Tennis Chron'open
Nikolay Davydenko - Chron'Open
Chron'Open
Russie
droitier - revers à deux mains

NikolayDavydenko

La machine à balles
Nikolay Davydenko

À une époque où les grands titres étaient verrouillés par le Big Four, Nikolay Davydenko n'a jamais disputé de finale de Grand Chelem. Pourtant, il a su se forger un palmarès prestigieux. S'il avait été parachuté au cœur des Alpes ou des Pyrénées, il aurait sans doute atteint les sommets. Mais son époque était celle de l'Himalaya.

21Titres ATP
2006n°3 mondial
1Coupe Davis
Naissance2 juin 1981
Le frère de l'ombre

Eduard Davydenko

Nikolay Davydenko naît le 2 juin 1981 à Severodonetsk, dans l'Ukraine soviétique.

À 11 ans, il quitte ses parents pour suivre son grand frère à Volgograd, en Russie.

Loin des grandes académies et sans réputation de jeune prodige, Davydenko construit patiemment le jeu compact et exigeant qui le conduira vers le circuit professionnel en 1999.

Nikolay Davydenko accompagné par son frère Eduard

S'il est resté fidèle à une personne tout au long de sa carrière, c'est à son frère aîné Eduard. De onze ans son aîné, celui-ci lui apprend le tennis dès l'enfance, puis prend en main sa formation lorsque Nikolay vient le rejoindre à Volgograd. Quelques années plus tard, Eduard s'installe en Allemagne, où son cadet poursuit son apprentissage avant de passer professionnel.

Plus qu'un entraîneur, Eduard est le véritable architecte de sa carrière. Loin des académies prestigieuses et des coachs vedettes, il façonne un joueur à contre-courant : préparation rigoureuse, répétition incessante des gammes, déplacements économes, prise de balle précoce et refus du spectaculaire. Davydenko ne cherche jamais à impressionner ; il cherche à gagner le point suivant.

Cette stabilité explique en partie la remarquable régularité du Russe. Alors que beaucoup de joueurs changent plusieurs fois d'entraîneur au gré des résultats, Davydenko conserve le même repère pendant toute sa carrière. Leur collaboration, discrète mais d'une exceptionnelle longévité, constitue l'un des fils conducteurs de son parcours et l'une des clés de son accession au troisième rang mondial.

de 1999 à 2014

Sa carrière

Nikolay Davydenko à Roland-Garros en 2001
2001 : Nikolay fait ses premiers pas dans les tournois du Grand Chelem. Il a encore ses cheveux.
1999-2002

Une progression sans raccourci

Davydenko devient professionnel en 1999, à 18 ans. Il commence tout en bas de l'échelle, dans les tournois Futures et Challengers, loin de la lumière accordée aux grands espoirs. Sa progression est pourtant régulière : il se rapproche du Top 100 en 2001 et dispute cette année-là son premier tableau principal en Grand Chelem, à l'Open d'Australie. Issu des qualifications, il atteint le deuxième tour où il s'incline face à Patrick Rafter.

Les deux saisons suivantes confirment son installation progressive. Il remporte des Challengers, découvre plus régulièrement le circuit principal et termine 2002 aux portes du Top 50.

Il ne possède ni le service de Safin, ni la réputation de Youzhny, ni les résultats précoces de Kafelnikov. Mais son jeu compact, sa vitesse de déplacement et sa capacité à tenir une cadence élevée commencent à lui ouvrir des portes.

Davydenko ne brûle aucune étape. Il avance par accumulation : davantage de matchs, davantage de tournois et, saison après saison, quelques dizaines de places gagnées. Cette méthode laborieuse restera la marque de toute sa carrière.

Nikolay Davydenko à Adélaïde en 2003
2003 : Le Russe remporte son premier titre.
2003-2004

Les premiers trophées

Le changement intervient dès le début de 2003. À Adélaïde sur dur, Davydenko remporte son premier titre ATP. Quelques mois plus tard, à Estoril, il s'impose cette fois sur terre battue. Ces deux victoires révèlent déjà un joueur capable de réussir sur plusieurs surfaces, même si l'herbe demeurera longtemps son terrain le moins naturel.

Ses résultats ne sont pas encore réguliers dans les grands rendez-vous, mais il s'installe parmi les 50 meilleurs mondiaux. En 2004, il ajoute deux nouveaux titres à son palmarès, à Munich puis à Moscou. Cette victoire devant le public russe lui donne une première reconnaissance nationale, dans un tennis encore largement dominé, côté russe, par les figures plus spectaculaires de Safin et Kafelnikov.

À la fin de la saison, Davydenko n'est plus seulement un joueur de tournois secondaires. Il a remporté quatre titres sur le circuit principal et s'est rapproché du Top 20. Il lui manque encore une performance forte en Grand Chelem pour changer véritablement de catégorie.

Nikolay Davydenko à Roland-Garros 2005
Roland-Garros 2005 : Davydenko atteint sa première demi-finale en Grand Chelem.
2005

À une victoire de la finale

À l'Open d'Australie 2005, Davydenko atteint pour la première fois les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem. Il confirme quelques mois plus tard à Roland-Garros, où son jeu de jambes et sa précision depuis le fond du court s'accordent parfaitement avec la terre battue parisienne.

Après avoir notamment éliminé Guillermo Cañas et Tommy Robredo, il affronte Mariano Puerta en demi-finale. L'occasion paraît immense. Dans l'autre moitié du tableau, Rafael Nadal vient de battre Roger Federer, mais Davydenko peut encore s'offrir sa première finale majeure. Il mène deux manches à une avant de céder au terme de cinq sets. Puerta sera ensuite battu par Nadal, puis suspendu pour dopage quelques mois plus tard.

Cette défaite restera sans doute le plus grand regret de la carrière du Russe. Davydenko retrouvera trois fois le dernier carré d'un Grand Chelem, mais il n'y sera jamais aussi proche de la finale.

La saison marque malgré tout son entrée parmi les meilleurs. Il intègre le Top 10, se qualifie pour la première fois au Masters et termine l'année au cinquième rang mondial. À 24 ans, l'obscur stakhanoviste est devenu l'un des principaux acteurs du circuit.

Nikolay Davydenko à Paris-Bercy 2006
Paris-Bercy 2006 : Davydenko remporte son premier Masters Series.
2006

Le troisième homme

Davydenko confirme immédiatement. Toujours aussi actif, il dispute près de trente tournois au cours de la saison et accumule les victoires sur toutes les surfaces. À l'Open d'Australie, il retrouve les quarts de finale. À Roland-Garros, il atteint de nouveau la deuxième semaine, puis se qualifie pour sa première demi-finale à l'US Open, où Roger Federer l'arrête en trois manches.

Son année prend une autre dimension à Paris-Bercy. Davydenko y domine successivement plusieurs membres du Top 20, puis bat Dominik Hrbatý en finale pour remporter le premier Masters Series de sa carrière. Pour la première fois, il ne se contente plus de la régularité : il repart avec l'un des principaux titres de la saison.

Le 6 novembre, il atteint la troisième place mondiale, derrière Federer et Nadal. Cette position résume assez bien son statut. Il reste très loin des deux hommes qui dominent alors le classement, mais il devance tous les autres. À une époque où Safin décline et où Djokovic et Murray n'ont pas encore atteint leur pleine puissance, Davydenko devient momentanément le troisième homme du tennis mondial.

Il participe également à la victoire de la Russie en Coupe Davis. Peu utilisé lors de la finale contre l'Argentine, il a néanmoins contribué au parcours de son équipe pendant la campagne. Il achève la saison avec cinq titres et le meilleur classement de sa carrière. Son tennis n'a rien de flamboyant, mais son efficacité est devenue impossible à ignorer.

Nikolay Davydenko face à Roger Federer à Roland-Garros en 2007
2007 : Une fois dans le dernier carré, ça coince face à Federer, comme ici à Roland-Garros. Ce sera le refrain de sa carrière en Grand Chelem.
2007

Federer lui ferme encore la porte

Davydenko ne remporte qu'un titre en 2007, à Moscou, mais réalise paradoxalement sa saison la plus régulière dans les tournois du Grand Chelem. Il atteint les quarts de finale en Australie, puis les demi-finales à Roland-Garros et à l'US Open.

À Paris comme à New York, Roger Federer se trouve sur son chemin. Le scénario devient familier : Davydenko parvient à traverser les premières semaines grâce à sa constance, mais le Maestro lui refuse l'accès à la finale.

À Roland-Garros, le score en trois sets masque d'ailleurs une rencontre longtemps accrochée. Davydenko sert pour le premier set, puis mène dans le deuxième, sans parvenir à conclure. Federer possède davantage de solutions dans les moments décisifs. C'est peut-être là que se situe la différence entre eux : le Russe peut soutenir son rythme pendant des heures, mais il lui manque souvent l'autorité nécessaire pour refermer les grandes rencontres.

Sa saison est également assombrie par l'affaire de Sopot. Opposé à Martín Vassallo Argüello, Davydenko abandonne au troisième set en raison d'une blessure au pied. Des volumes de paris anormalement élevés, notamment sur une défaite du favori russe, entraînent l'annulation des mises et l'ouverture d'une enquête. L'ATP étudie pendant plus d'un an ses communications et celles de son entourage, sans trouver de preuve permettant de l'accuser. Davydenko est finalement blanchi en septembre 2008.

L'absence de sanction ne suffit pourtant pas à effacer le soupçon. Pendant des mois, chaque défaite inhabituelle et chaque abandon nourrissent les commentaires. Pour un joueur déjà peu médiatique, l'affaire crée une réputation dont il aura du mal à se débarrasser, alors même qu'aucune faute n'a été établie.

Nikolay Davydenko face à Rafael Nadal à Miami en 2008
Miami 2008 : Davydenko domine Rafael Nadal en finale.
2008

De Miami à la finale du Masters

Davydenko remporte au printemps le plus grand titre de sa carrière jusque-là. Au Masters Series de Miami, il bat Andy Roddick en demi-finale, puis Rafael Nadal en finale. L'Espagnol, pourtant en pleine ascension vers la première place mondiale, ne trouve aucune réponse à la prise de balle précoce du Russe et s'incline 6-4, 6-2.

Cette victoire révèle au grand public une particularité que leurs rencontres suivantes confirmeront : sur surface dure, le jeu de Davydenko gêne considérablement Nadal. En jouant près de sa ligne, en frappant tôt et en changeant rapidement de direction, le Russe lui retire le temps nécessaire pour installer son lift et sa défense. Il n'est ni plus puissant ni plus endurant que l'Espagnol, mais il sait exactement comment l'empêcher de prendre le contrôle des échanges.

Davydenko remporte encore deux titres au cours de l'année et se qualifie pour le Masters de Shanghai. Après avoir franchi la phase de groupes, il bat Andy Murray en demi-finale et atteint la finale. Novak Djokovic, déjà vainqueur de leur première rencontre dans le tournoi, le domine de nouveau en deux sets.

Cette défaite l'empêche encore de repartir avec le trophée le plus important. Mais en atteignant la finale du Masters après avoir gagné Miami, Davydenko prouve qu'il est désormais capable de survivre à un tableau composé presque uniquement de joueurs du Top 10.

Nikolay Davydenko au Masters 2009
ATP Finals 2009 : Davydenko bat Nadal, Federer puis Del Potro et remporte le titre.
2009

Son tournoi des maîtres

Le début de saison 2009 est compromis par une blessure au talon gauche. Davydenko manque notamment l'Open d'Australie et sort du Top 10. Lorsqu'il revient, son classement recule et ses premiers résultats restent hésitants. À 28 ans, dans un circuit où Federer et Nadal sont rejoints par Djokovic, Murray et Del Potro, le Russe semble avoir laissé passer son occasion.

Il retrouve pourtant son meilleur niveau au cours de l'été. Il remporte Hambourg, puis un nouveau titre à Umag. À l'automne, il gagne le tournoi de Kuala Lumpur avant de réaliser une semaine exceptionnelle au Masters 1000 de Shanghai. En demi-finale, il bat Djokovic au terme de trois sets ; en finale, il domine Nadal pour décrocher son troisième Masters 1000.

Davydenko arrive ainsi lancé aux ATP Finals de Londres, organisés pour la première fois à l'O2 Arena. Battu d'entrée par Djokovic, il se reprend en dominant Nadal puis Robin Söderling. Qualifié pour les demi-finales, il y retrouve Federer, contre lequel il a perdu leurs douze premières confrontations.

Cette fois, Davydenko ne laisse pas passer sa chance. Il s'impose 7-5 dans le troisième set et bat enfin le joueur qui lui avait si souvent fermé la route en Grand Chelem. Le lendemain, il domine Juan Martín del Potro, récent vainqueur de l'US Open, 6-3, 6-4. Après avoir battu Nadal, Söderling, Federer et Del Potro, il remporte le titre le plus prestigieux de sa carrière.

Ce succès au Masters ne répare pas complètement l'absence de finale en Grand Chelem, mais il interdit de réduire Davydenko à un simple joueur régulier. Pendant cette semaine londonienne, face aux meilleurs joueurs disponibles, il est bien le maître.

Nikolay Davydenko face à Roger Federer en Australie 2010
Open d'Australie 2010 : Davydenko mène Federer avant de céder en quatre manches.
2010

Un élan brutalement interrompu

La dynamique se poursuit dès janvier 2010 à Doha. Davydenko élimine Federer en demi-finale, puis affronte Nadal. Après avoir perdu le premier set 6-0, il sauve deux balles de match et renverse l'Espagnol. En l'espace de quelques semaines, il vient de battre deux fois Federer et deux fois Nadal.

À l'Open d'Australie, il arrive donc parmi les principaux favoris. Après quatre victoires convaincantes, il retrouve Federer en quart de finale. Davydenko mène 6-2, 3-1 et paraît enfin capable de battre le Suisse en Grand Chelem. Mais le match bascule brutalement : Federer remporte treize jeux consécutifs, puis s'impose en quatre manches.

Cette défaite ne constitue pas encore la fin de son élan. À Rotterdam, puis à Indian Wells, Davydenko ressent toutefois une douleur au poignet gauche. Les examens révèlent une fracture qui l'éloigne du circuit pendant plusieurs mois. Lorsqu'il revient, il ne retrouve plus la même précision ni la même confiance.

Il remporte toutefois le tournoi à Doha en début de saison. Sa blessure intervient au pire moment : Davydenko venait peut-être d'atteindre le niveau le plus élevé de sa carrière. Entre Shanghai 2009 et l'Open d'Australie 2010, il avait enfin appris à battre régulièrement les géants. Son corps ne lui laisse pas le temps d'en profiter.

Nikolay Davydenko à Munich en 2011
2011 : Sa victoire à Munich lui permettra de repartir avec une belle Allemande ! Ce sera son dernier titre.
2011-2014

La machine se dérègle

Davydenko tente de repartir en 2011, mais son tennis dépend trop de la vitesse d'exécution pour supporter une baisse physique. Il doit jouer près de la ligne, se placer parfaitement et prendre la balle tôt. Dès qu'un léger retard apparaît dans ses déplacements, le jeu qui semblait autrefois si fluide devient beaucoup plus fragile.

Il connaît encore un dernier sursaut à Munich, où il remporte en mai 2011 le 21e titre de sa carrière. Cette victoire ne débouche cependant pas sur un véritable retour. Son classement continue de reculer et les défaites précoces deviennent plus fréquentes. Il atteint encore quelques finales, notamment à Doha en 2013, sans parvenir à soulever un nouveau trophée.

Les blessures au poignet, à la hanche et au dos compliquent ses dernières saisons. Davydenko dispute son ultime match officiel à Roland-Garros en 2014, où il s'incline au premier tour contre Robin Haase. En octobre, à Moscou, il annonce sa retraite.

Il quitte le circuit avec 21 titres, trois Masters 1000, un Masters, quatre demi-finales de Grand Chelem et une meilleure place de n°3 mondial. Son palmarès paraît considérable jusqu'à ce que l'on remarque ce qui lui manque : aucune finale majeure. Cette absence l'éloigne probablement du Hall of Fame, mais elle contribue aussi à sa singularité. Peu de joueurs ont remporté autant, battu aussi souvent les meilleurs et joué aussi longtemps au sommet sans jamais parvenir au dernier dimanche d'un Grand Chelem.

Une place à part

Le paradoxe Davydenko

Nikolay Davydenko au sommet de sa carrière
ATP Finals 2009 : le plus grand titre de sa carrière.

Sur le papier, le palmarès de Nikolay Davydenko est celui d'un immense champion. Pourtant, son nom est rarement cité parmi les grands joueurs des années 2000.

L'explication tient d'abord à son époque. Davydenko évolue en plein règne du « Big Four », dominé par Federer, Nadal, Djokovic et Murray. Sans le charisme d'un showman, sans le service d'un géant ni la puissance d'un cogneur, il construit ses succès dans une relative discrétion. Son tennis d'anticipation, d'angles et de cadence impressionne les connaisseurs davantage que le grand public.

Mais il lui manque aussi ce qui change souvent le regard porté sur une carrière : une finale de Grand Chelem. Battu quatre fois en demi-finale, il n'a jamais eu l'occasion de jouer un titre majeur.

Avec le recul, Davydenko apparaît comme l'un des plus grands joueurs de l'ère Open à n'avoir jamais disputé une finale de Grand Chelem. Un paradoxe qui résume parfaitement sa carrière : celle d'un champion d'exception dont les performances ont souvent été plus fortes que la notoriété.

Identité tennistique

Un métronome au fond du court

Nikolay Davydenko en fond de court

Chez Davydenko, rien n'est spectaculaire au premier regard. Pas de service foudroyant, pas de coup droit dévastateur, pas de plongeons ni de démonstrations. Pourtant, rares sont les joueurs qui ont su imposer un rythme aussi étouffant. Sa marque de fabrique est la prise de balle précoce : il frappe presque toujours en montée, réduisant le temps de réaction de son adversaire.

Cette capacité d'anticipation lui permet d'enchaîner les frappes des deux côtés avec une étonnante régularité. Son revers à deux mains, particulièrement à plat, ouvre des angles improbables, tandis que son coup droit, compact et rapide, ne cherche pas le coup gagnant immédiat mais l'usure progressive de l'adversaire. Point après point, Davydenko donne l'impression de jouer plus vite que les autres.

Ce style exige une précision extrême. Le moindre retard, la moindre baisse physique ou technique suffit à dérégler la mécanique. C'est aussi ce qui explique son déclin rapide après ses blessures : son tennis reposait moins sur la puissance que sur le timing. Lorsqu'il perd quelques dixièmes de seconde, c'est toute son efficacité qui s'évapore. Peu de joueurs auront incarné à ce point l'idée qu'au tennis, le temps est parfois plus précieux que la force.

Face aux géants

Le cauchemar de Nadal, l'énigme Federer

Nikolay Davydenko face à Rafael Nadal

Les chiffres racontent une histoire paradoxale. Face à Roger Federer, Davydenko ne remporte que deux de leurs vingt-et-une confrontations. Pendant des années, le Suisse semble posséder la solution à son tennis : il absorbe le rythme, varie davantage les trajectoires et profite de la moindre balle plus courte pour prendre l'initiative. Trois fois, Federer lui ferme la porte d'une première finale en Grand Chelem.

Contre Rafael Nadal, en revanche, le rapport de force est tout autre, surtout sur dur. La prise de balle extrêmement précoce de Davydenko prive souvent l'Espagnol du temps nécessaire pour installer son lift. Au lieu de subir l'effet, le Russe frappe la balle avant qu'elle ne monte, accélère sans relâche et oblige Nadal à défendre bien plus qu'à son habitude.

Le contraste est saisissant. Le joueur incapable de résoudre l'équation Federer devient l'un des rares à inquiéter régulièrement Nadal sur surface rapide.

Controverse

L'affaire Sopot

Nikolay Davydenko à Sopot en 2007
Sopot 2007 : l'enquête ouverte après son abandon se conclut sans preuve contre lui.

En août 2007, le tournoi de Sopot propulse Davydenko malgré lui au cœur de l'une des premières grandes affaires de paris sportifs du tennis. Opposé à l'Argentin Martín Vassallo Argüello, il abandonne au troisième set alors que des mises inhabituellement élevées ont été enregistrées sur la victoire de son modeste adversaire

L'ATP ouvre une enquête qui durera plus d'un an. Les paris sont minutieusement analysés, les protagonistes entendus et les circonstances de la rencontre passées au crible. Mais aucune preuve de manipulation n'est découverte. En septembre 2008, Davydenko est officiellement blanchi, tout comme son adversaire.

Cette affaire n'en laisse pas moins une trace durable. Dans l'opinion publique, le soupçon survit souvent plus longtemps que les conclusions d'une enquête. Pour Davydenko, dont la personnalité discrète ne favorisait déjà guère la médiatisation, cet épisode éclipse parfois une carrière qui mérite pourtant d'être jugée avant tout à l'aune de ses performances sportives.

Postérité

Le sous-estimé

Nikolay Davydenko au Masters 2009

Son nom reste associé à une statistique singulière : celle de l'un des plus grands joueurs de l'ère Open à n'avoir jamais disputé une finale de Grand Chelem.

Troisième mondial, vainqueur du Masters et de trois Masters 1000, il a démontré qu'il pouvait battre n'importe qui lorsque sa mécanique était parfaitement huilée.

Il n'a jamais régné sur le tennis mondial, mais il a marqué son époque à sa manière : sans bruit, sans artifices, avec une précision presque clinique. Et c'est peut-être cette discrétion qui explique qu'aujourd'hui encore, Nikolay Davydenko demeure l'un des champions les plus sous-estimés de sa génération.

Palmarès

Ses 21 titres

MastersMasters 1000ATP 500

Adélaïde 2003
Estoril 2003
Munich 2004
Moscou 2004
Sankt-Pölten 2005
Pörtschach 2006
Sopot 2006
New Haven 2006
Moscou 2006
Bercy 2006
Moscou 2007
Miami 2008
Pörtschach 2008
Varsovie 2008
Hambourg 2009
Umag 2009
Kuala Lumpur 2009
Shanghai 2009 Masters 2009
Doha 2010
Munich 2011
Famille

Vie privée

En 2006, Nikolay Davydenko épouse Irina, ancienne mannequin. Le couple a une fille, Ekaterina.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026