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PascalPortes

L'autre espoir français
Pascal Portes

Dans le sillage de Yannick Noah, Pascal Portes incarne à la fin des années 1970 les ambitions retrouvées du tennis français. Reconnaissable à sa longue chevelure brune et à son jeu offensif, ce droitier au tempérament fougueux se forge rapidement une réputation de joueur capable de bousculer les meilleurs. Ses coups d'éclat sur le circuit international dessinent une carrière prometteuse, dont la trajectoire réserve pourtant quelques désillusions.

1981n°44 mondial
NAISSANCE 28 mai 1959
Aux côtés de Noah

Jeunesse

Pascal Portes en 1978
Pascal Portes en 1978, au début d'une trajectoire qui le rapproche bientôt de la génération de Yannick Noah.

Né le 28 mai 1959 à Monflanquin, dans le Lot-et-Garonne, Pascal Portes fait ses classes au sein d'une génération française particulièrement prometteuse. Formé notamment au Centre national d'entraînement de Roland-Garros, il côtoie Yannick Noah, Dominique Bedel et Gilles Moretton, avec lesquels il contribue à raviver les ambitions du tennis tricolore.

En 1977, à 18 ans, il atteint les demi-finales du tournoi junior de Wimbledon. Après avoir éliminé l'Australien Ray Kelly, tête de série n° 2, il s'incline devant l'Américain Eliot Teltscher, futur finaliste de l'épreuve. Cette performance confirme ses dispositions sur la scène internationale.

En juillet 1978, Portes participe au triomphe de la France en Coupe de Galéa, une compétition par équipes réservée aux moins de 21 ans. Lors de la finale contre la Tchécoslovaquie, à Vichy, il réussit un exploit en dominant Ivan Lendl (8/6, 4/6, 8/6, 6/1), alors grand espoir du tennis mondial. Le Tchécoslovaque, victime de crampes, finit par céder après un combat de trois heures quarante. Avec Noah et Moretton, Portes offre à la France un trophée qu'elle n'avait plus remporté depuis onze ans.

Son tennis

Style de jeu

Pascal Portes en action en 1980

Droitier au tempérament offensif, Pascal Portes privilégie un jeu à plat, fondé sur la vitesse d'exécution et la prise de risques. Capable de déborder des adversaires de premier plan, comme Jimmy Connors, il peut également perdre le contrôle des échanges lorsque sa précision l'abandonne. Sa finale de Coubertin en 1981, marquée par de nombreuses fautes face à Mark Vines, illustre les limites de cette approche.

De 1978 à 1985

Sa carrière

Pascal Portes à Florence en 1979
Florence 1979 : Pascal Portes pendant l'une des saisons qui installent sa place parmi les espoirs français.
1978-1979

L'autre espoir français

Les progrès de Portes se traduisent rapidement sur le circuit professionnel. En décembre 1978, à Calcutta, il élimine notamment l'Indien Vijay Amritraj, devant son public, pour se qualifier pour sa première finale. Son adversaire n'est autre que Yannick Noah, qui prend le meilleur sur lui (6/3, 6/2). Pour la première fois depuis la création du circuit Grand Prix, deux Français se retrouvent face à face en finale d'un tournoi.

En 1979, Portes poursuit sa progression et commence à s'attaquer aux joueurs établis. À Gstaad, il réalise une victoire particulièrement retentissante contre Guillermo Vilas, balayé 6/1, 6/2. L'Argentin, vainqueur de Roland-Garros en 1977, fait alors partie des grandes références du circuit. Le Français atteint les quarts de finale en Suisse, puis à Bâle et à Paris, ainsi que les demi-finales à Florence.

En juillet, il retrouve Ivan Lendl en finale de la Coupe de Galéa. Cette fois, le Tchécoslovaque prend sa revanche en trois sets (6/1, 6/3, 7/5), sans empêcher la France de conserver le trophée, remportant la rencontre 3-2. Remarqué par le capitaine Jean-Paul Loth, Portes découvre également la Coupe Davis en 1979. Aux côtés de Noah, il fait partie de la nouvelle génération sur laquelle repose désormais l'avenir du tennis français, après les années marquées par François Jauffret et Patrick Proisy.

Pascal Portes à Roland-Garros en 1980
Roland-Garros 1980 : Pascal Portes sur la terre battue parisienne, lors de sa saison la plus marquante.
1980

Connors tombe, McEnroe l'arrête

À 21 ans, Pascal Portes réalise la saison la plus marquante de sa carrière. À Roland-Garros, il franchit pour la première fois le deuxième tour et se retrouve opposé à l'intouchable Björn Borg, double tenant du titre. Le Suédois ne lui laisse aucune chance (6/3, 6/0, 6/1), avant de remporter quelques jours plus tard sa cinquième couronne parisienne.

C'est durant l'été américain que le Français va véritablement faire parler de lui. En juillet, au tournoi de Washington, il crée la sensation en éliminant Jimmy Connors, alors n° 3 mondial, en deux manches (6/4, 7/5). Une victoire de prestige contre un joueur qui compte déjà cinq titres du Grand Chelem. Son parcours s'arrête en quarts de finale contre Corrado Barazzutti, lorsqu'il doit abandonner dans le premier set.

1980 portes 3En août, à Cincinnati, Portes confirme qu'il peut rivaliser avec les meilleurs. Bénéficiaire d'une invitation, il se hisse en demi-finales après avoir notamment écarté Wojtek Fibak, Mark Edmondson et Vijay Amritraj. Seul Harold Solomon, futur vainqueur du tournoi, parvient à l'arrêter (6/2, 6/4).

Cette belle série trouve son prolongement à l'US Open, où Portes atteint les huitièmes de finale. Au troisième tour, il élimine l'Américain Victor Amaya, tête de série n° 16, au terme de quatre manches disputées (6/2, 2/6, 7/6, 6/3). Pour la première fois depuis l'époque des Mousquetaires, deux Français, Noah et lui, figurent simultanément à ce stade du tournoi. Mais le tirage lui réserve John McEnroe, tenant du titre, qui s'impose nettement (6/2, 6/4, 6/2) avant de conserver sa couronne. Portes termine encore l'année par une demi-finale à Bologne, où Tomas Smid lui barre la route.

Pascal Portes à Philadelphie en 1981
Philadelphie 1981 : Pascal Portes lors du parcours qui le voit atteindre les quarts de finale.
1981

Le rendez-vous manqué de Coubertin

Les performances de 1980 portent Pascal Portes jusqu'au 44e rang mondial en février 1981, son meilleur classement officiel. Il occupe désormais la deuxième place dans la hiérarchie française derrière Yannick Noah. En début de saison, il atteint notamment les quarts de finale à Philadelphie, où il domine successivement Vijay Amritraj et Harold Solomon avant de céder devant Roscoe Tanner (7/5, 4/6, 6/3).

En mars, il participe au premier tour de Coupe Davis contre l'Australie, à Lyon. Après la défaite inaugurale de Noah devant Peter McNamara, Portes remet les deux équipes à égalité en battant Kim Warwick au terme d'un match accroché (4/6, 6/2, 9/7, 6/4). Associé à Noah, il perd ensuite le double face à Mark Edmondson et Warwick, puis s'incline nettement devant McNamara lors de son second simple. La France perd finalement la rencontre 3-2. Sur le circuit, Portes atteint ensuite les demi-finales à Bordeaux, où Thierry Tulasne, son jeune compatriote, l'élimine.

À la fin du mois d'octobre, Portes retrouve Paris pour le tournoi indoor de Coubertin. Devant son public, il réussit un beau parcours et écarte en demi-finale l'ancien champion de Wimbledon Stan Smith (6/3, 5/7, 6/3). Il décroche ainsi sa deuxième finale sur le circuit, trois ans après Calcutta. De l'autre côté du filet l'attend une surprise : Mark Vines, Américain presque inconnu, qui vient notamment d'éliminer Yannick Noah.

Le 1er novembre, Portes aborde cette finale avec de solides raisons d'espérer. Mais le gaucher américain, très mobile et redoutable à la volée, prend rapidement le contrôle des échanges. Le Français, dont le jeu à plat repose sur la vitesse d'exécution et la prise de risques, multiplie les fautes et ne parvient pas à modifier sa tactique. Vines s'impose en trois sets (6/2, 6/4, 6/3) et remporte le seul titre de sa carrière. Pour Portes, cette deuxième finale perdue laisse un goût d'inachevé.

Pascal Portes à Bordeaux en 1983
Bordeaux 1983 : Pascal Portes pendant une saison où il atteint les quarts de finale du tournoi.
1982-1985

Un élan brisé

Après ses deux belles saisons, Pascal Portes ne parvient plus à retrouver la même régularité. En 1982, il atteint encore les demi-finales à Zurich, ainsi que les quarts de finale à Metz et à Florence. Mais ses résultats en Grand Chelem s'amenuisent et son classement recule. En 1983, il se distingue notamment par un quart de finale à Bordeaux, sans parvenir à relancer véritablement sa carrière. Il atteint pourtant la finale du championnat de France, à La Baule, où Thierry Tulasne le domine (6/1, 6/4, 6/2).

La saison 1984 apporte quelques satisfactions. Portes atteint les quarts de finale à Toulouse et retrouve Tulasne en finale du championnat de France, à Marcq-en-Barœul. Pour la deuxième année consécutive, son jeune compatriote lui barre la route, cette fois très sèchement (6/1, 6/2, 6/0). Mais une pubalgie persistante compromet sérieusement son avenir. À 25 ans, il subit une opération et manque une grande partie de la compétition. Le traitement de cette blessure, particulièrement délicat à l'époque, ne lui permet pas de retrouver durablement ses moyens.

En mars 1985, il tente encore de prolonger sa carrière et prouve qu'il lui reste de belles ressources. Au tournoi de Nancy, il bat Henri Leconte en quarts de finale (6/4, 1/6, 6/2) pour se hisser dans le dernier carré. Tim Wilkison met fin à cette embellie (6/1, 6/1). Quelques semaines plus tard, à Roland-Garros, les rôles s'inversent : Portes remporte son premier match avant d'être éliminé au deuxième tour par Leconte. Cette participation sera sa dernière dans un tournoi du Grand Chelem. Portes quitte le circuit à seulement 26 ans, sans avoir pu concrétiser par un titre en simple les espoirs suscités par ses premières années.

Palmarès

Aucun titre ATP en simple

Pascal Portes compte deux finales en simple : Calcutta 1978 et Paris 1981.

 
Deux titres avec deux générations

En double

Pascal Portes et Yannick Noah en double en 1981
Pascal Portes et Yannick Noah réunis en double en 1981.

Si Pascal Portes ne remporte aucun tournoi en simple, son palmarès comprend deux titres en double. Le premier arrive en avril 1981 à Nice, aux côtés de Yannick Noah, après une victoire en finale contre Chris Lewis et Pavel Slozil (4/6, 6/3, 6/4).

Le second est remporté en juillet 1984 à Kitzbühel, cette fois associé à Henri Leconte. Les Français dominent Colin Dowdeswell et Wojtek Fibak au terme de trois manches (2/6, 7/6, 7/6). Quelques jours auparavant, la même association avait toutefois échoué face à la paire tchécoslovaque Tomas Smid-Pavel Slozil en quart de finale de Coupe Davis, au terme de cinq sets. L'élimination française, 3-2, s'était jouée en grande partie sur ce double.

Une autre réussite

Après les courts

La fin prématurée de sa carrière ouvre cependant à Pascal Portes de nouvelles perspectives. Avec son ancien partenaire Dominique Bedel, lui-même freiné par des problèmes physiques, il fonde Bedel-Portes Organisation (BPO), une société spécialisée dans le marketing et l'organisation d'événements sportifs. Les deux hommes collaborent notamment avec la Fédération française de tennis et participent à l'organisation du tournoi de Nice.

En 1999, ils cèdent leur entreprise au groupe Havas. Portes poursuit ensuite son parcours dans l'industrie des grands événements sportifs, notamment dans les prestations d'accueil et d'hospitalité destinées aux entreprises et aux invités privilégiés. Après avoir travaillé sur la Coupe du monde de football 2006 en Allemagne, il devient directeur général de Match Hospitality, société chargée de ce secteur d'activité pour plusieurs éditions du Mondial.

En 2014, à l'occasion de la Coupe du monde organisée au Brésil, l'ancien joueur se consacre pleinement à ses responsabilités professionnelles. Il conserve néanmoins des liens avec Roland-Garros et quelques compagnons de sa jeunesse, notamment Yannick Noah et Dominique Bedel. L'homme qui avait quitté si tôt les courts a trouvé, dans l'organisation des plus grandes manifestations sportives, un autre terrain sur lequel exprimer ses ambitions.

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Date de dernière mise à jour : 24/10/2026