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Le Hollandais volant
Tom Okker

Particulièrement rapide dans ses déplacements, Tom Okker gagne très tôt le surnom de « Flying Dutchman », le Hollandais volant. Petit gabarit au milieu d'une génération de frappeurs et de grands serveurs, il compense par sa vitesse, son anticipation et une remarquable capacité à prendre la balle tôt. Pendant près de quinze ans, il demeure l'un des joueurs les plus réguliers du circuit mondial.

ChampionAvant l'ère Open
27Titres ATP
1974n°3 mondial
Naissance 22 février 1944

Identité tennistique

Amsterdam, ville natale de Tom Okker
Amsterdam, ville natale de Tom Okker, où il grandit avant de s'affirmer dans le tennis néerlandais.

Né à Amsterdam en 1944, Tom Okker commence à se faire remarquer dans le tennis néerlandais au début des années 1960. À 18 ans, il atteint déjà la finale du championnat national en 1962, battu en cinq manches par Willem Maris.

Il commence parallèlement à voyager sur le circuit international. Son premier tournoi répertorié remonte à 1963 et il remporte ses premiers titres internationaux dès 1964, notamment au pays de Galles et à Pescara. Son ascension le conduit rapidement à affronter régulièrement les meilleurs amateurs du monde.

Son jeu tranche avec celui de nombreux champions de l'époque. Okker n'est ni un serveur surpuissant ni un attaquant exclusivement tourné vers le filet. Sa principale arme est sa mobilité : extrêmement vif, capable de défendre puis de reprendre immédiatement l'initiative, il frappe avec beaucoup de lift et utilise sa vitesse pour ouvrir le court. Cette faculté à surgir presque partout lui vaut rapidement son surnom de Flying Dutchman, le Hollandais volant. Son intelligence tactique et son lourd lift de fond de court font également partie de ses meilleurs atouts.

De 1964 à 1981

Sa carrière

Tom Okker en 1964
Tom Okker en 1964, au début d'une période où ses titres aux Pays-Bas et ses premiers succès internationaux élargissent sa place dans le tennis amateur.
1964-1967

L'ascension chez les amateurs

À partir de 1964, Tom Okker cesse d'être seulement un espoir néerlandais pour devenir un joueur qui compte réellement sur le circuit amateur. Cette année-là, il remporte pour la première fois le championnat des Pays-Bas, titre qu'il conservera sans interruption jusqu'en 1968. Il commence aussi à accumuler les victoires dans des tournois internationaux, notamment au pays de Galles et à Pescara, et élargit rapidement son terrain de jeu bien au-delà des frontières néerlandaises.

Les saisons suivantes confirment sa progression. Okker voyage beaucoup, affronte de plus en plus régulièrement les meilleurs amateurs du moment et se forge déjà cette réputation de joueur extrêmement difficile à déborder. Sa vitesse de déplacement, sa qualité de défense et sa faculté à reprendre très vite l'initiative deviennent ses marques de fabrique.

À mesure que l'ère amateur touche à sa fin, il s'installe ainsi dans le groupe des joueurs capables de peser dans les grands tournois internationaux. Lorsqu'arrive la révolution de 1968, Okker n'est donc pas un nouveau venu : il possède déjà plusieurs années de compétition de haut niveau derrière lui et une vraie expérience du circuit.

Tom Okker avec le trophée de Rome en 1968
Rome, 1968 : Tom Okker remporte les Internationaux d'Italie, l'un des premiers grands repères de sa saison Open.
1968

L'année de la révélation

Avec l'avènement de l'ère Open, Okker bénéficie du statut particulier de « registered player » : il peut désormais percevoir les gains des tournois tout en restant sous le contrôle de sa fédération. Il remporte notamment les Internationaux d'Italie à Rome, où il bat Bob Hewitt au terme de cinq manches, puis s'impose également à Saltsjöbaden et Dublin.

Tom Okker et Ken Rosewall à l'US Open 1968
Forest Hills, 1968 : Tom Okker élimine Ken Rosewall en demi-finale.

Quelques mois plus tard, il atteint la finale du tout premier US Open de l'histoire. À Forest Hills, il élimine Pancho Gonzales en quart de finale puis Ken Rosewall en demi-finale avant de retrouver Arthur Ashe pour le titre. La finale devient l'un des matchs emblématiques de la naissance de l'ère Open. Ashe s'impose après cinq manches, 14-12, 5-7, 6-3, 3-6, 6-3.

Arthur Ashe et Tom Okker après la finale de l'US Open 1968
Arthur Ashe et Tom Okker après la finale de Forest Hills : le statut amateur du vainqueur conduit à l'une des situations financières les plus singulières de la première saison Open.

Curieusement, c'est pourtant Okker qui repart avec les 14 000 dollars du premier prix. Ashe étant encore amateur, il n'est pas autorisé à les toucher et ne reçoit que ses indemnités journalières. Le vaincu empoche donc davantage que le vainqueur, une situation qui résume à elle seule les contradictions de cette première saison Open.

Tom Okker à Monte-Carlo en 1969
Finaliste à Rotterdam en 1972, sur la moquette indoor du circuit WCT, Tom Okker s'incline face à Arthur Ashe.
1969-1972

Parmi les meilleurs du monde

Après sa finale à Forest Hills, Okker confirme immédiatement. En 1969, il remporte notamment Monte-Carlo et Hambourg, tout en atteignant les demi-finales de Roland-Garros. L’année suivante, il s’impose encore à Auckland, Hilversum et Hambourg, preuve d’une remarquable polyvalence sur toutes les surfaces.

En 1971, il gagne Louisville face à Cliff Drysdale puis Québec contre Rod Laver, et dispute aussi plusieurs autres finales sur le circuit WCT. Dans les Grands Chelems, il atteint les demi-finales de l’Open d’Australie puis de l’US Open.

En 1972, il remporte Chicago aux dépens d’Arthur Ashe et atteint encore les finales de Boston, Stockholm et Rotterdam, où Ashe le bat en trois manches sur la moquette indoor de l’Ahoy.

Sur ces quatre saisons, Okker s’installe donc durablement parmi les meilleurs joueurs du monde, capable de gagner ou d’atteindre les derniers tours sur terre battue, gazon, dur ou en salle.

Tom Okker avec un trophée à Hilversum en 1973
Tom Okker avec le trophée de Hilversum, arraché à un spécialiste de la terre battue Andrès Gimeno. En 1973 il rejoint le haut du classement du Grand Prix.
1973-1974

Au sommet

L'année 1973 constitue l'un de ses sommets. Il accumule les victoires et enlève notamment l'Open du Canada à Toronto en dominant Manuel Orantes en finale 6-3, 6-2, 6-1. Ce succès lui permet alors de monter à la troisième place du classement du Grand Prix.

Sa saison se termine surtout par une remarquable campagne au Masters disputé à Boston. Okker remporte ses trois matchs de poule, notamment face à Stan Smith et Jimmy Connors, puis rejoint la finale. Il y retrouve Ilie Nastase, qui s'impose 6-3, 7-5, 4-6, 6-3. Cette finale du Masters constitue, avec celle de l'US Open cinq ans plus tôt, l'un des plus grands résultats de sa carrière en simple.

Tom Okker en action sur le circuit WCT en 1974
Tom Okker atteint en 1974 le meilleur classement de sa carrière : n°3 mondial.

Sa constance finit également par apparaître dans le nouveau classement informatique de l'ATP. Le 2 mars 1974, Okker atteint le 3e rang mondial, le meilleur classement de sa carrière.

Tom Okker après sa victoire à Rotterdam en 1974
Rotterdam, 1974 : Tom Okker gagne devant son public, l'un des succès qui prolonge sa compétitivité au milieu des années 1970.
1975-1977

Toujours dangereux

Alors qu'il approche de la trentaine, il reste extrêmement compétitif. Il remporte notamment Rotterdam en 1974, devant son public, suite à sa victoire sur Tom Gorman en finale. L'année suivante, il revient en finale et élimine Björn Borg en demi-finale avant de s'incliner contre Arthur Ashe.

Tom Okker et Tony Roche à Wimbledon en 1975
Wimbledon, 1975 : pour la troisième fois après 1968 et 1969, Tom Okker atteint les quarts de finale.

En 1975, Okker gagne également sur le gazon de Nottingham, face à Tony Roche, puis s'impose en fin de saison à Paris contre Arthur Ashe après cinq manches. Sa longévité devient l'un des traits marquants de sa carrière : près de dix ans après sa finale de Forest Hills, il reste capable de battre les meilleurs joueurs du monde.

Tom Okker et Ilie Nastase à Wimbledon en 1978
Wimbledon, 1978 : Tom Okker bat Ilie Nastase et retrouve le dernier carré londonien à 34 ans.

Il en apporte la preuve la plus spectaculaire à Wimbledon en 1978. À 34 ans, dix ans après son premier grand parcours de l'ère Open, il atteint les demi-finales du tournoi. Cette ultime apparition dans le dernier carré vient compléter une particularité remarquable de son parcours : Okker a atteint les demi-finales dans chacun des quatre tournois du Grand Chelem.

Tom Okker à Hilversum en 1980
Tom Okker à Hilversum en 1980, lors de l'une de ses dernières saisons sur le circuit international.
1978-1981

Le dernier grand éclat

Tom reste dangereux à Wimbledon jusqu’à la toute fin de sa carrière. En 1979, il y atteint pour la cinquième fois les quarts de finale, et comme l'année précédente, il est stoppé par le maître des lieux Björn Borg.

Il remporte en octobre de la même année son dernier titre à Tel-Aviv, sur terre battue.

Il se retire en 1981, à 37 ans, après une carrière internationale entamée près de vingt ans auparavant.

27 titres dans l'ère Open

Rome 1968
Queen's 1968*
Dublin 1968
Monte-Carlo 1969
Bruxelles 1969
Milwaukee 1969
Hilversum 1969
Paris 1969
Atlanta 1970
Hilversum 1970
Hambourg 1970
Louisville 1971
Québec 1971
Chicago 1972
Washington 1973
Hilversum 1973
Montréal 1973
Seattle 1973
Chicago 1973
Madrid 1973
Londres 1973
Toronto 1974
Rotterdam 1974
Nottingham 1975
Paris 1975
Richmond 1977
Tel Aviv 1979

 

* titre partagé avec Clark Graebner.

Le maître du double

Tom Okker et Marty Riessen avec le trophée de l'US Open 1976
US Open 1976 : Tom Okker et Marty Riessen ajoutent un titre majeur à une association déjà familière des grandes finales.

Si Okker n'a jamais remporté de Grand Chelem en simple, son bilan en double le fait changer de catégorie. Il devient l'un des grands spécialistes de sa génération et accumule les titres avec une multitude de partenaires.

Il remporte Roland-Garros 1973 avec John Newcombe, au terme d'une finale en cinq manches contre Jimmy Connors et Ilie Nastase, puis l'US Open 1976 avec Marty Riessen. Avec ce dernier, il avait auparavant atteint les finales de Wimbledon en 1969 et de l'Open d'Australie en 1971.

Marty Riessen, Tom Okker, Wojtek Fibak et Jan Kodes à Kansas City en 1976
Kansas City, 1976 : Marty Riessen, Tom Okker, Wojtek Fibak et Jan Kodes réunis autour de leur trophée.

Riessen est longtemps son partenaire privilégié, mais Okker forme également des associations victorieuses avec Arthur Ashe, Ilie Nastase, Ken Rosewall, John Newcombe et surtout Wojtek Fibak, avec lequel il accumule les succès dans la seconde moitié des années 1970. La seule saison 1978 les voit notamment gagner ensemble à Hambourg, Toronto, Stockholm et au World Doubles.

Sa rapidité, ses réflexes et sa faculté à intercepter conviennent parfaitement au double, où il reste performant quand bien même sa carrière en simple commence à décliner.

Après le tennis

Tom Okker après sa carrière sportive

Après avoir quitté le circuit, Okker reste quelque temps lié à la compétition. Il devient notamment capitaine de l'équipe des Pays-Bas de Coupe Davis pendant deux années au milieu des années 1980. Comme joueur, il avait disputé 35 matchs dans l'épreuve pour un bilan de 15 victoires et 20 défaites, dont 10-13 en simple et 5-7 en double.

Mais sa principale reconversion se situe loin des courts. À partir des années 1980, il se tourne vers le marché de l'art et devient notamment l'un des associés de la galerie Jaski à Amsterdam. Il se spécialise dans l'art moderne et particulièrement dans les artistes du mouvement CoBrA. Plus tard, il crée Tom Okker Art, installé à Hazerswoude-Dorp.

En 2003, sa carrière sportive est également honorée par son entrée à l'International Jewish Sports Hall of Fame.

Vie sentimentale

Tom Okker et Anna-Marie le jour de leur mariage

Tom Okker partage sa vie avec Annemarie Wanschers qu'il épouse en décembre 1968. Le couple a trois enfants. L'un de leurs fils, Stephan, travaille également dans le commerce de l'art et collabore avec l'activité familiale.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026