
Le phénomène australien
À l'aube des années 1950, l'Australie règne déjà sur le tennis mondial. Frank Sedgman, Ken McGregor ou encore Vic Seixas dominent les plus grands tournois, tandis qu'une nouvelle génération s'apprête à prendre le relais. Parmi elle, deux jeunes joueurs attirent rapidement tous les regards : Lew Hoad et Ken Rosewall. Tout semble les opposer. Hoad impressionne par sa puissance et son explosivité ; Rosewall, plus petit et plus frêle, mise sur la précision, la régularité et une intelligence de jeu hors du commun. Ensemble, ils incarnent l'avenir du tennis australien.
Rosewall ne tarde pas à justifier les espoirs placés en lui. À seulement 18 ans, il remporte les Championnats d'Australie 1953, devenant le plus jeune vainqueur de l'épreuve masculine, un record toujours inégalé. Quelques mois plus tard, il s'impose également à Roland-Garros et contribue au succès de l'Australie en Coupe Davis. En une seule saison, le jeune Sydneysider passe du statut d'espoir prometteur à celui de champion confirmé.
Les années suivantes confirment son exceptionnelle précocité. Il retrouve le sommet en Australie en 1955, atteint plusieurs finales majeures et, en 1956, prive Lew Hoad d'un Grand Chelem historique en le battant en finale des Championnats des États-Unis. À 21 ans, Rosewall compte déjà quatre titres du Grand Chelem en simple et trois Coupes Davis. Une seule couronne manque encore à son palmarès : Wimbledon.
À cet instant, rien ne laisse imaginer que cette première carrière touche déjà à sa fin. Alors qu'il entre seulement dans ses meilleures années, Rosewall s'apprête à faire un choix qui bouleversera son destin... et celui de l'histoire du tennis.


























