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Feliciano Lopez | Chron'Open
Chron'Open
Espagne
gaucher - revers à une main

FelicianoLopez

L'Espagnol à contre-courant
Feliciano Lopez

Dans le tennis espagnol des années 2000, Feliciano Lopez a toujours fait figure d'exception. Gaucher, serveur-volleyeur, doté d'un revers à une main et d'un goût prononcé pour le gazon, il s'est construit à rebours de l'école qui l'avait formé. Et s'il n'est jamais entré dans le Top 10, il a fini par devenir l'un des visages les plus familiers du circuit.

7Titres ATP
2015n°12 mondial
4Coupes Davis
Naissance 20 septembre 1981
Identité tennistique

Style de jeu : un Espagnol pas comme les autres

Feliciano Lopez au service à Wimbledon en 2005
Wimbledon 2005 : un puissant service de gaucher, souvent suivi au filet.

Feliciano Lopez est un produit du tennis espagnol, mais son jeu en possède peu des caractéristiques traditionnelles. Là où plusieurs générations de ses compatriotes ont bâti leur réussite sur la terre battue, le lift et la patience du fond du court, Lopez s'est naturellement orienté vers l'attaque. Son service de gaucher, puissant et très travaillé, lui permettait d'ouvrir immédiatement le court. Il n'hésitait pas à suivre sa balle au filet, parfois même derrière une seconde balle. Son service, sa volée et son toucher avaient rendu son tennis particulièrement adapté au gazon.

On relève un paradoxe : revers à une main, grosse première balle et pratique régulière du service-volée chez un joueur espagnol pourtant capable de soutenir l'échange du fond. Le revers frappé constituait bien son côté le moins naturel, mais il serait réducteur de considérer son recours massif au slice comme une simple faiblesse. Très bas, souvent fuyant, ce revers coupé lui permettait de casser le rythme, de neutraliser la puissance adverse et surtout de préparer ses montées. Sur herbe, il devenait une véritable arme tactique.

Feliciano Lopez en revers à Bercy en 2011
Bercy 2011, face à Gael Monfils : le revers à une main, très fréquemment joué en slice.

Lopez n'était donc ni un pur serveur-volleyeur à l'ancienne, ni un Espagnol de fond de court qui montait occasionnellement. Son tennis se situait entre les deux. Il pouvait défendre et accepter l'échange, mais cherchait volontiers à le raccourcir. Cette singularité explique en grande partie pourquoi le gazon, surface longtemps peu favorable aux Espagnols, allait devenir son terrain d'expression privilégié.

Feliciano Lopez n'a jamais gagné Wimbledon. Il n'y a même jamais dépassé les quarts de finale. Pourtant, peu de joueurs espagnols peuvent être aussi naturellement associés au gazon. Trois quarts de finale à Wimbledon, quatre de ses sept titres remportés sur herbe et, au terme de sa carrière, 87 victoires sur cette surface, davantage que tout autre Espagnol.

de 1997 à 2023

Sa carrière

Feliciano Lopez et Roger Federer à Wimbledon en 2003
Wimbledon 2003 : Lopez retrouve Roger Federer en huitièmes de finale.
1997-2003

Wimbledon révèle l'anomalie

Passé professionnel en 1997, Lopez progresse à son rythme. Il appartient à une génération espagnole extrêmement dense et n'apparaît d'abord que comme l'un des nombreux jeunes joueurs du pays. Mais son tennis possède déjà quelque chose de différent : il sert fort, joue son revers à une main et cherche beaucoup plus volontiers le filet que ses compatriotes.

C'est Wimbledon qui le révèle réellement. En 2002, pour sa première participation au tableau principal, il atteint les huitièmes de finale. L'année suivante, il se hisse de nouveau en deuxième semaine, avant de tomber cette fois contre Roger Federer qui remportera à cette occasion son premier titre en Grand Chelem. Le contraste est saisissant : tandis que la terre battue constitue normalement le passage obligé des espoirs espagnols, Lopez obtient ses premiers résultats marquants sur l'herbe londonienne.

Cette aptitude lui vaut également une place en équipe d'Espagne. En 2003, il fait ses débuts en Coupe Davis lors de la finale disputée en Australie. Le choix n'est pas anodin : la rencontre se joue sur gazon et Lopez fait déjà figure de spécialiste espagnol de la surface. L'Espagne s'incline, mais ce premier rendez-vous ouvre une histoire avec la Coupe Davis qui durera près de vingt ans.

Feliciano Lopez avec le trophée de Vienne en 2004
Vienne 2004 : Lopez remporte à 23 ans son premier titre ATP.
2004-2007

Un premier titre et un premier quart à Wimbledon

En 2004, Lopez change de dimension. Il atteint notamment la finale de Dubaï, où Roger Federer l'empêche de décrocher son premier trophée. Quelques mois plus tard, à Vienne, il parvient enfin à conclure : il bat Guillermo Canas et remporte à 23 ans son premier titre ATP. La réussite est d'autant plus significative qu'elle intervient sur dur indoor, une surface rapide parfaitement adaptée à son tennis.

L'année suivante lui apporte son premier grand résultat dans un tournoi majeur. À Wimbledon 2005, Lopez atteint les quarts de finale. Son tournoi s'arrête face à Lleyton Hewitt, mais sa réputation est désormais établie : lorsqu'arrive la saison sur gazon, Feliciano n'est pas un Espagnol comme les autres.

Feliciano Lopez et Lleyton Hewitt à Wimbledon en 2005
Wimbledon 2005 : son premier quart de finale en Grand Chelem s'arrête face à Lleyton Hewitt.

Les saisons suivantes sont moins spectaculaires. Il reste solidement installé sur le circuit, atteint notamment une finale à Gstaad en 2006, mais ne transforme pas encore régulièrement son potentiel en titres. Il devient toutefois un joueur dangereux sur toutes les surfaces rapides, capable de perturber les meilleurs par son service de gaucher, ses variations et son goût du filet.

L'équipe d'Espagne victorieuse en Coupe Davis 2008
Mar del Plata 2008 : Lopez joue un rôle déterminant dans la victoire de l'Espagne, avec un point en simple contre Juan Martin Del Potro puis un autre en double avec Fernando Verdasco.
Feliciano Lopez avec Juan Martin Del Potro lors de la finale de Coupe Davis 2008
2008-2011

L'homme des grands rendez-vous

L'année 2008 marque un tournant. À Wimbledon, Lopez atteint pour la deuxième fois les quarts de finale. Mais c'est surtout en Coupe Davis qu'il écrit l'une des pages majeures de sa carrière. En finale contre l'Argentine à Mar del Plata, il bat Juan Martin Del Potro en simple puis remporte avec Fernando Verdasco le double. L'Espagne conquiert finalement le Saladier d'argent et Lopez, en remportant deux points, a joué un rôle déterminant dans le succès.

Il devient dès lors l'un des hommes de confiance de l'équipe. En 2009, l'Espagne conserve son titre et Lopez joue encore un rôle décisif : associé à Fernando Verdasco, il remporte face à Tomas Berdych et Radek Stepanek le double qui apporte le troisième point et assure le Saladier d'argent. Il participe encore à la campagne victorieuse de 2011. Entre-temps, il retrouve aussi le chemin des trophées individuels : en février 2010, plus de cinq ans après Vienne, il gagne Johannesburg. Quelques mois plus tard, au Queen's, il bat Rafael Nadal, alors n°1 mondial. C'est une victoire symbolique : sur le gazon, l'Espagnol le plus titré de l'histoire se heurte à celui dont le jeu semble avoir été conçu pour cette surface.

Feliciano Lopez après sa victoire sur Andy Roddick à Wimbledon en 2011
Wimbledon 2011 : Lopez élimine Andy Roddick avant d'atteindre son troisième quart de finale.

En 2011, Lopez atteint pour la troisième fois les quarts de finale de Wimbledon. Il élimine notamment Andy Roddick avant de céder face à Andy Murray. Il termine la saison au 20e rang mondial, son meilleur classement de fin d'année jusque-là, et ajoute quelques mois plus tard une troisième Coupe Davis à son palmarès.

Feliciano Lopez avec le trophée d'Eastbourne en 2013
Eastbourne 2013 : à 31 ans, Lopez remporte enfin son premier titre sur gazon.
2012-2013

L'herbe lui offre enfin un titre

À 30 ans passés, Lopez n'entre pourtant pas encore dans une logique de déclin. Aux Jeux olympiques de Londres en 2012, disputés à Wimbledon, il forme avec David Ferrer une paire de double particulièrement efficace. Les deux Espagnols atteignent le match pour la médaille de bronze, mais s'inclinent face aux Français Julien Benneteau et Richard Gasquet.

L'année 2013 lui apporte enfin le trophée qui manquait à son histoire avec le gazon. À Eastbourne, Lopez bat Gilles Simon en finale et remporte son premier titre sur cette surface. Il a alors 31 ans. Sa carrière semblait jusque-là avoir produit moins de trophées que son talent ne le laissait espérer ; elle prend désormais le chemin inverse, puisque ses cinq derniers titres en simple vont arriver après son 31e anniversaire, dont quatre sur gazon. Son succès à Eastbourne est son troisième titre ATP. Quelques mois plus tôt, à Memphis, il avait remporté contre Jack Sock le 300e match de sa carrière sur le circuit principal, avant d'atteindre la finale du tournoi.

Feliciano Lopez au Queen's en 2014
Queen's 2014 : Lopez atteint la finale et obtient une balle de match contre Grigor Dimitrov.
2014-2015

Le sommet du super-trentenaire

La saison 2014 est probablement la plus accomplie de sa carrière en termes de régularité. Lopez conserve son titre à Eastbourne en battant Richard Gasquet. Au Queen's, il passe tout près d'un doublé londonien : après avoir gagné le premier set de la finale contre Grigor Dimitrov, il dispose d'une balle de match dans le deuxième mais ne la convertit pas. Les deux hommes disputent trois tie-breaks et Dimitrov finit par s'imposer.

Lopez ne se contente plus du gazon. Il atteint les demi-finales du Masters 1000 de Toronto après avoir battu Tomas Berdych et Milos Raonic, puis celles de Shanghai, où il élimine notamment Rafael Nadal. Avec ses précédentes demi-finales de Shanghai en 2009 et 2011, il porte ainsi à quatre son nombre de demi-finales en Masters 1000. Il termine 2014 au 14e rang mondial après avoir remporté 39 matchs, son record sur une saison.

Feliciano Lopez à l'US Open en 2015
US Open 2015 : après avoir notamment éliminé Milos Raonic, Lopez atteint les quarts de finale.

Le 2 mars 2015, à 33 ans, Feliciano Lopez atteint finalement la 12e place mondiale, le meilleur classement de sa carrière. À Cincinnati, il bat encore Nadal au terme d'un match très serré, 5-7, 6-4, 7-6. Puis il réussit à l'US Open ce qu'il n'était jusque-là parvenu à faire qu'à Wimbledon : atteindre les quarts de finale d'un Grand Chelem. Novak Djokovic, futur vainqueur du tournoi, l'y arrête. À un âge où beaucoup de joueurs commencent à regarder derrière eux, Lopez vient de produire ses deux meilleures saisons.

Feliciano Lopez et Marc Lopez avec le trophée de Roland-Garros en 2016
Roland-Garros 2016 : Feliciano et Marc Lopez dominent Bob et Mike Bryan en finale du double.
2016

Un Grand Chelem, mais en double

L'année 2016 enrichit encore son palmarès. En simple, Lopez est crédité d'une victoire sur le n°1 mondial Novak Djokovic à Dubaï : après avoir remporté le premier set 6-3, il bénéficie de l'abandon du Serbe, gêné à l'œil.

Mais l'événement majeur se déroule à Roland-Garros. Associé à Marc Lopez - aucun lien de parenté - Feliciano atteint la finale du double. Face à Bob et Mike Bryan, références absolues de la spécialité, les deux Espagnols s'imposent 6-4, 6-7, 6-3. À 34 ans, Feliciano Lopez devient donc champion d'un tournoi du Grand Chelem pour la première fois de sa carrière.

Ce titre montre aussi que le double n'est plus chez lui une simple activité complémentaire. Son service, sa volée, son sens de l'anticipation et son expérience y trouvent un terrain idéal. Il monte jusqu'à la 9e place mondiale de la spécialité et, avec Marc Lopez, se qualifie pour le Masters de fin d'année. L'année suivante, les deux hommes atteindront encore la finale de l'US Open, où Jean-Julien Rojer et Horia Tecau les priveront d'un deuxième Grand Chelem.

Feliciano Lopez avec le trophée de Gstaad en 2016
Gstaad 2016 : en juillet, Lopez remporte son seul titre sur terre battue.

Quelques semaines plus tard, Lopez remporte à Gstaad le cinquième titre de sa carrière.

Feliciano Lopez avec le trophée du Queen's en 2017
Queen's 2017 : Lopez écarte une balle de match contre Tomas Berdych en quart de finale, puis une nouvelle contre Marin Cilic en finale, avant de conquérir son sixième titre.
2017

Enfin le Queen's

Feliciano Lopez entretient depuis longtemps une relation particulière avec le Queen's. Il y a battu Nadal, y a joué une finale et semble parfois plus anglais qu'espagnol lorsqu'il se présente sur cette pelouse. En 2017, à 35 ans, il obtient enfin ce titre qui lui échappait.

La semaine est remarquable. Après avoir déjà disputé la finale de Stuttgart quelques jours auparavant, Lopez élimine au Queen's Stan Wawrinka, Jeremy Chardy, Tomas Berdych puis Grigor Dimitrov, qui l'avait battu en finale trois ans plus tôt. Il sauve une balle de match contre Berdych en quart de finale. Face à Marin Cilic, il perd la première manche mais impose ensuite deux tie-breaks. Dans le jeu décisif final, Cilic se procure à son tour une balle de match. Lopez la sauve d'une volée en extension avant de s'imposer 4-6, 7-6, 7-6.

C'est alors le plus grand titre de sa carrière en simple et le sixième au total. Il lui aura fallu seize participations au Queen's pour soulever le trophée. La victoire résume assez bien son parcours : le succès le plus prestigieux n'arrive pas dans ses jeunes années mais à 35 ans, lorsque son expérience lui permet enfin de tirer pleinement parti d'un jeu qui semblait depuis toujours fait pour le Queen's.

Feliciano Lopez à Wimbledon en 2018
Wimbledon 2018 : Lopez dispute son 66e Grand Chelem consécutif et dépasse le record de Roger Federer.
2018

La longévité devient un record

Depuis Roland-Garros 2002, Lopez n'a manqué aucun tableau principal d'un tournoi du Grand Chelem. Année après année, blessures, changements de génération et fluctuations de classement n'ont pas interrompu la série.

À Wimbledon 2018, il dispute ainsi son 66e Grand Chelem consécutif et dépasse le record de 65 jusque-là détenu par Roger Federer. La statistique prend une importance particulière parce qu'elle ne récompense pas simplement la durée d'une carrière : pour entrer directement ou régulièrement dans les tableaux des quatre majeurs pendant autant d'années, encore faut-il conserver un classement suffisamment élevé et une remarquable résistance physique.

Sa série record s'arrête à Roland-Garros 2022 : contraint de passer par les qualifications, il est battu dès le premier tour par Gian Marco Moroni et manque ainsi pour la première fois depuis vingt ans le tableau principal d'un Grand Chelem.

Lopez n'a jamais été un joueur dominant. Il n'a jamais atteint une demi-finale de Grand Chelem en simple et n'est jamais entré dans le Top 10. Mais, à mesure que sa carrière avance, sa longévité est devenue elle-même une performance de premier ordre.

Feliciano Lopez avec le trophée du simple au Queen's en 2019
Queen's 2019 : invité à 37 ans et classé 113e mondial, Lopez remporte pour la deuxième fois le titre en simple.
2019

La semaine parfaite

Deux ans après son premier titre au Queen's, Lopez revient à Londres dans une situation bien différente. Il a 37 ans, son classement a chuté au 113e rang mondial et il reçoit une invitation. Rien ne laisse prévoir ce qui va suivre.

Il traverse pourtant le tableau jusqu'à la finale et y retrouve Gilles Simon. Le Français lui prend le deuxième set, mais Lopez s'impose 6-2, 6-7, 7-6 et remporte pour la deuxième fois le Queen's. Quelques heures plus tard, il retourne sur le court pour la finale du double. Son partenaire est Andy Murray, qui effectue alors son retour à la compétition après une lourde opération de la hanche. Les deux hommes gagnent également le titre.

Feliciano Lopez et Andy Murray avec le trophée du double au Queen's en 2019
Quelques heures plus tard, Lopez remporte aussi le double avec Andy Murray.

Lopez qualifiera plus tard cette semaine de meilleure de sa carrière. Il avait dû accumuler environ quinze heures de tennis en trois jours et devient, à 37 ans, le plus vieux vainqueur du simple au Queen's. Aucun joueur aussi âgé n'avait remporté le simple et le double d'un même tournoi depuis Ken Rosewall en 1975.

L'année se termine par un autre succès collectif. Lopez fait partie de l'équipe d'Espagne qui remporte à Madrid la nouvelle formule de la Coupe Davis. C'est son quatrième Saladier d'argent, après ceux de 2008, 2009 et 2011. Et le symbole est assez étonnant : la même année, tout en continuant à jouer sur le circuit, il commence déjà à exercer les fonctions de directeur du Masters 1000 de Madrid.

Feliciano Lopez face à Andrey Rublev en Coupe Davis 2021
Coupe Davis 2021 : à 40 ans, Lopez signe une victoire de prestige contre Andrey Rublev, n°5 mondial, mais l'Espagne s'incline finalement face à la Russie.
2020-2022

Toujours là

La pandémie interrompt le rythme du circuit, mais pas la carrière de Lopez. Lorsqu'elle reprend, l'Espagnol approche des 40 ans et continue pourtant à battre des joueurs parfois deux générations plus jeunes.

En 2021, il produit encore l'un de ses plus beaux exploits tardifs. À 40 ans et deux mois, lors des phases finales de Coupe Davis, il bat Andrey Rublev, alors n°5 mondial. À 40 ans et deux mois, il devient le plus vieux joueur à battre un membre du Top 20 depuis le début du XXIe siècle. Cette victoire offre une dernière illustration de ce qui lui a permis de durer : tant que son service fonctionne et qu'il parvient à imposer des échanges courts, l'âge pèse moins lourd que dans un tennis fondé sur les longues batailles du fond du court.

Feliciano Lopez à Roland-Garros en 2022
Roland-Garros 2022 : battu en qualifications, Lopez voit s'arrêter sa série de 79 tableaux principaux consécutifs en Grand Chelem.

Sa série en Grand Chelem finit toutefois par s'arrêter. Après l'Open d'Australie 2022, le compteur est monté à 79 tableaux principaux consécutifs, depuis Roland-Garros 2002. À Roland-Garros, Lopez doit cette fois passer par les qualifications et ne rejoint pas le tableau final. Vingt années de présence ininterrompue viennent de s'achever. Ces 79 participations consécutives constituent l'un des grands marqueurs de sa carrière.

Feliciano Lopez entouré de sa famille lors de ses adieux à Majorque en 2023
Majorque 2023 : après son dernier match face à Yannick Hanfmann, Lopez reçoit l'hommage du tournoi entouré de sa famille.
2023

Choisir sa sortie

Lopez ne souhaite pas disparaître du circuit après une défaite anonyme. Il annonce que 2023 sera sa dernière saison et construit quelques mois d'adieux autour de tournois qui ont compté pour lui. Il passe notamment par Acapulco, Barcelone, Stuttgart et bien sûr le Queen's.

La dernière étape se déroule à Majorque. Même à 41 ans, Lopez refuse d'y faire simplement de la figuration : il gagne encore deux matchs avant d'atteindre les quarts de finale. Le 29 juin 2023, sa carrière s'achève en quarts de finale à Majorque, sur une défaite 6-2, 6-4 face à Yannick Hanfmann. Après vingt-six saisons professionnelles, l'Espagnol s'arrête avec 506 victoires en simple, 7 titres en simple et 6 en double.

Son dernier match a donc eu lieu sur gazon. La conclusion paraît presque écrite d'avance.

Records et durée

La longévité comme signature

Feliciano Lopez sur le gazon de Wimbledon
De Roland-Garros 2002 à l'Open d'Australie 2022, Lopez dispute 79 tableaux principaux consécutifs en Grand Chelem.

Sa seconde marque est la durée. Les 79 Grands Chelems consécutifs constituent le chiffre le plus spectaculaire, mais ils racontent surtout une extraordinaire capacité à rester compétitif. Lopez a traversé les époques : il a commencé lorsque Sampras dominait encore, a accompagné toute l'ère Federer-Nadal-Djokovic et a joué jusqu'à l'émergence d'Alcaraz. Son tennis, que l'on aurait pu croire condamné par l'évolution du jeu vers des échanges de fond toujours plus puissants, lui a paradoxalement permis de durer.

Voilà sans doute ce qui rend son parcours plus remarquable que son classement maximal de n°12 ne le laisse penser. Lopez n'a jamais été suffisamment complet pour devenir un candidat régulier aux grands titres en simple. Mais il a exploité jusqu'au bout ce qu'il savait faire de mieux, sans tenter de devenir un autre joueur. Ce style atypique, parfaitement assumé, l'a aussi aidé à prolonger sa carrière au plus haut niveau.

Coupe Davis

Vingt ans avec l'Espagne

Feliciano Lopez avec l'Espagne en Coupe Davis 2009

La Coupe Davis occupe une place particulière dans son histoire. Entre ses débuts lors de la finale 2003 en Australie et sa dernière campagne en 2021, Lopez dispute 31 rencontres sous les couleurs espagnoles. Il appartient aux équipes championnes en 2008, 2009, 2011 et 2019.

Son moment fondateur reste Mar del Plata en 2008. Face à l'Argentine, il prend une dimension que son palmarès individuel n'avait pas encore totalement révélée : victoire contre Del Potro en simple, puis point du double avec Verdasco. Son profil complétait idéalement celui des autres Espagnols : lorsque la surface devenait rapide ou que le double prenait une importance décisive, son service et son jeu vers l'avant offraient une solution différente.

Cette relation avec la compétition se prolongera même au-delà de sa carrière de joueur.

Entourage

Ses entraîneurs

Feliciano Lopez avec son entraîneur Jose Clavet
Jose « Pepo » Clavet accompagne Lopez durant la meilleure période de sa carrière.

Le tennis entre très tôt dans sa vie puisque son père, également prénommé Feliciano, est entraîneur et lui met une raquette entre les mains dès l'enfance.

Au niveau professionnel, Lopez travaille successivement avec plusieurs figures importantes du tennis espagnol : Francisco Roig, Albert Costa et Alberto Berasategui. À partir de septembre 2012, Jose « Pepo » Clavet devient son entraîneur et l'accompagne durant la période où Lopez atteint le meilleur niveau de sa carrière, notamment son exceptionnelle saison 2014.

Palmarès

Ses 7 titres en simple

ATP 500 ATP 250

Vienne 2004
Johannesburg 2010
Eastbourne 2013
Eastbourne 2014
Gstaad 2016
Queen's 2017
Queen's 2019
Après-carrière

De l'autre côté du tournoi

Feliciano Lopez au Mutua Madrid Open en 2025
Mutua Madrid Open 2025 : Lopez poursuit sa trajectoire de directeur de tournoi.

Lopez n'attend pas sa retraite pour préparer la suite. Dès 2019, alors qu'il joue encore, il devient directeur du Mutua Madrid Open. La transition est presque sans rupture : après avoir passé plus de vingt ans à évoluer dans les tournois, il se retrouve chargé d'en organiser un parmi les plus importants du calendrier.

Garbine Muguruza et Feliciano Lopez au Mutua Madrid Open
À Madrid, Lopez dirige désormais le tournoi aux côtés de Garbine Muguruza.

Son rôle s'est depuis élargi. En 2026, il est toujours à la direction du Masters 1000 de Madrid, désormais aux côtés de Garbine Muguruza. Il devient également directeur de la phase finale de la Coupe Davis, qui réunit les huit dernières nations encore en lice.

Famille

Vie privée

Feliciano Lopez et Alba Carrillo
Alba Carrillo : Lopez l'épouse en 2015 ; leur union sera de courte durée.

Très exposé dans la presse espagnole pendant une partie de sa carrière, Lopez a longtemps vu sa vie sentimentale bénéficier d'une attention sans rapport avec ses résultats sportifs. Il s'est marié avec Alba Carrillo en 2015 puis divorce.

Feliciano Lopez et Sandra Gago
Sandra Gago : le couple se marie le 20 septembre 2019.

Il épouse Sandra Gago le 20 septembre 2019.

Feliciano Lopez, Sandra Gago et leurs enfants
Feliciano et Sandra avec leurs fils, Dario et Marco.

Le couple a depuis deux fils : Dario, né en 2021, puis Marco, né en février 2024.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026