Pasadena, en Californie. Très grand et encore mal coordonné durant son adolescence, il ne ressemble pas immédiatement au futur champion au service dévastateur. Une anecdote raconte même qu’il aurait été refusé comme ramasseur de balles lors d’une rencontre de Coupe Davis, les responsables l’ayant jugé trop maladroit. Il progresse cependant rapidement grâce au solide environnement tennistique de Californie du Sud et bénéficie notamment de l’enseignement de Pancho Segura.

En 1964, il remporte à Kalamazoo le championnat des États-Unis des moins de 18 ans. Ce succès national marque son entrée parmi les meilleurs jeunes Américains et lui ouvre les portes de l’université de Californie du Sud, l’une des grandes places fortes du tennis universitaire.

À l’University of Southern California, Smith est entraîné par George Toley et devient trois fois All-American. Il se construit un jeu adapté à son impressionnante stature : un service puissant, une grande envergure au filet et une volonté constante d’écourter les échanges. En 1968, il remporte le championnat universitaire NCAA en simple.

C’est également à l’USC qu’il rencontre Bob Lutz, avec lequel il formera l’une des plus grandes équipes de double de l’ère Open.

de 1968 à 1985

Sa carrière

1968-1969

Le meilleur Américain

Stan Smith en 1968
1968 : Stan Smith au début de sa carrière.

En 1968, quelques mois après l’ouverture officielle du tennis aux professionnels, Smith remporte avec Bob Lutz l’US Open en double, premier grand titre d’une association appelée à durer plus d’une décennie. Il est également intégré à l’équipe américaine de Coupe Davis, qui reprend le Saladier d’argent à l’Australie lors de la finale disputée à Adélaïde.

Diplômé en finances de l’USC en 1969, Smith se consacre désormais au circuit professionnel. Sa progression est immédiate : il remporte plusieurs tournois et termine la saison classé n°1 américain. Sa taille, qui avait pu sembler un handicap pendant son adolescence, est devenue la base d’un jeu de service-volée particulièrement difficile à contenir.

Il conserve parallèlement une place majeure en Coupe Davis. Les États-Unis dominent de nouveau la compétition et battent la Roumanie en finale. Cette fidélité à l’équipe nationale devient bientôt l’un des grands fils conducteurs de sa carrière : Smith ne se contente pas d’appartenir aux sélections victorieuses, il apporte régulièrement le point qui conclut les rencontres.

1970

Premier maître du Masters

Stan Smith et Rod Laver au Masters 1970
Masters 1970 : Smith bat Rod Laver et devient le premier vainqueur de l'épreuve.

En 1970, Smith s’installe définitivement parmi les meilleurs joueurs du monde. Cinquième du classement par points du nouveau circuit Grand Prix, il se qualifie pour la première édition du Masters de fin d’année, organisée à Tokyo. Le tournoi envoie du lourd : il réunit six joueurs dans une poule unique, parmi lesquels Rod Laver, Ken Rosewall et Arthur Ashe.

Smith bat notamment Laver puis Rosewall. Il termine avec quatre victoires pour une défaite, à égalité avec Laver, mais remporte le tournoi grâce à son succès dans leur confrontation directe. Il devient ainsi le tout premier vainqueur de l’épreuve qui prendra plus tard le nom de Masters puis d’ATP Finals.

Le triomphe précède immédiatement un profond changement dans sa vie. Appelé sous les drapeaux en pleine guerre du Vietnam, Smith quitte Tokyo pour rejoindre l’armée américaine et commence son entraînement militaire à Fort Ord à la fin du mois de décembre. Son service militaire durera environ deux ans et demi, sans l’empêcher de poursuivre sa carrière au plus haut niveau.

1971

De la déception de Wimbledon au sacre de Forest Hills

Stan Smith, vainqueur du Queen's 1971
Queen’s 1971 : Stan Smith bat John Newcombe en finale.

La saison 1971 le rapproche d’abord du titre dont rêvent tous les grands serveurs-volleyeurs. Au Queen’s, il domine John Newcombe en finale (8-6, 6-3) et s’offre un titre de référence sur gazon avant Wimbledon. À Londres, Smith atteint ensuite sa première finale de Grand Chelem en simple. Face à Newcombe, il mène deux manches à une, mais l’Australien renverse la rencontre et s’impose 6-3, 5-7, 2-6, 6-4, 6-4.

Stan Smith et Jan Kodes à l'US Open 1971
US Open 1971 : Smith bat Jan Kodes en finale et gagne son premier titre majeur en simple.

Smith ne laisse pas cette défaite briser sa saison. À l’US Open, il élimine Marty Riessen en quart de finale, puis résiste au retour de Tom Okker en demi-finale après avoir mené deux manches à zéro. En finale, Jan Kodès remporte le premier set, mais l’Américain reprend le contrôle et gagne 3-6, 6-3, 6-2, 7-6. Il devient ainsi le premier champion de l’US Open couronné au terme d’un jeu décisif dans la finale.

Après avoir échoué de peu à Wimbledon, Smith remporte donc son premier titre majeur chez lui. Il termine également une nouvelle fois n°1 américain et contribue au quatrième succès consécutif des États-Unis en Coupe Davis.

1972

Wimbledon et la place de n°1 mondial

Stan Smith, champion de Wimbledon 1972
Wimbledon 1972 : Smith remporte le titre après sa finale contre Ilie Nastase.

Smith revient à Wimbledon en 1972 avec le statut de tête de série n°1. Le tournoi est cependant privé de plusieurs champions liés au circuit WCT, parmi lesquels Rod Laver, Ken Rosewall, John Newcombe et Arthur Ashe, interdits de participation par la Fédération internationale. Cette absence affaiblit le tableau, mais Smith doit encore battre celui qui est alors l’un des joueurs les plus brillants du monde : Ilie Nastase.

La finale oppose deux caractères et deux styles radicalement différents. Nastase multiplie les variations et les improvisations ; Smith s’appuie sur son calme, son service et sa couverture du filet. Après près de cinq manches indécises, l’Américain s’impose 4-6, 6-3, 6-3, 4-6, 7-5. Un an après sa défaite contre Newcombe, il devient enfin champion de Wimbledon.

Smith remporte neuf tournois en simple durant la saison et est reconnu comme n°1 mondial pour l’année 1972. Le classement informatique de l’ATP n’existe pas encore : ce statut repose donc sur les classements établis par les observateurs et les organismes de l’époque.

1972

Le héros de Bucarest

Stan Smith et Ilie Nastase en Coupe Davis 1972
Coupe Davis 1972, Bucarest : Smith domine Ilie Nastase lors de la finale contre la Roumanie.

Quelques mois après Wimbledon, Smith retrouve Nastase lors de la finale de la Coupe Davis disputée à Bucarest. Les États-Unis affrontent la Roumanie sur une terre battue extrêmement lente, devant un public hostile et dans une atmosphère lourde de tensions. Smith ouvre la rencontre en dominant Nastase en trois manches, malgré des conditions très éloignées de celles qui favorisent naturellement son tennis.

Associé à Erik van Dillen, il remporte ensuite le double contre Nastase et Ion Tiriac. Le lendemain, Smith affronte Tiriac dans un quatrième match décisif, marqué par les contestations et la pression du public. Il résiste pendant cinq manches et achève la rencontre par un set remporté 6-0, offrant aux États-Unis une victoire 3-2.

Pour la cinquième campagne consécutive, Smith apporte le point qui assure le titre américain. Sa réussite de Bucarest est d’autant plus remarquable qu’elle est obtenue sur la surface qui convient le moins à son jeu. Cette finale apparaît comme l’un de ses plus grands exploits.

1973

Un champion au cœur de la révolution des joueurs

Stan Smith, vainqueur à Dallas en 1973
Dallas 1973 : Smith remporte les finales WCT en battant Arthur Ashe.

Smith reste au sommet en 1973. Il remporte huit tournois en simple, dont la prestigieuse finale de Dallas qui conclut la saison WCT, où il bat Arthur Ashe en quatre manches. Ce trophée constitue son deuxième grand titre dans une compétition de prestige réunissant l’élite du circuit, après le Masters de 1970. Il confirme que Stan demeure l’un des joueurs les plus complets du circuit.

Il devrait ensuite défendre son titre à Wimbledon, où il est désigné tête de série n°1. Lorsque l’ATP décide de boycotter le tournoi pour soutenir Nikola Pilic, Smith se montre initialement réticent : il souhaite jouer et vote contre le boycott. Il se conforme néanmoins à la décision collective et renonce à défendre sa couronne, s'alignant sur la position de 80 autres joueurs.

À l’US Open, il atteint les demi-finales et retrouve Jan Kodès, qu’il avait battu en finale deux ans plus tôt. Cette fois, le Tchécoslovaque s’impose en cinq manches. Smith termine encore la saison n°1 américain, mais il ne retrouvera plus de finale majeure en simple.

1974

À un point d'une nouvelle finale à Wimbledon

Ken Rosewall et Stan Smith à Wimbledon 1974
Wimbledon 1974 : Ken Rosewall renverse Stan Smith en demi-finale.

Smith revient à Wimbledon en 1974 après deux éditions sans y avoir perdu de match : vainqueur en 1972, il avait ensuite manqué celle de 1973 en raison du boycott. En demi-finale, il mène face à Ken Rosewall deux manches à zéro et obtient même une balle de match à 6-5 dans le jeu décisif du troisième set. Le vétéran australien l’écarte, arrache la manche puis renverse complètement la rencontre pour s’imposer 6-8, 4-6, 9-8, 6-1, 6-3.

Cette défaite constitue sa dernière grande occasion de remporter un troisième tournoi du Grand Chelem en simple.

1975-1980

Le coude brise son élan

Stan Smith à l'US Open 1976
US Open 1976 : Smith poursuit sa carrière malgré la blessure au coude qui l'affaiblit.

En 1975, Smith appartient encore pour la sixième saison consécutive au Top 10 mondial, mais une blessure au coude commence à réduire l’efficacité de son service et de son coup droit. Pour un joueur dont le tennis dépend autant de la puissance de la première frappe et de la précision de la volée, cette gêne a des conséquences profondes.

Il continue à jouer et à atteindre des finales, mais ne peut plus imposer semaine après semaine le niveau qui avait été le sien entre 1970 et 1974. Smith expliquera plus tard que son coude l’avait fait chuter en 1975 et qu’il lui faudrait plusieurs années pour retrouver des sensations proches de son meilleur niveau.

Smith refuse pourtant de disparaître. Il remporte encore plusieurs tournois en simple à la fin des années 1970 et décroche son dernier titre sur le circuit principal à Francfort en 1980. Il n’est plus un prétendant régulier aux grands trophées, mais reste capable de battre des joueurs plus jeunes et de profiter de son service sur les surfaces rapides.

1981-1985

Les dernières années

Stan Smith en 1985
1985 : Stan Smith lors des dernières années de sa carrière.

Au début des années 1980, Smith n’est plus un acteur régulier des grands rendez-vous en simple. Ses apparitions sur le circuit deviennent progressivement plus rares, même s’il continue à jouer plusieurs saisons.

Il remporte encore un titre en double à Columbus en 1984 avec Sandy Mayer, cesse de jouer régulièrement la même année et effectue sa dernière apparition en simple en 1985.

Mental

Un calme presque trompeur

Stan Smith à Wimbledon

Stan Smith donne sur le court l’image d’un homme imperturbable. Victoire ou défaite, son visage reste généralement fermé, sans geste théâtral ni explosion de colère. Cette maîtrise lui vaut une réputation de gentleman, à une époque où les personnalités de Nastase, Connors ou Tanner rendent le circuit beaucoup plus démonstratif. Cette apparente froideur ne signifiait pourtant pas une absence d’émotion : Smith contrôlait simplement mieux que la plupart de ses contemporains ce qu’il laissait paraître.

Lui-même a reconnu qu’il n’était pas aussi serein intérieurement qu’il en avait l’air. Sa force consistait à passer rapidement au point suivant, sans permettre à une erreur, à une décision d’arbitrage ou à l’agitation de l’adversaire de dérégler son jeu. Cette stabilité mentale explique en partie ses remarquables performances dans les rencontres serrées et les atmosphères hostiles, notamment en Coupe Davis.

Style de jeu

Un service-volée sans fioritures

Stan Smith à Wimbledon

Avec son 1,93 mètre, Stan Smith appartient aux joueurs les plus imposants de sa génération. Son service constitue naturellement la première pierre de son jeu : puissant, lourd et suffisamment précis pour lui permettre d’avancer immédiatement vers le filet. Son objectif n’est pas de multiplier les effets spectaculaires, mais de prendre le contrôle du point dès les deux premières frappes.

Au filet, son envergure donne à l’adversaire l’impression que les angles se referment. Smith cherche à l’intimider par sa présence et par la continuité de ses montées. Sa volée de revers est particulièrement sûre, mais il possède également une bonne demi-volée et sait exécuter le difficile smash de revers.

Le réduire à un grand serveur serait néanmoins injuste. Pour un joueur de cette taille, Smith se déplace remarquablement bien, couvre beaucoup de terrain et défend avec davantage d’efficacité qu’on ne pourrait le supposer. Son triomphe en Coupe Davis sur la terre battue très lente de Bucarest montre également qu’il pouvait adapter son tennis à une surface qui ne favorisait ni son service ni ses premières volées.

Rivalité

Nastase, le rival et le contraire

Stan Smith et Ilie Nastase

Nés tous les deux en 1946, Stan Smith et Ilie Nastase semblent avoir été conçus pour s’opposer. L’Américain est grand, méthodique et impassible ; le Roumain est imprévisible, inventif et volontiers provocateur. Smith cherche à simplifier le point grâce à son service et à sa présence au filet, tandis que Nastase multiplie les variations, les changements de rythme et les coups inattendus.

Leur affrontement le plus célèbre reste évidemment la finale de Wimbledon 1972, remportée par Smith 7-5 au cinquième set. Quelques mois plus tard, Nastase prend sa revanche en finale du Masters, mais Smith le domine encore à Bucarest lors de l’ouverture de la finale de Coupe Davis, sur une terre battue très lente et devant un public entièrement acquis à la cause du Roumain. Leurs rencontres accompagnent ainsi la période où tous deux se disputent la première place mondiale.

Le contraste entre leurs caractères ne les empêche pas de bien s’entendre. Smith a expliqué qu’ils étaient amis sur le court comme en dehors et qu’il éprouvait une véritable empathie pour Nastase après l’avoir battu à Wimbledon. Leur face-à-face est d’ailleurs presque parfaitement équilibré : 11 victoires à 10 en faveur de l’Américain. En Coupe Davis, en revanche, Smith remporte leurs quatre rencontres.

Double

Bob Lutz, le partenaire d’une vie

Stan Smith et Bob Lutz en double

Stan Smith rencontre Bob Lutz à l’université de Californie du Sud. Ensemble, ils remportent le championnat universitaire de double en 1967 puis en 1968. Leur association repose sur une complémentarité presque idéale : Smith impose son service, son allonge et sa présence au filet ; Lutz se distingue par la qualité de son retour et sa vivacité.

Le duo remporte cinq titres du Grand Chelem : l’Open d’Australie en 1970, ainsi que l’US Open en 1968, 1974, 1978 et 1980. Il atteint également trois finales à Wimbledon, sans jamais parvenir à y soulever le trophée. Leurs quatre victoires communes à l’US Open, espacées sur douze années, témoignent d’une longévité exceptionnelle.

En Coupe Davis, Smith et Lutz gagnent treize de leurs quatorze doubles. Leur dernière apparition commune, en 1981, se solde encore par une victoire contre Ivan Lendl et Tomas Smid. Peu de paires ont occupé une place aussi durable à la fois sur le circuit et sous le maillot national.

Coupe Davis

La Coupe Davis comme mesure de sa grandeur

Stan Smith avec l'équipe américaine de Coupe Davis
Coupe Davis 1978 : de gauche à droite, Brian Gottfried, John McEnroe, le capitaine Tony Trabert, Stan Smith et Bob Lutz posent autour du trophée conquis face à la Grande-Bretagne.

La Coupe Davis représente bien davantage qu’une annexe au palmarès de Stan Smith. Il dispute 24 rencontres pour les États-Unis et présente un bilan de 35 victoires pour seulement 7 défaites : 15-4 en simple et 20-3 en double. À seize reprises, il apporte le point qui décide définitivement d’une rencontre, dont treize fois en double.

Smith appartient aux cinq équipes américaines victorieuses consécutivement entre 1968 et 1972, puis aux sélections championnes de 1978 et 1979. Il contribue également à la campagne de 1981 en remportant le double du quart de finale, sans participer à la finale.

Sa campagne de 1972 constitue son chef-d’œuvre. Smith remporte sept de ses huit simples et ses cinq doubles, puis apporte trois points en finale à Bucarest. Sa victoire sur Nastase, suivie du double et du succès décisif contre Tiriac, illustre parfaitement ce qui le rendait redoutable : un calme absolu en apparence, une concentration extrême et la faculté d’adapter son jeu aux circonstances les plus défavorables.

Palmarès

Ses 36 titres

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Grand Chelem Masters Grand tournoi historique

Melbourne 1969
Phoenix 1970
Stockholm 1970
Masters 1970Paris 1971
Queen's 1971
Cincinnati 1971
US Open 1971
Salisbury 1972
New York 1972
Hampton 1972
Washington 1972
Wimbledon 1972
Sacramento 1972
Los Angeles 1972Paris 1972
Stockholm 1972
Philadelphie 1973
Atlanta 1973
St. Louis 1973
Munich 1973
Bruxelles 1973
Goteborg 1973
Dallas 1973
Bastad 1973
Hempstead 1974
St. Louis 1974
Notthingham 1974
Chicago 1974
Sydney 1975
Los Angeles 1977
Atlanta 1978
Vienne 1978
Cleveland 1979
Vienne 1979
Francfort 1980
L'homme d'affaires

Une chaussure empruntée à Robert Haillet

Les Adidas Stan Smith

La chaussure qui porte son nom n’a pas été créée pour Stan Smith. Au milieu des années 1960, Adidas conçoit pour le Français Robert Haillet un modèle en cuir blanc, plus résistant et plus confortable que les chaussures en toile alors courantes. Le modèle se distingue déjà par ses trois bandes perforées et son renfort de couleur au talon.

Après la retraite de Haillet, Adidas cherche un nouveau champion pour incarner la chaussure. Stan Smith rencontre Horst Dassler en 1972, alors qu’il vient de remporter Wimbledon. Dès 1973, son visage et son nom apparaissent sur la languette, mais le modèle conserve encore pendant cinq ans la double appellation « Stan Smith-Haillet ». Ce n’est qu’en 1978 que le nom de Robert Haillet disparaît définitivement.

La chaussure cesse progressivement d’être un équipement de compétition, pour devenir un objet de mode mondial. En 1989, plus de 22 millions de paires ont déjà été vendues. Retirée temporairement du marché en 2011, elle est relancée en 2013 et connaît une nouvelle vague de popularité. Son succès finit par dépasser si largement la notoriété sportive du joueur que Smith intitule son livre de 2018 : Some People Think I’m a Shoe.

Vie privée

Un mari et un père

Stan Smith et Marjory Gengler

Stan Smith épouse en 1974 Marjory « Margie » Gengler, elle-même excellente joueuse de tennis. Étudiante à Princeton, elle avait dirigé la première équipe féminine invaincue de l’université et participé à Wimbledon. Durant les premières années de leur mariage, elle accompagne Smith sur le circuit, le couple voyageant jusqu’à quarante-cinq semaines par an.

Ils ont quatre enfants, que Margie instruit à domicile pendant une partie de leur jeunesse. La famille s’installe ensuite à Hilton Head Island, où Smith développe son académie. Le tennis reste très présent dans leur vie familiale : leurs quatre enfants ont pratiqué ce sport au niveau universitaire.

Héritage

Le champion derrière l’icône

Stan Smith, champion et icône

Stan Smith occupe une place singulière dans l’histoire du tennis. Il a été n°1 mondial, a remporté deux titres majeurs en simple, cinq en double, le premier Masters de l’histoire et sept Coupes Davis. Son calme, son service-volée et son association avec Bob Lutz suffiraient déjà à lui assurer une place parmi les grands joueurs de son époque.

Mais son nom a connu un destin que lui-même n’aurait jamais pu prévoir. Des millions de personnes portent une Stan Smith sans savoir qu’elle doit son nom à un champion de Wimbledon. La chaussure a presque effacé le joueur, tout en lui offrant une postérité culturelle qu’aucun autre tennisman n’a véritablement connue.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026