Tennis Chron'open
Thomas Johansson - Chron'Open
Chron'Open
Suède
droitier - revers à deux mains

ThomasJohansson

Le champion discret
Thomas Johansson

Dans l'ombre des immenses champions suédois, Thomas Johansson n'a jamais eu l'aura d'un Borg, d'un Wilander ou d'un Edberg. Pourtant, à force de constance, de travail et de sang-froid, il a su saisir l'occasion de sa vie et inscrire son nom au palmarès des tournois du Grand Chelem. Longtemps considéré comme un vainqueur surprise, il a pourtant démontré que son succès ne devait rien au hasard. Son parcours raconte l'histoire d'un champion discret, capable de revenir au plus haut niveau après une grave blessure et de prolonger, à sa manière, la grande ambition du tennis suédois.

1Grand Chelem
9Titres ATP
2002n°7 mondial
1Coupe Davis
Naissance 24 mars 1975
L?essentiel

La couronne

Les années de formation

Dans le sillage des géants

Linköping, ville natale de Thomas Johansson

Né à Linköping en 1975, Thomas Johansson découvre le tennis à 5 ans auprès de son père, Krister. Très vite, il se distingue parmi les jeunes Suédois : en 1989, il devient champion d’Europe des moins de 14 ans en simple et remporte également le double aux côtés de Magnus Norman. Deux ans plus tard, malgré une blessure au coude droit, il atteint encore la finale de l’Orange Bowl des moins de 16 ans. En 1993, il termine la saison au 10e rang mondial chez les juniors.

Johansson grandit dans un pays qui vient de connaître une extraordinaire succession de champions. Après Björn Borg, Mats Wilander et Stefan Edberg, la Suède dispose encore, au début des années 1990, d’une génération particulièrement dense, emmenée notamment par Thomas Enqvist, Magnus Norman et Jonas Björkman. Son modèle est Wilander, mais son tennis se construit davantage pour les surfaces rapides : un jeu direct, compact, fondé sur la qualité de la première frappe et sur une prise de balle précoce.

Passé professionnel en 1994, Johansson ne possède ni l’aura de ses illustres devanciers ni une arme immédiatement spectaculaire. Il avance sans fracas, au sein d’une génération suédoise si fournie qu’il n’en est d’abord qu’un représentant parmi d’autres.

de 1994 à 2009

Sa carrière

Thomas Johansson à l'US Open 1998
US Open 1998 : Thomas Johansson après sa victoire sur Ievgueni Kafelnikov.
1994-1998

Les premiers trophées

Thomas Johansson entre dans le Top 100 en 1996, après plusieurs saisons d’apprentissage sur les circuits secondaires. Cette année-là, il se fait aussi connaître du public français en battant sèchement Henri Leconte au premier tour de Roland-Garros, 6-1, 6-1, 6-4. Ce match restera le dernier disputé par l’ancien finaliste du tournoi parisien dans une épreuve du Grand Chelem.

Johansson franchit un nouveau cap en 1997. En mars, il remporte à Copenhague le premier titre de sa carrière en dominant Martin Damm en finale. Une semaine plus tard, il enchaîne à Saint-Pétersbourg face à Renzo Furlan. En l’espace de quinze jours, le jeune Suédois passe du statut d’espoir prometteur à celui de joueur capable de s’imposer régulièrement sur le grand circuit.

Ces deux succès révèlent déjà l’une des caractéristiques de sa carrière : Johansson sait conclure lorsqu’une occasion se présente. Solide au service, précis dans ses frappes et rarement débordé par l’enjeu, il ne possède pas encore la renommée des meilleurs Suédois de sa génération, mais commence à construire un palmarès avec une efficacité remarquable.

En 1998, le Suédois poursuit sa progression. Finaliste à Rotterdam et à Stockholm, quart de finaliste de l'US Open et membre de l'équipe de Suède victorieuse de la Coupe Davis, il s'affirme comme l'un des joueurs les plus réguliers de sa génération. À 23 ans, Thomas Johansson n'est plus un espoir prometteur : il est devenu un prétendant crédible aux grands rendez-vous du circuit.

Thomas Johansson avec le trophée du Masters du Canada 1999
Montréal 1999 : Thomas Johansson remporte le Masters du Canada.
1999

Montréal 1999 : le déclic

En août 1999, Thomas Johansson remporte à Montréal le premier grand titre de sa carrière. Tête de série n° 11, le Suédois traverse le tableau sans rencontrer de joueur du Top 10 avant la finale, mais saisit pleinement l’occasion qui lui est offerte. Pour son premier rendez-vous à ce niveau, il se retrouve face à Ievgueni Kafelnikov, alors n° 4 mondial et déjà vainqueur de deux titres du Grand Chelem.

Johansson semble d’abord dépassé et abandonne la première manche 6-1. Il renverse pourtant la rencontre en imposant progressivement son rythme depuis la ligne de fond. Plus solide et plus précis, il remporte les deux sets suivants 6-3, 6-3 et décroche son premier Masters Series, le troisième titre de sa carrière.

Montréal constitue davantage qu’un simple coup d’éclat. Johansson avait déjà disputé deux finales en 1998, à Rotterdam puis à Stockholm, mais il lui manquait encore une victoire capable de modifier son statut.

Thomas Johansson avec le trophée de Nottingham 2001
Nottingham 2001 : Thomas Johansson remporte son deuxième titre consécutif sur gazon.
2000-2001

Aux portes du sommet

Après son triomphe à Montréal, Thomas Johansson confirme qu'il appartient désormais au cercle des meilleurs joueurs du monde. En 2000, il remporte le tournoi de Stockholm, l'un des rendez-vous les plus prestigieux de la saison en salle, en dominant le Russe Marat Safin en finale. Ce succès, acquis devant son public, confirme que son titre canadien n'était pas un simple coup d'éclat.

L'année 2001 marque une nouvelle progression. Johansson s'impose successivement à Halle puis à Nottingham, deux tournois majeurs de préparation à Wimbledon. Son jeu, fondé sur un excellent service et une prise de balle précoce, s'épanouit particulièrement sur gazon. À l'US Open, il atteint pour la première fois les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem, où il est éliminé par Lleyton Hewitt, futur vainqueur de l'épreuve.

Les résultats parlent d'eux-mêmes : un Masters Series, plusieurs titres ATP, un quart de finale en Grand Chelem et une place parmi les meilleurs mondiaux.

Thomas Johansson face à Marat Safin à l'Open d'Australie 2002
Open d'Australie 2002 : Thomas Johansson domine Marat Safin en finale.
2002

Le coup parfait

Lorsque débute l'Open d'Australie 2002, Thomas Johansson arrive en pleine confiance après deux saisons particulièrement solides. Sans faire partie des favoris annoncés, le Suédois sait qu'il possède désormais les armes pour rivaliser avec les meilleurs.

À Melbourne, tout s'enchaîne parfaitement. Après avoir écarté Jonas Björkman en quart de finale puis Jiří Novák en demi-finale, il retrouve Marat Safin en finale. Le Russe remporte le premier set, mais Johansson ne se désunit pas. Plus régulier, plus patient et plus précis dans les moments décisifs, il renverse la rencontre pour s'imposer 3-6, 6-4, 6-4, 7-6. À 26 ans, il décroche le seul titre du Grand Chelem de sa carrière.

Ce 27 janvier 2002 restera comme le sommet de sa carrière. En l'espace de deux semaines, Thomas Johansson inscrit son nom au palmarès de l'Open d'Australie et devient le dernier Suédois à remporter un tournoi du Grand Chelem en simple.

Thomas Johansson en 2002
2002 : quelques mois après son sacre australien, une grave blessure au genou interrompt sa saison.
2002-2003

Le genou brisé

Quelques mois seulement après le plus grand exploit de sa carrière, Thomas Johansson voit son élan brutalement interrompu. Au printemps 2002, une grave blessure au genou gauche l'oblige à renoncer à Roland-Garros, Wimbledon puis à l'US Open. L'opération est inévitable et la convalescence s'annonce longue.

Pendant près d'une année, le champion de l'Australie disparaît pratiquement du circuit. Contraint de repartir de zéro, il doit retrouver sa condition physique, son rythme de compétition et la confiance indispensable au plus haut niveau. Beaucoup imaginent alors que son unique titre du Grand Chelem restera un feu de paille.

Johansson refuse pourtant cette fatalité. Patient et méthodique, il reconstruit progressivement son jeu. Ce travail de longue haleine prépare un retour que peu d'observateurs avaient anticipé. Car le Suédois n'a pas encore dit son dernier mot.

Andy Roddick et Thomas Johansson à Wimbledon 2005
Wimbledon 2005 : Thomas Johansson s'incline face à Andy Roddick en demi-finale.
2004-2009

Le retour inattendu

Le retour de Thomas Johansson est progressif, mais il dépasse bientôt toutes les attentes. Dès 2004, il retrouve le Top 20 mondial et renoue avec les titres. Son tennis n'a rien perdu de sa qualité : toujours aussi propre dans la frappe, il s'appuie sur un excellent timing, un service efficace et une grande intelligence tactique.

L'année 2005 marque l'apogée de cette seconde carrière. À Wimbledon, Johansson réalise le meilleur parcours de sa vie sur le gazon londonien. Il élimine notamment Andre Agassi en huitièmes de finale avant de rallier les demi-finales du tournoi. Il faut un Andy Roddick des grands jours pour mettre fin à son parcours. Cette performance du Suédois lui permet de retrouver le Top 10 mondial, plus de trois ans après son sacre à Melbourne.

Ce retour au plus haut niveau donne une autre dimension à sa carrière. Thomas Johansson prouve qu'après une blessure majeure, il est capable de redevenir l'un des meilleurs joueurs du monde. Peu de vainqueurs inattendus d'un Grand Chelem ont su confirmer avec une telle résilience.

Thomas Johansson dispute son dernier match sur le circuit ATP en 2009.

Identité tennistique

Un tennis tout en cadence

Thomas Johansson en revers
Wimbledon 2005 : un jeu de prise de balle précoce particulièrement efficace sur gazon.

Thomas Johansson ne possède ni la puissance brute des grands serveurs, ni le génie créatif des virtuoses du circuit. Son efficacité repose sur un équilibre remarquable entre toutes les composantes de son jeu. Doté d'un excellent service et d'un revers à deux mains très fiable, il aime prendre la balle tôt pour priver son adversaire de temps et imposer un rythme soutenu.

Joueur d'attaque dans l'âme, il cherche volontiers à écourter les échanges sans pour autant se précipiter. Sa technique épurée lui permet d'être performant sur toutes les surfaces. S'il obtient ses plus grands succès sur dur, il s'adapte également très bien au gazon, comme en témoigne sa demi-finale à Wimbledon en 2005.

À une époque dominée par les frappeurs de fond de court, Johansson se distingue par la fluidité de son jeu et la qualité de son placement. Sans jamais faire beaucoup de bruit, il bâtit une carrière solide grâce à une remarquable constance technique et à une grande justesse dans ses choix tactiques.

Patriotisme

La Suède jusqu'au bout

Thomas Johansson et l'équipe de Suède victorieuse en Coupe Davis 1998
Coupe Davis 1998 : Thomas Johansson et l'équipe de Suède autour du Saladier d'argent.

Thomas Johansson connaît très tôt la réussite sous les couleurs de son pays. En 1998, pour sa première saison en Coupe Davis, il participe à la campagne qui conduit la Suède vers le septième Saladier d’argent de son histoire. Il remporte notamment un simple important face à Carlos Moyà lors de la demi-finale gagnée contre l’Espagne. Même s’il n’est pas aligné lors de la finale contre l’Italie, il appartient pleinement à l’équipe suédoise victorieuse et compte donc la Coupe Davis parmi les grands titres de sa carrière.

Johansson continue ensuite à défendre régulièrement son pays pendant plus d’une décennie. Il dispute 16 rencontres de Coupe Davis et présente un bilan positif en simple, devenant l’un des joueurs les plus constants de la sélection suédoise après la disparition progressive de la grande génération des années 1980 et 1990.

Cette fidélité trouve son prolongement aux Jeux olympiques de Pékin en 2008. Associé à Simon Aspelin, Johansson atteint la finale du double masculin. Les deux Suédois s’inclinent face aux Suisses Roger Federer et Stan Wawrinka et repartent avec la médaille d’argent. Cette dernière grande récompense complète un palmarès comprenant désormais un titre du Grand Chelem, une Coupe Davis et une médaille olympique.

Thomas Johansson avec sa médaille d'argent aux Jeux olympiques de Pékin 2008
Jeux olympiques de Pékin 2008 : Thomas Johansson remporte la médaille d'argent en double avec Simon Aspelin.
Palmarès

Ses 9 titres

Grand Chelem Masters 1000 ATP 500

Copenhague 1997
Saint-Pétersbourg 1997
Montréal 1999
Stockholm 2000
Halle 2001
Nottingham 2001
Australie 2002
Stockholm 2004
Saint-Pétersbourg 2005
Après-carrière

Coaching

Thomas Johansson à l'entraînement avec David Goffin
Thomas Johansson aux côtés de David Goffin.

Après avoir mis un terme à sa carrière de joueur, Thomas Johansson reste naturellement dans le monde du tennis en se tournant vers l'entraînement. Fort de son expérience au plus haut niveau, il accompagne plusieurs joueurs du circuit ATP, avec une approche discrète et pragmatique, à l'image de ce qu'il était sur les courts.

Il travaille notamment avec David Goffin, dont il contribue à accompagner la progression, puis rejoint l'équipe de Kei Nishikori. Son rôle est moins celui d'un technicien révolutionnaire que d'un ancien champion capable d'apporter son vécu, son calme et sa connaissance des grands rendez-vous.

Sans rechercher la lumière, Johansson poursuit ainsi une carrière au service du tennis. Comme joueur puis comme entraîneur, il aura incarné la même qualité : l'efficacité sans tapage, celle qui s'exprime davantage dans les résultats que dans les déclarations.

Famille

Vie privée

Thomas Johansson et Gisela Kaltenecker
Thomas Johansson et Gisela Kaltenecker, mariés depuis 2005 et parents de deux enfants.
En chiffres

Opportuniste

Thomas Johansson avec le trophée de l'Open d'Australie 2002
Open d'Australie 2002 : le plus grand rendez-vous de sa carrière, conclu par une victoire.

Il s’est montré particulièrement efficace lorsqu’il atteignait une finale : sur 14 finales disputées en simple sur le circuit ATP, il en a remporté 9. Ce bilan comprend ses deux plus grands rendez-vous, Montréal en 1999 et l’Open d’Australie en 2002, tous deux conclus par une victoire.

Dernier Suédois à avoir remporté un tournoi du Grand Chelem en simple, Thomas Johansson n’a peut-être pas régné aussi longtemps que ses prestigieux aînés. Mais il a su exploiter presque parfaitement les occasions que sa carrière lui a offertes.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026